04.03.2009
Une découverte étonnante
Le Figaro nous l'apprend : L'alcool à l'écran nous incite à boire.
Ils s'y sont mis à deux équipes : des chercheurs hollandais et des chercheurs canadiens. Prenons quatre groupes d'étudiants (pourquoi des étudiants ?) et soumettons-les à différentes projections.
Deux groupes regardent un fim au cours duquel les acteurs boivent à dix-huit reprises de l'alcool. L'un des deux groupes aura droit, en plus, à une coupure publicitaire pour une boisson alcoolisée.
Les deux autres groupes regardent un autre film, pendant lequel on ne boit que trois fois. De la même manière, l'un des groupes aura la coupure publicitaire.
Devinez les résultats : c'est évidemment le groupe, qui regarde le film buveur et la publicité, qui consomme le plus de boisson alcoolisée mis à disposition dans le frigo. Etonnant, non :
«Notre étude montre clairement que les films et les publicités ont un effet incitatif sur les comportements de consommation d'alcool dans la société, pour les non-dépendants mais aussi pour les alcooliques, estime Rutger Engels, auteur principal de l'article et professeur de psychopathologie à l'université Radboud de Nimègue, aux Pays-Bas. Cela pourrait impliquer qu'en regardant une publicité pour une marque de bière donnée, vous allez plus souvent acheter cette marque ensuite au supermarché.»
Eh oui !! la publicité nous influence. Quelle découverte, bravo professeur !! Le professeur Engels devrait compléter son étude en étudiant les effets d'un film fumeur sur la consommation de tabac, ou d'un film érotique sur l'excitation des spectateurs. Sans oublier si la vision d'un documentaire sur la vie paradisiaque (??) à Tahiti, projetée pendant ce mois de février maussade, ne nous fait pas rêver à un ciel un peu plus riant. N'oublions pas les enquêtes sur la vie des "people" - amour, argent, gloire et beauté - qui parfois nous rendent envieux. Faisons un autre test : projetons la série des films Taxi (1, 2 , 3, 4), et vérifions l'effet sur le mode de conduite de nos étudiants (mais pourquoi des étudiants ?). Je parie que tous les radars de la République vont chauffer au rouge.
Il faut donc agir : après avoir supprimer la cigarette de Lucky Luke, arracher la clope du bec de Jean-Paul Sartre (c'est fait : post mortem), la bague de Rachida Dati (on l'a fait : à la une du Figaro) il faut interdire le whisky au capitaine Haddock, couper toutes les séquences d'ivresse dans "Un singe en hiver" (avec Gabin et Belmondo), flouter "La traversée de Paris" pour cause de transport de cochonaille, et donc de cholestérol (encore Gabin). En fait il faut retirer de la circulation tous les fims de Gabin, Bogart et consorts. Il faut interdire tous les spectacles, ils représentent la vie, et la vie est dangereuse, la vie est une maladie sexuellement transmissible constamment mortelle.
Tout ça fait penser à cette petite histoire. Aux USA, un mineur (encore un étudiant peut-être) arrive dans un supermarché : "Je voudrais un revolver et cinq boîtes de cartouches, et puis un paquet de cigarettes". Et le vendeur répond : "Tes parents ne t'ont pas dit que c'est dangereux de fumer ?"
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09.01.2009
Réunion de service à la société Potemkine
9h-12h : Réunion de service chez Potemkine Inc (une entreprise pas si imaginaire que ça). A l'ordre du jour :
- Les chiffres du trimestre : le réalisé par rapport aux objectifs
- Processus d'avant-vente : une suite d'acronymes réservés aux initiés
- Le nouvel outil de P&L : Calcul de marges sur les affaires
- Questions diverses
A la fin de la réunion, le manager fait passer une feuille sous la forme d'un tableau donnant des numéros de question, avec les réponses à donner à ces questions. Il commente :
"Vous avez tous reçu un mail pour cette formation obligatoire sur la nouvelle stratégie de Potemkine. Il faut une journée pour suivre la formation, et 2 heures pour répondre au test obligatoire qui suit la formation. Comme on n'a pas de temps à perdre avec ça, j'ai demandé à Jean de s'y coller, et de fournir les bonnes réponses à toute l'équipe. Elles sont sur la feuille ; à vous de jouer. L'important est que la France ait un bon taux de participation et de bonnes réponses à ce test. Comme ça on aura de bons chiffres et ils nous foutront la paix. Moi, on me demande de faire du décor, je fais du décor".
Quelques jours plus tard, lors d'un entretien "one to one", le manager demande à un des membres de l'équipe :
- Qu'as-tu pensé de notre dernière réunion ?
- Eh bien, Potemkine vend des solutions informatiques à des clients et on a passé une réunion entière à parler de nos chiffres, de nos processus internes et de nos problèmes de boutique. Rien sur ce que l'on vend, ou un exemple de projet client.
- C'est vrai, mais j'avais prévu que Marina nous parle de son projet NITI (New Information Technology Infrastructure). Malheureusement, on n'a pas eu le temps.
- Effectivement, on n'a pas eu le temps. On a pris 3 heures à gérer nos processus et à se regarder le nombril. Du coup, on n'a plus le temps pour parler de nos clients. Trois heures à se regarder fonctionner ; plus de temps pour s'occuper du client : c'est caractéristique d'une entreprise qui est en train de mourir.
- J'accepte ta remarque. Mais c'était une demande de l'équipe de faire le point sur nos processus internes. On nous demande tellement de reporting qu'il faut s'arranger pour qu'on puisse avoir de bons chiffres.
- ....
N.D.L.R. : Potemkine, favori, amant et ministre de la grande Catherine de Russie aurait fait fabriquer des villages en décor de carton-pâte pour faire croire à la Tsarine que la Crimée nouvellement conquise était riante et prospère. Le nom de "village Potemkine" est resté pour désigner ces opérations de propagande où un décor factice masque une réalité non conforme aux rapports officiels.
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05.01.2009
Nos résolutions
C'est tellement facile de tenir ses résolutions. Il suffit de bien choisir ses objectifs et de s'y tenir. Un autre René (Descartes) avait déjà remarqué qu'il nous faut :
"une volonté ferme et constante d'exécuter tout ce que nous jugerons être le meilleur et d'employer toute la force de notre entendement à en bien juger [..] C'est de cela seul que résulte toujours le plus grand et le plus solide contentement de la vie. Ainsi j'estime que c'est en cela que consiste le souverain bien."
Chacun peut constater combien il est facile d'atteindre ses objectifs quand ils sont bien fixés. Tout semble alors se plier à notre volonté. Un par un les obstacles disparaissent ; on se sent invincible. Si vous êtes comme moi, tout ce que vous avez vraiment réalisé dans votre vie a été obtenu sans grand effort, au prix d'une volonté sereine et assurée d'atteindre son objectif.
Et pourtant, nous ne tenons pas nos résolutions, nous ne nous fixons pas vraiment d'objectifs, et on a tendance à se laisser aller au hasard des circonstances. C'est, que si la méthode est invincible, le résultat est toujours décevant. Non que l'on n'atteigne pas l'objectif fixé. On l'atteint bien, mais cette satisfaction du devoir accompli ne s'accompagne de rien de plus. Pas de bonheur particulier, de clé pour une vie bonne ou le "souverain bien". Si vous pensez atteindre un état mental particulier - et supérieur bien sûr - en suivant ces recommandations, vous être bons pour la première secte qui passe à votre portée.
On n'est pas plus heureux d'avoir accompli son devoir. On n'est pas spécialement malheureux dans la lâcheté du laisser aller. Et ils sont tellement énervants, tellement chiants ces gens qui réussissent tout ce qu'ils entreprennent, qui ne comprennent pas pourquoi tout le monde n'y aboutit pas. Car en effet, on l'a déjà dit, on l'a déjà expérimenté, c'est très facile.
Mais on préfère souvent la chaleur du troupeau qui se laisse guider, à l'austérité non récompensée de ceux qui se prennent en main.
Il n'y a rien à gagner à tenir ses résolutions, rien à perdre non plus. Mais au passage on aura peut-être été utile à soi-même ou aux autres.
Bonne année 2009 à tous et spécialement à Catherine de Planetargonautes aussi talentueuse qu'adorable et fidèle
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24.09.2008
Le homard impromptu de Versailles
Il faut attendre la fin de ce débat entre Philippe Tesson et Jean-Jacques Aillagon (Président du domaine national de Versailles) pour entendre un argument de poids en faveur de cette exposition Jeff Koons. C'est Jean-Jacques Aillagon qui défend son idée :
"J'observe souvent dans les musées, pas seulement à Versailles, les visiteurs, et je suis souvent frappé par leur très grande inattention. Ils ne regardent pas vraiment les oeuvres et les décors qui les entourent. Et je pense que la présence d'un objet atypique dans le circuit d'un musée et dans le circuit d'un monument, c'est une invitation à mieux regarder le monument"
On ne regarde pas assez, c'est vrai. On visite Versailles au pas de course en deux heures, sans avoir le temps ni la patience, souvent, de déchiffrer ce qui se montre là. C'est un art déjà ancien qu'il faut dévoiler.
On n'en dira pas autant de cet énorme objet, immanquable. Ce homard géant s'impose tellement que l'on ne voit que lui. Vous ne voulez pas de l'art contemporain, semble-t-il nous dire. Eh bien, je me pose là, devant vous, et vous serez bien obligé de me regarder. Baudruche boursouflée qui obstrue ce salon de Mars : ce n'est pas un dialogue entre deux époques auquel nous sommes invités, c'est notre siècle qui exhibe son impuissance à séduire.
Non pas que, sur le principe, l'art contemporain n'ait pas sa place à Versailles. Jean-Jacques Aillagon a raison de le souligner. Versailles a bougé entre le pavillon de Louis XIII, puis le palais de Louis XIV et les travaux de Louis-Philippe. Il n'est donc pas scandaleux que Versailles soit aussi de notre époque et pas seulement une image figée du passé.
On rêve d'un art plus modeste dans ses dimensions et qui sache se faire aimer sans la violence de son obésité. On rêve d'un homard, ou de tout autre objet dont la modernité se découvre par surprise. Posé sur une cheminée à côté d'objets d'une époque plus ancienne, on ne le remarquerait tout d'abord pas. Et ce serait alors la découverte d'une amitié entre les siècles. Comme Montaigne dialoguant avec Lucrèce et la Renaissance avec l'Antiquité, ce pourrait être la reconnaissance d'une parenté à travers les siècles, et non ce tintamarre visuel qui couvre la voix des anciens.
Depuis que Duchamp exposa son urinoire en déclarant : c'est de l'Art, en 1917 ! Ca fait maintenant plus de 90 ans que l'Art s'interroge sur lui-même. De cette remise en cause, il n'est toujours pas sorti, et de cette interrogation génialement provocante à l'époque, le homard de Jeff Koons n'est que le sempiternel pastiche. Cette exposition de Versailles démontre cruellement que nous en sommes toujours aux interrogations, pas encore à l'heure de la création.
10:32 Publié dans Actualités, Humeur | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
19.06.2008
Je repasse mon Bacc
Sujet de Bacc philo : Peut-on désirer sans souffrir ?
Je m'apprêtais à tenter l'exercice ; peut-être le présenterai-je bientôt au jury blogosphérique.
Et puis la rêverie du bachelier solitaire me fit rappeler le seul vers de Corneille qu'on n'oublie jamais. Le désir en est le sujet du premier vers dont les trois suivants feront ma dissertation d'aujourd'hui.
Et le désir s'accroît quand l'effet se recule
Son mol instrument l'est tant qu'il est minuscule
Se dresse rectiligne à percer les rondeurs
Le court instant de sa véritable grandeur
18:26 Publié dans Actualités, Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
06.06.2008
Générateur de couvertures Sarkozy
Ce fut un moment futile comme on les aime. Surtout au début, avant que tout le monde s'y mette et que ça devienne pesant. Vous vous souvenez des couvertures de Martine ? Comme celle-ci par exemple :

ou chez Xavier de Mazeond qui s'était laissé tenter par l'exercice.
Le site a fermé pour des raisons obscures, alors qu'il générait une publicité gratuite et plutôt sympathique pour le personnage de Martine. Mais il paraît que le code source est toujours disponible (de toutes façons il ne doit pas être bien compliqué) et surtout l'idée ne peut pas être fermée, elle.
C'est l'article de Marianne, assez drôle d'ailleurs, qui me donne l'idée que l'on pourrait faire renaître un générateur de couverture, mais pour Nicolas Sarkozy cette fois-ci.
"Selon l'OJD, les 252 couvertures qui ont été consacrées à Sarkozy ont fait vendre 110 millions de magazines en 2007.(..) 600 000 exemplaires écoulés dont 200 000 en kiosque" pour la première interview de Carla Bruni dans l'Express.
Malgré sa baisse dans les sondages, Sarkozy fait toujours vendre. On s'interroge maintenant sur ses rapports avec les femmes, avec les psys. Mais on risque bientôt d'être à court d'idées.
Marianne propose déjà une future couverture : Sarkozy et les macarons :

Il faut industrialiser tout ça, que tout le monde s'y mette dans un esprit très Web 2.0. Bref, il faut libérer le code du générateur Martine pour en faire un générateur de couverture Sarkozy, qui pourra déjà nous en révéler des facette encore inconnues, en commençant par ses six cerveaux qu'on vient de lui découvrir.
Espérons pour Carla que tout ça ne finira pas par un "Sarkozy : Carla c'est fini. Martine mon nouvel amour"
15:05 Publié dans Actualités, Humeur, Société | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
29.05.2008
Orthographe du nénufar
Je lis dans l'Express de cette semaine que la communauté lusophone vient de se mettre d'accord pour une réforme du portugais. Humido devient umido, optimo devient otimo et auto-estrada autoestrada. Ce sont quelques réformes qui harmonisent les orthographes et consacrent l' usage. Elles consacrent surtout l'usage brésilien et ses 200 millions de locuteurs contre un peu plus de 10 millions au Portugal.
En lisant cela, je m'apprêtais à rédiger une diatribe bien sentie contre une académie française, gardienne sourcilleuse d'un Français congelé depuis des siècles. Je m'apprêtais aussi à comparer avec le Portugais, qui jouit d'une ancienne colonie dont la puissance lui permet d'imposer sa vitalité linguistique aux crispations de sa vieille terre natale.
Et je m'apprêtais donc à regretter que le français se fixe encore sur les quais de Seine au lieu de s'aérer au bord du Saint-Laurent. Mais il n'en est rien, et ce n'est pas cette vénérable institution que l'on pourra accuser de notre immobilisme.
Car l'attachement des français à certaines bizarreries de leur orthographe a quelque chose de pathologique. Sous prétexte d'étymologie, ou de raisons historiques parfois obscures et souvent fantaisistes, beaucoup restent attachés aux nombreuses exceptions et absurdités que rien ne justifie ; source d'échec scolaire et barrière à l'apprentissage du français par les étrangers.
Doit-on tous les citer :
- L'é sur sur la deuxième syllabe de événement du à un erreur de typographie
- Le nénufar, mot d'origine arabe, doit s'écrire avec un f et non ph comme s'il était grec
- Le chariot avec un r et la charrette avec deux
- On n'oubliera pas les deux cuisseaux du veau qui se transforment en cuissots pour un chevreuil sans que ni l'un ni l'autre n'y soit pour rien ni cuisiné différemment
Il y en a beaucoup d'autres que l'on pourra consulter sur le site de l'académie (un seul c) française qui recense ces anomalies et propose la nouvelle orthographe. Car cette orthographe existe depuis que Michel Rocard en 1990 avait demandé qu'on la révisât. Cette orthographe est proposée, nullement imposée, depuis 18 ans. Cette réforme ne propose que la suppression d'exceptions non justifiées, la rectification d’anomalies qui ne doivent rien à l’étymologie (chariot-charriot,imbécillité- imbécilité, etc.). Elle ne change rien aux règles liées à la grammaire. Pourtant, elle ne s'est pas imposée par l'usage et surtout elle n'est pas enseignée. On continue en 2008 de forcer les enfants à apprendre des règles qui n'en sont plus depuis 18 ans. On leur fait perdre un temps précieux à retenir des listes d'exception qui polluent la langue, sans l'orner du charme d'une tradition qui n'intéresse plus que quelques érudits. L'effort est tel que les adultes qui y parviennent voient dans ces scories le signe de la réussite scolaire et donc sociale. La sélection par l'échec commence déjà là, par la maîtrise d'un code qui doit tout au maintien des castes savantes et rien à la volonté de faciliter l'accession à une langue purifiée.
Répétons le, cette orthographe est correcte d'un point de vue des autorités compétentes. Elle est surtout plus élégante, et elle facilite l'accès et la compréhension du Français. Il ne tient qu'à nous de l'utiliser pour qu'enfin les mentalités bougent, et l'on pourra vérifier dans ce mini-guide d'utilisation qu'il ne s'agit évidemment pas d'écriture phonétique ni d'un langage SMS qui est proposé. Que chacun s'en fasse une idée.
Il semble que les mentalités évoluent :
- Petit à petit, les traitements de texte proposent des dictionnaires avec la nouvelle orthographe
- Le monde enseignant semble décider à bouger
- Même le fameux Grévisse, dans sa treizième édition intègre ces recommandations
A partir de maintenant, j'écrirai donc avec cette orthographe rectifiée. Je parie que peu verront la différence, mais peut-être ferai-je moins de fautes.
18:04 Publié dans Blog, Humeur, Société | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
15.05.2008
Attali pète les plombs
Depuis qu'il a fait sa grosse commission, Jacques Attali ne se retient plus. Son cervolcan crépite et bouillonne à plein gaz. Sa dernière émanation est un FART . Ce FART est un nouvel ensemble formé de la France, l'Allemagne, la Russie et la Turquie. Par rapport à l'Union Européenne, il n'est ni dedans, ni dehors. Peut-être derrière..
France, Allemagne, Russie, Turquie pour un nouveau bouquet. Tous les trois, nos anciens ennemis, nous affirme-t-il. Mais notre visionnaire connaît mieux l'avenir que son Histoire. Il a du oublié nos relations avec la Sublime Porte depuis François 1er au moins, et l'alliance russe toujours recherchée quand notre diplomatie est intelligente. O Delcassé !
Le FART est sensé équilibrer les puissances montantes comme la Chine, l'Inde et même l'Afrique. On ignorait jusqu'alors que l'Afrique était une puissance unifiée, ayant atteint le milliard d'habitants.
Jacques Attali voit loin, mais ça fait beaucoup de pétards mouillés lancés aux peuples qui mettront mille ans, dit-il avant de digérer l'entrée de la Turquie.
Attali voit le FART en facteur de paix tôt manié par son cerveau fécond. Mais pourquoi le FART dans cet ordre Jacques ? Avec le FRAT, tu lancerais une ode heureusement mieux inspirée, pour nos amis anglo-saxons. L'excellent chroniqueur Arthur Goldhammer n'a pas manqué de renifler derrière ce FART certaines effluves nauséabondes que tout anglophone repère plus naturellement que nous.
Une usine à gaz à lui tout seul, commente Arthur.
Et quand en plus elle ne produit que du vent..
21:25 Publié dans Actualités, Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
13.05.2008
Pauline au Buffalo Grill
"Bonjour, je m'appelle Pauline, pour votre service"
En déplacement client, les soirées sont souvent moroses. Je n'ai pas le goût de rechercher le bon petit restaurant. D'ailleurs, dîner seul est une corvée, qu'il faut bien remplir dans une fonction purement métabolique. Pour ça, rien ne vaut les chaînes de restaurant. C'est toujours pareil, on a son nombre de calories, et surtout on n'attend pas. Rien de pire que ces restaurants à la française où, une fois installé, les serveurs passent et repassent devant vous en faisant mine de ne pas vous voir. Au Buffalo, à peine assis, on vous amène une carafe d'eau et un bol de salade.
Pauline a les jambes trop maigres pour la petite jupe du Buffalo Grill. Elle a un vrai sourire et rien de commercial ni d'automatique dans ses paroles. Comme je réponds "Bonjour Pauline, je suis content que ce soit vous", elle se crispe tout de suite.
Pauline est serveuse au Buffalo Grill. Elle est trop maigre et le sourire se fatigue quand on l'appelle ainsi par son prénom. Trop de compliments vulgaires ne laissent pas de place au simple plaisir du remerciement. De toutes façons, Pauline n'a pas le temps de s'attarder à une table. La tenancière surveille. On la reconnait à ce qu'elle n'a pas l'uniforme. Car toutes ont ce chemisier rouge et cette courte jupe. Et toutes ne sont pas jolies comme Pauline, et toutes n'ont pas que des compliments.
Quant à moi, je cherche à croiser son regard à nouveau, essayant d'y faire passer un sourire qui ne soit que cela. Un sourire sans objet, ni pitié, ni moquerie ni désir et qui soit purement gratuit. Ca me semble facile et je n'ai rien à déguiser ; c'est exactement ce que je ressens et ce que je veux dire à Pauline. Elle, méfiante, détourne les yeux pour ne pas croiser les miens qui la suivent trop pour qu'elle n'en sente pas l'appel.
Mais il n'y aura rien de gratuit ce soir au Buffalo Grill de Chenove, aux abords de Dijon, et Pauline s'arrangera même pour ne pas avoir à présenter la note. Je paie.
14:39 Publié dans Exercices d'admiration, Humeur, Société | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note
09.05.2008
Quand Bobo-Psy commente l'affaire Fritzl
C'est dans Le Point et chez Karim Sarroub que l'inénarrable Jacques-Alain Miller, héritier du non moins inénarrable de Jacques Lacan, livre son analyse sur l'abominable affaire Fritzl.
Extraits de la péroraison de Diafoirus Miller:
"Le Point : Qu’est-ce qui peut conduire un individu à un tel degré de perversion ?
Jacques-Alain Miller : Une bonne éducation, à l’ancienne, de hautes vertus morales... Je m’explique. Par quels traits Das Inzest-Monster, comme l’appellent les Autrichiens, restera- t-il dans les annales cliniques et policières ? Vous pensez bien qu’il ne le devra pas au seul fait de l’inceste, pratique fort répandue, ni non plus au nombre de ses victimes. S’il est exceptionnel, c’est par la ténacité, la constance, l’endurance. Ce qui sort de l’ordinaire, c’est la régularité invariable d’un acte immonde, la méthode, la minutie et l’esprit de sérieux investis dans l’accomplissement solitaire d’un forfait unique s’étendant sur un quart de siècle. Pas une erreur, pas un faux pas, pas un acte manqué. Total quality. Ce sont là autant de qualités éminentes traditionnellement attribuées au caractère germanique. Mises au service de la science et de l’industrie, elles ont fait la réputation des pays de langue allemande. D’ailleurs, c’était un ingénieur en électricité, et il disait à sa femme qu’il descendait dans sa cave pour dessiner des plans de machines.
Si Gilles de Rais en France, Erzsebeth Bathory en Hongrie, grands féodaux des XVe et XVIe siècles, restent dans les mémoires, c’est au contraire pour le désordre de leur conduite, leurs viols et assassinats innombrables. L’Autrichien, petit notable provincial, lui aussi est un tyran, mais purement domestique. Il mène une existence parfaitement « popote », mais dédoublée. Il est fidèle à sa fille Elizabeth, unique objet de sa jouissance, dont il fait en quelque sorte une seconde épouse. Il lui donne sept enfants, le même nombre qu’à son épouse légitime. Il semble que l’on ne puisse lui reprocher ni avortement ni contraception : c’est un bon catholique. Il opère dans la plus grande discrétion, sa conduite n’est l’occasion d’aucun scandale, d’autant que cette seconde famille, il la fait vivre sous terre, dans des cagibis aveugles où l’on ne peut se tenir debout, à la Louis XI."
Comme l'affaire de Bruay en Artois en son temps, comme Marguerite Duras en extase ( coupable , forcément coupable ) à l'époque de l'affaire Grégory, le bobolandais psy se doit de délivrer sa vision.
Vie bourgeoise, éducation catholique, rigueur allemande : Kinder, Küche, Kirche sont les trois mamelles de l'abomination pour ne pas dire du nazisme. "La maison natale de Hitler est à une heure et demie d’Amstetten par la route, Mauthausen plus proche encore" remarque encore le pontife. On n'échappera pas non plus au fameux "père sévère" dans l'ignominie.
La psychanalalyse, qui garde son intérêt théorique, se meure des Trissotins qui l'incarnent. A force de haine d'une vie bourgeoise dont ils partagent en rougissant les avantages matériels, ils finissent par y voir la racine de pulsions qu'ils dominent par leur savoir quand d'autres y succomberaient de leur aliénation.
De Hitler lui-même, et Beria, en passant par Dutroux jusqu'à Fourniret, il ne manque pas d'exemples de vie de bohême associée à l'ignoble. On en trouvera autant derrière l'apparence d'une vie bien rangée, chez Goebbels jusquà ce Fritzl. Le Mal ne se laisse pas réduire à un mode de vie.
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