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26/01/2009

Branchez vous sur l'électricité du Sahara

 

Sahara_satellite.jpg

Le Sahara, c'est très grand, il n'y a pas grand monde et il y fait très chaud. Et puis ce n'est pas si loin. Voilà qui en fait peut être un bon candidat pour une centrale solaire gigantesque. 8,6 millions de Km², c'est plus de 15 fois la superfice de la France,  grillée par le soleil qui ne chauffe que les scorpions et les caravanes qui passent. On pourrait peut-être en tirer partie pour nous. Inépuisable, renouvelable et propre, c'est le soleil du Sahara. De savants calculs le prouvent : En théorie, un  morceau du Sahara de 90 000 Km², plus petit que le Portugal et un peu plus de 1% de sa superficie totale,  pourrait donner la même quantité d'électricité que les centrales électriques  du monde réunis. Un petit carré de 15500 km ² pourrait fournir de l'électricité pour l'Europe de 500 millions de personnes. C'est ce qu'affirme cet article de Time Magazine.

L'énergie est là. Il ne reste plus qu'à l'exploiter. Ce qui n'est pas simple. Il semblerait que le meilleur système, toujours d'après Time, serait un processus intitulé CSP (Concentrating Solar Power) qui concentre la chaleur du soleil pour faire bouillir de l'eau et fonctionner des turbines électriques. De l'eau en plein Sahara, pas de problèmes !! Il suffit d'utiliser des zones du désert sous le niveau de la mer et d'amener l'eau de la mer dans ces dépressions pour les faire bouillir. Ca sent le projet fumeux (c'est le cas de le dire) d'un ingénieur survolté. Passons, et..

Supposons que l'on ait résolu le problème de la fabrication d'électricité, il faut encore le transporter vers l'Europe. Tout ça coûterait très cher, sans doute à un prix de revient supérieur aux systèmes actuels. 465 Milliards de dollars dans les prochains 40 ans, nous dit-on. En fait, on n'en sait rien évidemment. Plus cher aujourd'hui, sans doute, mais propre, inépuisable et couvrant largement nos besoins. Ce qui en fait un sujet d'étude plus qu'intéressant. Comme le dit, l'un des promoteurs de cette idée : Il faut commencer, utiliser la méthode du Lego, pièce par pièce et montrer que cela peut être rentable.

 

15/01/2009

Des natalités - En France et ailleurs

On n'a pas si souvent l'occasion de se réjouir pour ne pas saluer la bonne santé de la natalité française. Avec 834 000 naissances et 543 000 décès, la population continue d'augmenter pour atteindre 64,3 millions d'habitants (France métropolitaine et Outre-mer). Les projections de l'INSEE tablent sur une population qui se stabiliserait autour de 70 millions dans les années 2050.

Autant l'on peut s'inquiéter de l'accroissement de la population mondiale qui est en fait un accroissement de la population asiatique et africaine, autant il est permis de se réjouir que la France renouvelle ses générations tout en accroissant l'espérance de vie.

Un pays qui ne renouvelle pas ses générations est un pays qui se suicide lentement et va au devant de problèmes insurmontables. Le cas du Japon est spectaculaire : Les projections annoncent une population de 95 millions d'habitants en 2050, soit 32 millions de moins que les 128 millions de 2004. A plus long terme, la population baisserait jusqu'à descendre sous la barre des 50 millions en 2100.

Les études montrent que le désir d'enfant des pays développés se situe en moyenne aux alentours d'un peu plus de deux (2,1),  autrement dit au seuil correspondant au renouvellement des générations.

Le politique n'a pas à  se mêler d'un désir d'enfant qui doit rester une affaire individuelle. Il peut, et de mon point de vue, il doit, s'efforcer de permettre à ce désir d'enfant de s'exprimer au mieux. C'est ainsi que la France maintient au fil des ans et des divers gouvernements une politique familiale relativement efficace. La politique familiale se définit par diverses prestations en espèces (congés de maternité, allocations familiales) et en nature (crèches, aides à domicile, scolarisation précoce).

Les aides en nature sont largement aussi efficaces que les aides financières. Elles rendent possible aux mères de famille de cumuler un emploi et la garde des jeunes enfants. Il est frappant de faire une comparaison entre les politiques françaises et allemandes.

La politique familiale française vient de son histoire et la longue stagnation de sa population tout au long du XIXème siècle. Jusqu'en 1800, la France était le pays le plus peuplé d'Europe avec près de 30 millions d'habitants. En 1900 elle dépassait péniblement les 40 millions. Pendant ce temps, l'Allememagne passait de 21 millions à 56 millions. Pas besoin de chercher plus loin, une des clés des différentes guerres. Et il est vrai que la politique familiale française a été pensée comme un moyen de concurrencer le dynamisme allemand et d'arriver à aligner suffisamment de divisions. D'où la mauvaise réputation de ce type de politique, accusée de vouloir fournir suffisamment de chair à canons.

C'est maintenant en Allemagne que le problème se pose avec son taux de fertilité de 1,32 enfants par femme (2,1 en France). L'Italie ne fait guère mieux avec 1,31, sachant que c'est une moyenne qui cache une grande disparité entre la prospère Italie du Nord qui ne fait plus d'enfants et l'Italie du Sud. Ce n'est sûrement pas un hasard si tous ces pays (Japon, Italie, Allemagne) subissent toujours le contre coup des régimes fascistes qui encouragaient une natalité destinée ouvertement à fournir des soldats. Ils ont également laissé le souvenir de l'endoctrinement des enfants dans des structures collectives à la gloire du régime. Encore aujourd'hui, en Allemagne, il n'est pas bien vu de laisser son enfant dans une crèche. Les choses évoluent, l'Allemagne a enfin pris conscience du danger démographique. Mais il lui faudra du temps pour se redresser.

D'autre pays souffrent aussi d'une dépopulation préoccupante. En particulier les ex pays de l'Est. Une étude de l'INED s'attache à comparer la démographie  de la France et de l'Ukraine, de superficie et de population semblables à la veille de la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui la population de la France dépasse de 30% celle de l'Ukraine qui souffre en plus d'une espérance de vie en décroissance. Là aussi le poids le l'histoire soviétique et de la guerre aura été considérable.

09/01/2009

Réunion de service à la société Potemkine

9h-12h : Réunion de service chez Potemkine Inc (une entreprise pas si imaginaire que ça). A l'ordre du jour :

  • Les chiffres du trimestre : le réalisé par rapport aux objectifs
  • Processus d'avant-vente : une suite d'acronymes réservés aux initiés
  • Le nouvel outil de P&L : Calcul de marges sur les affaires
  • Questions diverses

A la fin de la réunion, le manager fait passer une feuille sous la forme d'un tableau donnant des numéros de question, avec les réponses à donner à ces questions. Il commente :

"Vous avez tous reçu un mail pour cette formation obligatoire sur la nouvelle stratégie de Potemkine. Il faut une journée pour suivre la formation, et 2 heures pour répondre au test obligatoire qui suit la formation. Comme on n'a pas de temps à perdre avec ça, j'ai demandé à Jean de s'y coller, et de fournir les bonnes réponses à toute l'équipe. Elles sont sur la feuille ; à vous de jouer. L'important est que la France ait un bon taux de participation et de bonnes réponses à ce test. Comme ça on aura de bons chiffres et ils nous foutront la paix. Moi, on me demande de faire du décor, je fais du décor".

Quelques jours plus tard, lors d'un entretien "one to one", le manager demande à un des membres de l'équipe :

- Qu'as-tu pensé de notre dernière réunion ?

- Eh bien, Potemkine vend des solutions informatiques à des clients et on a passé une réunion entière à parler de nos chiffres, de nos processus internes et de nos problèmes de boutique. Rien sur ce que l'on vend, ou un exemple de projet client.

- C'est vrai, mais j'avais prévu que Marina nous parle de son projet NITI (New Information Technology Infrastructure). Malheureusement, on n'a pas eu le temps.

- Effectivement, on n'a pas eu le temps. On a pris 3 heures à gérer nos processus et à se regarder le nombril. Du coup, on n'a plus le temps pour parler de nos clients. Trois heures à se regarder fonctionner ; plus de temps pour s'occuper du client : c'est caractéristique d'une entreprise qui est en train de mourir.

- J'accepte ta remarque. Mais c'était une demande de l'équipe de faire le point sur nos processus internes. On nous demande tellement de reporting qu'il faut s'arranger pour qu'on puisse avoir de bons chiffres.

- ....

N.D.L.R. : Potemkine, favori, amant et ministre de la grande Catherine de Russie aurait fait fabriquer des villages en décor de carton-pâte pour faire croire à la Tsarine que la Crimée nouvellement conquise était riante et prospère. Le nom de "village Potemkine" est resté pour désigner ces opérations de propagande où un décor factice masque une réalité non conforme aux rapports officiels.

10/12/2008

La télé publique d'état

Par caprice, le Président de la République veut nommer et révoquer les présidents de l'audiovisuel public. Deux arguments sont invoqués en faveur de ce mode de désignation :

  • La fin de l'hypocrisie qui consiste à passer par un aréopage de personnalités qualifiées comme celles qui composent le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel (CSA)
  • Tous les dirigeants des entreprises publiques sont nommées par le Président de la République ou le gouvernement. Pourquoi faire une exception pour ceux de l'audiovisuel ?

 

  1. L'argument de la fin de l'hypocrisie est typiquement LePennien. A l'époque de sa gloire, Le Pen proclamait qu'il osait dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas. D'après ce type de posture, l'important est d'être authentique quelles que soient les opinions que l'on ait. C'est ainsi que la nomination par le CSA étant réputée truquée (elle l'est sans doute), autant jeter le masque et afficher cyniquement les préférences personnelles ou politiques qui déterminent le choix.

    Entre la bêtise qui peut nous prendre, la bassesse qui parfois nous anime, il y a normalement le filtre de l'intelligence ou de l'éthique, et l'on est pas forcé d'étaler au grand jour tout ce qui ne mérite pas de l'être. On doit aussi ne pas céder à toutes nos envies. C'est même ça qui fait que nous pouvons être un peu civilisé.
    J'ai vu ce bijou dans la vitrine. Dans mon désir d'authenticité et refusant l'hypocrisie, je suis donc passé à l'action, ai brisé la vitrine et emporté le bijou, dit le voleur. Normalement, ça ne marche pas devant les tribunaux.

    L'argument de l'hypocrisie est sans valeur

  2. Pourquoi faire une exception pour l'audiovisuel alors qu'il est normal que le patron d'une entreprise publique soit nommé par le chef de l'Etat. Il en est ainsi de la SNCF, par exemple.

    Il est normal de nommer le patron de la SNCF en tant qu'instrument de la politique des transports et de l'aménagement du territoire. Cette politique fait partie des choix qui sont pris lors des élections. Il est pourtant courant de voir nommer un dirigeant qui n'est pas du même bord politique que la majorité du moment. C'est le cas actuellement. De plus les différentes politiques d'aménagement du territoire ne sont pas un sujet d'opposition radicale entre les différents partis.

    Il n'en est pas de même de l'audiovisuel où toutes les opinions doivent pouvoir s'exprimer de manière équitable. Il n'y a pas et il ne peut pas y avoir de consensus en ce domaine. Il ne doit pas exister une politique de l'information. Il ne doit pas exister une politique de l'émotion, qui en diffusant à haute dose toute sorte de programmes liées au affaires criminelles orientent l'opinion vers une demande de répression encore plus accrue

Les deux arguments sont donc irrecevables. De plus la menace continuelle sur les budgets des différentes entreprises de l'audiovisuel sera un moyen de pression insupportable à tout dirigeant souhaitant conserver un minimum d'indépendance.

On peut donc se joindre à la pétition en ligne de Marianne. Parfois les pétitions sont utiles. Le retrait (partiel) du fichier EDVIGE prouve qu'un fort mouvement d'opinion peut faire reculer des initiatives aussi liberticides.

24/11/2008

Travailler le dimanche

La question du travail dominical agite nos députés, l'Eglise catholique, et les commentateurs.

Il m'arrive de travailler le week-end et la nuit. Je viens même de passer deux week-ends de suite chez un client (d'où mon silence sur ce blog : on ne peut pas être partout !!)

La mission consistait en diverses mises à jour logicielles et matérielles. En jargon informatique, on parle d'upgrade. Pour être plus précis, ce client fait tourner son entreprise avec SAP : prototype du progiciel dévoreur de budget pour certains, facteur clé de l'efficacité industrielle pour d'autres.

Quoi qu'il en soit, toute la production de cette entreprise, depuis l'approvisionnement jusqu'à la distribution chez ses clients est sous le contrôle de SAP. Une opération lourde, de remplacement ou d'upgrade de composants logiciels suppose l'arrêt du service, et ne peut donc s'effectuer qu'en heures non ouvrées, pour ne pas pénaliser l'activité ordinaire de l'entreprise.

Opérations techniques et planning

Voici le programme de ces deux week-ends :

  • 8 et 9 novembre :
    • Remplacement de serveurs
    • Upgrade de l'Operating System (Solaris 8 vers Solaris 10)
    • Upgrade de la base de données (Oracle 9.2 vers Oracle 10.2)
    • Tests et recettes SAP au niveau fonctionnel et technique
  • Lors de premier week-end, SAP n'est pas modifié. Il s'exécute dans la même version au dessus d'un socle technique différent
  • Temps de travail :
    • Samedi 8 novembre : de 8h à 22h30
    • Dimanche 9 novembre : de 9h à 16h
    • J'ai fait le week-end tout seul
    • Temps de travail en heures non ouvrées: 22 heures

 

  • 14-15-16 novembre
    • Upgrade SAP de la version 4.6C vers la version ECC6
  • Temps de travail et planning :
    • Vendredi 14h : Préparation de l'opération et dernière mise au point
    • Vendredi 14 21h : Démarrage de la sauvegarde
    • Samedi 15 à partir de minuit : Démarrage de l'upgrade SAP
    • Dimanche 16 novembre à 5h30 du matin : Fin de l'upgrade
    • Dimanche 16 à 6h : Lancement de la sauvegarde
    • DImanche 9h : Fin de la sauvegarde - Tests techniques et fonctionnels jusqu'à 14h
    • Dimanche 18h : Retour à la maison
  • Nous étions deux lors de ce deuxième week-end
  • Temps de travail en heures non ouvrées pour chacun : 21 heures

Aspects réglementaires et financiers

Dans mon entreprise, ce type de mission est basée sur le volontariat. Sachant que nous ne sommes pas très nombreux à avoir des compétences SAP, on a vite fait le tour des volontaires potentiels. Disons qu'on s'arrange entre nous, et que le management nous laisse nous débrouiller. Au cours d'une année, il faut compter une petite dizaine d'opérations de ce type.

Il est en principe interdit d'effectuer plus de onze heures consécutives, qui doivent elles-mêmes être suivies d'un repos de onze heures également. Dans notre cas, ce type de réglementation n'est pas applicable ; il n'est d'ailleurs pas appliqué. J'ai travaillé du vendredi 14 heures jusqu'au samedi matin à 7 heures du matin avec une  pause d'une heure pour le dîner.

Financièrement, les interventions en heures non ouvrées sont facturées double au client. Dans le cas des opérations des deux week-ends, la proposition est de :

  • Samedi 8 novembre : Upgrade Oracle = 1 jour x 2 = 2 jours (le dimanche ne sera pas compté, car il est dû à des problèmes techniques)
  • Upgrade SAP du 14 au 16 novembre = 40 heures = 5 x 8 heures x 2 = 10 jours
  • Une journée normale (ou tranche de 8 heures) est facturée 1250 Euros + 150 Euros de frais de déplacement
  • L'ensemble des deux week-ends a donc été facturé (1250 x 12) + (150 x 6 )  = 15 900 Euros
  • En heure ouvrée, le même nombre d'heures aurait été facturé (1250 x 6) + (150x6) = 8400 Euros

En ce qui nous concerne, nous sommes payés en heures supplémentaires 250 Euros bruts par tranche de 4 heures non ouvrées. Cela fait un total de 64 heures. 64 heures divisées par 4 donnent 16 x 250 Euros = 4000 Euros bruts, au prorata des heures supplémentaires de chacun.

L'opération reste bénéficiaire pour mon employeur qui facture le double. En principe, le doublement de tarif lui est très largement profitable puisqu'il verse 2x250 Euros bruts pour une surfacturation qui est supérieure à 1000 Euros (1250 dans ce cas de figure). Dans notre exemple, la différence ne lui pas autant favorable du fait du premier week-end qui ne sera pas totalement facturé au client, mais qui devrait m'être payé aux heures effectivement réalisées (Normalement !!)

Quelques réflexions

Les prix de journée peuvent paraître exhorbitants. Ce sont pourtant les tarifs ordinaires pour ce type d'intervention. A ma connaissance, un consultant Oracle ou SAP est souvent facturé 1400 Euros la journée, 1800 dans certains cas. Pour des missions d'administration technique de longue durée, une SSII sera plutôt entre 600 et 800 Euros suivant le profil.

On doit noter que ce type d'intervention est extrêmement stressant. Une erreur de manipulation ou une mauvaise préparation peut mettre en péril l'ensemble de la manipulation, qui devra être reportée dans le meilleur des cas, ou qui nécessitera un retour en arrière toujours périlleux, ou même mettre au chômage technique l'ensemble de l'entreprise en cas de grave problème.

A titre personnel, je ne refuse pas ce genre d'interventions (même si ce type de tâche technique ne fait plus partie de mon activité ordinaire). Elles font un complément  de revenus nonnégligeables, et il n'y en a jamais plus d'une par mois. Par ailleurs, j'ai la faculté d'organiser mon temps de travail de manière assez libre. Voilà pourquoi je suis prêt à travailler certains week-ends, ou certains soirs quand il y a besoin. Pendant des périodes moins chargées, je m'autorise des journées moins pleines sans que l'on vienne compter mes heures. C'est une confiance réciproque, profitable à  mon employeur comme à moi-même.

Je ne suis pas du tout certain que cela soit valable pour tous ceux qui sont menacés d'une extension légale des journées de travail jusqu'au dimanche, telle que les discussions actuelles le prévoient. Les opérations d'upgrade informatiques que je viens de décrire font partie des travaux de maintenance qui se font, par nature, lorsque l'activité ordinaire est arrêtée. Je ne vois aucune valeur à généraliser ces travaux aux tâches qui peuvent être effectuées en heures ouvrées. Tout ce qu'on peut en attendre est un léger effet sur l'emploi et une hausse des prix non négligeable. Tout cela, à condition que ces heures soient rémunérées en heures supplémentaires, ce qui n'est assurément pas garanti si cette pratique se généralise.

Le repos du dimanche a été rendu obligatoire par une Loi du 18 novembre 1814, supprimé en 1880, puis rétabli en 1906. Nous vivons sous ce régime depuis un siècle, cela n'empêche pas les trains de rouler le dimanche, ni d'avoir du courant éléctrique, d'être soigné en cas de besoin, ou d'effectuer des opérations de maintenance. La suppression de cette journée aurait des effets négligeables sur le plan économique et catastrophiques sur le plan social comme sur le plan symbolique des valeurs.

17/10/2008

Des sifflets du Stade de France à Bernard Tapie

Les sifflets du Stade de France lors de la Marseillaise précédant le match France-Tunisie sont un bon exemple d'une certaine impuissance du politique.

  1. Ces sifflets sont intolérables
  2. Il faut donc les sanctionner, comme le prévoit la Loi
  3. La meilleure sanction est de suspendre le match et de poursuivre les fauteurs de trouble

Ca ne marche pas, nous disent les "experts" :

  1. On ne peut le faire que pour un match amical. Lors d'un match officiel, on sanctionnerait l'Equipe de France. Les supporters de l'équipe adverse auraient beau jeu de siffler la Marseillaise pour faire annuler la rencontre et du même coup faire perdre l'équipe de France
  2. On arrive à cette absurdité, que l'on sanctionnerait les sifflets lors d'une rencontre amicale sans enjeu, tout en les tolérant au cours d'une partie officielle
  3. On ne peut pas faire évacuer 80 000 personnes d'un stade de manière impromptue (NDLR : Mais que fait-on en cas d'incident grave, écroulement d'une tribune, incendie ? On les laisse tous brûler à l'intérieur ???)
  4. Donc c'est impossible. Le politique aura, une fois de plus, fait la preuve de son impuissance
  5. Voilà ce que disent les commentateurs qui ont la partie facile à critiquer ce genre de décisions précipitées. Ils se gardent bien d'avoir le début d'une idée pour contrecarrer des sifflets qu'ils jugent tous insultants.

Voilà Bernard Tapie qui arrive, hier soir, dans l'émission d'Arlette Chabot. Une fois de plus, il fait le spectacle, et met tout le monde dans sa poche (y compris votre serviteur).

Et voici sa solution : Les siffleurs sont dans une logique d'escalade. On a sifflé lors du France-Algérie, et du France-Maroc, il faut faire encore plus fort pour le France-Tunisie. Et il faut que ça se voit, que ça s'entende, et qu'on en parle à la télé. La réussite a été totale, puisque le Président de la République lui-même s'en est mêlé. Soyons certains, qu'à la prochaine occasion, ils tenteront d'être encore plus visibles et bruyants.

Mais quel est le problème ? Ils couvrent la Marseillaise de leurs sifflets. Il suffit de couvrir leurs sifflets de la Marseillaise. Le moyen est fort simple, coupons les micros d'ambiance et ne filmons pas les siffleurs. On ne les verra pas, on ne les entendra pas. La Marseillaise sera toujours jouée et triomphera des siffleurs. Ceux-ci, déçus qu'on ne parle plus d'eux puisque ils n'auront pas été entendus abandonneront vite des sifflets inaudibles qui ne scandaliseront plus personne.

Ce n'est pas pour rien que Bernard Tapie est populaire chez ces siffleurs. Il les comprend, il peut donc aussi trouver des armes contre leurs excès.

08/10/2008

On revote le plan Paulson

Après le premier plan Paulson, les députés américains viennent de voter le second. 612 milliards cette fois, contre 700 pour le premier. Il est vrai que celui-là est voté tous les ans, alors que l'autre ne devrait être qu'exceptionnel, même s'il ne sera pas suffisant.

Ce budget de 612 milliards est le budget de la défense américaine, voté tous les ans, mais avec beaucoup moins de débats que l'autre.

C'est à Chalmers Johnson, professeur à l'université de San Diego que l'on doit cette mise en parallèle pleine d'enseignements. On peut lire son analyse sur le site de Contreinfo.

Voilà qui va consoler Bernard-Henri Lévy. Il s'inquiétait que les 700 milliards du plan Paulson ne pourrait plus être disponible pour les guerres d'Irak et d'Afghanistan. Rassurez-vous cher BHL, l'industrie militaire américaine continue à bien se porter.

C'est tous les ans qu'on lui vote un plan Paulson

30/09/2008

Fallait-il voter le plan Paulson ?

Le plan Paulson, c'est juste 700 milliards de dollars versés dans le tonneau percé par l'ivresse d'un système hors de tout contrôle. 700 milliards versés sans aucune compensation, pour tenter d'éviter le naufrage. 700 milliards versé par Henry Paulson, au système bancaire auquel il participait encore, il y a à peine 18 mois, en tant que patron de la banque Goldman Sachs.

Ca paraissait si simple : comme d'habitude quelques établissements trop exposés allaient disparaitre, le contribuable paierait la note, et, une fois le système purgé, tout allait repartir comme avant. Simple crise du capitalisme dont il fallait admirer la propension à s'adapter à toutes les crises, y compris les plus sérieuses comme celle-ci.

C'est alors que Wall Street respire, le CAC 40 remonte de 10% et Henry Paulson est célébré comme le sauveur du capitalisme. Il est vrai que le Président Bush a disparu dans cette affaire, complètement dépassé par les événements ; ce qui vaut sans doute mieux pour tout le monde.

Mais non, le plan Paulson n'a pas été voté par la chambre des représentants. Alors qu'il était célébré comme le symbole de la capacité toujours renouvelée des Américains à réagir aux crises de leur système, voilà que c'est le peuple américain lui-même qui n'en veut pas.

L'inconvénient d'une démocratie, c'est les élections !! La moitié de la Chambre des Représentants est renouvelée dans 5 semaines, le même jour qur l'élection présidentielle. Et que disent les électeurs à leurs représentants ? Ils disent que cette fois-ci, ils ne veulent pas payer pour secourir les dirigeants financiers, au tarif de $2,333 par habitant des Etats-Unis (tous âges confondus). Ils disent que ça fait 30 ans, depuis la révolution libérale reaganienne, que l'on défend un modèle où chacun doit prendre ses responsabilités et ne doit pas compter sur le parapluie de l'Etat en cas de défaillance personnelle. Il disent que ça fait 30 ans qu'on leur dit que tout ce qui ressemble à une solidarité envers ceux qui échouent n'est qu'un encouragement à la paresse.

L'année dernière, 1,5 millions d'américains ont été expulsés de leur foyer faute de pouvoir rembourser leur emprunt. On en prévoit 2,5 millions cette année. Irresponsables sont donc ces 4 millions de ménages incapables de gérer leurs finances personnelles : qu'ils n'attendent aucune aide de l'Etat.

Irresponsables sont les ex-stars des produits dérivés  dont l'avidité a conduit à ces expulsions, et l'aveuglement à croire que le système pouvait perdurer.

Injuste aurait été de leur signer ce chèque en blanc de 700 milliards, de peur que le système ne s'écroule

On peut lire dans la presse américaine, comme le Christian Science Monitor , à quel point ce plan scandalise les électeurs qui y voit, non sans raison, le sauvetage par le contribuable, d'une caste arrogante et irresponsable.

"La plupart des législateurs ont été submergés par les appels et les messages d'électeurs en colère, qui y voit (dans ce texte), les dollars du contribuable à la rescousse des grosses fortunes de Wall Street"

"Most lawmakers had been deluged with calls and e-mail from voters angry that, as they see it, taxpayer dollars would be used to bail out Wall Street fat cats."

On peut lire aussi, dans le New York Times par exemple , comment beaucoup de Représentants n'ont pas voté ce texte,  par simple incapacité à comprendre que le monde a changé.

Un représentant du Texas, Jeb Hensarling, vote non, juste parce que ce plan ressemble à une intervention de l'Etat dans l'économie, une pente glissante vers le socialisme.

"I fear that, under this plan, ultimately the federal government will become the guarantor of last resort, and Madam Speaker, that does put us on the slippery slope to socialism."

Un autre, Paul Ryan du Wisconsin,  est encore plus franc :

"On doit comprendre cette angoisse... Si nous n'arrivons pas à la surmonter, je crains que le pire soit à venir. Le problème est que nous sommes à un mois des élections. On a tous peur de perdre notre job. Tous, la plupart d'entre nous, disent que ce texte doit passer mais je préfèrerais que ce soit toi qui vote pour, plutôt que moi."

"We have to deal with this fear. ... If we fail to pass this, I fear the worst is yet to come. The problem we have here is we're one month away from an election. We're all worried about losing our jobs. All of us, most of us say, this thing needs to pass, but i want you to vote for it, not me. Unfortunately, a majority of us are going to have to vote for us.

Il est très certainement nécessaire d'agir pour que le système bancaire ne s'écroule pas tout à fait. Le vote de beaucoup de représentants contre le plan Paulson est souvent un simple réflexe contre tout ce qui ressemble à une intervention de l'Etat dans les mécanismes "infaillibles" du marché. Pire encore, ce vote est pour certains, pure et simple démission devant leurs responsabilités (comme ce Paul Ryan).

Il y a cet aveuglement et il y a cette lâcheté. Il y a aussi l'écho du peuple américain qui comprend bien qu'il faut agir, mais pas à n'importe quel prix et à condition que les règles du jeu ne soient pas toujours dans le même sens. Décidément, l'ère Reagan est bien finie.

13/09/2008

Benoit XVI et l'extension du domaine de la raison

Parfois, les meilleurs esprits n'y échappent pas : Catherine Kintzler, dont j'admire souvent l'expression, signe avec d'autres un appel à la vigilance laïque qui "ne doit pas plier devant Benoit XVI".

Voilà comment le Pape s'y trouve décrit :

"En tant que leader religieux, Benoît XVI est un pape ultraconservateur et liberticide. Sa vision du catholicisme, promue à travers des mouvements comme l’Opus Dei ou la Légion du Christ, est dogmatique, étroite, antiféministe, inégalitaire, hostile à un véritable œcuménisme et à l’esprit moderniste de Vatican II. Il n’y a vraiment pas là matière à révérence. Mais c’est l’affaire des croyants."

Christian Terras de la revue Golias, et dans une genre un peu plus modéré, écrit dans Mediapart :

"Le pape ne semble pas accepter que l'humanité puisse avoir d'autres ressources de survie et de progrès que la référence docile et soumise à une transcendance, considérée parfois avec une certaine étroitesse. Ainsi, lors de sa visite en Allemagne, sa patrie d'origine, Benoît XVI n'a pas hésité à fustiger en termes très durs l'occident laïc qui, en excluant Dieu, fait perdre aux hommes leur identité. L'esprit des lumières, évidemment présenté de façon caricaturale, voilà l'ennemi."

Dès son élection, son image était fixée. Allemand : c'est le panzer cardinal, ancien Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi : c'est l'héritier de l'Inquisition. Avant même d'être un peu connu, le voilà étiqueté. Conservateur, ultra évidemment, et maintenant liberticide (de qui, de quoi ?). Au Vatican, on ne veut pas, et sans doute que l'on ne peut pas comprendre les règles du jeu médiatique. Aux caricatures et aux raccourcis, le Pape ne sait répondre que par de longs discours que personne ne prend le temps de lire.

Comme ce fameux discours de Ratisbonne, cité par Christian Terras, qui y voit une condamnation de l'occident laïc. Et commençons par la fameuse phrase qui a fait scandale en condamnant si brutalement Mahomet :

"Il [ l'empereur bysantin Manuel II Paléologue ] s'adresse à son interlocuteur d'une manière étonnamment abrupte – abrupte au point d’être pour nous inacceptable –, qui nous surprend et pose tout simplement la question centrale du rapport entre religion et violence en général. Il dit : « Montre moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que du mauvais et de l'inhumain comme ceci, qu'il a prescrit de répandre par l'épée la foi qu'il prêchait ». Après s'être prononcé de manière si peu amène, l'empereur explique minutieusement pourquoi la diffusion de la foi par la violence est contraire à la raison. Elle est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme"

Qu'a-t-on retenu de ce discours, sinon la phrase si brutale de l'empereur ,que cite Benoit XVI, en précisant bien avant de la citer qu'elle "est pour nous inaccepable", et après, que l'empereur s'est exprimé "de manière peu amène". Qui peut croire sincèrement que Benoit XVI adhère à ces paroles. Mais, bien sûr, certains n'ont repris que la citation de Manuel II afin de créer le scandale. Ils ont réussi, alors que l'important n'est pas dans cette citation mais bien dans la suite de la réflexion de Benoit XVI à propos de la diffusion de la foi par la violence, contraire à la raison, et de manière plus globale des rapports de la foi et de la raison.

Toute la suite de ce discours est une défense de l'accord possible et même nécessaire entre la raison (le Logos) et la foi.

Contrairement à une certaine tradition islamique, pour laquelle "Dieu est 'absolument transcendant. Sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle qui consiste à être raisonnable" Benoit XVI défend l'alliance du christianisme avec l'héritage grec "dans le meilleur sens du terme" c'est à dire de la découverte de la raison.

C'est cet héritage, qu'il estime menacé, qu'il veut au contraire refondé. Entre la sphère de la raison et la sphère de la foi, il ne voit pas de frontière étanche. C'est sans doute en cela qu'il peut choquer certains laïcs. Sauf qu'il ne souhaite pas réduire l'espace de la raison :

"L'éthique de la scientificité – vous y avez fait allusion M. le Recteur magnifique – est par ailleurs volonté d'obéissance à la vérité et, en ce sens, expression d'une attitude fondamentale qui fait partie des décisions essentielles de l'esprit chrétien. Il n'est pas question de recul ni de critique négative, mais d'élargissement de notre conception et de notre usage de la raison."

Il souhaite au contraire élargir le domaine de la raison vers l'espace de la foi. Ce n'est pas la foi qui doit conduire la raison, contrairement à ce dont l'accusent des contradicteurs qui ne le lisent pas. C'est exactement le contraire, il veut briser la barrière et les limites  posées par Kant à la raison pure. D'après Kant, la raison ne doit plus s'occuper de métaphysique où "elle doit s'effacer pour laisser place à la foi". Du coup, pense Benoit XVI, les grandes interrogations humaines, "d'où venons-nous" "où allons-nous" sont exclues du domaine de la raison pour se retrouver livrées à l'opinion, à l'irrationalité, aux gourous de toutes sortes et au relativisme. Un relativisme défini par Benoit XVI comme le règne de "chacun sa vérité" où toutes les croyances se valent, du moment qu'elles sont sincères.

Pour Benoit XVI, la philosophie doit réinvestir les questions fondamentales qu'elle a repoussé dans le domaine de la métaphysique, inconnaissable et sans réponses. En tant que Pape, il affirme alors que "écouter les grandes expériences et les grandes intuitions des traditions religieuses de l'humanité, mais spécialement de la foi chrétienne, est une source de connaissance à laquelle se refuser serait une réduction de notre faculté d'entendre et de trouver des réponses". C'est en ce sens qu'il veut abaisser les frontières. Jamais il ne parle d'un envahissement du domaine de la science par la religion.

Pour lui la raison doit s'élargir et accepter de penser le fait religieux. Jamais il n'affirme que le religieux doit s'insérer ou guider la raison pure.

C'est donc la pensée de Benoit XVI dans le domaine individuel. Les chose se compliquent dans le domaine social : ce qui concerne le statut de la laïcité. On croyait la question religieuse apaisée. Elle n'était qu'endormie, et il aura fallu quelques discours présomptueux de Nicolas Sarkozy pour la réveiller. Autant le fait de remettre la question de Dieu dans le domaine de la raison individuelle est une attitude que l'on peut discuter, mais mais qui mérite l'intérêt, autant faire prendre en compte la religion par le politique n'est pas indiqué. Car, quelle religion ? Et surtout, pourquoi l'interrogation religieuse devrait-elle faire partie du champ politique, quand nous  la considèrons comme exclusivement liée aux préoccupations individuelles. En tant que fait social, les religions ne peuvent être ignorées, elles doivent être reconnues et protégées sans que l'Etat ne s'en mêle plus.

Les positions philosophiques de Benoit XVI sont respectables. Il aurait tort, et Nicolas Sarkozy avec lui, de vouloir étendre et donc imposer cette pensée à un niveau social qui n'est pas de son ressort.

09/09/2008

Monsieur X est dans EDVIGE

N'écoutant que son courage, Matamore Alliot Marie déserte les plateaux de télévision et les studios de radio quand il s'agit d'EDVIGE. C'est donc Monsieur Gérard Gachet, porte parole du Ministère de l'Intérieur, que l'on envoie sur  les ondes pour défendre le fameux fichier. Cela fait déjà plusieurs fois qu'il nous sert l'histoire de Monsieur X. Là voici :

Monsieur X a décidé de se présenter aux élections municipales de St Symphorien les Bruyères. Il est important, paraît-il, - on a toujours fait comme ça depuis que le monde est monde - il est important, nous dit-on, que le Préfet du département puisse informer les autorités sur les caractéristiques de Monsieur X. On ne sait pas qui sont ces autorités, en quoi elles ont besoin de cette information, et ce qu'elles en font. Mais on a toujours fait comme ça, donc on continue sans que plus personne ne sache vraiment pourquoi.

Or donc, Monsieur X, d'après l'exemple de Gérard Gachet, se trouve être président d'une association contre l'homophobie. C'est donc à ce titre, nous dit-il, et à ce titre seulement, que des informations pouvant avoir rapport avec les goûts sexuels de Monsieur X pourront être consignées dans EDVIGE.

Avez-vous compris la démonstration de Gérard Gachet ? Moi, Non.

Par rapport à cette association, on induit et on laisse induire que Monsieur X est homosexuel. Car enfin, rien ne le prouve. On peut défendre une cause sans être directement intéressé par cette cause. J'ai moi-même défendu Madame Noachovitch que je ne connaissais pas précédemment, que je ne connais toujours pas, et que je ne désire pas connaître. Je l'ai défendue, juste pour des questions de principes de protection de la vie privée, déjà. Il est possible que Monsieur X ait la même attitude vis à vis de l'homophobie, sans lui-même être directement concerné.

Il n'y a donc rien de certain à ce que Monsieur X soit homosexuel, ce n'est pas sa présidence de l'association qui peut permettre de le déduire. Si donc c'est faux, il est grave qu'une information fausse soit enregistrée. Si c'est vrai, personne n'a besoin de le savoir et il est tout aussi grave que cette information, vraie, soit enregistrée. Dans les deux cas, on ne voit pas l'usage républicain qui peut en être fait.

EDVIGE n'est que l'informatisation du fichier des Renseignements Généraux. Vivait-on en dictature auparavant ? Les RG étaient-ils et sont-ils encore aussi dangereux pour notre vie privée que ne l'étaient les défuntes Stasi et KGB ? Non évidemment.

Ce fichier qu'il s'appelle EDVIGE, ou son équivalent actuel aux RG, est juste totalement inutile. Nous sommes la seule démocratie occidentale où ce type de renseignement est collecté. A quoi cela sert-il si ce n'est, le cas échéant, pouvoir faire pression sur une personnalité grâce à des informations collectées que cette personnalité ne souhaite pas voir divulguer. Ce qui ne signifie pas que la pratique est courante, mais seulement qu'elle est possible, ce qui est déjà trop.

Ce fichier n'avait pas de justifications autrefois, il devient carrément liberticide avec ce projet de ficher des jeunes de 13 ans "susceptible" de troubler l'ordre public. Il ne lutte en rien contre les délinquants qui sont déjà répertoriés dans des fichiers spécialisés  dont personne ne demande la suppression.

Le projet EDVIGE, comme les fichiers des RG, doit purement et simplement être abandonné et les données consignées détruites. Pour l'obtenir, on peut déjà signer cette pétition.

04/07/2008

Otages libérés

La prise d'otages est un acte odieux. Que ce soit d'enfants ou d'adultes, directement crapuleux ou sous des prétextes politiques ce n'est qu'un chantage à la vie humaine.

Les otages de Colombie ont été libérés, sans faire de victimes. Il suffit de se réjouir de la libération de ces otages et de la joie de leurs proches. Il suffit de penser à eux, pour une fois.

Mais non, c'est un déferlement de commentaires personnels sur ce que JE pense et MON opinion. Qaund chacun y va de son commentaire sur la personnalité d'Ingrid Betancourt (otage de luxe. Mondaine !), du rôle de ses enfants ou de tel comité de soutien, on se dit que, pour quelques instants, ils feraient bien d'oublier un peu leur ego. D'autres se réjouissent de la disparition des bannières bien pensantes sur les blogs. Ca l'énerve. On comprend que son agacement est un sujet d'importance dont cette libération va le soulager.

Mettre sur le même plan ces considérations personnelles avec la vie retrouvée des otages, n'est pas plus digne que les différentes récupérations politiques et médiatiques qui se profilent, dans un sens ou dans l'autre.

 Il suffit de penser à eux, pour une fois, pas à nous.

 

27/06/2008

Actualités du sporno

      Ainsi donc l'Euro de Foot va se terminer. On aura eu droit aux mêmes pantalonnades et simulacres de blessures pour mieux tromper un arbitre qui n'a pas besoin de ça pour se tromper dans l'autre sens, et ne pas siffler des fautes que tout le monde peut voir sur l'écran de contrôle, sauf lui. Un règlement particulièrement débile l'empêche de vérifier un moment litigieux. La triche fait partie de la compétition sans qu'on ne s'en émeuve plus. On me dit qu'un joueur hollandais s'est vanté d'avoir arrêté un tir de Thierry Henry avec ses mains, comme un gardien de but. Il n'a bien sûr pas été sanctionné. On me dit que Franck Ribéry, lors d'un match de préparation, aurait enlevé son maillot pour exhiber un tee-shirt rendant hommage au commentateur Thierry Gilardi. Il a été sanctionné.

Ce sporno s'étale sur vos écrans aux heures de grande écoute. Le championnat d'Europe se termine. On va enchaîner sur les JO de Pékin, et le débat va reprendre : Sarkozy doit-il aller à la cérémonie d'inauguration ?  Puisque tel est le débat. Je n'entends personne s'interroger sur le sens d'aller ou pas à l'inauguration d'un spectacle dont personne ne discute la participation à l'évènement lui-même.

L'évènement, c'est quoi ? De jeunes gens dressés depuis leur plus jeune âge à la compétition, entourés d'une armée de spécialistes en tout genre, de l'entraîneur au psychologue sans oublier le pharmacien, bien sûr. Tout ça n'a rien à voir avec un idéal en carton pâte  qui continue d'être proclamé lors de cérémonies truquées. Il  s'agit d'un spectacle, d'un business et d'un outil de prestige pour les nations.  Rien de bien différent d'une exposition universelle où chaque pays expose fièrement dans son pavillon ses réalisations technologiques. Mais les expositions universelles n'intéressent plus personne alors que les compétitions sportifves passionnent les foules, les télés et les budgets publicitaires.

Je ne suis pas là pour donner des leçons ou enjoindre qui que ce soit à regarder ou non le sporno. Chacun a bien le droit à ses moments de relâchement pour regarder un spectacle qui est souvent esthétiquement et émotionnellement très prenant. C'est comme la télé-réalité où on peut se laisser prendre si l'on oublie que tout est scénarisé et répété. Pour moi, le décalage horaire me permettra un boycott reposant.

Y aller ou pas ? On ira bien sûr, et d'ailleurs personne n'envisage un boycott de la délégation française. Sarkozy sera-t-il à l'inauguration ? Il y sera bien sûr. Et ce n'est pas moi qui lui reprocherait. On a des relations diplomatiques avec la Chine. On se rend visite régulièrement et l'on fait du commerce. La non-venue de Sarkozy serait considérée comme un acte POLITIQUE hostile. Les Jeux Olympiques sont une exposition des meilleures techniques de formatage du corps humain pour un exercice physique extrême. Chaque pays expose son savoir-faire dans le cadre des relations diplomatiques et commerciales ordinaires. La France et son Président seront présents comme tous les autres.

Pour aller plus loin :

voir cet article du Figaro auquel j'emprunte ce terme de sporno,

ou celui-ci du philosophe Jean-Luc Marion dans le même journal.

et aussi cette vidéo chez Acqua Tofana qui montre l'entraînement le dressage des athlètes chinois

24/06/2008

Journalistes et informaticiens, même combat ?

Dans la lignée de mon précédent article , et faisant écho à la revue de blog d'Olivier, qui le rapproche d'un article d'Etienne Duval : La parole du journaliste, je me dis que la question de l'avenir du journalisme n'est pas si éloigné de débats quotidiens que nous avons à propos de mon métier d'informaticien.

En informatique, des compétences partout

Il s'agit là de la question de l'offshore, oursourcing ou infogérance qui consiste à délocaliser un certain nombre de tâches informatiques vers des pays à bas salaires. L'exemple de plus connu est celui de l'Inde avec ses centres de Bangalore ou maintenant de Mumbay (Bombay). Ca a commencé par des travaux de développement logiciel où la conception se fait en Occident et le codage, ennuyeux, coûteux en temps, et réputé de peu de valeur ajoutée, est sous traité en Inde. Ca continue par l'infogérance, où c'est la gestion des infrastructures (maintien en conditions opérationnelles des systèmes informatiques) qui est également confiée à des entreprises indiennes. La distance importe moins avec le développement et la vitesse accrue des réseaux.

Comme pour le journalisme, on a tendance à mettre en exergue les loupés (il y en a), la moins bonne qualité de la prestation, et se rassurer en soulignant qu'il faut dix Indiens pour faire le travail d'un Français. On oublie un peu vite nos loupés (il y en a aussi) et le rapport qualité/prix qui n'est pas à notre avantage.

Là aussi, on a du mal à admettre qu'une concurrence à bas prix finisse par effectuer un travail comparable au notre. Là aussi, on a tendance à dénigrer des amateurs qui ne pourront jamais offrir le même niveau de qualité.

C'est un combat perdu d'avance, sur ce terrain là.

En revanche, il y a des domaines où la proximité est indispensable, et c'est là le domaine où nous apportons une vraie valeur. Il est clair qu'une gestion de projet menée depuis Bangalore ne marchera pas. Le décalage horaire, la distance culturelle et la langue, qui reste une barrière quand on veut être précis, font que la proximité du client reste primordiale. Comme dans le reste de l'industrie, ce sont les tâches d'avant-vente, de vente et de gestion de projet qui seront de plus en plus notre coeur de métier. La réalisation technique sera confiée au plus offrant qui sera souvent à distance.

L'expression publique ne sera plus jamais un monopole restreint

Pour le journaliste professionnel, c'est le même type de réactions que l'on observe : Jamais ces blogueurs n'atteindront le niveau d'un journaliste de métier se dit-il pour se rassurer. Et ce sont ces jugements rapides sur Internet, propagateur de rumeurs, qui s'expriment à tort et à travers, sans aucune déontologie, alors que nous, journalistes, savons recouper nos sources et hiérarchiser l'information.

Là aussi, ce n'est pas en dénigrant une concurrence à bas prix, et d'ailleurs gratuite, que l'on sauvera le journalisme, en tous cas ce journalisme là. L'accession à la parole publique est désormais possible pour tous. Il n'y aura plus jamais cette élite de quelques dizaines d'éditorialistes vedettes qui pensaient faire l'opinion. Et on lit tous les jours des inconnus dont l'expertise, l'acuité de jugement et le talent ne cèdent en rien au chroniqueur professionnel, alors que leur indépendance et leur liberté est le plus souvent bien mieux établie. Sur ce terrain là, le journaliste n'est plus qu'une  voix parmi d'autres, et sans aucun avantage du à  son statut plus ancien.

L'investigation est le contraire de la vitesse

Etienne Duval le dit parfaitement, c'est d'un journalisme d'investigation, qui sait prendre son temps pour déterrer la vérité, dont nous avons besoin. Sur ce terrain là, il est irremplaçable. C'est le journalisme d'Albert Londres, de Denis Robert, de Carl Bernstein et de Bob Woodward.

C'est celui de Jacques Derogy qui juste avant sa mort  s’inquiétait de voir les journalistes se livrer "à une course abominable" alors que "l’investigation est précisément le contraire de la vitesse".

16/06/2008

Après le NON irlandais

    Après la France, ex grande puissance fatiguée, les Pays Bas, moyenne puissance prospère, c'est l'Irlande, ex petite puissance et nouveau tigre de l'Europe, qui n'en veut décidément pas.

Une France en déclin craint de voir sa personnalité dissoute dans un ensemble européen où son importance se dilue au fur et à mesure de l'intégration de nouveaux pays.

L'Irlande, au contraire, n'a rien à regretter d'un passé de colonie britannique, jalonné de massacres et de famines qui en font un exemple de colonisation parmi les plus atroces de l'histoire. Il suffit juste de rappeler les massacres de 1649, que certains qualifient de génocide, ou la grande famine de 1848.

Le 10 mai 1972, ce sont 84,6% des Irlandais qui votaient Oui au référendum d'adhésion à l'Union Européenne. Le moins qu'on puisse dire, c'e'st que d'un point de vue strictement économique, ils n'ont pas eu à se plaindre de ce choix. Ils ont maintenant le PIB par habitant le plus élévé de l'Union, juste derrière le Luxembourg.

Et pourtant ils votent Non ; et ce n'est pas la première fois.  En 2001 déjà ils votaient Non au Traité de Nice en pleine euphorie économique. Ils ratifiaient ce Traité de Nice lors d'un nouveau référendum en 2002. A voir sur Euractiv.com, l'historique des référendums irlandais concernant l'Europe.

Ca commence à faire beaucoup de Nons :

  • Le Non du Danemark au Traité de Maastricht en juin 1992
  • Le Non du Danemark à l'Euro en septembre 2000
  • Le Non de l'Irlande au Traité de Nice en juin 2001
  • Le Non de la France au Traité constitutionnel en mai 2005
  • Le Non des Pays Bas au Traité constitutionnel juin 2005
  • Ce Non de l'Irlande au Traité de Lisbonne en juin 2008

Seuls, deux pays ont voté Oui par voie référendaire : L'Espagne et le Luxembourg.

A chaque fois, on a inventé des solutions de contournement du vote populaire. Le Danemark n'a pas adopté l'Euro, mais la couronne danoise est dépendante de l'Euro. On a refait voter l'Irlande pour le Traité de Nice. La France a finalement ratifié le Traité de Lisbonne par voie parlementaire, après avoir refusé le traité constitutionnel.

J'ai pris partie, en son temps, pour le vote parlementaire du Traité de Lisbonne dont je pense encore aujourd'hui qu'il était le seul moyen de sortir l'Europe de son impasse. Car s'il y a beaucoup de Nons, il y a encore plus de Ouis. Le Traité de Lisbonne et sa ratification parlementaire représentaient un compromis entre le respect nécessaire des pays ayant déjà voté Oui et la possibilité donnée aux autres de prendre en compte certaines de leurs réticences. Le peu de différences entre les deux textes ne fait que refléter le rapport de forces et de population entre ceux ayant déjà approuvé le projet et les autres.

Il est clair que l'on ne va pas recommencer l'opération pour l'Irlande, en attendant la décision des Anglais ou des Polonais qui pourraient remettre l'édifice à plat une fois encore.

En réalité, il faut en terminer avec ce processus de ratification pour ceux des pays qui le souhaitent, conserver des statuts particuliers au sein de l'Europe pour ceux qui se sont arrêter à mi-chemin, et passer à l'étape suivante.

C'est la nature de cette étape qui, à mon avis, a entraîné l'échec de la présente. Ce traité a d'abord été présenté comme Constitution, puis Traité constitutionnel, (qu'est ce que c'est ?), puis comme Traité tout court. En fait cela a toujours été un traité et jamais une constitution. Toujours un assemblage péniblement négocié de mesures techniques et jamais un texte définissant la nature, les valeurs, et l'organisation des pouvoirs au sein d'une Union aux contours définis.

L'approche de Jean Monnet qui enserre les états par des accords techniques de plus en plus contraignants a eu pour effet de créer un ensemble de liens si forts qu'ils rendent quasi impossibles la reprise des conflits intra-européens. Cette méthode extrêmement pragmatique et bien peu exaltante a quand même réussi à créer un ensemble unique au monde et dans l'histoire des hommes. Jamais auparavant, des états souverains ne se sont associés de manière si étroite et pacifique sans être sous la domination ou l'invasion du plus fort d'entre eux. L'Europe n'est pas un empire né d'une conquête, c'est une union librement décidée, née de défaites et de retraits d'anciennes colonies. Il serait absolument tragique de s'arrêter là, ou pire encore de revenir en arrière.

On dit du référendum que les électeurs ne répondent pas à la question posée. Dans un article tragique d'aveuglement, Alain Lamassoure le qualifie même de procédure la plus prisée des dictateurs. D'après lui et tous ceux qui s'opposent à cette procédure, les électeurs ne peuvent pas répondre à un texte bien trop compliqué ; ils répondent donc à d'autres questions.

Si la France en déclin et l'Irlande en expansion votent Non, c'est sans doute que la question économique qui forme l'immense majorité du texte n'est pas leur premier souci, lorqu'il s'agit de l'Europe. Si la France puis l'Irlande ont répondu Non pour des raisons bien différentes, c'est qu'ils répondent aux questions qui les préoccupent et non à celles qu'on leur pose. C'est la nature de la question elle-même qu'il faudrait interroger qui, visiblement, n'est pas celle que les peuples attendent.

Je demeure persuadé que la méthode Monnet a fait son temps, et qu'elle n'est plus adaptée à l'Europe, là où elle est arrivée aujourd'hui.

Il est clair qu'il faut changer de perspectives et proposer aux peuples un texte qui dise ce qu'est l'Europe, quelles sont ses valeurs et son projet. Un texte qui pose des principes et une vision en laissant délibérément les questions techniques aux soins de ceux dont c'est le rôle d'en débattre, c'est à dire les parlements. Ca s'appelle une Constitution, une vraie cette fois, de même type que celle de la France ou des Etats-Unis. L'occasion a été manquée pour cette fois-ci, et les peuples qui ont eu l'occasion de s'exprimer directement n'ont pas manqué de le dire. On ne peut plus continuer à construire une Europe à base de quotas laitiers ou de niveau de décibels des tondeuses à gazon. Les peuples veulent s'exprimer sur l'essentiel, c'est à dire la nature, l'organisation et les valeurs de cette Union librement décidée.

La Communauté Economique Européenne est morte en 1993 dans les textes. En réalité, l'Europe n'a jamais cessé d'être exclusivement économique. Pour marquer spectaculairement cette étape essentielle qui marquerait le début d'une Union politique et la fin de la Communauté Economique Européenne, seul un référendum européen, le même jour, pour tous les européens à la majorité simple du OUI ou du NON permettra de créer cette entité nouvelle que personnellement j'appelle de mes voeux.

06/06/2008

Générateur de couvertures Sarkozy

    Ce fut un moment futile comme on les aime. Surtout au début, avant que tout le monde s'y mette et que ça devienne pesant. Vous vous souvenez des couvertures de Martine ? Comme celle-ci par exemple :

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ou chez Xavier de Mazeond qui s'était laissé tenter par l'exercice.

Le site a fermé pour des raisons obscures, alors qu'il générait une publicité gratuite et plutôt sympathique pour le personnage de Martine. Mais il paraît que le code source est toujours disponible (de toutes façons il ne doit pas être bien compliqué) et surtout l'idée ne peut pas être fermée, elle.

C'est l'article de Marianne, assez drôle d'ailleurs, qui me donne l'idée que l'on pourrait faire renaître un générateur de couverture, mais pour Nicolas Sarkozy cette fois-ci.

"Selon l'OJD, les 252 couvertures qui ont été consacrées à Sarkozy ont fait vendre 110 millions de magazines en 2007.(..)  600 000 exemplaires écoulés dont 200 000 en kiosque"  pour la première interview de Carla Bruni dans l'Express.

Malgré sa baisse dans les sondages, Sarkozy fait toujours vendre. On s'interroge maintenant sur ses rapports avec les femmes, avec les psys. Mais on risque bientôt d'être à court d'idées.

Marianne propose déjà une future couverture : Sarkozy et les macarons :

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Il faut industrialiser tout ça, que tout le monde s'y mette dans un esprit très Web 2.0. Bref, il faut libérer le code du générateur Martine pour en faire un générateur de couverture Sarkozy, qui pourra déjà nous en révéler des facette encore inconnues, en commençant par ses six cerveaux qu'on vient de lui découvrir.

Espérons pour Carla que tout ça ne finira pas par un "Sarkozy : Carla c'est fini. Martine mon nouvel amour"

03/06/2008

Annulation de mariage à Lille : Tout le monde est à sa place (ou presque)

Dans cette affaire de l'annulation de mariage à Lille, il y a plusieurs parties prenantes :

  • Le tribunal de grande instance de Lille
  • Le pouvoir politique
  • Les mariés

Le juge du tribunal d'instance prend en compte la demande des mariés qui considèrent l'un comme l'autre que la virginité de l'épouse est une qualité essentielle dont la dissimulation constitue pour les deux parties une rupture du contrat de mariage.

Dans ces conditions, on peut s'étonner que la future épouse ait consenti à un mariage dont elle connaissait l'invalidité par rapport aux valeurs essentielles partagées par le couple. Pourquoi, en effet, se marier, si elle savait que son futur mari ne pourrait accepter le fait qu'elle ne soit plus vierge. Dans ce cas, il aurait été tellement plus simple de ne pas dire "oui". Mais ceci n'est que commentaire et opinion dont je conçois qu'un juge n'ait pas à tenir compte pour se baser sur des faits, et sur une demande qui semble correspondre à la demande commune des deux époux. En tant que juge, je ne vois pas ce qu'il pouvait faire d'autre que d'aquiescer à cette demande. Par rapport au texte de Loi, il n'a pas à prendre partie sur le fait que la virginité soit, ou non, une qualité essentielle de la future épouse. Il ne fait que prendre en compte le fait que ce mensonge de la future épouse était reconnu par les deux parties comme quelque chose, important pour les deux, et qui donc vaut annulation.

Voilà l'argument juridique défendu par son représentant le plus célèbre (eolas). Tout repose sur le fait que les deux époux soient d'accord pour annuler ce mariage du fait de la non-virginité de l'épouse seule. Ce sont les faits, et on peut comprendre qu'un juge n'ait pas à faire des hypothèses non étayées. Ce juge entend que les deux parties sont d'accord pour considérer la virginité de l'épouse comme une caractéristique essentielle de la validité du mariage. On peut comprendre qu'il n'ait pas à prendre partie sur cette croyance privée, et qu'il acquiesce à une demande qui les satisfait tous les deux. En tous cas, c'est ce qu'ils affirment.

En considérant que la virginité n'est pas importante, le juge prendrait partie, dans un débat de société, par rapport à une très vieille tradition, commune aux religions chrétiennes et musulmanes, dont il ne peut ignorer le poids.

 

En tant que pouvoir politique qui fait les Lois, ses représentants et nous-mêmes qui les choisissons, ne peuvent pas être aussi littérals par rapport au texte de Loi. Il apparaît en effet très probable que ce jugement correspond plus au souhait de l'homme qu'à celui de l'épouse. Celle-ci, en effet, y a sans doute trouver un moyen d'échapper à un mariage auquel elle a consenti tout en sachant fort bien qu'il ne pouvait satisfaire son mari. Si elle y a consenti, pour accepter plus tard d'y renoncer alors qu'il aurait été plus simple de le refuser à l'avance, on peut penser que cette première acceptation n'était pas complètement libre.

Par ailleurs, si le juge peut entendre le fait que la virginité soit une qualité essentielle de la future épouse, puisqu'elle est revendiquée comme telle par les deux, il appartient aux représentants de la société de se prononcer sur cette valeur. C'est leur liberté dira-t-on. C'est surtout la liberté de l'homme d'exiger que la femme renonce à sa liberté sexuelle. Comme le dit Catherine Kintzler :

"Lorsqu'un monsieur demande une vierge, il réclame une femme qui n'aura pas usé de cette liberté. Il s'en trouve, et ne pas user d'une liberté, c'est aussi une liberté : mais c'est le droit de la femme de ne pas en user, son droit à elle. Lui, quand il exige cela, il dit qu'il ne veut pas de cette liberté pour les femmes. Il exige donc pour les femmes la privation d'un droit fondamental"

En théorie, la virginité est demandé aux deux futurs époux. C'est en tous cas la tradition chrétienne. Dans la pratique, elle n'est éventuellement vérifiable que chez la femme. L'inégalité de traitement et de condition est patent. Par rapport à une très vieille tradition qui ne fait plus partie de nos valeurs, le pouvoir politique a donc raison d'intervenir dans une affaire qui n'est surement pas "strictement privée". Cette affaire décidera si oui ou non la viriginité de la femme est reconnue comme une valeur essentielle pouvant valider le mariage. Et le mariage n'est évidemment pas qu'une affaire privée. Le législateur est toujours intervenu dans le domaine de cette cellule de base de la société, qu'elle soit maritale ou de la même famille d'association (PACS).

 

Tout va pour le mieux dans cette affaire. Le juge ne sort pas de son rôle en prenant acte de la demande commune des époux. Le pouvoir politique intervient et fait appel d'une décision qui menace gravement l'égalité de condition de l'homme et de la femme. Et les époux, l'époux en tous cas, que demande-t-il ?

Il demande à la société civile de prendre partie par rapport à des valeurs strictement privées. Il lui demande de valider le fait qu'un mensonge sur la virginité, et donc que la virginité elle-même soit considérée comme une condition sine qua non de son mariage. Il demande donc à ce que ses convictions privées soient validées par la Loi. Comme l'écrit Alain-Gérard Slama dans le Figaro :

"Il témoigne que la raison juridique, dont le propre est de résister à toutes les formes d'arbitraire, se laisse de plus en plus envahir par les passions et les caprices des intérêts particuliers, voire de l'obscurantisme. De la même façon que la mauvaise monnaie chasse la bonne, le droit, investi par les revendications de droits, tend à devenir un levier au service de groupes et lobbies, religieux, ethniques, sexistes, qui cachent, derrière le chantage au déni de droit, à la discrimination et au racisme, la poursuite d'un statut qui les dispense de respecter les codes, qui les excepte de la loi générale."

C'est bien là, en effet, le coeur du débat. Si la virginité constitue une condition essentielle du mariage, c'est l'affaire de chacun, et de ses convictions religieuses. C'est donc une affaire strictement privée sur laquelle les instances judiciaires n'auraient pas du avoir à se prononcer. En portant l'affaire au tribunal, les époux exercent un chantage auprès de ses représentants pour qu'ils prennent partie dans un débat qui les dépassent. Il est heureux que ce jugement soit discuté sur la place publique et que la pression de l'opinion ait libéré le juge d'une responsabilité qui ne pouvait être la sienne, qui est maintenant celle du pouvoir politique, de nous-mêmes, pour renvoyer la virginité dans la sphère des convictions et des comportements privés.

29/05/2008

Orthographe du nénufar

Je lis dans l'Express de cette semaine que la communauté lusophone vient de se mettre d'accord pour une réforme du portugais. Humido devient umido, optimo devient otimo et auto-estrada autoestrada. Ce sont quelques réformes qui harmonisent les orthographes et consacrent l' usage. Elles consacrent surtout l'usage brésilien et ses  200 millions de locuteurs contre un peu plus de 10 millions au Portugal.

En lisant cela, je m'apprêtais à rédiger une diatribe bien sentie contre une académie française, gardienne sourcilleuse d'un Français congelé depuis des siècles. Je m'apprêtais aussi à comparer avec le Portugais, qui jouit d'une ancienne colonie dont la puissance lui permet d'imposer sa vitalité linguistique aux crispations de sa vieille terre natale.

Et je m'apprêtais donc à regretter que le français se fixe encore sur les quais de Seine au lieu de s'aérer au bord du Saint-Laurent. Mais il n'en est rien, et ce n'est pas cette vénérable institution que l'on pourra accuser de notre immobilisme.

Car l'attachement des français à  certaines bizarreries de leur orthographe a quelque chose de pathologique. Sous prétexte d'étymologie, ou de raisons historiques parfois obscures et souvent fantaisistes, beaucoup restent attachés aux nombreuses exceptions et absurdités que rien ne justifie ; source d'échec scolaire et barrière à l'apprentissage du français par les étrangers.

Doit-on tous les citer :

  • L'é sur sur la deuxième syllabe de événement du à un erreur de typographie
  • Le nénufar, mot d'origine arabe, doit s'écrire avec un f et non ph comme s'il était grec
  • Le chariot avec un r et la charrette avec deux
  • On n'oubliera pas les deux cuisseaux du veau qui se transforment en cuissots pour un chevreuil sans que ni l'un ni l'autre n'y soit pour rien ni cuisiné différemment

Il y en a beaucoup d'autres que l'on pourra consulter sur le site de l'académie (un seul c) française qui recense ces anomalies et propose la nouvelle orthographe. Car cette orthographe existe depuis que Michel Rocard en 1990 avait demandé  qu'on la révisât. Cette orthographe est proposée, nullement imposée, depuis 18 ans. Cette réforme ne propose que la suppression d'exceptions non justifiées, la rectification d’anomalies  qui ne doivent rien à l’étymologie (chariot-charriot,imbécillité- imbécilité, etc.). Elle ne change rien aux règles liées à la grammaire. Pourtant, elle ne s'est pas imposée par l'usage et surtout elle n'est pas enseignée. On continue en 2008 de forcer les enfants à apprendre des règles qui n'en sont plus depuis 18 ans. On leur fait perdre un temps précieux à retenir des listes d'exception qui polluent la langue, sans l'orner du charme d'une tradition qui n'intéresse plus que quelques érudits. L'effort est tel que les adultes qui y parviennent voient dans ces scories le signe de la réussite scolaire et donc sociale. La sélection par l'échec commence déjà là, par la maîtrise d'un code qui doit tout au maintien des castes savantes et rien à la volonté de faciliter l'accession à une langue purifiée.

Répétons le, cette orthographe est correcte d'un point de vue des autorités compétentes. Elle est surtout plus élégante, et elle facilite l'accès et la compréhension du Français. Il ne tient qu'à nous de l'utiliser pour qu'enfin les mentalités bougent, et l'on pourra vérifier dans ce mini-guide d'utilisation qu'il ne s'agit évidemment pas d'écriture phonétique ni d'un langage SMS qui est proposé. Que chacun s'en fasse une idée.

Il semble que les mentalités évoluent :

A partir de maintenant, j'écrirai donc avec cette orthographe rectifiée. Je parie que peu verront la différence, mais peut-être ferai-je moins de fautes.

13/05/2008

Pauline au Buffalo Grill

"Bonjour, je m'appelle Pauline, pour votre service"

En déplacement client, les soirées sont souvent moroses. Je n'ai pas le goût de rechercher  le bon petit restaurant. D'ailleurs, dîner seul est une corvée, qu'il faut bien remplir dans une fonction purement métabolique. Pour ça, rien ne vaut les chaînes de restaurant. C'est toujours pareil, on a son nombre de calories, et surtout on n'attend pas. Rien de pire que ces restaurants à la française où, une fois installé, les serveurs passent et repassent devant vous en faisant mine de ne pas vous voir. Au Buffalo, à peine assis, on vous amène une carafe d'eau et un bol de salade.

Pauline a les jambes trop maigres pour la petite jupe du Buffalo Grill. Elle a un vrai sourire et rien de commercial ni d'automatique dans ses paroles. Comme je réponds "Bonjour Pauline, je suis content que ce soit vous", elle se crispe tout de suite.

Pauline est serveuse au Buffalo Grill. Elle est trop maigre et le sourire se fatigue quand on l'appelle ainsi par son prénom. Trop de compliments vulgaires ne laissent pas de place au simple plaisir du remerciement. De toutes façons, Pauline n'a pas le temps de s'attarder à une table. La tenancière surveille. On la reconnait à ce qu'elle n'a pas l'uniforme. Car toutes ont ce chemisier rouge et cette courte jupe. Et toutes ne sont pas jolies comme Pauline, et toutes n'ont pas que des compliments.

Quant à moi, je cherche à croiser son regard à nouveau, essayant d'y faire passer un sourire qui ne soit que cela. Un sourire sans objet, ni pitié, ni moquerie ni désir et qui soit purement gratuit. Ca me semble facile et je n'ai rien à déguiser ; c'est exactement ce que je ressens et ce que je veux dire à Pauline. Elle, méfiante, détourne les yeux pour ne pas croiser les miens qui la suivent trop pour qu'elle n'en sente pas l'appel.

Mais il n'y aura rien de gratuit ce soir au Buffalo Grill de Chenove, aux abords de Dijon, et Pauline s'arrangera même pour ne pas avoir à présenter la note. Je paie.

09/05/2008

Quand Bobo-Psy commente l'affaire Fritzl

 

C'est dans Le Point et chez Karim Sarroub que l'inénarrable Jacques-Alain Miller, héritier du non moins inénarrable de Jacques Lacan, livre son analyse sur l'abominable affaire Fritzl.

Extraits de la péroraison de Diafoirus Miller:

"Le Point : Qu’est-ce qui peut conduire un individu à un tel degré de perversion ?
Jacques-Alain Miller : Une bonne éducation, à l’ancienne, de hautes vertus morales... Je m’explique. Par quels traits Das Inzest-Monster, comme l’appellent les Autrichiens, restera- t-il dans les annales cliniques et policières ? Vous pensez bien qu’il ne le devra pas au seul fait de l’inceste, pratique fort répandue, ni non plus au nombre de ses victimes. S’il est exceptionnel, c’est par la ténacité, la constance, l’endurance. Ce qui sort de l’ordinaire, c’est la régularité invariable d’un acte immonde, la méthode, la minutie et l’esprit de sérieux investis dans l’accomplissement solitaire d’un forfait unique s’étendant sur un quart de siècle. Pas une erreur, pas un faux pas, pas un acte manqué. Total quality. Ce sont là autant de qualités éminentes traditionnellement attribuées au caractère germanique. Mises au service de la science et de l’industrie, elles ont fait la réputation des pays de langue allemande. D’ailleurs, c’était un ingénieur en électricité, et il disait à sa femme qu’il descendait dans sa cave pour dessiner des plans de machines.
Si Gilles de Rais en France, Erzsebeth Bathory en Hongrie, grands féodaux des XVe et XVIe siècles, restent dans les mémoires, c’est au contraire pour le désordre de leur conduite, leurs viols et assassinats innombrables. L’Autrichien, petit notable provincial, lui aussi est un tyran, mais purement domestique. Il mène une existence parfaitement « popote », mais dédoublée. Il est fidèle à sa fille Elizabeth, unique objet de sa jouissance, dont il fait en quelque sorte une seconde épouse. Il lui donne sept enfants, le même nombre qu’à son épouse légitime. Il semble que l’on ne puisse lui reprocher ni avortement ni contraception : c’est un bon catholique. Il opère dans la plus grande discrétion, sa conduite n’est l’occasion d’aucun scandale, d’autant que cette seconde famille, il la fait vivre sous terre, dans des cagibis aveugles où l’on ne peut se tenir debout, à la Louis XI."

Comme l'affaire de Bruay en Artois en son temps, comme Marguerite Duras en extase ( coupable , forcément coupable ) à l'époque de l'affaire Grégory, le bobolandais psy se doit de délivrer sa vision.

Vie bourgeoise, éducation catholique, rigueur allemande : Kinder, Küche, Kirche sont les trois mamelles de l'abomination pour ne pas dire du nazisme. "La maison natale de Hitler est à une heure et demie d’Amstetten par la route, Mauthausen plus proche encore"  remarque encore le pontife. On n'échappera pas non plus au fameux "père sévère" dans l'ignominie.

La psychanalalyse, qui garde son intérêt théorique, se meure des Trissotins qui l'incarnent. A force de haine d'une vie bourgeoise dont ils partagent en rougissant les avantages matériels, ils finissent par y voir la racine de pulsions qu'ils dominent par leur savoir quand d'autres y succomberaient de leur aliénation.

De Hitler lui-même, et Beria, en passant par Dutroux jusqu'à Fourniret, il ne manque pas d'exemples de vie de bohême associée à l'ignoble. On en trouvera autant derrière l'apparence d'une vie bien rangée, chez Goebbels jusquà ce Fritzl. Le Mal ne se laisse pas réduire à un mode de vie.

28/04/2008

Elkabbach devrait lire Bossuet

Il y a l'information financière et boursière. Quelques minutes ou même quelques secondes d'avance peuvent faire la différence. On peut comprendre l'importance d'être le premier et des investissements que cela nécessite. Des décisions sont prises à partir de ces informations, des décisions qui peuvent engager plusieurs milliards.

Il y a des informations stratégiques qui alimentent les gouvernements. Chaque pays entretient des services de renseignement pour ça. Avoir la bonne information au bon moment est évidemment un avantage qui peut être décisif.

Et puis il y a l'information qui nous arrive tous les jours, et maintenant de façon continue. Une information liquide pour sa capacité à prendre toutes les formes qui la portent et surtout pour parce qu'elle s'écoule comme un flot au passage duquel peu de sédiments survivent, déjà noyées par la vague suivante. C'est l'information ordinaire, que l'on trouve partout, sans valeur intrinsèque car disponible en mille endroits.

Il y avait naguère une culture du scoop que l'on peut sans doute comprendre. Si vous êtes un journal quotidien et que vous "sortez une info" que n'ont pas les autres, vous gardez un avantage pendant toute une journée. A l'heure des radios et des télévisions d'information continue, à l'heure d'Internet, cet avantage n'est plus que de quelques minutes. Autrement dit, il n'existe plus. Quand on cherche une information sur Internet, elle n'est pas classée par ordre d'apparition dans le temps, mais par ordre d'influence et de popularité de celui qui l'émet.

Le vrai scoop c'est d'avoir en direct telle personnalité qui s'exprimera sur votre média. Cette personnalité n'étant pas douée d'ubiquité ne pourra être que sur votre média à ce moment-là, et pas ailleurs. Vous avez une exclusivité qui ne peut pas être cassée.

Jean-Pierre Elkabbach croit encore qu'annoncer la mort de Pascal Sevran cinq minutes avant les autres lui donnera un avantage. Il aurait du penser que :

  • Si j'écoute Europe1 à ce moment-là, je n'écoute pas RTL et je ne sais donc pas qu'il est le premier à l'annoncer. Une primauté qui d'ailleurs m'indiffère.
  • Si l'information est vraie, j'aurais la même partout ailleurs dans les minutes qui suivent
  • Comme l'information est fausse, mon degré de confiance envers Europe1 va être sérieusement écorné

Tout à perdre et rien à gagner pour une radio généraliste comme Europe1 dans ce type de faux scoop :

  • Le principal atout des médias institutionnels réside dans le savoir-faire et l'expérience accumulée par leur rédaction face à l'amateurisme supposé, au manque de temps et de ressources matérielles des internautes et des bloggeurs
  • Ces médias auraient donc tout intérêt à jouer la carte de la qualité, de la réflexion et de l'analyse, portées par des signatures qui restent connues et souvent respectées
  • La course au people sera toujours perdu par plus trash que vous

Le summum est atteint quand le même Elkabbach donne une interview à La Croix le 11 avril, pour enjoindre 10 jours après ses journalistes d'Europe1 d'annoncer cette pseudo mort de Pascal Sevran.

Extrait de cette interview titrée : Face à la peopolisation de la presse, Jean-Pierre Elkabbach contre-attaque en créant un comité d'éthique à Europe1:

La Croix : Pourquoi voulez-vous créer un comité d’éthique au sein d’Europe 1 ?

Jean-Pierre Elkabbach : Il ne s’agit pas pour nous de donner des leçons, de nous opposer au progrès, mais de nous interroger : les nouvelles technologies posent des problèmes inédits à notre métier. Si elles permettent d’élargir l’offre à la planète et de favoriser comme jamais l’accès à l’information pour tous, elles s’accompagnent par ailleurs d’une suspicion : quelle est la part du vrai et du faux, de l’annonce et du ragot, du savoir et de l’opinion ?
Une information lancée sur le Net peut être reprise par tous les médias hexagonaux, voire internationaux. À l’ère de l’immédiateté, de l’apparence, de la dictature de l’émotion, la contagion est générale.

La Croix : Et qui, selon vous, empoisonne le système ?

Jean-Pierre Elkabbach : Des sites qui, pour exister, pour faire un coup, pour nuire à un adversaire, lancent des rumeurs, des fausses informations, des ragots, des nouvelles non vérifiées.

La revue Commentaire fête ses 30 ans. Elle se porte bien, merci pour elle, visant le haut de gamme et surtout la différence. Voici ce qu'en dit Jean-Claude Casanova dans une interview à Nonfiction.fr :

"Vous m’avez demandé au début : qu’est-ce qui distingue une revue ? La presse ne peut pas fournir ce que nous proposons. La page du Monde, c’est environ 10 000 signes, or nous proposons des articles plus longs, entre 25 000 et 50 000 signes. D’autre part, on ne trouve pas en France, de magazines à haut niveau intellectuel comme ceux qui existent depuis longtemps dans le monde anglo-américain"

Et plus loin, parlant de son goût des citations, celle-ci de Bossuet : "Dieu se moque de ceux qui se plaignent tous les jours des effets dont ils sont les causes"

Jean-Pierre Elkabbach devrait lire Commentaire, et Bossuet !