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28/04/2008

Elkabbach devrait lire Bossuet

Il y a l'information financière et boursière. Quelques minutes ou même quelques secondes d'avance peuvent faire la différence. On peut comprendre l'importance d'être le premier et des investissements que cela nécessite. Des décisions sont prises à partir de ces informations, des décisions qui peuvent engager plusieurs milliards.

Il y a des informations stratégiques qui alimentent les gouvernements. Chaque pays entretient des services de renseignement pour ça. Avoir la bonne information au bon moment est évidemment un avantage qui peut être décisif.

Et puis il y a l'information qui nous arrive tous les jours, et maintenant de façon continue. Une information liquide pour sa capacité à prendre toutes les formes qui la portent et surtout pour parce qu'elle s'écoule comme un flot au passage duquel peu de sédiments survivent, déjà noyées par la vague suivante. C'est l'information ordinaire, que l'on trouve partout, sans valeur intrinsèque car disponible en mille endroits.

Il y avait naguère une culture du scoop que l'on peut sans doute comprendre. Si vous êtes un journal quotidien et que vous "sortez une info" que n'ont pas les autres, vous gardez un avantage pendant toute une journée. A l'heure des radios et des télévisions d'information continue, à l'heure d'Internet, cet avantage n'est plus que de quelques minutes. Autrement dit, il n'existe plus. Quand on cherche une information sur Internet, elle n'est pas classée par ordre d'apparition dans le temps, mais par ordre d'influence et de popularité de celui qui l'émet.

Le vrai scoop c'est d'avoir en direct telle personnalité qui s'exprimera sur votre média. Cette personnalité n'étant pas douée d'ubiquité ne pourra être que sur votre média à ce moment-là, et pas ailleurs. Vous avez une exclusivité qui ne peut pas être cassée.

Jean-Pierre Elkabbach croit encore qu'annoncer la mort de Pascal Sevran cinq minutes avant les autres lui donnera un avantage. Il aurait du penser que :

  • Si j'écoute Europe1 à ce moment-là, je n'écoute pas RTL et je ne sais donc pas qu'il est le premier à l'annoncer. Une primauté qui d'ailleurs m'indiffère.
  • Si l'information est vraie, j'aurais la même partout ailleurs dans les minutes qui suivent
  • Comme l'information est fausse, mon degré de confiance envers Europe1 va être sérieusement écorné

Tout à perdre et rien à gagner pour une radio généraliste comme Europe1 dans ce type de faux scoop :

  • Le principal atout des médias institutionnels réside dans le savoir-faire et l'expérience accumulée par leur rédaction face à l'amateurisme supposé, au manque de temps et de ressources matérielles des internautes et des bloggeurs
  • Ces médias auraient donc tout intérêt à jouer la carte de la qualité, de la réflexion et de l'analyse, portées par des signatures qui restent connues et souvent respectées
  • La course au people sera toujours perdu par plus trash que vous

Le summum est atteint quand le même Elkabbach donne une interview à La Croix le 11 avril, pour enjoindre 10 jours après ses journalistes d'Europe1 d'annoncer cette pseudo mort de Pascal Sevran.

Extrait de cette interview titrée : Face à la peopolisation de la presse, Jean-Pierre Elkabbach contre-attaque en créant un comité d'éthique à Europe1:

La Croix : Pourquoi voulez-vous créer un comité d’éthique au sein d’Europe 1 ?

Jean-Pierre Elkabbach : Il ne s’agit pas pour nous de donner des leçons, de nous opposer au progrès, mais de nous interroger : les nouvelles technologies posent des problèmes inédits à notre métier. Si elles permettent d’élargir l’offre à la planète et de favoriser comme jamais l’accès à l’information pour tous, elles s’accompagnent par ailleurs d’une suspicion : quelle est la part du vrai et du faux, de l’annonce et du ragot, du savoir et de l’opinion ?
Une information lancée sur le Net peut être reprise par tous les médias hexagonaux, voire internationaux. À l’ère de l’immédiateté, de l’apparence, de la dictature de l’émotion, la contagion est générale.

La Croix : Et qui, selon vous, empoisonne le système ?

Jean-Pierre Elkabbach : Des sites qui, pour exister, pour faire un coup, pour nuire à un adversaire, lancent des rumeurs, des fausses informations, des ragots, des nouvelles non vérifiées.

La revue Commentaire fête ses 30 ans. Elle se porte bien, merci pour elle, visant le haut de gamme et surtout la différence. Voici ce qu'en dit Jean-Claude Casanova dans une interview à Nonfiction.fr :

"Vous m’avez demandé au début : qu’est-ce qui distingue une revue ? La presse ne peut pas fournir ce que nous proposons. La page du Monde, c’est environ 10 000 signes, or nous proposons des articles plus longs, entre 25 000 et 50 000 signes. D’autre part, on ne trouve pas en France, de magazines à haut niveau intellectuel comme ceux qui existent depuis longtemps dans le monde anglo-américain"

Et plus loin, parlant de son goût des citations, celle-ci de Bossuet : "Dieu se moque de ceux qui se plaignent tous les jours des effets dont ils sont les causes"

Jean-Pierre Elkabbach devrait lire Commentaire, et Bossuet !

03/04/2008

D'une utopie 2.0

Quand chacun contribue suivant ses moyens et que tous en profitent suivant ses besoins, ça s'appelle la Sécurité Sociale, un modèle de communisme réussi dans le domaine de la santé. En plus ce n'est pas l'égalité d'un médiocre niveau de soin  qui est visé, mais bien le meilleur de la thérapeutique disponible pour chacun, quelle que soit sa situation.

Chacun selon ses capacités est ici calculé très simplement, à partir du revenu qui sert de base au calcul de la cotisation. Il reste à savoir si le revenu est bien mérité et quels sont les critères de distribution du revenu.

Le talent est inégalement réparti chez les hommes. Toute politique est à la recherche d'un compromis acceptable entre la nécessaire récompense des talents et la non moins nécessaire redistribution des revenus. Le système libéral pur laisse faire les forces du marché qui calcule la valeur de chacun, en regard de l'offre et de la demande de la personne, considérée ici comme une marchandise, à laquelle est attribuée un prix. Si l'on refuse ce système de marché, on nous dit que nous sommes condamnés à un système à la soviétique injuste lui aussi, sclérosant et inefficace par surcroît.

Il n'y aurait de choix qu'entre la brutalité du marché qui ne raisonne que par valeur argent, coûts et profits, et le jugement d'un ministère lointain qui finit toujours par fonctionner en cercle fermé, ayant perdu contact avec la réalité.  Dans ce dernier monde de type soviétique, les évaluations sont à la merci d'une administration qui aura souvent la tentation de favoriser une carrière suivant des critères qui n'ont rien à voir avec la compétence et le talent, mais plutôt avec le copinage ou la docilité du promu. 

En France on a la Sécurité Sociale et son communisme réussi. On se distingue aussi par le modèle d'administration le plus ingérable du monde, longtemps au deuxième rang mondial par le nombre de fonctionnaires, juste derrière l'Armée rouge : c'est l'Education Nationale.

Heureusement Web deux-points-Zorro est arrivé. Sur Ebay, sur Digg, sur Tripadvisor c'est le système de notation non biaisée qui crée la confiance que l'on n'a plus dans un marché incontrôlé,  une administration ou des intérêts qui ne le sont que trop.  La présentation de Digg et de Tripadvisor dans Wikipedia est caractéristique de cet état d'esprit.

"Digg est un site Internet communautaire, typique du phénomène « Web 2.0 », qui a pour but de faire voter les utilisateurs pour une page Internet intéressante et proposée par un utilisateur. Il dispose de plusieurs catégories, telles Politique, Divertissement, Vidéos, Technologie...Il combine « social bookmarking », blog et syndication.Les nouveaux articles et les sites Web soumis par les utilisateurs sont notés par d'autres utilisateurs et s'ils remportent le succès nécessaire, ils sont affichés en page d'accueil."

"TripAdvisor.com est un site Web de guide de voyages gratuit et de recherches sur les voyages qui offre des opinions non biaisées vous aidant à planifier des vacances."

Comme tout se note et tout s'évalue, on ne s'étonne pas de voir des sites de notations des profs, ( note2be ) ou des flics. C'est d'ailleurs chez Francis Pisani que j'ai trouvé cette information. Francis continue :

"Des sites de ce genre existent déjà pour noter, entre autres, les articles de la grande presse et donc les journalistes qui les ont écrits (Newstrust , une entreprise remarquable), les médecins (RateMDs ) ou les professeurs (RateMyProfessors ) qui d’ailleurs se sont maintenant dotés des moyens de répondre (ProfessorsStrikeBack )."

Et de poursuivre :

"au lieu qu’un seul gardien de prison puisse observer un grand nombre de détenus comme l’avait rappelé Michel Foucault, les gens peuvent observer en permanence ceux qui les surveillent et ceux qui les punissent"

Michel Foucault décrivait ainsi le panoptique : "Faire que la surveillance soit permanente dans ses effets, même si elle est discontinue dans son action ; que la perfection du pouvoir tende à rendre inutile l'actualité de son exercice".

De la notation qui aide au choix, à la surveillance qui contrôle l'individu, on sent bien que le pas est facile à franchir et d'ailleurs il l'est souvent. Sans parler des réputations mises au pilori comme Sylvie Noachovitch, Nicolas Princen ou Olivier Martinez.

Il est presque obligatoire qu'un système aussi transparent aboutisse au conformisme des apparences, et au lissage des différences. C'est Luc Fayard qui nous annonce avec de bons arguments que le maoïsme flotte sur le Web 2.0. C'est aussi l'étonnante analogie entre le panoptique et la cité d'Icarie, les deux utopies qui nous préoccupent aujourd'hui.

Wikipedia est toujours notre source pour ces définitions :

3fd0a78e4c4f29ff97b4a3eff1a42d83.jpg"Le panoptique est un type d'architecture carcérale imaginée par le philosophe Jeremy Bentham. L'objectif de la structure panoptique est de permettre à un individu d'observer tous les prisonniers sans que ceux-ci ne puissent savoir s'ils sont observés, créant ainsi un « sentiment d'omniscience invisible » chez les détenus." ( Illustration ci-jointe de Wikipedia )

 

"Icara, la capitale de la communauté d’Icarie comptant un million d’habitants, est une ville circulaire à l’architecture géométrique. La traverse un fleuve absolument rectiligne. Également tracées au cordeau, les rues sont bordées de 16 maisons de chaque côté avec un édicule public au milieu et à chacune des extrémités. Impeccablement propre, la cité ne comporte ni café ni hôtel particulier, mais seulement des bâtiments à usage collectif, dont une bibliothèque aux ouvrages soigneusement choisis."

 

Icarie est la cité imaginaire qui connut un début de réalisation dans les années 1850. Etienne Cabet  imagina cette utopie communiste d'un autre type, et qui finit mal. Cest à lui et non à Karl Marx que l'on doit ce slogan : "À chacun suivant ses besoins. De chacun suivant ses forces" .

Revenant à notre Sécurité Sociale, utopie communiste réussie, il était finalement très étonnant que ce système ait vécu plus de 50 ans sans aucun contrôle sérieux sur le comportement sanitaire des assurés sociaux. Qu'on se rassure, c'est en train de changer grâce aux campagnes anti-alcooliques et la restriction des lieux autorisés aux fumeurs. 

Supposons encore une utopie globalement réussie où chacun vit en communauté à la hauteur de ses besoins en occupant une place à la mesure de son mérite et de son talent. Qu'on suppose donc un système de répartition parfait, juste, reconnu et accepté par tout le monde. C'est la justice elle-même qui transforme ce paradis en enfer de la frustration. Car quiconque occupe une place médiocre ne peut sans prendre qu'à  lui-même. Ce n'est plus une société injuste contre laquelle il est légitime de se révolter qui explique ma mauvaise place, c'est bien l'inégalité des talents qui a rendu public la pauvreté du mien par une évaluation incontestable et publique.

Il y a peu d'hommes prêts à admettre que l'on affiche ainsi les différences. En admettant encore que l'on puisse le supporter, nous voici dans une société figée, faute de l'énergie vitale de ceux qui, à tort ou à raison, rêvent de la changer.

28/03/2008

Max Weber à l'Elysée

Sur Internet, il faut nager à contre courant, c'est une question d'hygiène. Comme Nicolas Sarkozy va remonter la vague des sondages, grâce à - sublime, forcément sublime – Carla, il est urgent de rappeler ce qu'en disait Max Weber ( 1864-1920 ). Le célèbre sociologue allemand était aussi prophète à sa façon.

"En effet, bien que, ou plutôt parce que la puissance est le moyen inévitable de la politique, et qu'en conséquence le désir de pouvoir est une de ses forces motrices, il ne peut y avoir de caricature plus ruineuse de la politique que celle du matamore qui joue avec le pouvoir à la manière d'un parvenu, ou encore Narcisse vaniteux de son pouvoir, bref tout adorateur du pouvoir comme tel. Certes le simple politicien de la puissance, à qui l'on porte aussi chez nous un culte plein de ferveur, peut faire grand effet, mais tout cela se perd dans le vide et dans l'absurde. Ceux qui critiquent la « politique de puissance » ont entièrement raison sur ce point. Le soudain effondrement moral de certains représentants typiques de cette attitude nous a permis d'être les témoins de la faiblesse et de l'impuissance qui se dissimulent derrière certains gestes pleins d'arrogance, mais parfaitement vides. Une pareille politique n'est jamais que le produit d'un esprit blasé, souverainement superficiel et médiocre, fermé à toute signification de la vie humaine ; rien n'est d'ailleurs plus éloigné de la conscience du tragique qu'on trouve dans toute action et tout particulièrement dans l'action politique que cette mentalité" ( Politische Schriften )

C'est en prenant le sillage de DirtyDenys que je cite Max Weber pour faire le point sur notre Président. La très brillante note de Denys nous montre que la pensée de Max Weber irrigue au delà du domaine traditionnel de la sociologie, en nous peignant un Philippe Lucas (ex-entraîneur de Laure Manaudou), naguère seul maître à bord de son centre d'entraînement, mais n'ayant plus barre sur sa nageuse vedette, et devenuchef charismatique qui perd la tête.

14/12/2007

Faire de l'audience avec les ERP

Impossible, répond Robert Scoble qui se demande pourquoi le logiciel d'entrepise n'est pas sexy. Michael Krigsman, Dan Farber, Dennis Howlett, Anshu Sharma, Sadagopan, Craig Cmehil, et d'autres lui répondent que l'objectif de ce type de logiciel n'est pas d'être attirant mais efficace et fiable. Nick Carr ne voit pas pourquoi un ERP devrait être rébarbatif sous prétexte qu'il traite de processus d'entreprise et n'est pas orienté grand public.

A vrai dire, il y a peu de chances que la gestion de la logistique et des finances deviennent quelque chose d'un peu sexy. Ce sont juste des process d'entreprise complexes. Là où Nick Carr a raison, c'est quand il dit qu'un processus complexe peut être habillé et présenté de manière un peu plus conviviale. C'est d'ailleurs ce que tente de faire SAP, en intégrant dans son portail des règles de navigation issues du Web grand public. Néanmoins, il n'y a aucun moyen de rendre convivial un calcul de besoins ou une balance comptable, rébarbatifs quel que soit l'habillage que l'on puisse y mettre.

 Cette discussion n'est pas neuve, entre la pratique des outils grand public qur tout le monde utilise chez soi par plaisir, et les outils professionnels que l'on subit dans l'entreprise par nécessité. Et le débat fait rage sur les blogs anglophones ( rien en France à ma connaissance ). Sauf que ce n'est pas exactement ce que dit Robert Scoble. Voici ses propos :

"let’s look at the business of journalism or even of blogging. We’re paid to deliver page views. Advertisers call it “CPM” (cost per thousand viewers). Now, what’s going to get more of you interested? Consumer software that you actually have a role in adopting or purchasing or enterprise software where some CIO somewhere else in your organization decides on? I know that when I talk about enterprise software the numbers of viewers just don’t show up. So, tech bloggers quickly learn that if they talk about enterprise software they aren’t going to get many advertising impressions."

"Regardons les revenus du journalisme ou même des blogs. Nous sommes payés pour être vus. Les annonceurs appelent ça le CPM ( coût par milliers de visiteurs ). Qu'est-ce qui va vous intéresser le plus ? Du logiciel grand public pour lequel vous avez réellement un rôle, dans l'adoption ou l'achat, ou du logiciel d'entreprise  pour lequel c'est le CIO ou n'importe qui d'autre dans l'entreprise qui décide ? Je sais que lorsque je parle de logiciels d'entreprise, le nombre de lecteurs ne va pas augmenter. Ainsi, les bloggers qui parlent de technologie apprennent vite que si l'on parle de logiciels d'entreprise, ils ne vont pas avoir beaucoup de publicité ".

Ce qui est bien avec les Américains, c'est qu'ils ne se cachent pas derrière leur petit doigt. L'ERP c'est chiant, nous dit Scoble. A chaque fois que j'en parle j'ai une baisse d'audience, donc de pubs, donc de revenus, donc j'en parle le moins possible. Ou alors pour créer une bonne polémique comme celle-ci qui va m'attirer des lecteurs. Je ne sais pas si vous vous intéressez au design des ERP ( sans doute pas beaucoup ). Mais si vous vous intéressez à la question de la gratuité, de la publicité et de l'indépendance d'Internet, cette petite anecdote est bien éclairante. Il faut faire de l'audience. Donc, vus des blogs, Internet et l'informatique en général se réduisent aux outils grand public. On ignore ce qui se passe derrière le rideau, qui représente quand même largement autant de milliards et façonne nos vies de manière aussi décisive.

Je continuerai à en parler de temps en temps. Tant pis pour le bloguimat. De toutes façons, je n'ai pas de pub et je suis gratuit. Je suis libre.

07/11/2007

La longue traîne de l'édition

Je suis bloggeur donc j'écris, et si j'écris j'aurais un jour ou l'autre, envie d'aller plus loin, jusqu'au livre. Ou peut-être, je ne suis pas bloggeur mais je rêve quand même d'écrire un chef d'oeuvre. Mais voilà, je n'ai peut-être pas ce talent et à coup sûr pas de piston. Pourquoi se lancer dans ce travail d'écriture alors que j'ai 0% de chances d'en voir une réalisation matérielle. C'est que la fabrication d'un livre est une industrie où il faut faire avec les coûts d'édition, de fabrication, de distribution, de publicité et même de destruction des invendus.

Alors les éditeurs trient, c'est bien normal, en prenant en compte des facteurs économiques. Ils ne trient pas beaucoup d'ailleurs : 727 romans pour la dernière rentrée littéraire : c'est beaucoup trop. Sait-on qu'un kioskier peut avoir jusqu'à 2000 titres de journaux en vente. Il ignore lui-même ce qu'il vend : c'est ridicule.

Des amis ont racheté une librairie-papeterie-point de presse à Cluny. La réception, déballage, étalage puis retour des invendus est une charge considérable.

Tout ça ne marche pas bien, est à bout de souffle.

Un éditeur est surtout un conseiller littéraire. C'est le coeur de son métier, mais qui doit composer avec les contraintes économiques. Sur Internet il n'y a plus de barrières économiques.  Vous avez écrit un livre, mais comme tout écrivain, vous avez besoin de conseils, d'encouragements, de corrections et de critiques : Il faudrait supprimer ce paragraphe - au contraire développer ce chapitre - ce personnage n'a pas de consistance - ..

Vous avez écrit un livre, et c'est vous, non plus l'éditeur, qui allez le publier. Sur Internet bien sûr. Vous avez écrit un livre, et peut-être êtes vous prêt à payer 1000 Euros pour une fiche de lecture comprenant quelques conseils écrits. Peut-être êtes vous prêt à payer plus pour une aide personnalisée. L'éditeur redevient un conseiller littéraire dégagé des questions de fabrication. Il peut alors vendre un service de quelques milliers d'Euros multipliés par le très grand nombre des auteurs amateurs. Elle est pas belle ma longue traîne ?

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Bloggeur ou pas bloggeur, j'ai toujours la volonté d'écrire mon livre. Je mets mon-chef-d'oeuvre.pdf sur mon site. Il sera chargé 80 fois et peut-être lu 3 fois. Peu importe, j'aurais été au bout de mon talent, aurais appris beaucoup lors de ce travail et laissé une oeuvre. Quand à mon éditeur, il a pu créer des emplois de conseiller littéraire et il est revenu à son métier d'origine. Au milieu de toutes ces oeuvres, comme avant, mais mieux qu'avant, quelques unes auront encore les honneurs de l'édition papier.

16:05 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (2)

03/10/2007

2èmes recontres nationales du blog d'expression local

L'association zevillage :http://zevillage.org/  organise les 2èmes rencontres du blog d'expression locale. Ca se passe à Alençon dans ma région d'origine, où Zevillage regroupe une communauté de télétravailleurs. 

Bien que n'étant pas installé physiquement en Normandie, j'y garde des attaches fortes et fait donc aussi partie de cette association.

Le blog est particulièrement bien adapté à l'expression locale. C'est peut-être même le seul media possible pour elle,  tout comme pour les blogs, un sujet qui les démarque de manière originale. Le sujet en tous cas m'intéresse. Je serai donc à Alençon le 7 décembre pour cet événement.  Merci à Xavier qui organise cette rencontre et m'envoie cette invitation que je relaie ici

 

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Les 2e Rencontres Nationales du Blog d’Expression locale se tiendront le 7 décembre 2007, à Alençon, en Normandie.

 

Pour la seconde année consécutive, ces rencontres proposent aux spécialistes de la blogosphères comme aux néophytes un après-midi d’échanges sur des thèmes variés : blogs, podcasts, législation internet, multimédia, syndication RSS, rédactionnel, etc. Ces ateliers libres (avec inscription préalable) auront lieu de 14 h à 18 h.

 

Un grand concours national ouvert aux bloggeurs néophytes ou confirmés est également organisé autour de 5 catégories : vie locale, culture, économie locale (pour les professionnels), social et santé, et tourisme.  Le vote des internautes, associé à celui du jury composé de 9 personnalités reconnues de la blogosphère élira parmi l’ensemble des inscrits le meilleur blog par catégorie. La remise des prix aura lieu à 19 h 30, à la suite de la conférence débat qui débutera à 18 h.

Ces rencontres auront lieu dans le cadre prestigieux de la Halle au Blé d’Alençon, bâtiment emblématique de la ville dorénavant dédié aux technologies numériques.

http://www.expression-locale.org

Vous êtes cordialement invités à participer ces rencontres et à inscrire votre blog au concours.

07/09/2007

Web serveurs : Microsoft IIS regagne du terrain sur Apache

C'est le genre de statisitiques que l'on a du mal à trouver, puis à croire ! Y a -t-il encore des serveurs Web qui n'utilisent pas Apache ? Oui, beaucoup et même de plus en plus sur IIS ( Microsoft Internet Information Server).

En terme de nombre de domaines, Apache est passé d'un chiffre de 71% en Novembre 2005 à 50,9 % aujourd'hui. Pendant ce temps, IIS grimpe de 22 à 34%. Voir les courbes des différents fournisseurs que l'on peut trouver sur Netcraft

Apache en bleu qui fléchit et IIS en rouge qui remonte 

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Unix Guardian commente et explique ce regain par l'intégration forte de IIS avec Windows. Voilà un discours complètement à rebours des meilleures pratiques d'architecture.

Mais les faits sont là, et Microsoft sait se battre sur ce terrain là aussi.

05/09/2007

Web 2.0 : L'important c'est de participer

     Andrew Keen l'auteur de  "The Cult of the Amateur" est un malin. Il attaque de front le Web 2.0 en vantant les mérites de la presse traditionnelle. Bien joué, la blogosphère se défend et les médias papiers lui tirent le tapis rouge.

    Francis Pisani comme Xavier de Mazenod lui répondent de manière un peu plus sérieuse et argumentée que les diatribes caricaturales que l'on peut lire dans cette interview à Libération (pointée par Xavier).

    Dans ce type de débat, je m'étonne toujours que l'on analyse le phénomène Web 2.0, Blogs et consorts, de la même manière que les médias traditionnels : c'est à dire du côté de l'aval, de qu'on peut y trouver en tant que lecteur, auditeur, spectateur. La nouveauté du Web 2.0 est évidemment du côté des créateurs et non des consommateurs. C'est même ce qui en fait sa caractéristique. Dans le read/write Web, c'est le write qui est intéressant et nouveau. Le read n'est  pas nouveau (depuis Gutemberg à peu près) et il peut être décevant. Quoi de neuf dans cette constatation ?

    L'écriture sur le Web, c'est de l'écrit traditionnel, du texte. C'est aussi de l'image, du son et tout ce que l'on pourra imaginer dans le futur en terme d'expression. Dans ce sens là, quand j'écris sur le Web, je passe forcément par une passe de lecture sur ce même Web et sur toute autre source de mon choix. Comme je lis dans le but de créer quelque chose, ma lecture n'est plus passive et inattentive, mais au contraire guidée par mon projet créatif. Quelle que soit la qualité finale de ce projet, quel que soit l'intérêt de mon billet sur mon blog, j'aurais de toutes façons, moi l'auteur, appris quelque chose au passage et souvent progressé dans mon moyen d'expression. Tout l'intérêt est donc dans cette phase de création et non dans le résultat final où il sera facile de trouver beaucoup de médiocrité, mais pas uniquement.

    En critiquant l'objet, Andrew Keen passe à côté du sujet. Car c'est ce processus de création, démultiplié par le nombre des acteurs, qui fait que chacun d'entre eux y a trouvé un moyen d'épanouissement et de progression. Dans ce cas, si la création est primordiale et le résultat secondaire, pourquoi le Web et pourquoi publier cette création, si l'objet en lui-même n'est pas le plus intéressant ?

    Quelques créateurs ont toujours eu suffisamment confiance dans leur talent, voire leur génie, pour se passer de public identifiable. De Saint-Simon à Lautréamont,  nombreux sont les écrivains qui, volontairement ou non, n'ont pas trouvé de public de leur vivant et qui bâtirent leur oeuvre sans en recevoir le moindre écho. Aucun obstacle ne peut arrêter de telles forces créatrices et aucune aide ne leur est nécessaire. On pourra trouver leurs contemporains sur le Web 2.0 ou ailleurs. Ce n'est pas leur problème et il n'est pas fait pour eux, même s'ils peuvent s'y trouver aussi.

    Comme le dit la phrase célèbre, "le blog engage des conversations". Si cette conversation n'a pas toujours lieu dans la pratique, elle est toujours présente dans l'intention. Nous, les amateurs, tels que les dénigrent Andrew Keen, avons besoin de cet aiguillon de la conversation et de la critique pour faire l'effort de construire un texte, ou toute autre forme d'expression. Je peux écrire un blog pour moi tout seul, en forme de journal, tel qu'il s'en est tenu depuis des siècles. Il se trouve que je ne le faisais pas, que ça ne m'intéresse pas et que ça risque de tourner vers une introspection stérile et "narcissique". Quelle que soit l'étendue de mon public, de quelques dizaines à plusieurs milliers pour certains, ce public me tire vers un haut que je ne ferais pas l'effort d'atteindre sans lui. On discute de la dimension du haut et de sa qualité statique, quand tout l'intérêt est dans le mouvement. Comme par ailleurs, il n'y a plus de barrières techniques, financières, éditoriales à l'expression de chacun sur ce read/write Web, n'importe qui peut désormais atteindre un public souvent minuscule mais potentiellement innombrable.

    Si l'on ne veut pas participer en tant qu'acteur au Web 2.0, je ne comprends toujours pas ce qu'on peut y perdre en tant que lecteur. 727 romans pour cette rentrée littéraire, 54 de plus que l'année dernière. Comme quoi, l'édition traditionnelle n'a pas l'air de souffrir de l'arrivée d'autres moyens d'expression. Toujours dans cette interview à Libération il paraît que " L’éthique de l’amateur est si dominante que l’expertise, le talent et le savoir perdent du terrain". Il n'y a pas d'éthique de l'amateur dans le sens où il serait incompétent. Le talent et l'expertise se détectent très vite comme toujours. Ce qui est nouveau est en effet une éthique du désintéressement et de la gratuité. Certains hébergent de la publicité. C'est leur affaire, en tous cas ce n'est pas une nécessité économique comme pour les médias traditionnels. 

    Tout ça se résume en une discussion entre les tenants d'un système clos où ce qui s'ajoute d'un côté ne peut que se payer d'un autre. Andrew Keen c'est le Lavoisier du Web "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". En pire évidemment.

    J'ai du mal à voir les pertes, je vois beaucoup de gains et la transformation est continuelle. FInalement c'est  le Web 2.0 qui redonne une jeunesse à l'olympisme, "l'important c'est de participer"

11:45 Publié dans Blog, Web | Lien permanent | Commentaires (2)

22/02/2007

Google Apps : La Pyramide ou la Toile

On l'appelle Google Apps ou Google Office et c'est la nouvelle offre bureautique. Pour 50$ par an on a droit à :

  • 10 Go de stockage pour Gmail ;
  • Calendrier ;
  • Messagerie instantanée (chat) ;
  • La suite bureautique texte et tableur ;
  • Logiciel de présentation type Office Impress ou Powerpoint à venir.

Tout ça est stocké sur l'infrastructure de Google : 500 000 serveurs et 25 Datacenters nous explique Louis Naugès . Et voilà l'accès à mes données de n'importe où, à n'importe quelle heure avec tout équipement capable de se connecter à Internet (pas seulement mon PC). Une des grandes forces de Google, c'est son infrastructure technique et sa qualité de services (SLA) impeccable. Fini donc, le souci du maintien des serveurs et des baies de disques, Google veille sur vous, Google vous héberge.

J'ai déjà évoqué ici et tout le bien que je pensais de ce type d'architecture d'un point de vue purement informatique :

  • Pourquoi payer 1000 Euros ou plus un PC dont on n'utilisera que 10% de la puissance ?
  • Pourquoi engraisser les comptes de MicroSoft avec une suite bureautique dont on n'utilise aussi que 10% des fonctionnalités ?
  • Pourquoi stocker en local plusieurs dizaines de Go toujours à la merci de la première panne disque, et quasiment jamais sauvegardés ?

Je redis aujourd'hui encore ma méfiance à l'égard de ce modèle hypercentralisé où l'on remet les clés de son informatique et surtout le contrôle de ses données à un hébergeur aussi puissant. Le moins que l'on puisse dire est que Google est loin d'être transparent sur ce qu'il fait des traces que l'on laisse chez lui. Et puis surtout, ce modèle est totalement en contradiction avec l'architecture distribuée de l'Internet. Plutôt que l'aboutissement du Web 2.0, n'est-ce pas plutôt là le retour à un système hiérarchisé en pyramide, quasiment de type Mainframe.

La hasard fait bien les choses, je viens de lire une contribution passionante de Anh-Tuan GAI sur le blog de Francis Pisani. Voici sa vision :

  • "Web 1.0: Les contenus sont produits et hébergés par des entreprises.
  • Web 2.0: Les contenus sont produits par les internautes et hébergés par des entreprises. (NDLR : c'est le modèle Google Apps)
  • Web 3.0: Les contenus sont produits et hébergés par les internautes.
    (Cela signifie ne plus héberger son mail sur Gmail, ses photos sur Flickr, etc… Les données sont reçues, stockées et accessibles sur une machine administrée par et physiquement chez l’internaute.) "

Je conseille vraiment la lecture de ce court article qui défend une vision décentralisée du Web qui y retrouve son architecture d'origine en toile.

A vrai dire, et on l'aura compris, le débat n'est pas que technique. Il s'agit bien du choix entre un modèle décentralisé et participatif, contre le confort du chèque en blanc. C'est un débat complètement politique concernant le rôle de chacun face à la puissance de ces entités.

Anh-Tuan GAI nous propose "Une autre branche pour l'arbre des possibles ". J'aime que cette branche là puisse pousser vite avec le talent de ce jeune post-doctorant. Et vous, sur quelle branche aimeriez-vous chanter ?

16/01/2007

La grande distrib 2.0

Finalement ce Web 2.0 pousse à son paroxysme le modèle de la grande distribution. On sait que celui-ci est construit autour de la puissance des centrales d'achat qui tirent leur force de leur concentration, face aux fournisseurs désunis et dispersés. On connait aussi l'importance de l'exposition du produit et de l'effet "tête de gondole". Ces mêmes fournisseurs arrivent quand même à vendre leur production. Quelques grandes marques stars arrivent même à un tel niveau de notoriété, qu'elles peuvent négocier dans des conditions un peu moins inégales. 

Pour l'économie de l'Internet, j'écrivais précédemment

" Comme chacun le sait, il s'agit maintenant d'un Web en lecture-écriture. L'utilisateur en crée le contenu, au moins à part égale avec les entreprises économiques et les institutions. Celles-ci continuent néanmoins à en tirer l'essentiel du profit économique. A terme, ce partage inégal annonce des tensions sur le modèle  (...) Si l'information est un vrai pouvoir, celui-ci se ré-équilibrera, sous sa forme économique, entre les mains des usagers au détriment des entreprises capitalistiques."

Cette analyse est un voeu plus qu'une vraie prévision, et il a peu de chances de se réaliser. Quand on compare avec  la grande distribution, on s'aperçoit que le modèle Web 2.0 n'est pas si nouveau que ça, en tous cas d'un point de vue de la répartition des bénéfices. Les Google, MySpace et consorts sont les Carrefour(s) - c'est le cas de le dire - de l'Internet, ils ont un rôle tout à fait similaire. Ils font même mieux, puisque le contenu créé par l'utilisateur (user generated content) l'est à titre gratuit. Encore plus fort !  La loi d'airain, qui fait du distributeur l'élément clé de la chaîne de valeur, se confirme et s'amplifie dans le monde de l'Internet. Le producteur de contenu est quand même satisfait. Il échange sa production contre une reconnaissance sociale ou professionnelle. Un excellent rapport ( en .pdf ) analyse bien cette évolution de la chaîne de valeur dans l'industrie du divertissement.

Le modèle est accepté pour la production amateure de divertissement et même pour les contenus plus ambitieux de beaucoup de blogs.

Les professionnels du divertissement et de l'information n'ont toujours pas trouvé de modèle économique qui leur permettent de s'insérer dans cette nouvelle chaîne de distribution. Les DRM ne seront pas acceptés, et Microsoft a manqué de Vista  en se conformant aux diktats d'Hollywwod. Ce n'est pas si grave pour nous, il y a plein d'alternatives.

La presse quotidienne payante d'informations sur papier va mourir. Elle a bien du mal à construire son nouveau modèle à dominante Internet. C'est beaucoup plus embêtant.

19:44 Publié dans Société, Web | Lien permanent | Commentaires (0)

09/12/2006

Coup de chapeau à Loïc Le Meur

Il organise la conférence Web3 avec la participation de 36 nationalités. Beaucoup de grands acteurs Internet seront présents. Voilà un beau succès qui fera de Paris la capitale de l'Internet pendant ces 48 heures. Ca n'arrive pas si souvent que l'on associe la France avec les technologies de demain, et l'on ne peut que remercier Loïc Le Meur de faire profiter Paris de l'étendue de son carnet d'adresses.

Lisez son interview sur 01net :

"L'idée, avec le Web 3, c'est de faire pendant 48 heures de Paris la capitale européenne de l'Internet, avec tout ce qui peut en découler. En matière d'investissement, je pense par exemple à quelqu'un comme Benjamin Bejbaum, le créateur de Dailymotion, qui était présent à la première édition il y a deux ans et qui y a trouvé les relais nécessaires au développement de son projet. Cette année, nous aurons 1 000 participants en provenance de 36 pays avec un public d'entrepreneurs du Web, d'investisseurs et/ou de blogueurs."

On sait que son succès en agace beaucoup. Tant pis pour les grincheux ! En ce qui me concerne, je n'ai jamais rencontré Loïc Le Meur, et je ne me suis pas inscrit à cette conférence. Je souhaite pourtant que cette conférence soit un vrai succès et débouche sur des initiatives nouvelles, dont certaines pourraient voir le jour en France. Ca nous ferait pas de mal.

Bravo donc pour cette conférence et coup de chapeau à Loïc Le Meur !

23/11/2006

Le Web 3.0 n'aura pas lieu

J'aime beaucoup Christophe Lauer, et il donne le bon truc pour faire fortune avec le Web 2.0. La place est prise pour le 2.0. Tous à l'assaut du 3.0 (il n'y aura pas de 2.5).
Beaucoup le savent, le nommage d'un phénomène ou d'un concept est une assurance de renommée et de fortune. Bill Inmon vit encore sur le concept de DataWarehouse qu'il a théorisé, Tim O'Reilly avec son Web 2.0 est bien parti sur la même voie.

Quelques suiveurs sans imagination tentent déjà leur chance avec un Web 3.0.

 

1.0

Je n'ai rien compris au Web 1.0 (qui n'avait pas de numéro de version). A l'époque, je disposais depuis longtemps de toute la documentation nécessaire, exportée par des serveurs NFS. Ce modèle "one to many" me satisfaisait complètement, et je n'ai pas vu l'intérêt de passer par un browser pour ouvrir un document statique, auquel j'avais déjà accès, dans mon arborescence locale montée sous NFS. C'est que ma vision était purement technicienne, qui ne comprenait pas que la révolution n'était pas dans le moyen d'accès, mais dans l'ouverture de cet accès, en lecture,  au monde entier. 
La désignation de Web était partiellement inexacte pour décrire ce phénomène. Le terme de toile décrit un modèle géométrique, en réseau,  "many to many" qui n'existait pas encore à cette époque. Au moment du Web 1.0, l'entreprise était en avance sur le grand public.

 

2.0

Le Web 2.0 est une vraie toile, où tous les noeuds ont potentiellement le même rôle et le même poids, et c'est l'usager qui est en avance sur le monde de l'entreprise. Comme chacun le sait, il s'agit maintenant d'un Web en lecture-écriture. L'utilisateur en crée le contenu, au moins à part égale avec les entreprises économiques et les institutions. Celles-ci continuent néanmoins à en tirer l'essentiel du profit économique. A terme, ce partage inégal annonce des tensions sur le modèle.

L'information étant maintenant produite partout, et non plus sur quelques sites institutionnels peu nombreux, la recherche est re-devenue primordiale. Et c'est ce qui fait le succès de Google, comme en témoigne l'interview de ses fondateurs dans Playboy en 2004:

"BRIN: Ironically, toward the end of the 1990s most of the portals started as search engines. Yahoo was the exception, but Excite, Infoseek, HotBot and Lycos began as search engines. They diversified and didn’t take searching as seriously as they should have. Searching was viewed as just another service, one of 100 different services. With 100 services, they assumed they would be 100 times as successful. But they learned that not all services are created equal. Finding information is much more important to most people than horoscopes, stock quotes or a whole range of other things—which all have merit, but searching is substantially more important. They lost sight of that. It’s why we started Google in the first place. We decided that searching is an important problem that requires serious concentration. That continues to be our focus."

Le meilleur moteur de recherche pour démarrer, et surtout la meilleure régie publicitaire pour prospérer, font donc la bonne recette.  Pour le moteur comme pour la régie, c'est l'utilisateur qui crée l'information que Google rendra "intelligente" pour tous, et profitable pour lui-même.  Le Web 1.0 reflétait une diffusion de l'information de quelques uns vers tout le monde. Dans un modèle achevé, le Web 2.0 est une création/diffusion de l'information dans tous les sens et sans hiérarchie. Tout a changé de ce point de vue, sauf le pouvoir économique qui reste entre les mêmes mains.

 

Un faux 3.0

Un Web 3.0, sémantique, n'est qu'une continuation de ce modèle. Le billet de Fred Cavazza,  "Vers un Web 3.0", décrit bien cela. Il est bien plus subtil que son titre pourrait le laisser croire. Néanmoins ces technologies ne sont que des améliorations d'un existant à peine digéré alors que  le 2.0 est un vrai retournement de perspective.

Ce Web 3.0 n'aura pas lieu, parce qu'il n'est qu'une prolongation des courbes, et qu'il ne crée pas de nouveau paradigme.

 

Rendez-vous en 2010

Au petit jeu des prévisions, je vous propose les miennes:

- Le Web 3.0 ne portera pas ce nom, même si la composante Web sera partie prenante du nouveau modèle,

- Il apparaîtra en 2010, après un cycle de 5 ans de Web 2.0,

- Il est en train de germer en ce moment, plus probablement à Hong Kong ou à Bombay qu'à Stanford,

- Il sera orienté processus, et vie de l'information, de sa création, à ses modifications jusqu'à sa mort. Nous ne traitons aujourd'hui que d'information statique, sans vision du processus qui l'a créée puis transformée,

- Si l'information est un vrai pouvoir, celui-ci se ré-équilibrera, sous sa forme économique, entre les mains des usagers au détriment des entreprises capitalistiques.

Vaste programme...

20/11/2006

Un scénario à la Myahoo

Une fuite organisée

Yahoo n'a pas le moral, et l'on ne parle plus que de la fuite organisée par l'un de ses VP, sous la forme du memo dit du "peanut butter". Dans un contexte bien différent, il est vrai, on se souvient comment Antoine Zacharias fut contraint de démissionner à la suite des fuites orchestrées par son second. Ce n'est surement pas bon signe pour la direction de Yahoo que ce Brad Garlinghouse, que je ne connais pas,  proclame tout ce qui ne va pas, selon lui, chez Yahoo. Les rumeurs repartent donc, d'une fusion/rachat Microsoft Yahoo. Certains proposent Yasoft, je trouve Myahoo plus mignon et plus approprié à l'image, comme à la situation du chasseur et de la proie.

Les recettes classiques

Ce qui m'intéresse dans ce memo est qu'il contient un vrai concentré de management à l' américaine :

- On commence par du positif (toujours un peu outrancier): "Three and half years ago, I enthusiastically joined Yahoo!... "

- Echouer n'a pas d'importance si l'on sait rebondir : "A reminder that the measure of any person is not in how many times he or she falls down - but rather the spirit and resolve used to get back up. "

On ne juge pas quelqu'un au nombre de ses échecs, mais plutôt à la manière dont il est reparti de l'avant. On rêve de ce type d'attitude, ici en France!!

- Regarder la réalité en face : "We lack a focused, cohesive vision for our company...We are separated into silos that far too frequently don't talk to each other. And when we do talk, it isn't to collaborate on a clearly focused strategy, but rather to argue and fight about ownership, strategies and tactics."

Nous n'avons pas de vision cohérente pour cette compagnie. Nous sommes séparés en silos qui ne se parlent pas. Et quand on se parle, ce n'est pas pour travailler ensemble à une stratégie claire, mais pour discuter et se battre à propos de "qui fait quoi", de stratégie et de tactique.

- Et donc un plan d'action:

1. "Focus the vision" : Concentrer les objectifs
2. "Restore accountability and clarity of ownership" : Clarifier la responsabilité des actions et des objectifs
3. "Execute a radical reorganization" : La REORG!!!

- Et voilà notre Robespierre qui entre en action:

"We need to boldly and definitively declare what we are and what we are not" Nous devons affirmer hardiment et definitivement ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas.

"Existing business owners must be held accountable ...-- heads must roll," Les responsables business doivent être tenus pour responsables.. Des têtes doivent rouler (de l'échafaud)

"We must reduce our headcount by 15-20%". Il faut réduire le nombre de postes de 15 à 20%

Myahoo

Encore une fois, je ne connais pas Brad Garlinghouse. Dans ce memo,

- il y a le meilleur: Rester positif, et toujours cette formidable volonté de rebondire

- et le plus banal : des "tough decisions", des têtes doivent tomber, réduire le nombre de postes

Brad Garlinghouse illustre parfaitement ce qu'il dénonce chez les autres, c'est à dire l'énergie dépensée à gérer les luttes de pouvoir, en essayant de se faire bien voir par les analystes financiers. Car, qu'y a-t-il de spécifique à Yahoo dans ce type de plan de relance que l'on a déjà vu partout?  Tout ça est juste du copier/coller de de n'importe quel ambitieux, dont la seule idée concrète sera de virer ceux qui le gênent.

Vous voulez lire un vrai plan d'action, construit, argumenté et lucide, lisez "The Internet Services Disruption" de Ray Ozzie, le CTO de Microsoft. Le memo est disponible ici.

Il y a des jours où l'on en a tellement marre de la googlemania, que l'on aimerait bien que Yahoo se redresse. Ce n'est pas avec ce Brad Garlinghouse qu'ils y arriveront. Au delà de la puissance financière, il semblerait bien que l'on soit beaucoup plus lucide chez Microsoft, qui par ailleurs ne porte pas si mal.  

Alors pourquoi pas ce scénario annoncé à la Myahoo?

18:51 Publié dans Business, Web | Lien permanent | Commentaires (2)

27/09/2006

Le SLA c'est Google!

C'est mieux chez moi que dans ma boîte

Ce que nous vivons en ce moment, d'un point de vue technique, peut paraître paradoxal. Le Web 2.0, ça se passe très largement dans le périmètre de l'informatique personnelle. Le partage facile des informations, les sites collaboratifs, les droits en écriture par défaut deviennent la norme. Dans le monde de l'entreprise, le monde professionnel, c'est trop souvent le contraire.

Il faut vivre en entreprise pour constater la pauvreté et la mauvaise qualité de l'offre de services. Chez moi, avec les outils grands publics, je dispose d'une palette incroyablement diversifiée d'applications, avec le plus souvent une qualité de services parfaite. Comme beaucoup, je supporte de moins en moins une informatique d'entreprise, toujours en retard sur ce dont je dispose à la maison.

On pourrait argumenter sur la nature fondamentalement différente de ces deux mondes. Qu'un article de Wikipedia puisse sans arrêt, être modifié, et amélioré, est justement un des principaux atouts de ce projet. On comprendra facilement, qu'une proposition commerciale, une offre de services ou un contrat de maintenance comporte des aspects juridiques et financiers qui n'autorisent pas des accès aussi ouverts. C'est pourquoi l'assimilation des pratiques du monde de l'informatique personnelle, du Web 2.0 dans le monde de l'entreprise ne sera sans doute pas si aisée. Un des vrais défis du DSI sera d'aménager à l'intérieur de son informatique d'entreprise, des espaces de type Web 2.0 qui puisse alimenter par leur foisonnement créatif son informatique « classique », protégée, pour ne pas dire sanctuarisée. Le Web 2.0, par exemple, ne remplacera pas des applications de type ERP. Dans son esprit, il est orienté vers le monde de la création et du développement, quand un ERP fait de la production.

La qualité de services: le SLA

Parlons d'un autre aspect de l'informatique personnelle, la qualité de services, le SLA ou Service Level Agreement. Comme l'entrée wikipédique de l'expression est assez pauvre (ce serait l'occasion pour moi de l'enrichir), je vais essayer de le décrire un peu plus précisément. Le SLA est un document décrivant la qualité de services qu'un fournisseur de services s'engage à fournir à son utilisateur final. Pour prendre un exemple dans le monde SAP, on y retrouve typiquement les engagements suivants:

  • Disponibilité de l'application à 99, xxx%

  • Droit à un certain nombre d'arrêts programmés (par an)

  • Durée d'indisponibilité maximale

  • Délai de redémarrage en cas d'incident

  • Temps de réponse moyen garanti : inférieur à 1 seconde par exemple

  • etc, etc ...

A l'inverse des aspects fonctionnels où l'avance prise par l'informatique personnelle, peut s'expliquer par sa nature novatrice, on s'attendrait à disposer d'un SLA professionnel dans le monde de l'entreprise et d'une qualité de service amateur à la maison. On l'a compris, là encore le SLA est meilleur chez moi que dans l'entreprise.


Le SLA chez Google

Google est un service utilisé par tout le monde, en entreprise et à la maison. Tout le monde est fasciné par ses qualités et la justesse de ses réponses. Des sites comme WebRankinfo sont consacrés à ce sujet. Comme le dit la présentation de ce site :

« Si le moteur de recherche Google est sorti du lot et a devancé les stars d'hier (Altavista et Yahoo!), c'est parce qu'il a réussi ces 2 challenges :

  • indexer le plus de documents possible, rapidement

  • présenter des résultats triés, les plus pertinents en premier. »

J'ai bien sûr la même expérience, et le jour où j'ai découvert Google, je n'ai quasiment plus jamais utiliser les Altavista, Hotbot ou Lycos. A cause de la pertinence des réponses, bien sûr, mais aussi et peut-être surtout à cause de la rapidité. Il faut se souvenir du milliard de popups, et de la lenteur de mauvaises réponses que l'on avait avant, pour avoir apprécier instantanément le dépouillement et la vitesse de Google. Autrement dit, la qualité de services, chez Google, c'est le résultat, mais jamais ils n'ont oublié ou négligé la qualité technique de l'infrastructure.

Il suffit de se souvenir du pitoyable lancement du geoportail pour comprendre comment on peut saboter d'entrée un service, si l'infrastructure technique n'est pas à la hauteur.

Le SLA chez Google, c'est ça:

 

Résultats 1 - 10 sur un total d'environ 268 000 000 pour Web 2.0. (0,10 secondes) 


0,10 secondes de temps de réponse, et une disponibilité de 100%. Pas 99,9, pas 99,99999 (les fameux cinq 9) , c'est 100%. L'architecture technique de Google est entouré d'un silence quasi brejnevien. On parle de centaines de milliers de serveurs, on imagine aussi des processus d'entreprise et des équipes techniques du plus haut niveau. Comme quoi, on a beau être le modèle même du Web 2.0, il y a des choses qu'on garde pour soi. L'algorithme détaillé, comme l'architecture technique de Google sont sans doute parmi ses secrets les mieux gardés. C'est l'occasion de faire un peu de pub pour ma maison puisqu'il semblerait bien qu'ils soient en train de migrer vers nos nouveaux processeurs Sun Niagara (Serveurs T2000).

Le SLA c'est Google!

L'objectif est donc fixé. La qualité de services à laquelle nous sommes habitués, c'est 100%. Je peux me connecter à Google n'importe où, à n'importe quelle heure. C'est devenu ma norme de travail, et de confort!

Une DSI aujourd'hui, c'est un coût, des facilités (facilities), presque jamais de la valeur ajoutée. De toutes façons, on ne sait pas la calculer. Un coût c'est tellement plus facile, et la gestion par les coûts aboutit à ce service d'une qualité si médiocre qu'il décourage ses utilisateurs.

Si l'on veut que les investissements, lourds, et les coûts de fonctionnement, encore plus lourds, soient utilisés, il serait temps d'aligner le SLA dans l'entreprise au SLA à la maison. L'utilisateur est habitué à cette qualité de services 100% quand il rentre chez lui.


Quand il dépose une photo ou une vidéo sur son site préféré, il s'attend à ce que ça marche, et ça marche. De toutes façons si ça ne marche pas, il va ailleurs. Dans l'entreprise, c'est pareil. Aller ailleurs n'est pas toujours simple. Sous utiliser, mal utiliser ou refuser les outils de l'entreprise, on le voit tous les jours!!

Et si la qualité de services informatiques devenait un des premiers critères pour attirer les meilleurs, pour améliorer la productivité, ou plutôt ...pour la rendre possible.


18/09/2006

L'avenir de la wikipédie

Depuis que l'on parle de Web 2.0, Wikipedia est régulièrement cité comme emblème de la sagesse des foules. Le fameux article de Nature comparant Wikipedia et l'Encyclopaedia Britannica a démontré les qualités de ce travail collaboratif.

Les enjeux autour d'une encyclopédie ou d'un dictionnaire sont loin d'être anodins. Il suffit de penser à la récente polémique autour de la définition de la colonisation. entre le CRAN et le Petit Robert. Le CRAN (Conseil Représentatif des Associations Noires) demandant carrément le retrait à la vente du dictionnaire.

Chez Wikipedia, l'affaire est liée au concept d'Enterprise 2.0 qui est entré, puis sorti de Wikipedia. Il est re-rentré de nouveau; tout l'historique est sur le blog d'Andrew MacAfee, qui est le créateur du concept . L'affaire est maintenant devenue plus globale et marque le moment où des choix devront être faits quant à l'orientation de cette encyclopédie.

Suivant ses principes fondateurs, Wikipedia n'est pas un lieu de publication pour des travaux inédits. Autrement dit, Wikipedia n'accepte de nouveaux concepts comme Enterprise 2.0 que s'ils peuvent être considérés comme étant déjà bien reconnus. La question de la reconnaissance renvoie à la notion de compétences acceptées et établies. Elle renvoie aussi à un critère d'importance, et de ce qui peut rentrer dans Wikipedia, contre ce qui n'a rien à y faire.

Toujours suivant ces principes fondateurs, le point de vue doit être neutre et s'appuyer sur des sources vérifiables qui font autorité. Cet idéal d'objectivisme est combattu par les inclusionnistes qui considèrent que toute information peut avoir son intérêt dans une encyclopédie de ce type, et que si Paris y a sa place, pourquoi pas mon village natal : Valframbert. Les exclusionnistes veulent conserver l'esprit fondateur et refuse de transformer Wikipedia en un fourre-tout sans aucune notion de priorité ou d'importance.

Voilà un vieux débat qui resurgit, où les choix ne se limitent pas au contenu, mais aussi à la dimension, en taille et nombre de lignes des entrées, et bien sûr aux critères d'inclusion.

Alors Wikipedia, est-il vraiment l'emblème du Web 2.0, celui où tout le monde participe et tout le monde a sa place? La participation est clairement assurée jusqu'à générer des vives polémiques. Le contenu est pour l'instant réglementé. Pourtant si l'on considère toute la puissance du concept de Long Tail, il y aurait tout intérêt à considérer une politique clairement inclusionniste, et si j'ai la bonne idée de vouloir passer mes vacances à Valframbert., j'aimerais trouver une entrée wikipédique tout autant que pour n'importe quel site plus réputé.

11/09/2006

Network Computer : Le retour

Pour un ancien de Sun comme moi, la situation actuelle a bien des côtés savoureux. On n'insistera pas sur le slogan fondateur “The Network is the Computer” qui se concrétise sous nos yeux de jour en jour.

Je voudrais revenir sur cette idée de la fin des années 90 lancée à la fois par Larry Elison et Scott McNeally, le Network Computer . Dans leur rage (haine??) commune contre Microsoft, ils crurent trouver l'arme fatale.

  • Pourquoi payer 1000 Euros ou plus un PC dont on n'utilisera que 10% de la puissance

  • Pourquoi engraisser les comptes de MicroSoft avec une suite bureautique dont on n'utilise aussi que 10% des fonctionnalités

  • Pourquoi stocker en local plusieurs dizaines de Go toujours à la merci de la première panne disque, et quasiment jamais sauvegardés.

 

La tentative a fait long feu, faute de logiciels adaptés et surtout d'une bande passante réseau suffisante. L'idée de ce Network Computer reste tout à fait intéressante, mais comme d'habitude, les bonnes idées, pour être acceptées doivent arriver au bon moment, ni trop tôt, ni trop tard.

Est-ce maintenant le bon moment? La bande passante est là (en tous cas pour ceux qui peuvent accéder à l'ADSL), et les outils arrivent. Ils sont déjà là, chez Google évidemment, qui a mis la main sur Writely et développe son propre tableur spreadsheets.google.com.

Le principal intérêt de ces deux outils réside dans la possibilité de collaboration. Il y a là une vraie avancée, par rapport aux pratiques actuelles de jeu de ping-pong par Email, d'envoi et de renvoi du même document modifié à chaque fois, si bien que plus personne ne s'y retrouve.

 

D'un point de vue de l'utilisation personnelle disons-le tout de suite, ces utilitaires ne sont pas au niveau. Je me considère comme un utilisateur lambda de ce type d'outil, mais néanmoins j'utilise au quotidien des fonctionnalités comme:

  • Des titres et des sous-titres numérotés (1, 1.1, 1.1.1)

  • Quelques styles de paragraphes

  • Génération de table des matières

Je ne retrouve rien de tout cela sous Writely qui s'apparente à un Notepad sur le réseau. Je ne doute pas qu'il soit possible techniquement d'amener un peu plus de fonctionnalités dans ces outils. Pour le moment, je constate peu d'investissements réels.

Une fois encore, Nicholas Carr, dans cet article émet une hypothèse que je partage. Google ne fera pas l'erreur de trop de précédents rivaux de Microsoft. Il n'ira pas se battre sur un terrain archi-dominé par le géant de Redmond. Pour l'instant, il pose ses pions avec un outil sur le réseau qui permet de charger et de sauvegarder aux formats Office de MicroSoft et de Open-StarOffice.

 

Au delà d'une bataille qui n'aura sans doute pas lieu, la vraie question réside dans la localisation des données.

Pour l'instant, les utilisateurs personnels n'hésitent pas à confier leur données personnelles à MySpace, DailyMotion ou Flickr , pour ne citer que les plus connus. Jusqu'à quel degré d'intimité cela va-t-il, personne n'en sait rien. Toujours Scott McNeally dès 1999: “You already have zero privacy. Get over it".

 

En ce qui concerne les données de l'entreprise, les données commerciales ne sont pas près de basculer. L'excellent Louis Naugès a signalé l'initiative CleverSafe. Il termine son analyse par cette affirmation : Savoir que données, textes, voix et multimédia peuvent être stockées sur Internet ou sur un Intranet distribué, avec la meilleure garantie possible en termes de sécurité ne peut qu’accélérer le basculement vers des solutions Web 2.0. Et de conclure que cela deviendra très vite la solution la plus sécurisée du marché. D'un point de vue purement technique, il est possible que des solutions de ce type atteignent des niveaux de service comparables à des solutions purement locales.


Et alors? Si je suis le DSI de Renault, ou d'Airbus, aurais-je la candeur de déposer mes données industrielles sur un site dont je ne peux pas garantir personnellement la confidentialité. Je veux bien croire à la bonne volonté du fondateur Chris Gladwin.

Il n'en reste pas moins :

  • que tout algorithme est fait pour être craqué,

  • que la compétition existe encore,

  • que les enjeux industriels et financiers sont trop importants

  • et que le contrôle physique des données reste encore la meilleure garantie contre la curiosité des concurrents.

 

Rien de stratégique, ni de confidentiel ne transite par Mail ou par téléphone, crypté ou non, 2.0 ou plus.

Les données stratégiques resteront, avec raison, sous le contrôle local de ceux qui les possèdent et qui en sont responsables.

 

06/09/2006

Du lien vers les skyblogs

C'est entendu, la France est une terre de blogs. Dans les statistiques de mars ,  la moitié d'entre eux sont des skyblogs.

Le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'y a pas grand chose à voir entre cette moitié de skyblogs et les autres. Sur Skyblog, des albums de photos personnelles et des commentaires en style SMS, par exemple, thevip95 ou celui d'Antoine692 .

Ce n'est pas par hasard, que j'insère ici ces liens. La coupure entre les blogs "sérieux", "professionnels" et les skyblogs crève les yeux. Il n'y a justement pas de liens entre ces deux mondes. Ces deux là feront une petite exception.

Le blog "sérieux"

  • n'est pas sur skyblog,

  • n'est pas sur MSN Spaces non plus, d'ailleurs,

  • doit contenir au moins 50 hyperliens par publication,

  • est écrit en bon français, avec un minimum raisonnable de fautes d'orthographe,

  • est une arme dans la compétition à la notoriété professionnelle et au bon pagerank,

  • reste professionnel, respecte la nétiquette,

  • diffuse un profil, et reste secret sur la vie privée.

 

On retourne toute ces caractéristiques pour qualifier un skyblog,  Je ne parle pas des contenus de chacun, ils sont évidemment différents, mais ce n'est pas le plus important.

 

Autant les blogs professionnels, n'arrêtent pas de créer du lien, parfois jusqu'à la caricature , autant les skyblogs ne rentrent pas dans ce jeu là. Il faudrait faire une étude plus exhaustive, mais faites un échantillon par vous-mêmes, vous ne trouverez pas d'hyperliens.

 

Le skyblog ne cherche absolument pas à être visible, et se moque pas mal des outils de recherche. De toute façons, komen gougueul pouré 6rtrouvé.

 

L'essence même du Web (2.0 ou non), le lien et le référencement, est absente. C'est autre chose, qu'il ne s'agit sûrement pas de dénigrer, mais compter et ajouter ces deux medias, dans un même tableau, paraît bien trompeur.

En tous cas, on aurait  tort de se réjouir trop vite des 9 millions de blogs recensés en France. La moitié ne parle pas avec l'autre.... Comme avant les blogs, ou pire encore?

 

 

 


14:40 Publié dans Blog, Société, Web | Lien permanent | Commentaires (0)

04/09/2006

Présentation

Au programme de ce grain de sel 2.0, ma contribution aux discussions relatives à cette nouvelle manière d'exploiter les technologies de l'information. Autrement dit, depuis quelques mois, je m'intéresse à cette nouvelle sphère, à ces nouvelles pratiques que l'on regroupe dans le monde 2.0. Par là je veux dire qu'il ne s'agit pas que du web, et que l'aspect social voire politique de ce mouvement m'intéresse autant, sinon plus, que les techniques employées.

Il se trouve que je suis également informaticien, chez l'acteur qui a sans doute le plus profité, puis le plus souffert, de la première vague Internet. Vous savez, celle qui s'est transformé en bulle. C'est dire ma méfiance face à ce type de phénomène. Sun MicroSystems est donc mon employeur, et selon la formule rituelle :

Je travaille chez Sun MicroSystems. Les opinions exprimées ici ne sont que les miennes et ne sauraient engager Sun ou tout autre entité.

Ne voulant pas me limiter à des sujets purement techniques, j'ai choisi de publier avec blogspirit plutôt que sur l'espace de blogs de Sun .
Chez Sun je m'occupe de présenter, construire et proposer des architectures techniques. Pas grand chose à voir, en première analyse, avec ce Web 2.0, puisque les architectures sur lesquelles je travaille sont principalement destinées à exécuter du SAP. Dimensionnement des serveurs, logiciels d'infrastructure, systèmes de haute disponibilité, ou de DRP, c'est donc la machinerie technique que l'on ne doit pas voir qui occupe la majorité de mon temps professionnel. J'aurais surement l'occasion de parler aussi de ces technologies, même si SAP est parfois classé dans la catégorie des dinosaures.
Pour ma part je caractériserais le Web 2.0, par les points suivants, et dans l'ordre d'importance:

- Le Web 2.0 est une utilisation en lecture/écriture du Web
- Chacun tire partie de l'intelligence collective
- Des services logiciels disponibles sur le réseau, tout le temps et partout, en perpétuelle évolution
- Un modèle économique basé sur le phénomène de Long Tail, ou comment vendre beaucoup, de produits peu demandés
- La fin programmée du l'exclusivité du PC et des logiciels connexes
- Des nouveaux modèles d'architecture et de développement (Ajax, REST, et pleins d'autres)

Pour conclure cette présentation rapide, l'Internet c'est du lien. Voici ceux qui m'ont guidé récemment dans la présentation de ce Web 2.0.
On commence par Le texte fondateur de Tim O'Reilly traduit ici en français. Andrew MacAfee a introduit la notion d'enterprise 2.0 pour en tirer certaines conséquences, et voir si ces techniques peuvent être importées "derrière le Firewall". Louis Naugès manque parfois de nuances, mais pointe souvent vers de bonnes informations. Assez paradoxalement, c'est chez Microsoft, dans un article de Michael Platt que j'ai trouvé une des meilleures analyses du sujet. Du côté de ceux qui sont plus sceptiques Nicholas Carr est surement le plus percutant.
Naturellement, l'emblème de ce phénomène c'est Google (Faut-il vraiment y associer un lien??) dont la dernière actualité est bien inquiétante Google vous écoute!!. Ca confirme en tous cas que son vrai métier et sa vraie ambition est de devenir une agence de pub planétaire.

16:10 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (0)