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<title>René de Beauregard - philo</title>
<description>D'un monde virtuel au monde réel... Et inversement</description>
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<lastBuildDate>Wed, 22 Jul 2009 18:21:10 +0200</lastBuildDate>
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<copyright>All Rights Reserved</copyright>
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<title>Plus on en sait, plus on est pareil</title>
<link>http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2009/02/26/plus-on-en-sait-plus-on-est-pareil.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (rdebeau)</author>
<category>Philo</category>
<category>Science</category>
<pubDate>Thu, 26 Feb 2009 18:26:17 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Notre ancêtre avait peur. Peur des phénomènes naturels qu'il ne comprenait pas, peur d'animaux féroces beaucoup plus forts que lui. Pourtant notre ancêtre prit conscience de sa différence et proclamât sa radicale différence avec le monde, avec l'animal, avec d'autres membres de l'espèce humaine : les femmes, les esclaves, les étrangers. Tout ce qui n'était pas lui.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et puis l'homme prit le pouvoir et devint maître du monde en le comprenant de mieux en mieux, en le mettant à son service. Nous sommes aujourd'hui les maîtres du monde, sans concurrence aucune, et n'avons plus peur de rien que de nous-mêmes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans le même temps, les indices s'accumulent d'une certaine continuité dans le règne animal dont nous faisons partie intégrante. Si rupture il y a entre l'homme et l'animal, elle est de moins en moins nette, de moins en moins visible. Elle est de plus en plus une question de quantité et non de qualité. Les animaux souffrent, ont des émotions, des joies, des peines. On peut trouver des traces de sentiments vis à vis de la mort de leurs congénères. Certains &lt;a href=&quot;http://www.webzinemaker.com/admi/m1/page.php3?num_web=2410&amp;amp;rubr=4&amp;amp;id=9363&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;b&gt;singes bonobos peuvent apprendre plus de 500 mots&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; et en transmettre à leurs descendants.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Freud racontait déjà cette histoire de l'homme, qui se découvre de moins en moins unique :&lt;/p&gt; &lt;blockquote style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;Dans le cours des siècles, la science a infligé à l'égoïsme naïf de l'humanité deux graves démentis. La première fois, ce fut lorsqu'elle a montré que la terre, loin d'être le centre de l'univers, ne forme qu'une parcelle insignifiante du système cosmique dont nous pouvons à peine nous représenter la grandeur. Cette première démonstration se rattache pour nous au nom de Copernic, bien que la science alexandrine ait déjà annoncé quelque chose de semblable. Le second démenti fut infligé à l'humanité par la recherche biologique, lorsqu'elle a réduit à rien les prétentions de l'homme à une place privilégiée dans l'ordre de la création, en établissant sa descendance du règne animal et en montrant l'indestructibilité de sa nature animale. Cette dernière révolution s'est accomplie de nos jours, à la suite des travaux de Ch. Darwin, de Wallace et de leurs prédécesseurs, travaux qui ont provoqué la résistance la plus acharnée des contemporains. Un troisième démenti sera infligé à la mégalomanie humaine par la recherche psychologique de nos jours qui se propose de montrer au moi qu'il n'est seulement pas maître dans sa propre maison, qu'il en est réduit à se contenter de renseignements rares et fragmentaires sur ce qui se passe, en dehors de sa conscience, dans sa vie psychique.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Pour se rassurer, on rédéfinit de manière toujours plus fine le domaine exclusif de l'homme. Nous seuls serions capables d'exprimer des idées et pas seulement des besoins, de nous projeter vers l'avenir, d'avoir conscience de nous-mêmes et de notre mort certaine.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;L'homme prit le pouvoir et devint maître du monde. C'est à ce moment où il devrait jouir de sa connaissance tellement plus étendue et de sa toute puissance, qu'il prend conscience qu'il n'est pas si différent de l'environnement qu'il a mis en esclavage. L'ADN est partout et joue le même rôle, de la bactérie jusqu'à l'homme. Et pourquoi jusqu'à ? Il joue le même rôle pour la bactérie comme pour l'homme et le puceron.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Toute puissance de l'homme et de son savoir, et retour de l'homme à sa banalité d'animal, peut-être de système biologique identique aux autres. Plus on en sait, plus on est pareil. La concomitance&amp;nbsp; historique est frappante. Mais je n'arrive pas à y voir qu'une coïncidence, sans pourtant discerner le lien entre les deux.&lt;/p&gt; 
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<title>Principes d'inertie</title>
<link>http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2009/02/13/principes-d-inertie.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (rdebeau)</author>
<category>Actualités</category>
<category>Philo</category>
<pubDate>Fri, 13 Feb 2009 16:52:39 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Galilée a donné son nom au principe d'inertie en physique.&amp;nbsp; Un point matériel abandonné à lui-même (et suffisamment éloigné de tous les autres points) effectue un mouvement rectiligne uniforme. Le mouvement est l'état stable et l'immobilité l'exception. Ce qui fait dire à Bergson (&lt;a href=&quot;http://classiques.uqac.ca/classiques/bergson_henri/pensee_mouvant/pensee_mouvant.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;b&gt;La pensée et le mouvant&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;) que &lt;i&gt;&quot;La science moderne date du jour où l'on érigea la mobilité en réalité indépendante. Elle date du jour où Galilée, &lt;a href=&quot;http://www.curiosphere.tv/video-documentaire/36-culture-scientifique/103605-reportage-galilee-lexperience-des-plans-inclines&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;b&gt;faisant rouler une bille sur un plan incliné&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, prit la ferme résolution d'étudier ce mouvement de haut en bas pour lui-même, en lui-même, au lieu d'en chercher le principe dans les concepts du haut et du bas, deux immobilités par lesquelles Aristote croyait en expliquer suffisamment la mobilité.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Rien n'a changé dans le mouvement de la bille. Elle garde la même direction et la même vitesse. Ce n'est donc pas le monde qui change avec Galilée, mais Galilée lui-même, et nous avec lui, qui prenons la &lt;b&gt;ferme résolution&lt;/b&gt; de voir le monde différemment. Avec Galilée, Copernic et Newton, la science moderne naît, qui de cette nouvelle façon de voir le monde renverra la terre du centre de l'univers à sa place banale de planète parmi d'autres. Du coup, l'homme passe d'un &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Alexandre_Koyr%C3%A9&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;b&gt;monde clos à l'univers infini&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Par la même occasion, la conception fixiste d'Aristote est battue en brèche, rendant pensable la notion même de mouvement, de changement des mentalités, et de révolution scientifique. Désormais, c'est le mouvement qui est naturel. Galilée déverouille tout le Moyen-Age, et pas seulement du point de vue scientifique. L'Eglise ne s'y trompa point. L'immobilité était sagesse, stabilité, respect des traditions et des anciens. Elle&amp;nbsp; devient immobilisme, stagnation, routine. Qui n'avance pas recule, le progrès comme la croissance : de l'économie, de la population, de la consommation d'énergie, est l'état stable et normal. La croissance économique doit continuer, sans but, sans que plus personne n'en attende une vie meilleure. Mais elle doit se poursuivre, sous peine d'écroulement du système.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Tant que l'univers est infini, les courbes de croissance peuvent se poursuivre sans crainte de rencontrer de barrières. Mais nous savons désormais que notre terre est close. Nous voilà dans la situation du prisonnier, confiné dans son espace, qui a connaissance de l'univers infini, sans pouvoir en jouir, ni l'exploiter.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La croissance économique, basée sur les produits matériels, apparaissant limitée par les ressources de la terre, on invente la croissance virtuelle de l'économie financière. On a cru alors, avoir repoussé les limites du monde matériel en développant une activité qui s'entretient elle-même par création de produits dérivés qui se dérivent eux-mêmes à l'infini, puis se dispersent en ayant perdu leurs racines et leur raison d'être.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Patatras, tout retombe dans l'inconsistance d'une croissance qui s'entretenait de sa propre inertie, sans reposer sur un point d'appui qui la soutienne fermement. Se pose-t-on la question de la croissance pour la croissance, de l'épuisement des ressources naturelles ? Parfois, mais de manière accessoire. Il s'agit d'abord de retrouver la bonne courbe, celle qui doit reprendre sa course vers le haut en ignorant le mur qui se rapproche de plus en plus. Notre Président est l'incarnation de ce point matériel abandonné à lui-même qui croit être maître de son mouvement quand il ne fait que suivre son principe d'inertie. Comme le dit &lt;a href=&quot;http://horizons.typepad.fr/accueil/2009/02/sarkozy-lincendiaire.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;b&gt;Malakine&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, (dans un autre contexte : celui de la réforme des universités) &lt;i&gt;&quot;On retrouve également son obsession du bougisme, la réforme pour la réforme, l'action pour la posture volontarisme, la polémique comme preuve du courage politique. Chez Sarkozy, une réforme n'est jamais une réponse à un problème identifié. Elle se justifie en elle-même&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On ne reviendra pas à l'immobilité. D'ailleurs laquelle ? Il faut prendre en considération le force qui entretient ce mouvement. Car nous ne sommes pas un mobile circulant dans le vide, qui se suffit de son impulsion première. Notre mouvement consomme de la force et de l'énergie. Il s'agit maintenant de diminuer les frottements pour consommer moins, et récupérer les forces que nous consommons.&lt;/p&gt; 
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<title>Nos résolutions</title>
<link>http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2009/01/05/nos-r-eacute-solutions.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (rdebeau)</author>
<category>Humeur</category>
<category>Philo</category>
<pubDate>Mon, 05 Jan 2009 11:44:00 +0100</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est tellement facile de tenir ses résolutions. Il suffit de bien choisir ses objectifs et de s'y tenir. Un autre René (Descartes) avait déjà remarqué qu'il nous faut :&lt;/p&gt; &lt;blockquote style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;une volonté ferme et constante d'exécuter tout ce que nous jugerons être le meilleur et d'employer toute la force de notre entendement à en bien juger [..]&amp;nbsp; C'est de cela seul que résulte toujours le plus grand et le plus solide contentement de la vie. Ainsi j'estime que c'est en cela que consiste le souverain bien.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Chacun peut constater combien il est facile d'atteindre ses objectifs quand ils sont bien fixés. Tout semble alors se plier à notre volonté. Un par un les obstacles disparaissent ; on se sent invincible. Si vous êtes comme moi, tout ce que vous avez vraiment réalisé dans votre vie a été obtenu sans grand effort, au prix d'une volonté sereine et assurée d'atteindre son objectif.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Et pourtant, nous ne tenons pas nos résolutions, nous ne nous fixons pas vraiment d'objectifs, et on a tendance à se laisser aller au hasard des circonstances. C'est, que si la méthode est invincible, le résultat est toujours décevant. Non que l'on n'atteigne pas l'objectif fixé. On l'atteint bien, mais cette satisfaction du devoir accompli ne s'accompagne de rien de plus. Pas de bonheur particulier, de clé pour une vie bonne ou le &quot;souverain bien&quot;. Si vous pensez atteindre un état mental particulier&amp;nbsp; - et supérieur bien sûr - en suivant ces recommandations, vous être bons pour la première secte qui passe à votre portée.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;On n'est pas plus heureux d'avoir accompli son devoir. On n'est pas spécialement malheureux dans la lâcheté du laisser aller. Et ils sont tellement énervants, tellement chiants ces gens qui réussissent tout ce qu'ils entreprennent, qui ne comprennent pas pourquoi tout le monde n'y aboutit pas. Car en effet, on l'a déjà dit, on l'a déjà expérimenté, c'est très facile.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Mais on préfère souvent la chaleur du troupeau qui se laisse guider, à l'austérité non récompensée de ceux qui se prennent en main.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il n'y a rien à gagner à tenir ses résolutions, rien à perdre non plus. Mais au passage on aura peut-être été utile à soi-même ou aux autres.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Bonne année 2009 à tous et spécialement à &lt;a href=&quot;http://www.planetargonautes.eu/2009/01/2009-le-prix-des-.html&quot;&gt;&lt;span style=&quot;color: #0000ff;&quot;&gt;&lt;b&gt;Catherine de Planetargonautes&lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; aussi talentueuse qu'adorable et fidèle&lt;/p&gt; 
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<title>Karl Popper, Socrate et le fondamentalisme</title>
<link>http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2008/10/10/karl-popper-socrate-et-le-fondamentalisme.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (rdebeau)</author>
<category>Philo</category>
<category>Science</category>
<pubDate>Fri, 10 Oct 2008 14:33:35 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;La recherche de l'erreur est le moteur du progrès scientifique. Une expérience réussie, qui confirme une théorie, n'apporte rien à cette théorie qui existait déjà précédemment. Elle a de la valeur à titre de preuve et de consolidation, mais elle n'apporte rien de plus à nos connaissances. L'expérience positive consolide la position acquise, mais ne conquiert pas de nouveaux territoires. L'expérience qui démontre la fausseté d'une assertion ouvre de nouvelles questions. On ne sait pas encore, à ce moment, la portée de cette expérience et il faudra de nombreux travaux pour savoir si elle a une valeur dans le cadre de la théorie, si elle amène à des corrections de détail, ou si elle est le prémisse à la construction d'une nouvelle et meilleure théorie. De toutes façons, elle amène des questions, démontre que l'on n'a pas atteint la vérité et que le progrès n'a pas atteint sa fin.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;C'est pour cette raison que Karl Popper mettra l'accent sur la notion de falsifiabilité. Une assertion, nous dit-il, doit être suffisamment précise pour que l'on puisse la falsifier, c'est à dire la réfuter, sinon elle n'a pas de valeur scientifique. Autrement dit, à l'assertion &quot;p&quot; il doit être possible de concevoir la proposition opposée &quot;non-p&quot; qui ait un sens, et qui doit pouvoir être expérimentée dans le domaine considéré.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Les XVIIIème et surtout XIXéme siécles ont été des âges de la croyance en la vertu morale, sociale et politique du progrès scientifique. Le XXème siècle aura vu cette croyance s'écrouler sous les coups de la technique d'Hiroshima. Il verra aussi, de manière moins aveuglante, mais tout aussi destructrice de ses fondements religieux, la science dépouillée de sa prétention à un accès possible à la vérité.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Il ne nous reste plus que le doute, l'approximation et l'inconfort de la recherche de l'erreur, moteur du progrès scientifique. Le progrès scientifique reste possible, mais il a changé de nature.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Comment ne pas voir que la science retrouve l'enseignement de Socrate. &lt;i&gt;&quot;Tout ce que je sais, c'est que je ne sais rien&quot;.&lt;/i&gt; La science au début du XXème siècle croyait avoir résolu tous les problèmes.&amp;nbsp; Elle croyait tout savoir, elle a compris que non. Elle croyait pouvoir accéder à la vérité, elle sait maintenant que c'est impossible. Elle croyait à un modèle simple, à une grande Loi qui résumerait tout, et d'où toute sa connaissance découlerait. La mécanique quantique a balayé cette croyance, de nature religieuse. Il ne lui reste plus que l'incertitude.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Socrate laissait ses interlocuteurs insatisfaits, agacés. Ils n'avaient pas trouvé de réponse, et Socrate ne voulait pas, ne prétendait pas leur en donner. Il les mettait en face de notre ignorance. C'est le chemin parcouru qui représente l'enseignement de Socrate, ce n'est pas le résultat. C'est aujourd'hui aussi le constat auquel la science doit faire face avec lucidité.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;text-align: justify;&quot;&gt;Dans ces conditions, et si la science ne peut plus être une certitude, quelle en est la valeur ? D'autre type de recherche, essentiellement religieuse, que l'on qualifie aujourd'hui de fondamentalisme, se retrouve en position d'interroger la science. Après avoir été rejeté comme bavardage et superstition par le scientisme triomphant, le fondamentalisme peut à son tour dénoncer la science comme recherche illusoire d'une vérité qui ne vaut pas mieux que la sienne, puisqu'elle avoue son impuissance, alors que lui ne doute pas de la vérité de sa révélation. Ce ne sont plus les conséquences techniques de la science qui sont alors rejetées mais trois siècles de progrès scientifique.&lt;/p&gt; 
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<title>Benoit XVI et l'extension du domaine de la raison</title>
<link>http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2008/09/13/benoit-xvi-et-l-extension-du-domaine-de-la-raison.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (rdebeau)</author>
<category>Philo</category>
<category>Société</category>
<pubDate>Sat, 13 Sep 2008 12:33:49 +0200</pubDate>
<description>
&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Parfois, les meilleurs esprits n'y échappent pas : &lt;a href=&quot;http://www.mezetulle.net/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;Catherine Kintzler&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;, dont j'admire souvent l'expression, signe avec d'autres un &lt;a href=&quot;http://www.mezetulle.net/article-22696274.html&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;appel à la vigilance laïque&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; qui &quot;ne doit pas plier devant Benoit XVI&quot;.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Voilà comment le Pape s'y trouve décrit :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;En tant que leader religieux, Benoît XVI est un pape ultraconservateur et liberticide. Sa vision du catholicisme, promue à travers des mouvements comme l’Opus Dei ou la Légion du Christ, est dogmatique, étroite, antiféministe, inégalitaire, hostile à un véritable œcuménisme et à l’esprit moderniste de Vatican II. Il n’y a vraiment pas là matière à révérence. Mais c’est l’affaire des croyants.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Christian Terras de la revue &lt;a href=&quot;http://golias-editions.fr/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;Golias&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;, et dans une genre un peu plus modéré, écrit dans &lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/090908/ce-pape-est-il-credible&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;Mediapart&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;Le pape ne semble pas accepter que l'humanité puisse avoir d'autres ressources de survie et de progrès que la référence docile et soumise à une transcendance, considérée parfois avec une certaine étroitesse. Ainsi, lors de sa visite en Allemagne, sa patrie d'origine, Benoît XVI n'a pas hésité à fustiger en termes très durs&lt;/i&gt; &lt;a href=&quot;http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2006/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20060912_university-regensburg_fr.html&quot;&gt;&lt;i&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;l'occident laïc&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;qui, en excluant Dieu, fait perdre aux hommes leur identité. L'esprit des lumières, évidemment présenté de façon caricaturale, voilà l'ennemi.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Dès son élection, son image était fixée. Allemand : c'est le panzer cardinal, ancien Préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi : c'est l'héritier de l'Inquisition. Avant même d'être un peu connu, le voilà étiqueté. Conservateur, ultra évidemment, et maintenant liberticide (de qui, de quoi ?). Au Vatican, on ne veut pas, et sans doute que l'on ne peut pas comprendre les règles du jeu médiatique. Aux caricatures et aux raccourcis, le Pape ne sait répondre que par de longs discours que personne ne prend le temps de lire.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Comme ce fameux &lt;a href=&quot;http://www.vatican.va/holy_father/benedict_xvi/speeches/2006/september/documents/hf_ben-xvi_spe_20060912_university-regensburg_fr.html&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;discours de Ratisbonne&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;, cité par Christian Terras, qui y voit une condamnation de l'occident laïc. Et commençons par la fameuse phrase qui a fait scandale en condamnant si brutalement Mahomet :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;Il [ l'empereur bysantin Manuel II Paléologue ] s'adresse à son interlocuteur d'une manière étonnamment abrupte – abrupte au point d’être pour nous inacceptable –, qui nous surprend et pose tout simplement la question centrale du rapport entre religion et violence en général. Il dit : « &lt;b&gt;Montre moi ce que Mahomet a apporté de nouveau et tu ne trouveras que du mauvais et de l'inhumain&lt;/b&gt; comme ceci, qu'il a prescrit de répandre par l'épée la foi qu'il prêchait ». Après s'être prononcé de manière si peu amène, l'empereur explique minutieusement pourquoi la diffusion de la foi par la violence est contraire à la raison. Elle est contraire à la nature de Dieu et à la nature de l'âme&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Qu'a-t-on retenu de ce discours, sinon la phrase si brutale de l'empereur ,que cite Benoit XVI, en précisant bien avant de la citer qu'elle &quot;&lt;i&gt;est pour nous inaccepable&lt;/i&gt;&quot;, et après, que l'empereur s'est exprimé &quot;&lt;i&gt;de manière peu amène&lt;/i&gt;&quot;. Qui peut croire sincèrement que Benoit XVI adhère à ces paroles. Mais, bien sûr, certains n'ont repris que la citation de Manuel II afin de créer le scandale. Ils ont réussi, alors que l'important n'est pas dans cette citation mais bien dans la suite de la réflexion de Benoit XVI à propos de la diffusion de la foi par la violence, contraire à la raison, et de manière plus globale des rapports de la foi et de la raison.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Toute la suite de ce discours est une défense de l'accord possible et même nécessaire entre la raison (le Logos) et la foi.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Contrairement à une certaine tradition islamique, pour laquelle &quot;&lt;i&gt;Dieu est 'absolument transcendant. Sa volonté n'est liée à aucune de nos catégories, fût-ce celle qui consiste à être raisonnable&lt;/i&gt;&quot; Benoit XVI défend l'alliance du christianisme avec l'héritage grec &lt;i&gt;&quot;dans le meilleur sens du terme&quot;&lt;/i&gt; c'est à dire de la découverte de la raison.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;C'est cet héritage, qu'il estime menacé, qu'il veut au contraire refondé. Entre la sphère de la raison et la sphère de la foi, il ne voit pas de frontière étanche. C'est sans doute en cela qu'il peut choquer certains laïcs. Sauf qu'il ne souhaite pas réduire l'espace de la raison :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;L'éthique de la scientificité – vous y avez fait allusion M. le Recteur magnifique – est par ailleurs volonté d'obéissance à la vérité et, en ce sens, expression d'une attitude fondamentale qui fait partie des décisions essentielles de l'esprit chrétien. Il n'est pas question de recul ni de critique négative, mais d'élargissement de notre conception et de notre usage de la raison.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il souhaite au contraire élargir le domaine de la raison vers l'espace de la foi. Ce n'est pas la foi qui doit conduire la raison, contrairement à ce dont l'accusent des contradicteurs qui ne le lisent pas. C'est exactement le contraire, il veut briser la barrière et les limites&amp;nbsp; posées par Kant à la raison pure. D'après Kant, la raison ne doit plus s'occuper de métaphysique où &quot;&lt;i&gt;elle doit s'effacer pour laisser place à la foi&quot;&lt;/i&gt;. Du coup, pense Benoit XVI, les grandes interrogations humaines, &quot;&lt;i&gt;d'où venons-nous&lt;/i&gt;&quot; &quot;&lt;i&gt;où allons-nous&lt;/i&gt;&quot; sont exclues du domaine de la raison pour se retrouver livrées à l'opinion, à l'irrationalité, aux gourous de toutes sortes et au relativisme. Un relativisme défini par Benoit XVI comme le règne de &quot;&lt;i&gt;chacun sa vérité&lt;/i&gt;&quot; où toutes les croyances se valent, du moment qu'elles sont sincères.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Pour Benoit XVI, la philosophie doit réinvestir les questions fondamentales qu'elle a repoussé dans le domaine de la métaphysique, inconnaissable et sans réponses. En tant que Pape, il affirme alors que &quot;&lt;i&gt;écouter les grandes expériences et les grandes intuitions des traditions religieuses de l'humanité, mais spécialement de la foi chrétienne, est une source de connaissance à laquelle se refuser serait une réduction de notre faculté d'entendre et de trouver des réponses&lt;/i&gt;&quot;. C'est en ce sens qu'il veut abaisser les frontières. Jamais il ne parle d'un envahissement du domaine de la science par la religion.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Pour lui la raison doit s'élargir et accepter de penser le fait religieux. Jamais il n'affirme que le religieux doit s'insérer ou guider la raison pure.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;C'est donc la pensée de Benoit XVI dans le domaine individuel. Les chose se compliquent dans le domaine social : ce qui concerne le statut de la laïcité. On croyait la question religieuse apaisée. Elle n'était qu'endormie, et il aura fallu quelques discours présomptueux de Nicolas Sarkozy pour la réveiller. Autant le fait de remettre la question de Dieu dans le domaine de la raison individuelle est une attitude que l'on peut discuter, mais mais qui mérite l'intérêt, autant faire prendre en compte la religion par le politique n'est pas indiqué. Car, quelle religion ? Et surtout, pourquoi l'interrogation religieuse devrait-elle faire partie du champ politique, quand nous&amp;nbsp; la considèrons comme exclusivement liée aux préoccupations individuelles. En tant que fait social, les religions ne peuvent être ignorées, elles doivent être reconnues et protégées sans que l'Etat ne s'en mêle plus.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les positions philosophiques de Benoit XVI sont respectables. Il aurait tort, et Nicolas Sarkozy avec lui, de vouloir étendre et donc imposer cette pensée à un niveau social qui n'est pas de son ressort.&lt;/p&gt;
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<title>Le désir, jouissance entre souffrance et déception</title>
<link>http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2008/07/11/le-desir-jouissance-entre-souffrance-et-deception.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (rdebeau)</author>
<category>Philo</category>
<pubDate>Fri, 11 Jul 2008 17:17:46 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2008/06/19/je-repasse-mon-bacc.html&quot;&gt;J'ai passé mon Bacc le 19 juin&lt;/a&gt;&lt;/font&gt;&lt;/b&gt; , je le repasse aujourd'hui, toujours sur le même sujet : désir et souffrance.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;Prenez le comme un exercice de style. Pas trop scolaire, j'espère.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;border: medium none ; padding: 0cm; margin-top: 0.11cm; margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Le désir est cette envie de posséder ce que je n'ai pas. Qu'il soit sexuel, désir de richesse ou de pouvoir, le désir se réduit à ce dernier. Au pouvoir sur l'autre, au pouvoir que donne l'argent, au pouvoir politique ou économique. Le stoïcien et le boudhiste les réfrène quand le jouisseur laisse &quot;libre cours à tous ses désirs&quot;. C'est dire que le désir court devant nous, jamais satisfait, jamais rattrapé, jamais rassasié. A ne considérer que le but, le désir meurt quand il s'accomplit. Mais c'est cet objet du désir là, qui meure à ce moment. Un autre renaît, à peine avons-nous joui du premier. D'autres conquêtes, plus d'argent, plus de pouvoir sont à posséder, car il n'y a pas de désir satisfait qui puisse combler l'homme. Le ressort en serait cassé, qui lui donne l'énergie de &quot;persévérer dans son être et vouloir augmenter sa puissance&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;border: medium none ; padding: 0cm; margin-top: 0.11cm; margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Illusoire course à l'impossible satisfaction d'un désir fuyant, pense le stoïcien du jouisseur. Illusoire maîtrise de ses désirs qui cache une impuissance à vivre pleinement, pensera l'autre de l'austère prédicateur. Le désir ne va pas sans souffrance, qu'il soit toujours décevant dans son accomplissement ou refoulé par un effort inhumain.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;border: medium none ; padding: 0cm; margin-top: 0.11cm; margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Souffrance quand on contemple au loin son objet qui semble inaccessible. Souffrance quand on s'interdit d'y céder. Impuissante résignation de celui qui n'envisage même plus qu'il puisse être atteint. Déception et mépris de ce qui n'a plus de valeur une fois qu'on le possède. Le désir est souffrance à sa naissance comme à sa mort. Il est ivresse et parfois jouissance de l'action quand il se met en marche.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;border: medium none ; padding: 0cm; margin-top: 0.11cm; margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Le désir se fixe sur un objet qui nous est extérieur. Il n'y a pas de désir sur soi-même. Il dépend donc d'un environnement extérieur qui s'impose à nous. On ne peut que le rejeter ou tenter de le satisfaire, mais il n'y a pas de moyens de vivre en harmonie avec lui. Satisfait, il meurt, mais un autre renaît, encore plus violent. Insatisfait, il se refoule, ne disparaît jamais et revient sous d'autres formes. C'est en cela que les stoïciens le rejetaient puisqu'il nous rend dépendant d'un objet sur lequel nous n'avons pas toutes les prises. Mais c'est ce jeu où l'on n'est jamais certain de gagner qui en fait l'attrait pour l'être désirant. Du domaine de l'impossible et de l'incertain, l'objet du désir devient possible, probable et enfin possédé. C'est que le désir est mouvement. Le plaisir est dans la conquête, non dans la possession.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;border: medium none ; padding: 0cm; margin-top: 0.11cm; margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Dom Juan, qui a quelque expérience, sait bien que la possession n'est que la preuve de son succès. C'est dans le mouvement de sa puissance qui fera plier son objet qu'il trouve son plaisir. Il sait bien que tout finit dans la chiennerie de deux épidermes en sueur. Il sait bien que tout s'épuise ou s'affadit dans le ronronnement du couple. Plus rien à voir avec la brûlure du désir en tous cas. Celui-ci ne se réveillera que pour d'autres conquêtes.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;border: medium none ; padding: 0cm; margin-top: 0.11cm; margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Le politique, quand il vise le pouvoir, sait bien que c'est sa conquête qui est le meilleur moment. C'est alors le temps des promesses et des programmes pour un monde meilleur. Temps de séduction envers les électeurs que l'on conquiert un par un. C'est aussi le temps où l'on élimine tous ses rivaux pour accéder enfin au pouvoir. Vient le temps de l'exercice de ce pouvoir. Il s'agit alors de se frotter avec une réalité qui résiste et ne se séduit pas, à rendre compte de ses actes. La parole et les actes n'avaient de conséquences que sur le succès final de la conquête. Une fois au pouvoir, ces actes n'ont plus rien à voir avec une conquête déjà réalisée, mais avec la gestion beaucoup moins exaltante du quotidien.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;border: medium none ; padding: 0cm; margin-top: 0.11cm; margin-bottom: 0cm&quot;&gt;L'homme devenu riche se donne à son argent. Il s'offre tout ce dont il rêvait lors de sa conquête. Très vite déçu par des jouets et des fantaisies qui ne l'amusent plus, il lui en faut toujours plus, et il y a toujours plus riche que soi.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;border: medium none ; padding: 0cm; margin-top: 0.11cm; margin-bottom: 0cm&quot;&gt;L'homme riche se compare, et se souvient des pauvres. Car il ne suffit pas d'être riche, encore faut-il qu'il y ait des pauvres. Sinon comment saurait-il qu'il est riche ? Heureusement, se dit-il, il ne manque pas de pauvres, et le spectacle de leur envie me rassasie autant que ma propre richesse. J'ai même besoin d'eux pour me sentir riche, mais ils n'en savent rien. Il y a deux mille ans, Jésus proclamait heureux les pauvres,. On ne l'a jamais cru, pas plus les pauvres que moi-même, si bien que c'est moi le riche qui me ressens heureux et non les pauvres.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;border: medium none ; padding: 0cm; margin-top: 0.11cm; margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Désir mimétique, dirait René Girard, car le pauvre nourrit son désir du spectacle du riche qui s'étale. Et le riche se rassure de la valeur de son désir en constatant l'attraction qu'il exerce auprès de ceux qui n'en jouissent pas. Rien ne sert de désirer ce qui n'a pas de valeur aux yeux de l'autre. Le désir n'est jamais personnel mais correspond toujours à la convergence du désir des autres. Il faut donc que j'étale mes conquêtes, mon pouvoir et mon argent. Plus l'objet de mon désir acquiert de la valeur pour les autres, plus ma jouissance augmente. On voit que cette jouissance n'a plus rien à voir avec sa réalisation elle-même. L'objet est devenu indifférent à mes propres yeux, il n'a de valeur que dans le regard des autres. C'est ainsi que le désir se nourrit, une fois son objet atteint. Sa possession elle-même est toujours décevante. Posséder n'est rien, si un grand nombre partage mon objet. Posséder n'est rien si je suis seul à posséder. La possession de mon désir n'a de valeur que s'il est partagé par le petit nombre de ceux que je reconnais comme égaux, et inaccessible au grand nombre de ceux qui y aspirent. D'étape en étape, mon désir se rassure du chemin parcouru en reconnaissant ceux qui m'envient ; il se régénère en un nouvel objet plus rare, plus cher, plus prestigieux possédé par un nombre de plus en plus restreint.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;border: medium none ; padding: 0cm; margin-top: 0.11cm; margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Le pur désir n'a donc pas besoin de contenu. Il suffit qu'il soit partagé par l'autre pour devenir objet désiré. C'est pourquoi son atteinte est décevante, car il est vide de toute valeur intrinsèque. Véhicule sans pilote, il est aimanté par un objet que nous ne choisissons pas.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;border: medium none ; padding: 0cm; margin-top: 0.11cm; margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Pour s'en libérer, il ne sert à rien de le nier mais de lui donner un objet. Mieux encore, de ruser avec lui et de profiter de son énergie vitale. Le politique, quand il vise le pouvoir, déçoit et est déçu. Le politique qui a un projet authentique saura utiliser son désir de pouvoir pour le mettre au service de son projet. Lui seul saura peut-être ce qui est la part du désir et la part de vrai contenu dans son parcours de conquête.&lt;/p&gt; &lt;p style=&quot;border: medium none ; padding: 0cm; margin-top: 0.11cm; margin-bottom: 0cm&quot;&gt;Enfin, le désir est tellement sexué, si marqué par son empreinte historique presque exclusivement masculine, qu'on se demande encore ce qu'il en sera de son expression féminine qui commence à pouvoir disposer de ses propres moyens. On n'en a sans doute pas fini avec le désir.&lt;/p&gt; &amp;nbsp; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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<title>Que connait-on de l'Univers ? 0,4%</title>
<link>http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2008/06/30/que-connait-on-de-l-univers-0-4.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (rdebeau)</author>
<category>Actualités</category>
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<category>Science</category>
<pubDate>Mon, 30 Jun 2008 11:38:49 +0200</pubDate>
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&lt;p&gt;Lu, dans cet entretien&amp;nbsp; &lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Brahic&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;avecAndré Brahic&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; dans &lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.lepoint.fr/actualites-chroniques/la-tete-dans-les-etoiles/989/0/256009&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;Le Point&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;&lt;/i&gt;Il y a un siècle, on ne savait pas pourquoi les étoiles brillaient, on ignorait l'existence des galaxies et la nature des planètes. Aujourd'hui, je peux vous décrire de façon relativement fiable ce qui s'est passé au cours des 13,7derniers milliards d'années ! Mais, au moment même où l'observation de toutes les lumières nous a révélé une multitude d'astres nouveaux et un Univers beaucoup plus vaste que prévu, nous réalisons que beaucoup reste à faire. Einstein a montré que l'énergie est une forme condensée de matière. Eh bien, 73 % de tout ce qui existe dans l'Univers est sous forme d'une énergie noire dont nous ignorons la nature, 23 % est sous forme de matière noire de type inconnu et que nous ne pouvons pas voir. Les 4 % restants sont composés d'atomes et de molécules comme vous et moi, ou cette chaise. &lt;b&gt;Et, en mobilisant tous nos instruments, nous sommes capables de « voir » un dixième de cette matière, soit 0,4 % du tout !&lt;/b&gt; C'est un peu comme si on écrivait un roman policier dont on sait qu'on ne connaîtra jamais la fin de son vivant. Mais l'enquête progresse...&lt;i&gt;&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;Le &lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Large_Hadron_Collider&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;grand collisionneur de hadrons (LHC)&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&lt;/b&gt; va coûter plus de 6 milliards d'Euros. Peut-être lèvera-t-il&amp;nbsp; le voile sur cette énergie et cette matière noire. Vu l'énormité de ce qu'on ne sait pas et les moyens gigantesques à déployer pour combler notre ignorance, arrivera-t-on un jour où l'homme découragé et les gouvernements ruinés arrêteront la recherche fondamentale ? On dirait parfois que ce jour n'est pas loin et qui constituerait une rupture fondamentale dont je ne mesure pas bien les conséquences.&lt;/p&gt; &lt;/div&gt;
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<title>Les années 2020 vues par Microsoft</title>
<link>http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2008/04/16/les-ann-eacute-es-2020-vues-par-microsoft.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (rdebeau)</author>
<category>Actualités</category>
<category>Philo</category>
<category>Science</category>
<category>Société</category>
<category>Systèmes d'Information</category>
<pubDate>Wed, 16 Apr 2008 13:00:00 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ca s'appelait IHM ou Interface Homme Machine, Microsoft Research préfère maintenant parler de HCI ou Human Computer Interaction. Le terme interaction est en effet bien meilleur pour décrire la relation Homme-Machine telle qu'elle commence à se dessiner pour les années 2020. C'est cette relation qui fait l'objet de cette &lt;a href=&quot;http://research.microsoft.com/hci2020/downloads/BeingHuman_A4.pdf&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;étude disponible sur le site de Microsoft (.pdf)&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Les chercheurs de Microsoft décrivent le basculement d'un modèle de type GUI ( Graphical User Interface ), basée sur les actions du clavier, de la souris et de la navigation dans des menus plus ou moins standardisés vers une interaction beaucoup plus variée entre LES hommes et DES ordinateurs. Ce qu'on appelle ici ordinateurs, faute de mieux, est la famille d'équipements de tous ordres qui constituent et constitueront notre environnement numérique :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;L'ordinateur lui-même, le PC pour faire simple, qui ne devient qu'un outil parmi d'autres de notre environnement numérique&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Le téléphone portable&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Les équipements de localisation ( GPS, caméra de surveillance)&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Numérique embarqué dans les vêtements&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Numérique embarqué dans le corps humain&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Consoles de jeux&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Robots de tous ordres&lt;/li&gt; &lt;li&gt;...&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ce ne sont que quelques exemples de ce qui est disponible aujourd'hui, sans préjuger des équipements à venir dans les dix prochaines années.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Mais c'est surtout le fait qu'il faut désormais se préoccuper de la relation entre DES hommes et DES machines. Le Personnal Computer, ordinateur personnel en relation avec un seul utilisateur est un modèle qui disparait. Il s'agit maintenant d'un environnement multiple : on vient de le voir. Il s'agit surtout de prendre en compte la dimension multiple et&amp;nbsp; sociale de cette relation.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Prenons l'exemple de la santé et de l'électronique qui sera de plus en plus finement intégré à notre corps pour s'assurer de son bon fonctionnement et pallier certaines de ses défaillances&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;La frontière devient floue entre l'homme biologique et les équipements électroniques de mesure, de surveillance, de traitement qui lui sont greffés.&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Parmi toutes ces informations, lesquelles doit-on rendre disponible et pour qui : le corps médical, la famille, le &quot;patient&quot;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Ces équipements permettent de localiser et s'assurer du bien-être des enfants ou des personnes agées. Où est la frontière entre l'attention et la surveillance ?&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Aurons-nous le droit, d'un point de vue de la norme sociale, de nous débrancher et de se retirer du circuit d'informations qui nous immerge ?&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Toutes ces questions sont le signe d'un changement radical de la manière dont on aborde l'interaction homme-machine. Il ne s'agit plus du tout d'un problème technique d'ergonomie mais d'un ensemble de sujets qui débordent de beaucoup une discipline où l'aspect technique est devenu mineur face à l'ampleur des problèmes philosophiques et sociologiques qui sont en jeu.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Un autre changement radical est dans le style et le ton extrêmement méfiant de ce rapport. Il faut se souvenir des prestations pas si anciennes de Bill Gates, ou de n'importe quel dirigeant informatique d'ailleurs, pour mesurer l'écart. Ce n'étaient que prospectives enthousiastes décrivant l'explosion bienfaitrice des technologies informatiques, un PC par habitant de la planète, tout le monde connecté partageant des valeurs communes en abaissant les frontières entre les hommes.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Tout dans cette étude&amp;nbsp; est interrogation inquiète :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;ul&gt; &lt;li&gt;L'intégration à notre corps d'équipement de surveillance de notre santé est-elle acceptable seulement en cas de maladie ou sera-t-elle généralisée ? Qui aura accès et contrôlera cette information ?&lt;/li&gt; &lt;li&gt;Comment allons-nous prendre en compte la complexite de l'interaction homme-machine et se prémunir contre ses effets parasites ?&lt;/li&gt; &lt;li&gt;SI nous sommes constamment assistés par des calculateurs électroniques, que deviennent nos facultés natives de calcul, de mémoire ?&lt;/li&gt; &lt;li&gt;La mémoire quitte son support biologique individuel, fugace et imparfait. Elle migre sur un réseau collectif, persistant et sans erreurs.&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;font size=&quot;3&quot;&gt;Le passé ne s'efface plus. C'est la fin de l'éphémère&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;On peut lire aussi les &lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;a href=&quot;http://www.internetactu.net/2008/04/14/linformatique-en-2020-effacera-t-elle-la-frontiere-entre-lhomme-et-lordinateur/&quot;&gt;commentaires d'Hubert Guillaud sur Internetactu&lt;/a&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/p&gt;
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<title>La représentation démocratique peut-elle être fidèle ?</title>
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<author>noreply@blogspirit.com (rdebeau)</author>
<category>Actualités</category>
<category>Philo</category>
<category>Société</category>
<pubDate>Fri, 11 Apr 2008 16:17:17 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;1 - Où l'on apprend chez &lt;a href=&quot;http://dirtydenys.net/index.php?post/2008/04/09/nique-KM&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;DirtyDenys&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; que les ennuis de Nathalie Kosciusko-Morizet dans l'affaire des OGM trouvent sans doute leurs racines dans un Grenelle de l'Environnement auquel les députés n'ont pas été conviés. Quand ces mêmes députés sont sommés de voter un texte à la préparation duquel ils n'ont pas participé, on ne s'étonnera pas qu'ils se révoltent. Surtout qu'ils estiment être tout aussi légitimes pour ce prononcer sur cette affaire, que n'importe quelle association issue de la &quot;société civile&quot;.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Débat entre deux formes de représentation.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;2 - Quand un bloggeur irresponsable (&lt;a href=&quot;http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2008/04/08/ah-quel-beau-bordel.html&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;c'est moi&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;) appelle au sabotage des Jeux Olympiques de Pékin, il illustre bien cette irresponsabilité dans le sens où le bloggeur en question sait très bien que son appel n'aura aucun effet. Il peut donc se réjouir innocemment du joyeux monôme qui a ridiculisé l'hypocrisie pompeuse de la cérémonie olympique. N'importe qui dans une situation de responsabilité serait bien obligé de se préoccuper des conséquences politiques d'un tel appel.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il y a là une illustration classique des différents niveaux de compromis entre une éthique de conviction et une éthique de responsabilité. Ca devient moins banal si l'on observe que l'élection des représentants politiques se fait à partir de l'expression des opinions et des idées, quand la pratique quotidienne de ces représentants élus va se frotter aux faits et aux conséquences des décisions qu'ils vont prendre. L'élection est une coupure, que certains ont pu qualifier de trahison, entre un mode de fonctionnement et une expertise après l'élection qui reposent sur d'autres principes que ceux qui ont présidé au choix de l'élu en amont de cette élection.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;3 - Enfin et pour rester sur le terrain de la manifestation, on a raison de souligner que l'élection ne fait pas tout. On ne délègue pas tous les pouvoirs à une majorité dictatoriale contre une minorité qui n'aurait le droit de s'exprimer que cinq ans plus tard. Toute décision du pouvoir politique peut être contestée directement par le peuple ou n'importe quelle association de citoyens qui s'estime en droit ou en situation de devoir s'y opposer. Il ne manque pas d'exemple de projets de réforme, ou même de textes de lois qui, contestés par l'expression citoyenne directe, se soient vus retirer par le même gouvernement qui venait de les promulguer. Mais ce droit à la protestation reste une tolérance qui se traduit par une épreuve de force entre le pouvoir élu et ceux qui contestent, sans aucune procédure d'arbitrage prévue pour trancher le conflit. Ce n'est pas un droit positif qui compléterait par une expression citoyenne directe la représentation démocratique élue.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Ces trois anecdotes peuvent servir d'apéritif à la lecture du texte de &lt;a href=&quot;https://www.laviedesidees.fr/L-opposition-entre-representation.html&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;Bruno Bernardi paru sur la vie des idées&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; et dont voici la présentation :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;L’opposition entre représentation et participation est commune dans la pensée politique. Mais est-elle bien formée ? Pour B. Bernardi, il y de fortes raisons d’en douter. L’histoire conceptuelle de la notion de représentation montre qu’on en a abusivement réduit la signification à la seule constitution de l’assemblée des représentants.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Bruno Bernardi y expose les différents aspects de l'opposition entre la représentation démocratique&amp;nbsp; et la participation réelle de chacun à la prise de décision. Un débat que la diffusion massive de l'Internet rend de plus en plus présent. 17 pages qui méritent l'effort de s'arrêter un peu plus longuement que le temps moyen de butinage.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Bon week-end.&lt;/p&gt;
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<title>D'une utopie 2.0</title>
<link>http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2008/04/03/d-une-utopie-2-0.html</link>
<author>noreply@blogspirit.com (rdebeau)</author>
<category>Philo</category>
<category>Systèmes d'Information</category>
<category>Web</category>
<pubDate>Thu, 03 Apr 2008 18:55:47 +0200</pubDate>
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&lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Quand chacun contribue suivant ses moyens et que tous en profitent suivant ses besoins, ça s'appelle la Sécurité Sociale, un modèle de communisme réussi dans le domaine de la santé. En plus ce n'est pas l'égalité d'un médiocre niveau de soin&amp;nbsp; qui est visé, mais bien le meilleur de la thérapeutique disponible pour chacun, quelle que soit sa situation.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Chacun selon ses capacités est ici calculé très simplement, à partir du revenu qui sert de base au calcul de la cotisation. Il reste à savoir si le revenu est bien mérité et quels sont les critères de distribution du revenu.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Le talent est inégalement réparti chez les hommes. Toute politique est à la recherche d'un compromis acceptable entre la nécessaire récompense des talents et la non moins nécessaire redistribution des revenus. Le système libéral pur laisse faire les forces du marché qui calcule la valeur de chacun, en regard de l'offre et de la demande de la personne, considérée ici comme une marchandise, à laquelle est attribuée un prix. Si l'on refuse ce système de marché, on nous dit que nous sommes condamnés à un système à la soviétique injuste lui aussi, sclérosant et inefficace par surcroît.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il n'y aurait de choix qu'entre la brutalité du marché qui ne raisonne que par valeur argent, coûts et profits, et le jugement d'un ministère lointain qui finit toujours par fonctionner en cercle fermé, ayant perdu contact avec la réalité.&amp;nbsp; Dans ce dernier monde de type soviétique, les évaluations sont à la merci d'une administration qui aura souvent la tentation de favoriser une carrière suivant des critères qui n'ont rien à voir avec la compétence et le talent, mais plutôt avec le copinage ou la docilité du promu.&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;En France on a la Sécurité Sociale et son communisme réussi. On se distingue aussi par le modèle d'administration le plus ingérable du monde, longtemps au deuxième rang mondial par le nombre de fonctionnaires, juste derrière l'Armée rouge : c'est l'Education Nationale.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&lt;b&gt;Heureusement Web deux-points-Zorro est arrivé&lt;/b&gt;. Sur Ebay, sur Digg, sur Tripadvisor c'est le système de notation non biaisée qui crée la confiance que l'on n'a plus dans un marché incontrôlé,&amp;nbsp; une administration ou des intérêts qui ne le sont que trop.&amp;nbsp; La présentation de Digg et de Tripadvisor dans Wikipedia est caractéristique de cet état d'esprit.&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&quot;Digg&lt;/b&gt; est un site Internet communautaire, typique du phénomène «&lt;/i&gt; &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Web_2.0&quot;&gt;&lt;i&gt;Web 2.0&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;», qui a pour but de faire voter les utilisateurs pour une page Internet intéressante et proposée par un utilisateur. Il dispose de plusieurs catégories, telles Politique, Divertissement, Vidéos, Technologie...Il combine «&lt;/i&gt; &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Social_bookmarking&quot;&gt;&lt;i&gt;social bookmarking&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;»,&lt;/i&gt; &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Blog&quot;&gt;&lt;i&gt;blog&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndication#Internet&quot;&gt;&lt;i&gt;syndication&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;i&gt;.Les nouveaux articles et les sites Web soumis par les utilisateurs sont notés par d'autres utilisateurs et s'ils remportent le succès nécessaire, ils sont affichés en page d'accueil.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&quot;TripAdvisor.com&lt;/b&gt; est un&lt;/i&gt; &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Site_Web&quot;&gt;&lt;i&gt;site Web&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;de guide de&lt;/i&gt; &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Voyage&quot;&gt;&lt;i&gt;voyages&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;gratuit et de recherches sur les voyages qui offre des opinions non biaisées vous aidant à planifier des&lt;/i&gt; &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Vacances&quot;&gt;&lt;i&gt;vacances&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;i&gt;.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Comme tout se note et tout s'évalue, on ne s'étonne pas de voir des sites de notations des profs, ( note2be ) ou des &lt;a href=&quot;http://pisani.blog.lemonde.fr/2008/03/31/noter-les-flics%e2%80%a6-on-peut/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;flics&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;. C'est d'ailleurs chez &lt;a href=&quot;http://pisani.blog.lemonde.fr/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;Francis Pisani&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; que j'ai trouvé cette information. Francis continue :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;Des sites de ce genre existent déjà pour noter, entre autres, les articles de la grande presse et donc les journalistes qui les ont écrits (&lt;/i&gt;&lt;a href=&quot;http://newstrust.net&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;Newstrust&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;, une entreprise remarquable), les médecins (&lt;/i&gt;&lt;a href=&quot;http://ratemds.com/social/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;RateMDs&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;) ou les professeurs (&lt;/i&gt;&lt;a href=&quot;http://ratemyprofessors.com/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;RateMyProfessors&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;) qui d’ailleurs se sont maintenant dotés des moyens de répondre (&lt;/i&gt;&lt;a href=&quot;http://professorsstrikeback.mtvu.com/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;ProfessorsStrikeBack&lt;/i&gt;&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;).&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Et de poursuivre :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&quot;au lieu qu’un seul gardien de prison puisse observer un grand nombre de détenus comme l’avait rappelé Michel Foucault, les gens peuvent observer en permanence ceux qui les surveillent et ceux qui les punissent&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Michel Foucault décrivait ainsi le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Panoptique&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;panoptique&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; : &quot;&lt;i&gt;Faire que la surveillance soit permanente dans ses effets, même si elle est discontinue dans son action ; que la perfection du pouvoir tende à rendre inutile l'actualité de son exercice&lt;/i&gt;&quot;.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;De la notation qui aide au choix, à la surveillance qui contrôle l'individu, on sent bien que le pas est facile à franchir et d'ailleurs il l'est souvent. Sans parler des réputations mises au pilori comme &lt;a href=&quot;http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/archive/2008/03/21/sylvie-noachovitch-nicolas-princen-olivier-martinez-a-qui-le.html&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;Sylvie Noachovitch, Nicolas Princen ou Olivier Martinez&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il est presque obligatoire qu'un système aussi transparent aboutisse au conformisme des apparences, et au lissage des différences. C'est Luc Fayard qui nous annonce avec de bons arguments que le &lt;a href=&quot;http://www.infotechart.com/content/view/1369/53/&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;maoïsme flotte sur le Web 2.0&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;. C'est aussi l'étonnante analogie entre le panoptique et la cité d'Icarie, les deux utopies qui nous préoccupent aujourd'hui.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Wikipedia est toujours notre source pour ces définitions :&lt;/p&gt; &lt;div align=&quot;justify&quot;&gt; &lt;blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://rene-de-beauregard.blogspirit.com/media/00/00/3fd0a78e4c4f29ff97b4a3eff1a42d83.jpg&quot; id=&quot;media-167148&quot; alt=&quot;3fd0a78e4c4f29ff97b4a3eff1a42d83.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-167148&quot; /&gt;&lt;i&gt;&quot;Le &lt;b&gt;panoptique&lt;/b&gt; est un type d'&lt;/i&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Architecture&quot;&gt;&lt;i&gt;architecture&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Prison&quot;&gt;&lt;i&gt;carcérale&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;imaginée par le&lt;/i&gt; &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Philosophe&quot;&gt;&lt;i&gt;philosophe&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Jeremy_Bentham&quot;&gt;&lt;i&gt;Jeremy Bentham&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. L'objectif de la structure panoptique est de permettre à un individu d'observer tous les prisonniers sans que ceux-ci ne puissent savoir s'ils sont observés, créant ainsi un « sentiment d'&lt;/i&gt;&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Omniscience&quot;&gt;&lt;i&gt;omniscience&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; &lt;i&gt;invisible » chez les détenus.&quot;&lt;/i&gt; ( Illustration ci-jointe de Wikipedia )&lt;i&gt;&lt;br /&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;i&gt;&lt;b&gt;&quot;Icara&lt;/b&gt;, la capitale de la communauté d’&lt;b&gt;Icarie&lt;/b&gt; comptant un million d’habitants, est une ville circulaire à l’architecture géométrique. La traverse un fleuve absolument rectiligne. Également tracées au cordeau, les rues sont bordées de 16 maisons de chaque côté avec un édicule public au milieu et à chacune des extrémités. Impeccablement propre, la cité ne comporte ni café ni hôtel particulier, mais seulement des bâtiments à usage collectif, dont une bibliothèque aux ouvrages soigneusement choisis.&quot;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;/blockquote&gt; &lt;/div&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Icarie est la cité imaginaire qui connut un début de réalisation dans les années 1850. &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_Cabet&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;Etienne Cabet&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;&amp;nbsp; imagina cette &lt;a href=&quot;http://www.lodace.net/histoire/document/icarie.htm&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;utopie communiste d'un autre type, et qui finit mal&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt;. Cest à lui et non à Karl Marx que l'on doit ce slogan : &quot;&lt;i&gt;À chacun suivant ses besoins. De chacun suivant ses forces&quot; .&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Revenant à notre Sécurité Sociale, utopie communiste réussie, il était finalement très étonnant que ce système ait vécu plus de 50 ans sans aucun contrôle sérieux sur le comportement sanitaire des assurés sociaux. Qu'on se rassure, c'est en train de changer grâce aux &lt;a href=&quot;http://www.zevillage.net/2008/03/le-vin-un-produ.html&quot;&gt;&lt;font color=&quot;#0000FF&quot;&gt;&lt;b&gt;campagnes anti-alcooliques&lt;/b&gt;&lt;/font&gt;&lt;/a&gt; et la restriction des lieux autorisés aux fumeurs.&lt;i&gt;&amp;nbsp;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Supposons encore une utopie globalement réussie où chacun vit en communauté à la hauteur de ses besoins en occupant une place à la mesure de son mérite et de son talent. Qu'on suppose donc un système de répartition parfait, juste, reconnu et accepté par tout le monde. C'est la justice elle-même qui transforme ce paradis en enfer de la frustration. Car quiconque occupe une place médiocre ne peut sans prendre qu'à&amp;nbsp; lui-même. Ce n'est plus une société injuste contre laquelle il est légitime de se révolter qui explique ma mauvaise place, c'est bien l'inégalité des talents qui a rendu public la pauvreté du mien par une évaluation incontestable et publique.&lt;/p&gt; &lt;p align=&quot;justify&quot;&gt;Il y a peu d'hommes prêts à admettre que l'on affiche ainsi les différences. En admettant encore que l'on puisse le supporter, nous voici dans une société figée, faute de l'énergie vitale de ceux qui, à tort ou à raison, rêvent de la changer.&lt;/p&gt;
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