15.05.2008

Attali pète les plombs

    Depuis qu'il a fait sa grosse commission, Jacques Attali ne se retient plus. Son cervolcan crépite et bouillonne à plein gaz. Sa dernière émanation est un FART . Ce FART est un nouvel ensemble formé de la France, l'Allemagne, la Russie et la Turquie. Par rapport à l'Union Européenne, il n'est ni dedans, ni dehors. Peut-être derrière..

France, Allemagne, Russie, Turquie pour un nouveau bouquet. Tous les trois, nos anciens ennemis, nous affirme-t-il. Mais notre visionnaire connaît mieux l'avenir que son Histoire. Il a du oublié nos relations avec la Sublime Porte depuis François 1er au moins, et l'alliance russe toujours recherchée quand notre diplomatie est intelligente. O Delcassé !

Le FART est sensé équilibrer les puissances montantes comme la Chine, l'Inde et même l'Afrique. On ignorait jusqu'alors que l'Afrique était une puissance unifiée, ayant atteint le milliard d'habitants. 

Jacques Attali voit loin, mais ça fait beaucoup de pétards mouillés lancés aux peuples qui mettront mille ans, dit-il avant de digérer l'entrée de la Turquie.

Attali voit le FART en facteur de paix tôt manié par son cerveau fécond. Mais pourquoi le FART dans cet ordre Jacques ? Avec le FRAT, tu lancerais une ode heureusement mieux inspirée, pour nos amis anglo-saxons. L'excellent chroniqueur Arthur Goldhammer n'a pas manqué de renifler derrière ce FART certaines effluves nauséabondes que tout anglophone repère plus naturellement que nous.

Une usine à gaz à lui tout seul, commente Arthur.

Et quand en plus elle ne produit que du vent..

13.05.2008

Pauline au Buffalo Grill

"Bonjour, je m'appelle Pauline, pour votre service"

En déplacement client, les soirées sont souvent moroses. Je n'ai pas le goût de rechercher  le bon petit restaurant. D'ailleurs, dîner seul est une corvée, qu'il faut bien remplir dans une fonction purement métabolique. Pour ça, rien ne vaut les chaînes de restaurant. C'est toujours pareil, on a son nombre de calories, et surtout on n'attend pas. Rien de pire que ces restaurants à la française où, une fois installé, les serveurs passent et repassent devant vous en faisant mine de ne pas vous voir. Au Buffalo, à peine assis, on vous amène une carafe d'eau et un bol de salade.

Pauline a les jambes trop maigres pour la petite jupe du Buffalo Grill. Elle a un vrai sourire et rien de commercial ni d'automatique dans ses paroles. Comme je réponds "Bonjour Pauline, je suis content que ce soit vous", elle se crispe tout de suite.

Pauline est serveuse au Buffalo Grill. Elle est trop maigre et le sourire se fatigue quand on l'appelle ainsi par son prénom. Trop de compliments vulgaires ne laissent pas de place au simple plaisir du remerciement. De toutes façons, Pauline n'a pas le temps de s'attarder à une table. La tenancière surveille. On la reconnait à ce qu'elle n'a pas l'uniforme. Car toutes ont ce chemisier rouge et cette courte jupe. Et toutes ne sont pas jolies comme Pauline, et toutes n'ont pas que des compliments.

Quant à moi, je cherche à croiser son regard à nouveau, essayant d'y faire passer un sourire qui ne soit que cela. Un sourire sans objet, ni pitié, ni moquerie ni désir et qui soit purement gratuit. Ca me semble facile et je n'ai rien à déguiser ; c'est exactement ce que je ressens et ce que je veux dire à Pauline. Elle, méfiante, détourne les yeux pour ne pas croiser les miens qui la suivent trop pour qu'elle n'en sente pas l'appel.

Mais il n'y aura rien de gratuit ce soir au Buffalo Grill de Chenove, aux abords de Dijon, et Pauline s'arrangera même pour ne pas avoir à présenter la note. Je paie.

09.05.2008

Quand Bobo-Psy commente l'affaire Fritzl

 

C'est dans Le Point et chez Karim Sarroub que l'inénarrable Jacques-Alain Miller, héritier du non moins inénarrable Jacques Lacan, livre son analyse sur l'abominable affaire Fritzl.

Extraits de la péroraison de Diafoirus Miller:

"Le Point : Qu’est-ce qui peut conduire un individu à un tel degré de perversion ?
Jacques-Alain Miller : Une bonne éducation, à l’ancienne, de hautes vertus morales... Je m’explique. Par quels traits Das Inzest-Monster, comme l’appellent les Autrichiens, restera- t-il dans les annales cliniques et policières ? Vous pensez bien qu’il ne le devra pas au seul fait de l’inceste, pratique fort répandue, ni non plus au nombre de ses victimes. S’il est exceptionnel, c’est par la ténacité, la constance, l’endurance. Ce qui sort de l’ordinaire, c’est la régularité invariable d’un acte immonde, la méthode, la minutie et l’esprit de sérieux investis dans l’accomplissement solitaire d’un forfait unique s’étendant sur un quart de siècle. Pas une erreur, pas un faux pas, pas un acte manqué. Total quality. Ce sont là autant de qualités éminentes traditionnellement attribuées au caractère germanique. Mises au service de la science et de l’industrie, elles ont fait la réputation des pays de langue allemande. D’ailleurs, c’était un ingénieur en électricité, et il disait à sa femme qu’il descendait dans sa cave pour dessiner des plans de machines.
Si Gilles de Rais en France, Erzsebeth Bathory en Hongrie, grands féodaux des XVe et XVIe siècles, restent dans les mémoires, c’est au contraire pour le désordre de leur conduite, leurs viols et assassinats innombrables. L’Autrichien, petit notable provincial, lui aussi est un tyran, mais purement domestique. Il mène une existence parfaitement « popote », mais dédoublée. Il est fidèle à sa fille Elizabeth, unique objet de sa jouissance, dont il fait en quelque sorte une seconde épouse. Il lui donne sept enfants, le même nombre qu’à son épouse légitime. Il semble que l’on ne puisse lui reprocher ni avortement ni contraception : c’est un bon catholique. Il opère dans la plus grande discrétion, sa conduite n’est l’occasion d’aucun scandale, d’autant que cette seconde famille, il la fait vivre sous terre, dans des cagibis aveugles où l’on ne peut se tenir debout, à la Louis XI."

Comme l'affaire de Bruay en Artois en son temps, comme Marguerite Duras en extase ( coupable , forcément coupable ) à l'époque de l'affaire Grégory, le bobolandais psy se doit de délivrer sa vision.

Vie bourgeoise, éducation catholique, rigueur allemande : Kinder, Küche, Kirche sont les trois mamelles de l'abomination pour ne pas dire du nazisme. "La maison natale de Hitler est à une heure et demie d’Amstetten par la route, Mauthausen plus proche encore"  remarque encore le pontife. On n'échappera pas non plus au fameux "père sévère" dans l'ignominie.

La psychanalalyse, qui garde son intérêt théorique, se meure des Trissotins qui l'incarnent. A force de haine d'une vie bourgeoise dont ils partagent en rougissant les avantages matériels, ils finissent par y voir la racine de pulsions qu'ils dominent par leur savoir quand d'autres y succomberaient de leur aliénation.

De Hitler lui-même, et Beria, en passant par Dutroux jusqu'à Fourniret, il ne manque pas d'exemples de vie de bohême associée à l'ignoble. On en trouvera autant derrière l'apparence d'une vie bien rangée, chez Goebbels jusquà ce Fritzl. Le Mal ne se laisse pas réduire à un mode de vie.

06.05.2008

Ecrire ou maniper, il faut choisir

Mes charmants collègues soldent leurs jours de congé. Eux.

Du coup me voilà le seul disponible pour faire des manipes techniques chez un client :

  • Recopier une instance SAP sur un nouveau serveur
  • A partir de cette copie, exécuter un "upgrade" Oracle9 vers Oracle10g
  • Enfin exécuter un autre upgrade de la version SAP d'origine (4.6C) vers ECC6

Tout ce jargon ne passionnera pas mes lecteurs habituels qui n'ont qu'un faible aperçu de mes activités professionnelles. Normalement, je ne fais plus ce type d'intervention exclusivement technique, ayant maintenant un rôle d'avant-vente et de direction de projet lors de la phase de "delivery". Mais voilà, il me reste encore quelques compétences qui m'ont fait accepter cette mission.

J'avais oublié à quel point ces procédures sont ardues et surtout extrêmement minutieuses. 

Difficile dans ces conditions de prendre un peu de temps pour suivre les blogs et alimenter le sien.

Je serais sans doute un peu moins actif dans les jours à venir.

08.04.2008

Ah, quel beau bordel !

 

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Malgré ce dispositif abracadabrantesque ce fut un vrai bordel. La flamme qui s'éteint, les relais ne se font pas, panique chez les flics. On imagine les ordres et contre-ordres, les coups de téléphone paniqués, l'ambassadeur de Chine en apoplexie, Alliot-Marie qui se cache, Sarkozy qui se terre.

Le bide monumental, un gigantesque fiasco, un cauchemar de flic, j'en trépigne de joie en regardant les "Marx Brothers à Olympie", "Maciste perd la flamme", "Mr Bean est médaille d'or".

32 cars de CRS, 160 hommes, la flamme encadrée par des policiers en rollers ! des pompiers joggers ! Pompier, que dire de mieux ? Tout est en toc dans ce cérémonial grotesque qui commence à Olympie avec de fausses prêtresses sorties d'un film de Cecil B. DeMille. Car a qui doit-on cette course de la flamme qui symbolise la fraternité entre les peuples ? A ce bon Docteur Goebbels en personne pour les JO de Berlin en 1936.

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C'est dire que de voir tomber le décor dans un ridicule aussi complet a de de quoi réjouir. On ne pouvait mieux célébrer la mort de Charlton Heston, cet acteur de peplum qui finit en représentant de marchands d'armes. Du peplum il y en a, on ne lésine pas sur le carton pâte, les sonneries de trompette, les serments pompeux que l'on scande à grand coup sur une poitrine d'airain. L'homme important s'étend s'enfle et se travaille mais les enfants conspuent Matamore et sifflent l'imposteur en criant au Guignol. C'est donc hier où l'on a vu que l'olympisme est nu. Tué par la politique, le dopage, le chauvinisme, ce n'est plus qu'un gigantesque business. Pourquoi pas d'ailleurs, mais qu'on arrête de nous bassiner avec les grands sentiments et la fraternité entre les peuples.

 

 

Il paraît que le CIO vient de se réveiller. J'attends avec impatience le spectacle de leur solennité rubiconde et vexée que l'on dérange leurs petites affaires. Son Président se dit préoccupé ; on aura droit à un communiqué à l'eau de rose appelant à préserver un idéal qui a été trahi tant de fois.

Ce n'est plus de boycott qu'il faut parler c'est de sabotage. C'est facile, il suffit de ne pas regarder les retransmissions. En plus avec le décalage horaire on aura pas beaucoup d'efforts à faire.

02.04.2008

Sonnet cafardeux

C'est par l'entremise de Scheiro qui commente mon exercice de metablogging que je me prête à à cette entreprise. Rien dans ce sonnet ne correspond à mon état d'esprit actuel qui n'a rien de cafardeux. Mais le premier alexandrin est imposé par Albertine ; il n'engage pas à l'optimisme : Hier dans ma baignoire un cafard s'est pendu.

Il s'agit de continuer en respectant les règles du sonnet ; c'est à dire deux quatrains en rime ABBA ABBA et deux tercets CCD EDE ou CCD EED.

Après les cadavres exquis de Cath l'argonaute, c'est la saison des jeux littéraires. Voici donc ma contribution :

 

Hier dans ma baignoire un cafard s'est pendu
J'aime le compagnon qui seul supporte encor'
Le vent de mes humeurs, le noir de mon décor.
Après ce visiteur personne n'est venu

Dans cette cage aux barreaux luisants, aux murs nus
La vue du nouvel ami n'est pas sans rapport
Avec l'absence de mes anciens. Ils ont tort !
Inconstance et fidélité, j'ai tout connu

Adieu projets, je n'ai plus que des souvenirs
Mais Cafard me déprit qu'il est temps d'en finir
De l'insecte au moins je repris quelque confiance

Le cerveau, la baignoire lavons jusqu'à l'émail
L'ivresse et le propre ont laissé ce détail
Le poil noir collé qui lui servit de potence

 

 

04.03.2008

To rock or not to rock : Keith Richards pose pour Vuitton

Le vieux forban fait de la pub maintenant. Voilà le genre de nouvelles qui me réjouit. J'imagine son rire carnassier quand il a été approché pour cette campagne. Après Catherine Deneuve, classique, Gorbatchev, pas tellement vendeur, Vuitton va rimer avec Satisfaction.

Il paraît que David Bowie a fait de la pub pour Vittel. Du rock à l'eau plate, c'est vraiment n'importe quoi. La campagne est passée inaperçue, évidemment. Celle-là sera forcément un succès. Tous les ex-fans des sixties au portefeuille et au ventre rembourré ( ce n'est mon cas ni pour l'un ni pour l'autre ) vont pouvoir réconcilier les goûts de leur jeunesse avec leur nouveau statut social.

Keith Richards a toujours eu le cynisme en bandoulière, il pourra le mettre dans son sac Vuitton et ré-interpréter "Papa's Got a brand new bag", le standard de James Brown.


82ba753d1cc4bb2e0f2777b1cc365af5.jpgLa photo Vuitton. On distingue un crâne sur la table de nuit. To rock or not to rock ? Ca n'a jamais été une question pour Keith - Hamlet - Richards.

La tête de mort est d'ailleurs très tendance, elle ressuscite si l'on peut dire :

"Le crâne humain ne fait plus peur. Plusieurs marques de luxe (Dior, Fendi) l'ont utilisé dans leurs récentes collections, apposant ce sourire de mort sur des foulards, maillots de bain, sacs et bijoux.

Chez Damien Hirst, figure incontournable de l'art conceptuel, l'image prend une tournure particulièrement provocante: l'une de ses récentes créations représente un faux crâne humain incrusté de 8'601 diamants et d'une pierre rose pâle de 55 carats de chez Bentley & Skinner. Prix: 125 millions de francs pour ce symbole ultime de la collision entre l'imagerie macabre et l'univers futile du strass et du bling-bling.
Comment expliquer cet engouement? «Comme le tatouage, la tête de mort exprime une revendication de liberté, qui se retrouve d'ailleurs dans le regain d'intérêt pour les Harley-Davidson», relève Stefan Fraenkel, observateur de tendances
( quel beau métier : N.D.L.A ) à l'Ecole hôtelière de Lausanne."

Ce crâne est-il celui de son père ? On sait que Keith Richards laisse courir la rumeur qu'il en aurait sniffé les cendres. Il n'a d'ailleurs arrêté l'héroïne qu'après s'être réconcilié avec son père qu'il n'avait pas vu pendant 25 ans. Etonnante histoire.

 

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Mais, revenons à la métaphysique, sujet à peine moins futile. Vous souvenez-vous de Rancé, celui de la Vie de Rancé écrite par Chateaubriand ? Armand-Jean Le Bouthillier de Rancé vivait sous Louis XIV une vie moins qu'austère comme tant d'autres religieux de l'époque. Amoureux fou de la duchesse de Montbazon, il fut le dernier de ses innombrables amants. La légende dit qu'il ne se sépara plus du crâne de sa maîtresse pour l'emporter jusqu'à la Trappe. C'est en effet là qu'il finît sa vie, à refonder l'ordre monastique dans une discipline de dépouillement extrême. On ne saura pas si le souvenir de sa maîtresse posé sur son bureau lui inspirait des sentiments de contrition ou de nostalgie.

Des sentiments qu'on imagine mal chez le roi du riff.

16.11.2007

Les labours de Novembre

20 ans déjà que ces matins brumeux de novembre ressemblent à tous les autres mois. 20 ans que je n'ai pas planté ma charrrue dans la terre fumante.

Il faut partir avant le lever du soleil pour commencer le labour à la nuit finissante. Si tout va bien la brouillard sera là aussi et quand il se lève et perce, ce soleil rasant est à peine voilé par le pare-brise sale, car c'est un tracteur. 

Maintenant que le jour se lève, il faut s'appliquer encore plus à tirer droit.

Une voiture pourrait ralentir..

Rentrer dans le sillon légèrement de l'extérieur pour compenser le mouvement inverse de la charrue quand tout l'attelage glissera dans le fond du sillon. Mordre un peu dans le labour lorsque l'on arrive sur la veine d'argile car la charrue tend à s'écarter dans l'effort de soulever une terre plus lourde. On ne s'ennuie jamais quand on laboure. Chaque coup est un défi où la perfection de la ligne droite et de la profondeur doit être maintenue d'un bout à l'autre. L'écart doit être rectifié, mais pas trop vite en coupant d'un seul coup le serpentement, car c'est la correction qui ne s'effacera plus. A peine a-t-on fini que d'autres erreurs apparaissent que l'on n'a pas vu naître en gommant doucement la précédente.

Il arrive que l'on réussisse une longue suite de coups bien droits. Je pense alors au Parthénon en incurvant les lignes pour parfaire l'illusion de la rectitude. Cet architecture à coups de charrue ne sera que pour moi. Inutile car il n'y a pas de gain de rendement que je puisse espérer de mon application. 

On doit croiser le sens des labours d'une année sur l'autre. Mais je laboure toujours en perpendiculaire de la route, que l'on puisse en jouir. Car une voiture pourrait ralentir, et même s'arrêter pour admirer la perfection du trait. Mais seules les mouettes suivent mon tracé, au festin des vers de terre que la charrue surprend.  

09.11.2007

Non à la réforme

Bloqués hier soir en arrivant à la Gare du Nord, les voyageurs ne sont plus en voiture "silence". On dégaine les portables pour prévenir la famille d'un blocage dont on ne peut pas encore prédire l'issue. Mais la SNCF fait des progrès de communication. Elle annonce clairement qu'une manifestation d'étudiants bloque la voie pour une durée indéterminée.

Les étudiants se veulent solidaires de la fonction publique. Une solidarité qui n'a pas l'air partagé dans ce TGV ni par cette voiture de moins en moins "silence" et de plus en plus débridée. Chacun rappelle sa famille : Connard de Julliard. Oui ils en parlent aux infos. Font chier ces étudiants.. 

On nous annonce maintenant 1 heure de retard et donc de blocage. Nous sommes à 100m de la gare, mais les portes sont verrouillées. Impossible de sortir. Quand enfin nous pouvons arriver à quai, c'est pour rester coincé dans l'embouteillage de queue de manifestation.

C'est donc reparti avec l'UNEF et son patron Bruno Julliard. Ce jeune homme était déjà vieux en 1980. Il appelle ses maigres troupes à rejoindre les mouvements de grève qui s'amorcent. Ca fait partie de leur formation. Ils s'entraînent à la lutte pour conserver des avantages acquis qu'ils n'ont pas encore, et défendre une pré-retraite à laquelle ils rêvent déjà. N'étant pas fluidifiés par les enveloppes de l'UIMM, ils ont peu de moyens. Ils n'ont donc qu'une seule bannière, une seule pancarte et un seul slogan que l'on se transmet depuis 30 ans, au nom des éclatants succès de notre Université.

Non à la réforme. Quelle réforme ? Peu importe. Non à la réforme !

24.10.2007

Même sans Twitter, j'arrive à perdre mon temps

    Publier un billet sur Twitter un 24 octobre 2007, c'est vraiment s'exposer aux ricanements de toute la planète geek 2.0. Je n'hésite donc pas, car que dire de plus sur un sujet archi rebattu depuis plus de 6 mois ? Rien, et c'est le sujet de ce billet. Tout ça est la faute de Xavier qui reste perplexe face à ce service de micro blogging. 

Je ne le suis pas et savais à l'avance que ça ne pouvait pas m'intéresser ; du coup j'ai passé plus de 2 heures à regarder un peu à quoi ça ressemble. Sur les milliards de billets qui en parlent, c'est ici, en anglais, que j'ai trouvé le meilleur descriptif.

Twitter répond donc à la question "What are you doing now ? " Une question que personne ne se pose mais à laquelle vous répondez quand-même. Vous perdez votre temps à dire ce que vous faites : "J'attends le RER de 18h55 sur le quai de la gare de Lyon" et vos lecteurs perdent le leur à lire votre message. Et moi j'arrive à perdre encore plus de temps, en n'utilisant même pas Twitter mais à chercher à comprendre pourquoi.

Il faut dire que j'ai mis des années à admettre que la conversation est rarement faite pour échanger des idées ou des sentiments, mais plutôt une présence. C'est cet aspect social que j'ai longtemps accusé de mondain - ce qu'il est aussi - qui fait que j'ai encore du mal à parler pour ne rien dire,  m'intéresser à moi-même, à l'autre et au lien qui nous unit en dehors de tout contenu dans le dialogue.

- Ca va ?
- Ca va
- Il fait plus ce froid ce matin

Certains arrivent à en faire des heures avec talent, moi il m'a fallu des années de travail pour tenir quelques minutes, arriver à être poli et m'intéresser à la météo. J'écris tout ça sans aucun mépris, mais plutôt avec une certaine envie envers ceux qui ne s'ennuient jamais avec eux-mêmes. Du coup ils n'ont pas besoin de fond pour communiquer leur forme. Ils sont tout prêts à en faire profiter la terre entière et donc à twitter.

Quant à moi, parler de choses et d'autre - de rien en fait - à quelqu'un, je peux. Parler de rien à personne, voilà un niveau de vide que je n'atteindrais jamais.

C'est en me promenant sur le Web à propos de Twitter, que j'ai trouvé le nom savant de ce phénomène. Twitter est donc une fonction phatique diffusée sur Internet.

Et voilà comment un billet qui voulait parler de rien sur rien, qui cherchait à être humoristique, en dit beaucoup sur moi-même et se transforme en cours de linguistique. Twitter n'est décidément pas pour moi.

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