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26/06/2007

Le revolver à 7 coups

 

C'est Thibault qui m'envoie la balle sur 7 choses de moi que vous ignorez. Comme je n'ai jamais dit grand chose à ce propos, ça ne devrait pas être trop difficile.

  1. Pourquoi je n'ai rien écrit depuis 20 jours : Parce que j'ai vraiment trop de travail et puis des projets personnels à mener en ce moment
  2. Mais alors, tu abandonnes tes lecteurs !!!  Les statistisques n'ont jamais été aussi bonnes. Ce mois de juin sera mon meilleur mois de ce point de vue, sans que je n'écrive plus de deux billets. Est-ce bien fiable tout ça ? Comme dirait Audiard, ça me confirme que ce n'est pas parce qu'on n'a rien à dire qu'il faut fermer sa gueule. Et donc, inversement
  3. C'est quoi tes projets ? Si ça débouche, vous en saurez plus au mois de juillet. Et même si ça ne débouche pas
  4. Après 11 ans d'agriculture, ce n'était pas trop dur de changer de métier ? Sur ces 11 ans, j'ai eu des vaches laitières pendant plus de 4 ans. Sans doute plus de 1400 traites matin et soir sans aucun congé ni aucune aide. Et les vêlages au milieu de la nuit, et les réparations de moissonneuse-batteuse à 3h du matin. Non ce n'est pas si dur
  5. Qu'est ce qui te fait bouger dans la vie ? "N'étant jamais définitivement modelé, l'homme est receleur de son contraire" (René Char). Nous pouvons, et d'ailleurs, nous devons nous modeler, mais surement pas nous figer
  6. Qui admires-tu ? Kant pour la réflexion, de Gaulle pour l'action. Mais au dessus de tout ça des gens comme Jean-Claude Brialy pour leur générosité, leur discrétion, leur grâce et leur charme
  7. Une dernière révélation ? Ben, j'ai 52 ans. Ca fait plusieurs mois que je me reproche cette coquetterie particulièrement idiote de ne pas dire simplement mon âge. De peur de quoi d'ailleurs ? Voilà qui est fait. 

20:36 Publié dans Blog, Humeur | Lien permanent | Commentaires (2)

16/05/2007

Tu t'es encore ruiné au Casino !

medium_Bigarreau.jpgIl faut prendre tous ses jours de congés avant la fin Mai, sinon l'on perd ses droits et même une prime. J'ai donc passé ma journée en régularisation forcée. Pur paradoxe par rapport au slogan de Nicolas -Travailler plus pour gagner plus - Sarkozy, dont j'ai pu suivre l'intronisation. Cette première journée est à la hauteur de la France, et la cérémonie à la cascade du Bois de Boulogne restera dans nos mémoires.

Retour au quotidien. Et comme je suis là, ce sera mon tour d'aller faire les courses. Mon épouse a beau m'enjoindre de ne plus aller au Casino tellement on s'y ruine, je n'ai pas pu résister. Non, ce n'est pas le démon du jeu, mais en cette dernière journée où la paresse nous sera rétribuée, je ne pouvais  faire autrement que de célébrer le moindre effort, d'aller au plus proche, et donc à ce fameux Casino.

On n'est jamais déçu chez Casino. Admirez ces bigarreaux à 15,10€ le Kilo, et même à 17,24€ en barquette. Comme beaucoup de mari, je ne suis pas très doué pour repérer les prix, mais là, ça valait vraiment le coup d'une photo et même d'une petite note.

Il sont complètement cinglés ! Décidément,  rien ne va plus...

13/05/2007

Pourquoi je ne serai jamais Président de la République

En 1944, on demandait au Général De Gaulle ce qu'il pensait des résistants.  "Ils ont besoin de se reposer". A ses yeux leur héroïsme ne leur donnait aucun droit particulier à participer au nouveau pouvoir. Et surtout ils ne voulait rien leur devoir. Il était leur chef, ils lui devraient tout et lui ne leur devrait rien. Plus tard, il mettra Georges Pompidou en position de lui succéder, un Pompidou qui n'avait pourtant aucun état de service dans la Résistance.

De la même manière François Mitterrand ne récompensa jamais Claude Estier de sa longue fidélité. Il sut aussi surmonter son aversion personnelle pour nommer Michel Rocard à Matignon en 1988. C'est le signe d'un grand politique ou d'une grande indifférence aux sentiments - comme on voudra. On a vu aussi comment, au contraire, Jacques Chirac n'a jamais pu se résoudre à nommer Sarkozy Premier Ministre alors que toutes les circonstances politiques l'y incitaient.

C'est à lui maintenant d'être ingrat, et ce gouvernement resséré fera beaucoup de déçus. On dit même que Brice Hortefeux, un autre ami de 30 ans, pourrait ne pas en faire partie. Ils se sont dévoués pour leur candidat, depuis des mois et parfois des années. Ils pensent légitimement à un poste prestigieux qui leur permettra de faire, ou de paraître - comme vous voudrez. Ce peut être parfois de la cruauté, c'est aussi la nécessité politique, mais certains n'auront rien.

Par humanité ou par faiblesse - comme vous voudrez - je suis incapable de faire ces sacrifices. Je ne serai jamais Président de la République.

02/05/2007

Massacre à la tronçonneuse

Comme nous y venons régulièrement, les enfants l'appelent "La taille d'Alençon". Elle s'est répandue partout. C'est cette manie, que l'on a en France, de tailler les arbres au carré. C'est à croire que d'anciens coiffeurs de l'armée ont été embauchés par les municipalités : Vous me raserez tout ça et je ne veux pas voir un poil qui dépasse. 

medium_Photo036.jpg

 

medium_Taille.3.jpgmedium_Valframbert.jpg

 

Alençon est connue pour être la  capitale de la dentelle. C'est moins en finesse que l'on risque d'y organiser bientôt des concours de taille à la tronçonneuse. On s'acharne surtout contre les tilleuls et  les platanes. Amputés tous les ans, on ne leur laisse que des moignons qui finissent par enfler jusquà ces horribles verrues.

 

 

 

 

 

Heureusement quelques spécimens se cachent encore le long de routes moins exposées aux barbares.  Mais je ne vais sûrement pas vous dire où, de peur qu'un employé municipal ou même un motard ne vienne guillotiner  ces derniers sujets libres.

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19/04/2007

Qui sera le prochain président

Poursuivant ma brillante analyse des luttes de pouvoir en politique, et cette comparaison à qui fera pipi le plus haut, j'en apporte la preuve :

medium_Who_s_next_again.jpg

 

Pour les moins de quarante ans, Who's next, cet album de The Who succède au mièvre et surestimé Tommy.  Keith Moon, le batteur le plus cinglé de sa ggggggggeneration qui "prefer die before get old" était encore là. Plus pour longtemps : Boire à l'hectolitre, c'est pas pour les viocs.

Et ça déménage comme à Nougayork !

Dès le premier titre
Vous sentez le choc
Pas besoin d'sous-titres
C'est l'électrochoc


A Tommy, l'épître
C'était du plastoc
Finis les chichitres
Voilà du vrai rock !

Tant qu' à faire le pitre
Faut y aller à bloc :
On est pas des p'tites bites
On en a dans le frooooc !

Même dans le domaine du rock, les chefs d'oeuvre sont prémonitoires. Et donc "Who's next" contient ce monument "Won't get fooled again".

Est-ce que je traduis bien par "A qui le tour" ou "Qui sera le prochain" et "On se fera pas avoir une fois de plus" ? "Won't get fooled again" est ponctué par le cri le plus célèbre de l'histoire du rock et se termine comme ça :

"We don't get fooled again
Don't get fooled again
No, no!
Yeaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaah!
Meet the new boss
Same as the old boss"

 

 

Ah non ! Pas le même ! Allez, on y croit quand même...

Et une dernière pour la route ( vers l'isoloir ) :

Pas voix au chapitre ?
A vos bulletins de vote !!

17/04/2007

Ecologiquement incorrect

En Normandie, le vrai printemps n'existe pas. Cette fin d'hiver interminable, de bourrasques en averses, s'étire au mois de Mai jusqu'à la Saint Mamert, Saint Gervais et Saint Pancrace qui n'est là que pour faire la rime aux Saints de glace . Je ne crois pas avoir jamais connu cette Normandie telle qu'elle s'est offerte la semaine dernière. A l'occasion d'une visite familiale au Mont Saint-Michel, on traverse les paysages du bocage domfrontais. Vous voulez des images de cartes postales ? Et voici ce bocage de poiriers, cette poiraie, telle que j'ai pu l'admirer la semaine dernière.

medium_poiraie_moderne.JPG

 

Et la voilà en 1960, c'est une forêt.

medium_poiriers_anciens.JPG

 

C'était pareil en 1944. Chaque haie était un piège et un obstacle à franchir. On a oublié la dureté des combats de la bataille de Normandie dans ce milieu hostile. Le remembrement est passé par là. On n'y reviendra pas. Aucun engin mécanique n'est utilisable dans un environnement aussi touffu. Seule  une main d'oeuvre qui se compte en millions a pu en tirer partie.

La baie du Mont Saint-Michel est toujours ensablée, les travaux ne sont  pas commencés. Et si on laissait remonter le niveau de la mer ! 

medium_Mont_st_michel_aerial.jpg

Sacrilège de l'écologiquement correct ! Pourtant, je n'arrive pas à m'inquiéter. Ce doit être la faute de ce printemps de rêve. Quand on voit les scores de la pauvre Dominique Voynet, je ne dois pas être le seul à jouir en secret de ce réchauffement. Carpe diem ou plutôt carpe verem, avant ce cauchemar annoncé dont je ne peux pas  croire qu'il puisse naître des séductions d'avril.

Il paraît que les zones climatiques pourraient remonter de 500 km. De l'Anjou à l'Aquitaine je veux bien de ces climats en Normandie. Des précurseurs ont déjà anticipé notre nouvelle vocation viticole. Voici les Arpents du soleil , le premier vignoble du Calvados.

Au coeur de la Normandie, à proximité de St Pierre sur Dives, se situent les Arpents du Soleil. Un microclimat sec et chaud, un côteau orienté au Sud et un sol exceptionnel digne des plus grands crus expliquent leur succès. De l'époque médiévale à la fin du 18e siècle, déjà un vignoble y prospéra...Peu connues, ces cuvées ont cependant tapé dans l'oeil du Guide Hachette des Vins qui leur a accordé six sélections et dans l'oeil du jury du Challenge International du Vin de Bourg sur Gironde qui leur a décerné trois médailles de bronze."

Comme chacun le sait, ce n'est pas vraiment le premier vignoble, puisque la vigne était répandue dans toute la France avant que le phyloxéra l'eut anéanti. On ne replanta que dans les régions viticoles actuelles. A regarder les cadastres, on trouvera facilement des parcelles portant des noms de vigne. J'en connais une qui n'est pas orienté au Sud comme ces arpents du soleil, mais en plein Nord Ouest, sous les vents dominants. Il y a peu de chances que l'on puisse de nouveau en faire un vin digne des sélections du Guide Hachette.

Quoi qu'il arrive, la seule certitude est dans la bêtise éternelle de l'homme. Pour son Bouvard et Pécuchet, Flaubert un autre normand, aurait surement apprécié cette remarque entendue dans la bousculade des visiteurs montant vers l'abbaye.

" Y z'auraient pu faire des rues plus larges ". A quoi donc pensaient  ces moines bâtisseurs, je vous le demande ?

23:07 Publié dans Humeur, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Ecologie

02/04/2007

16 raisons de ne pas lire les programmes

  1. Parce que les programmes ne sont jamais appliqués
  2. Comme les programmes ne sont jamais appliqués, on en déduit que les candidats nous mentent 
  3. Ils mentent surtout en faisant croire que l'on peut chiffrer un programme à une échéance de 5 ans
  4. Prévoir à un an est une illusion, à 3 ans un mensonge, à 5 ans de l'incompétence
  5. Ces programmes à la virgule près font croire à un candidat omniscient, et omniprésent. Vous votez pour un être humain ou pour un demi-dieu ?
  6. Il y a un monde extérieur qui interagit avec la France
  7. Après l'élection présidentielle, il y aura d'autres élections aussi importantes
  8. Et puis aussi des revendications, des conflits, des négociations, des accords. La vie quoi ! 
  9. Ces programmes à la virgule près font croire à un candidat omnipotent. Vous votez pour un Président ou pour un dictateur ?
  10. Un candidat veut généraliser  l'utilisation des logiciels libres dans l'administration. De quoi je me mêle ?
  11. Un candidat veut confier la présidence de la commission des finances à l'opposition. C'est le Président qui décide de l'organisation de l'Assemblée ? De quoi je me mêle ?
  12. Les experts se partagent de la même manière que les électeurs lambda 
  13. Donc ils ne se prononcent pas en fonction de leur expertise
  14. Ou alors c'est que cette expertise n'est pas la bonne clé pour décider
  15. C'est donc à nous de choisir en fonction d'autres critères
  16. Ca tombe bien, c'est aussi le rôle du Président de décider entre les différents avis d'expert

Alors ça sert à rien tout ça ? De toutes façons, la politique est impuissante ? Le Président est du genre neutre ? Oui pour la grammaire, mais il y a quand même des pays qui s'en sortent mieux que d'autres, et c'est aussi grâce aux politiques qui y sont menées. Alors voter pour des programmes, d'accord, mais de voix claire. Les programmes seront oubliés dans six mois. Le Président sera encore là pour plusieurs années. Votez pour ses priorités et les directions qu'il propose. Votez pour lui et ce que vous pensez de sa lucidité, de son caractère et surtout de la confiance qu'il peut inspirer en France et à l'étranger.

14/03/2007

Les parkings votent Bayrou. Pas moi

Ah, ces déplacements en province. Les levers à 5h30 pour l'avion ou le train du matin et le retour tard quand les enfants dorment déjà.  Le plus dur de la journée c'est le parking. Encore engourdi à 7h du matin, arriver dans celui de la Gare du Nord et cette odeur d'urine mêlée au gaz d'échappement. Vous qui débarquez de l'Eurostar, Welcome in France. Hier j'étais en déplacement à Lille, TGV de 7h28. Quel miracle ! Dans le parking Vinci de la Gare du Nord, on diffuse des enregistrements d'oiseaux. Voilà qui me rappelle ce disque 45 tours de mon enfance qui nous faisait passer une journée avec leurs chants, depuis l'alouette du matin jusqu'au rossignol du soir. L'aigle trompette, l'alouette turlute et la cigogne craquette. Le commentaire un peu pédant de ce vieux disque me revient pendant que je traverse le parking. Autre miracle, l'odeur a disparu et ça sent  le printemps. C'est la campagne idéalisée telle qu'on nous la diffuse, que l'on entend et que l'on sent dans les parkings de la Gare du Nord. 

De retour le soir, c'est la queue habituelle ! Seule la caisse du milieu fonctionne et permet de payer son tribut, 22 Euros  la journée. Dans le parking, les mêmes chants vous  accueillent. L'enregistrement a dû tourner en boucle toute la journée pour saluer ce printemps précoce. Soudain, couvrant les oiseaux : ding dong, les cloches du village. Le message, est là, évident, c'est la force tranquille qui revient encore dans cette campagne. Même les parkings votent pour lui. Ce paysage bucolique, ce clocher, cet homme enraciné dans sa terre, le plus rural de nos candidats, aujourd'hui c'est Bayrou évidemment. Je l'annonçais déjà le 15 décembre !!  il a le meilleur slogan  "Nombreux sont ceux qui disent : nous aimons la France de toutes nos forces. Aujourd'hui elle a besoin de toutes nos forces"

Jacques Chirac, qui garde son sens politique, a bien senti le vent et réussit son meilleur discours en nous avouant, enfin, son amour. Les autres candidats ont également suivi mes conseils, ils ont laissé tomber la "rupture tranquille" et "l'ordre juste" . Mais il leur manque encore ce côté terrien qui va faire la différence cette année. Sarkozy a bien tenté un recentrage. Après avoir avoué qu'il ne buvait jamais de vin, il s'est mis à plafonner dans les sondages. Du coup il a tenté le Sancerre, mais il le supporte  mal et commence à dire beaucoup de bêtises. Ségolène Royal qui a pourtant des références, n'exploite pas son long combat en faveur du chabichou.  Et c'est François Bayrou - le seul candidat qui sait conduire un tracteur - (avec José Bové sans doute ) qui devient le chouchou des sondages et des commentateurs. Une fois de plus les Français auront déjoué les pronostics en le plaçant en position d'être au second tour.

Je déteste ce faux bon sens, toujours qualifié de paysan. Bayrou parle beaucoup de la dette. La dette est une contrainte, ce n'est pas un programme. Bayrou ne fait pas de promesses, "qui nous ont fait tant de mal", il nous dit des contes de fées. C'est l'alliance de l'épée et du bouclier. On prend le meilleur de chaque camp, et miraculeusement tout le monde s'entend pour se rassembler sous sa houlette. "Si je suis élu président de la République, le peuple français aura donné un mandat impératif aux forces politiques du pays"  affirme-t-il. François Bayrou se trompe d'élection, on ne vote pas pour les forces politiques du pays, on vote pour un candidat. La parcours de celui-là ne plaide pas pour ses qualités d'écoute. Bayrou est le seul "rassembleur" qui ait  vidé son parti. N'y restent plus que ceux  veulent bien se dévouer au service exclusif de son ambition personnelle. Comment nous faire croire qu'en un mois, ce parti vide se transformera en un parti de gouvernement. Une base de 29 députés ne devient pas une majorité. Bayrou devra cohabiter avec le vainqueur des élections législatives qui serait probablement le Parti Socialiste. Voter Bayrou, c'est l'immobilisme assuré qui fut sa politique au ministère de l'Education nationale. C'est un non-choix et c'est repousser pour 5 ans de plus les réformes nécessaires à ce pays. Je ne voterai pas pour lui. 

08/03/2007

Another brick in the wall

medium_MurBerlin.2.jpg

On a fêté le bicentenaire de la Révolution à Berlin en novembre 1989. Ce jour-là tombait un des murs de la honte.

C'est devenu une référence et une expression toute faite : depuis-la-chute-du-mur-de-Berlin, le monde a changé nous dit-on. Les murs du XXème siècle enfermaient les populations pour les empêcher de sortir. Ceux du XXIème sont bâtis pour les empêcher de rentrer. Le régime de  Corée du Nord franchit les siècles. Ce malheureux peuple est enfermé depuis 50 ans, et maintenant ce sont les Chinois qui se protègent pour qu'ils ne puissent pas entrer si jamais ils avaient réussi à fuir.

Le mur de Berlin est tombé, on le reconstruit à Jérusalem, et d'autres encore :

- Le mur entre le Mexique et les Etats-Unis
- Entre l'Inde et le Pakistan
- Une barrière de 8,5 milliards de dollars entre l'Arabie Saoudite et  le Yémen

Et il y a ceux qui restent debout :

- Des barbelés dans le désert entre le Maroc et le Sahara Occidental
- Un autre mur de la honte en Europe à Chypre sépare les Grecs et les Turcs

Quand on ne sait plus quoi faire, on construit un mur. Le prochain sera surement à Bagdad. Quand les Américains partiront, ils laisseront un monument. Ce sera un mur pour séparer les sunnites et les chiites. Il faut faire confiance à la technologie pour régler les problèmes. Ce sera un mur moderne, avec des caméras qui enregistreront tout, des détecteurs de mouvement, des puces RFID.

medium_Mur_Belfast.jpg

 

Un mur ça sert à séparer des supporters de football. En rugby, on n'en a pas besoin, et c'est pour ça que le rugby est mieux.  D'ailleurs il n'y a qu'une seule équipe de rugby pour toute l'Irlande alors qu'il y a deux équipes de foot pour l'Eire et l'Irlande du Nord. Donc à Belfast, il reste un mur pour séparer les catholiques et les protestants. On aimera le foot le jour où il tombera.

Le plus vieux mur du monde est la grande muraille de Chine. Grâce à lui, ça fait 2500 ans que les extra-terrestres qui nous observent de loin savent que nous aimons nous cloisonner. 

 

 

medium_mur_lamentations.8.jpgA Jerusalem il y a deux murs. Le très vieux Mur des Lamentations qui n'était pas un mur de séparation, mais les fondations du temple d'Hérode. Comme c'est un vieux mur, il est construit avec des blocs de pierre. Ca permet d'y laisser ses voeux avec des petits papiers que l'on glisse dans les fentes entre les antiques blocs. Malgré son nom, c'est un mur d'espoir. 

 Les nouveaux murs sont montés avec des plaques de béton. On ne peut plus y glisser des voeux de paix, alors on tagge des slogans de haine. Pour les décorer, on les surmonte d'une frise en fil de fer barbelé.

"La vérité exprimée sans compromis  a toujours des bords déchiquetés."

 

 

 

 

13/02/2007

Spéciale St Valentin

C'est donc par hasard, en me promenant sur Internet, que j'ai découvert ce mot : la sérendipité. Et ma découverte est assez récente puisqu'elle est contemporaine du tohu-bohu provoqué par la bravitude. Entre parenthèses, je continue à m'étonner du flot de commentaires sarcastiques provoqué par cette création plutôt bienvenue. Alors que ce mot connaît l'infortune que l'on sait, la sérendipité n'est pas discutée. On sait qu'Internet est devenu un champ privilégié d'intervention de nouveaux pions qui écument les commentaires de leurs corrections grammaticales. Comment un mot aussi monstrueux a-t-il pu déjouer la surveillance de ces ayatollahs de l'orthographe ?

C'est sans doute que le charme de sa signification rattrape la laideur du mot. Wikipedia, qui sait tout, donne cette définition. La sérendipité est :

"la qualité qui consiste à chercher quelque chose et, ayant trouvé autre chose à suite d'un concours malheureux de circonstances, à reconnaître immédiatemment que ce qu'on a trouvé a plus d'importance que ce qu'on cherchait et à abandonner son ancien objet de recherche pour se consacrer au nouveau ».

L'île de Sri Lanka que l'on appelait Ceylan se nomme aussi Serendip. Toute l'histoire vient de là, et d'un chameau malchanceux au point d'être édenté, borgne et boiteux. Trois princes de Serendip donnèrent ces détails grâce aux indices qu'avait laissé l'animal perdu par son chamelier, et qui permirent de le retrouver. Une fois rapportée en Europe, cette histoire devient le symbole d'un certain talent d'observation, puis de la découverte par hasard de résultats que l'on ne cherchait pas. Wikipedia propose des adjectifs correspondants : "En français, on pourrait avoir « sérendipiteux » (une découverte sérendipiteuse), « sérendipitant » (proposé par Jean-Michel Briet) et « sérendipien » (une démarche sérendipienne )." On voit bien qu'une découverte sérendipiteuse serait déconsidérée par son suffixe, et qu'une démarche sérendipienne a des consonnances oedipiennes suspectes. Sérendipitant sera sauvé ; il tombe bien dans la bouche et il rappelle du crépitant ou du palpitant.

Comme vous pouvez le deviner, ma science est récente et je vous laisse découvrir par sérenpidité sérendipité plus de détails. Je ne résiste quand même pas à vous faire partager ma plus belle découverte : La Serendip Attitude  : "En entreprise, l'exploitation de ces accidents nécessite, pour reprendre le mot de Pasteur, des esprits préparés. C'est ce que nous appellerons la Serendip Attitude" . Par là même, nous voilà très proche de la positive attitude, et nous retrouvons notre bravitude.

D'après toutes mes recherches, la sérendipité ne concerne que les découvertes scientifiques.  Suivant une autre définition, "la sérendipité est effective à partir du moment où, cherchant quelque chose et ayant trouvé autre chose, on reconnaît que ce qu’on a trouvé est plus intéressant ou a plus d’importance que ce qu’on cherchait". On ne dit pas ce que devient ce que l'on cherchait et que l'on n'a toujours pas trouvé. Il faudra sans doute le retrouver en cherchant encore autre chose qui n'a rien à voir.

 J'aimerais étendre cette définition en revendiquant un autre aspect de la sérendipité : Si l'on ne cherche rien, que l'on trouve quand même, et que l'on part blasé  pour revenir heureux. Un certain 31 décembre 1993, je n'attendais rien et je ne cherchais pas. A 10h30 du soir, j'hésitais encore entre une soirée glauque et solitaire et un réveillon stupide et  mondain. L'avantage d'un 31 décembre est qu'il faut bien se décider si l'on veut arriver avant minuit. J'arrivais donc à minuit moins le quart, bien décidé à ne rester que le temps d'un minimum syndical et grognon. C'est à minuit pile que je l'embrassais. Vous avez deviné la suite, puisqu'à 5 heures du matin, nous savions que nous nous marierions. Voilà une belle histoire d'amour de la collection rose mais qui dure encore. Elle est quand même plus séduisante que cette histoire de chameau borgne. Nous la devons à Horace Walpole qui a lancé la vogue du roman noir. Il n'y a vraiment que des anglais pour rapporter un terme aussi laid et une histoire aussi bête. Je me félicite encore aujourd'hui de ne l'avoir pas connue ni donc racontée. J'aurais ruiné toutes mes chances, et c'est piteux comme dépité que j'aurais terminé ce réveillon.

Il faut que la langue vive avec ses mots. La sérendipité anglaise du chameau borgne ne sert qu'à décrire des inventions scientifiques inopinées. Une de mes préférées est  "L'effet anti-cancer du Macrogol  découvert par Denis Corpet en étudiant l'effet promoteur des charcuteries sur les tumeurs colorectales." Mais, pour une fête de Saint Valentin ça ne fait pas rêver. Je propose donc de ranger parmi les phénomènes de sérendipité le coup de foudre et tous les jeux de l'amour et du hasard. Le marivaudage est sérendipitant. Qu'on se le dise !

Bonne fête à tous les amoureux ! Bonne fête ma chérie !

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22/01/2007

Je ne comprends rien à l'économie

Va-t-on vers le plein emploi, demande Le Monde à Louis Chauvel, chercheur associé à l'OFCE (Observatoire Français des Conjonctures Economiques) et Professeur à Sciences-Po. Voici sa réponse :

"En Italie, en Espagne, en Allemagne, l'espoir du retour au plein-emploi vient de ce que les jeunes sont 40 % moins nombreux qu'en France. Cela change les choses. En France, la difficulté, c'est que nous avons une "bonne" démographie. En revanche, nous avons une croissance particulièrement faible depuis pas mal de décennies.

Pire : en France, nous savons très bien produire beaucoup de choses avec peu de monde. La France a l'une des productivités horaires les plus fortes du monde"

Une croissance faible, j'arrive à comprendre. Une bonne démographie et une forte productivité, j'ai plus de mal. Evidemment, pour combattre le chômage, il suffit qu'il y ait moins de jeunes. Moins de jeunes = moins de jeunes au chômage, c'est mathématique, et si en plus ils sont deux pour un, le problème est réglé.

Vivement 2020, que les élèves de Monsieur Chauvel à Sciences-Po deviennent ministres !

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10/01/2007

Pour répondre aux juristes

PetitJuriste et Versac ne comprennent pas ma note d'hier. En voici donc une explication :

Question de méthodes

  1. Je ne conteste pas à Monsieur Rolin ou à quiconque le droit de discuter un projet de loi. Les éclairages techniques des juristes sont toujours les bienvenus.

  2. Je conteste la méthode et surtout la source du document, qui n'est pas authentifiée. L'avant projet de loi  sur lequel a travaillé  Monsieur Rolin le 6 janvier est un lien vers son blog. S'il s'agissait d'un texte dont la provenance est légitime, qu'il nous en indique la vraie source. On ne l'a pas, il s'agit donc évidemment d'une fuite. Outre l'auteur de la fuite, Monsieur Rolin est doublement condamnable : Travaillant sur un texte non authentifié et illégalement publié, sa méthode est scientifiquement nulle, politiquement et juridiquement contestable.
                   
  3. Dans une note du 3 janvier,  Monsieur Rolin est  "fasciné par le phénomène d’emballement que l’on qualifiera, faute de mieux, de « politico-médiatique »". Dans son désir de scoop, il succombe lui-même à ce phénomène d'emballement. La démocratie est-elle mise en danger par ce projet de loi, qu'il faille utiliser des méthodes aussi contestables et une précipitation aussi imprudente ? Je pense quant à moi, qu'elle se porterait mieux si l'on vérifiait ses sources et que les fonctionnaires chargés d'élaborer la loi ( l'auteur de la fuite, par exemple ) observaient leur devoir de réserve.

  4. La meilleure preuve en est qu'une nouvelle note, aujourd'hui 10 janvier 2007, commente une autre version du projet de loi. La source est cette fois-ci précisée ici. C'est encore une fois une source non officielle, et l'on n'est toujours pas assuré que l'on commente le véritable texte.

  5. Ne pas se laisser emballer consisterait à attendre une version définitive et authentifiée du texte, avant de la commenter et d'éclairer les non-spécialistes que nous sommes.

 

Question de fond

Aborder la question du logement par la gestion de l'échec, du juridique et donc des conflits est une vision défaitiste. Je persiste  à espérer et donc à encourager une politique qui fasse de l'accessibilité au logement, une priorité nationale. Quelques pistes ont déjà été évoquées : "Accélération des cessions foncières de l'État ; simplification des procédures administratives ; plans locaux d'urbanisme favorables à la densification ; exonérations fiscales ; limitation des recours abusifs ... Pour résoudre la crise du logement, il faut d'abord construire !" La question de l'opposabilité n'est donc qu'un outil qui doit forcer la puissance publique à prendre les moyens de cette politique. Sur cette question de fond, j'admets que l'on ait une vision plus prudente si ce n'est soupçonneuse. Elle est largement diffusée dans la presse et dans les blogs qui ne manquent pas de recenser les très nombreuses promesses non tenues.

Il y a un droit à l'éducation, on sait construire des écoles. Il y a un droit aux soins, on sait construire des hôpitaux. Sans aveuglement, mais avec une réelle conviction, je persiste à faire confiance à notre capacité à construire aussi des logements. C'est mon côté Don Quichotte.

09/01/2007

Droit au logement : Ceux qui préfèrent la démolition nocturne ...

Il y en a qui dorment dans les tentes, et d'autres qui veillent jusqu'au petit matin.

Monsieur Frédéric Rolin, professeur de droit public,  fait partie de ceux-là. Il a  travaillé toute la nuit du 6 janvier pour nous livrer son diagnostic à 4h55 du matin. Il publie sur son blog une série de 3 "scoops" concernant le droit au logement opposable. Ses commentateurs dociles admirent son dévouement nocturne à la chose publique.

C'est qu'il s'agit d'être le premier à démolir le projet. Le projet, dites-vous, n'est pas sorti, il n'a pas été discuté ni voté. Quand on est professeur de droit public, on ne s'embarasse pas de ce genre de détails. Peu importe la source, non authentifiée, du document que l'on commente, peu importe le Conseil d'état, peu importe le débat et le vote de l'Assemblée.  A situation d'urgence, il s'agit de démolir d'urgence. 

"Dussé-je y passer la nuit, j'en entreprends l'analyse, et la publie dans une note qui suivra celle là, mais je peux d'ores et déjà livrer un second scoop à mes lecteurs : ce projet est très en retrait sur ce qu'on pouvait envisager, et je pense qu'il ne remplira pas les objectifs qu'on en escompte. "

et donc à l'issue de cette nuit fiévreuse:

"Pour toutes ces raisons, il apparaît que la version actuelle de l’avant projet de loi est très critiquable et même en demeurant sur une logique stricte de juriste, je dois dire que je le considère comme très probablement inefficace voire doté s’un simple effet cosmétique."

"Plutôt que ce texte cosmétique, il vaut mieux encore ne rien faire, ce serait plus honnête."

Ne rien faire serait plus honnête. Que n'avez vous suivi vos propres préceptes lors de cette nuit !

...feraient mieux de se reposer

Heureusement, Monsieur Frédéric Rolin est aussi un honnête homme, et après un peu de repos, il rectifie sagement son point de vue dans son troisième scoop avec  cette mise à jour du 8 janvier :

maj 08/01/2007 :

"Toutefois, si le plan d'urgence qui a été adopté donne effectivement des moyens pour les problèmes du court terme, on ne peut que demeurer très prudent, conformément aux éléments d'analyse juridique donnés plus haut, sur l'existence d'un droit au logement renforcé.

 Comme le souligne l'association, (NDLR : Les Enfants de Don Quichotte) elle n'est pas constituée de "techniciens", et il conviendra donc qu'au cours de la procédure parlementaire, les associations et les élus concourent à ce processus d'amélioration du texte. "

 

07/01/2007

Les " droits de " et les " droits à "

Ainsi, d'après les bigots du libéralisme, il y a les vrais droits qui sont les " droits de " et les faux qui sont les " droits à " :

"Les droits-libertés sont des droits contre l’Etat, des « droits de ». Les droits-créances sont d’une tout autre nature. Ils sont opposables à l’Etat dans le sens où chaque individu ou groupe peut légalement attendre de l’Etat une prestation particulière : un travail, un logement, une retraite, un environnement sain, etc. Les droits-créances sont des droits par l’Etat, des « droits à »."

Tout comme le droit au logement, le droit à un air pur est un faux droit.  Nos amis libéraux ont pris la relève de leurs anciens congénères marxistes. Ils ne voient le monde qu'à travers les textes de leur Loi. Pas de droit au logement ni à un environnement sain chez John Locke. Malgré son génie il n'avait pas anticipé le problème. Il n'existe donc pas. Nous pouvons continuer à polluer en paix. Que faire alors ?

Je propose de changer de préposition et dans une pirouette syntaxique de transformer mon faux droit à un environnement sain en un vrai ( ouf ! ) droit de respirer.

La société de défiance

Dans cette affaire du droit au logement, du blog de Maître Eolas à  un média plus ancien comme le  Figaro, on retrouve le même état d'esprit et la même méfiance. Prenons cet article de M. Jérome Dubus : Le droit au logement opposable, cette fausse bonne idée :

Voilà un article construit  comme le "dialogue social" à la SNCF. On commence par faire grève, on discute après. D'abord le conflit, ensuite la négociation. M. Jérome Dubus nous détaille sur trois colonnes les différents types de conflits qui ne manqueront pas de se déclencher. Il faut arriver à la fin de cet article pour arriver aux bonnes idées

"Accélération des cessions foncières de l'État ; simplification des procédures administratives ; plans locaux d'urbanisme favorables à la densification ; exonérations fiscales ; limitation des recours abusifs : voilà quelques pistes que le prochain gouvernement devra traduire rapidement dans les actes... Pour résoudre la crise du logement, il faut d'abord construire !"

Dans mon euphorie de nouvelle année, il me semblait que l'annonce de ce droit était le signe fort que l'on prenait le problème dans le bon sens. Par exemple, les propositions de M. Dubus deviendraient des priorités que l'on associerait aux moyens adéquats.

Le droit au logement opposable crée une obligation de résultat. Professionnellement, je vis dans un monde de client-fournisseur où un engagement de résultat n'est sérieux que s'il est assorti de pénalités.  L'objectif est que les résultats soient atteints et que l'on n'aille pas jusqu'au conflit. Les pénalités sont là  pour rassurer le client par rapport au sérieux de cet engagement et des moyens qui lui sont affectés. Je sais bien que que cette relation commerciale ne peut pas être complètement comparé à un problème social. On préférera sans doute parler de contrat. Ca ne me paraît pas si éloigné du sujet qui nous préoccupe où l'on espère que, par hypothèse, les deux parties sont de bonne foi et ont un intérêt commun à atteindre l'objectif.

Dans toute cette discussion, on suppose au contraire, que par avance, les deux parties sont de mauvaise foi. Le législateur serait ainsi en train de préparer une loi qui le contraint, en prévoyant à l'avance tous les moyens lui permettant d'y échapper. Les futurs plaignants, quant à eux, ne chercheraient qu'à contourner la loi pour se loger gratuitement aux frais du contribuable.

La même tare et le même virus mortel ronge le syndicaliste passéiste arc-bouté sur ses avantages acquis, comme le  libéral qui rêve d'un avenir à l'anglo-saxonne pour notre pays, c'est la défiance et le modèle perdant-perdant dans lequel nous vivons depuis 25 ans.

Décidément le facteur immatériel est bien la source, la condition et l'avenir de notre prospérité. Dans son livre magistral, Alain Peyrefitte a montré comment l'établissement de la société de confiance était à la source du développement des sociétés modernes.  Le retour à la confiance mutuelle, c'est bien l'enjeu actuel. La classe politique a d'énormes responsabilités dans cette affaire, mais nous aussi.

03/01/2007

L'homme de l'année c'est Don Quichotte

medium_don_quichotte.jpgIl y a des moments où tout bascule dans ce pays que l'on croit momifié. En quelques semaines, le droit au logement opposable va devenir une réalité. Tous les candidats et le Président de la République en sont d'accord, et l'on peut s'attendre à un vote à l'unanimité à l'Assemblée Nationale. Voilà qui démarre en beauté cette nouvelle année.

Je ne vais pas faire un procès trop facile aux hommes politiques pour leur reprocher de prendre enfin à bras le corps le problème des mal ou non-logés. Comme beaucoup, je passe à côté des SDF sans leur prêter plus d'attention. De temps en temps on en parle, on lève les bras au ciel, puis on passe à autre chose. Sauf quelques associations, c'est bien toute la société française qui s'est résigné à ce scandale. La classe politique est plutôt en avance, élection oblige peut-être, et puis tant mieux si c'est l'occasion d'avancer.

Le droit au logement a été constamment réaffirmé depuis au moins 25 ans. Voir l'entrée dans Wikipedia et surtout le rapport de novembre 2003 :

"C’est d’abord la loi “ Quilliot ” du 22 juin 1982 qui a proclamé que “ Le droit à l’habitat
est un droit fondamental ”. Puis, la loi “ Mermaz ” du 6 juillet 1989, établissait que “ Le
droit au logement est un droit fondamental ”.
Le droit au logement constituera ensuite l’objet même de la loi “ Besson ” du 31 mai
1990, qui définira les moyens de sa mise en oeuvre"

On sait que le législateur adore proclamer les grands principes, multiplier les lois sans se soucier de leur application et de leur résultat. Un droit opposable permet au plaignant de faire condamner toute autorité publique qui ne respecte pas la loi. C'est bien la différence entre une obligation de moyens qui relève de l'incantation et une obligation de résultats qui se constate et se sanctionne. Quoi que l'on pense des hommes politiques, ils se donnent volontairement les outils et les contraintes qui les forceront à respecter ce droit. Le droit opposable, ça marche. Il existe déjà le droit à l'éducation et le droit aux soins médicaux. On peut discuter de la qualité de l'éducation nationale ou du système de soins. Personne ne discute que ces droits existent et qu'ils ont marqué des progrès réels et mesurables

Quelques libéraux bornés distinguent deux catégories de droits :

" les vrais et les faux. Les vrais droits de l’homme, ce sont les droits-libertés : liberté, propriété, résistance à l’oppression, etc.. Ce sont ceux qui ont été déclarés à partir du XIIème siècle dans les grands textes anglais, puis à la fin du XVIIIème siècle en Amérique et en France. Les faest 'ux droits de l’homme, ce sont les

droits-créances : droit au travail, au logement, aux prestations sociales, à un environnement sain, etc.. Ce sont ceux qui ont été inventés en permanence depuis plus de deux siècles dans les textes à caractère socialiste."

Le droit au logement est donc un faux droit puisqu'il est classé socialo-communiste, comme les autres droits-créances dont l'éducation et les soins médicaux. L'auteur n'ose pourtant pas citer ceux-ci. Laissons donc plusieurs centaines de milliers de mal-logés à leur vrai droit : coucher sur le trotoir ou dans des logements insalubres.

Changer le monde avec 3000 Euros

Les six membres de la famille Legrand auraient investi 3000 Euros dans l'achat de leurs tentes. Les associations plus anciennes ont salué avec élégance l'action de ces ouvriers de la onzième heure. Quand nous les détournions, ils ont su garder leurs yeux ouverts et monter leur opération avec un savoir-faire médiatique impressionnant.

medium_time_you.6.jpg

 

D'après Time Magazine, l'homme de l'année, c'est YOU : Toi et moi. Pour mieux se fairemedium_new_collage_time_quichotte.3.jpg comprendre, la couverture du magazine est constituée d’une surface métallique réfléchissante.  En la regardant, on voit son image. J'aime bien les blogs, mais je déteste leur côté narcissique. On peut dire que Time a bien illustré cette ambiguité. Mais pour moi, l'homme de l'année qui commence c'est Don Quichotte.

 

 

 

 

 

 



 

23/12/2006

La faillite de l'enseignement supérieur

Dans ce même rapport “L’économie de l’immatériel - La croissance de demain” (.pdf), dont j'ai parlé dans mon précédent billet , on trouve une analyse terrible de l'état de notre système d'enseignement supérieur. La qualité de cet enseignement est bien sûr capital pour notre réussite et notre croissance au sein de cette économie.  

En voici quelques constats

"La France a atteint le seuil à partir duquel l’enseignement supérieur s’impose comme un vecteur essentiel
de croissance vers la fin des années 70..

Alors que la France atteignait le niveau de développement qui rendait
l’investissement dans l’enseignement supérieur économiquement plus nécessaire que celui dans le primaire
et le secondaire, le choix a en effet été fait de maintenir l’accent sur ces deux derniers secteurs, qui ont connu
une augmentation de la dépense annuelle par élève largement supérieure (+95 % pour le primaire et +74 % pour
le secondaire, contre +22 % pour le supérieur40).

Le système d’enseignement supérieur français :
• accueille moins d’étudiants (en pourcentage d'une classe d'âge)  que le système universitaire américain, alors qu’il est largement gratuit ;
• produit en moyenne davantage de non-diplômés alors que les étudiants français travaillent moins
que leurs collègues américains ou européens pour financer leurs études ;
• est l’un des moins visibles, deux établissements d’enseignement supérieur français seulement
figurant dans le classement des 100 premières universités mondiales réalisé par l’université de Shanghai."

D'où l'une des recommandantions du rapport:

"RECOMMANDATION N°54 : Accroître l’effort en matière d’enseignement supérieur de 0,5 point de PIB, soit
environ 8,5 Md €, en en réservant le bénéfice à des actions de promotion de nouvelles filières, de restructuration
du système d’enseignement supérieur et de promotion de l’excellence."

Depuis 30 ans, on a  systématiquement poursuivi une politique dont chacun sait qu'elle est à contre-sens ( en particulier pour la répartition de l'effort financier entre le primaire, le secondaire et le supérieur). Tous les responsables de bonne foi le reconnaissent, et pourtant rien ne change. Dans un autre contexte, Jean-François Revel aurait parlé de connaissance inutile. Mais ici il ne s'agit pas de controverse entre l'information et sa falsification qui l'emporterait sur la vérité. Malgré les efforts de quelques uns pour nous faire croire que tout va bien, chacun sait que la qualité de notre enseignement se dégrade d'année en année.

En fait cette question de l'enseignement illustre parfaitement l'économie de l'immatériel. Celle-ci est faite d'excellence dans l'exécution des processus. L'exemple français le montre depuis 30 ans, il ne sert à rien de posséder les données et d'avoir le bon diagnostic si l'on n'a pas la volonté et surtout la capacité d'exécuter et de faire accepter les réformes qui s'imposent.

Accroître l'effort de 0,5 point de PIB, pourquoi pas ? C'est certainement nécessaire, en supposant que l'on puisse trouver les ressources budgétaires. On constate aussi que les augmentations massives de dépense dans l'enseignement primaire et secondaire n'ont pas eu de résultats miraculeux. Il ne suffit pas d'allouer des ressources supplémentaires, c'est relativement facile, il faudra aussi avoir le courage et l'habileté  pour faire accepter les réorganisations nécessaires qui sont également bien connues (voir pages 156 et suivantes du même rapport)

La politique, comme l'économie de l'immatériel est un art tout d'exécution.

 

Petit message personnel : Relâche pour ce blog jusqu'au début 2007.

Joyeux Noël et bonne année à tous,

René 

22/12/2006

Economie de l'immatériel : On cherche une méthode

 

C'est avec des sentiments mitigés que je viens de terminer la lecture du rapport “L’économie de l’immatériel - La croissance de demain” (.pdf) . Le sujet est d'importance et mérite d'y passer un peu de temps. Et pourtant, en arrivant à la fin de cette lecture, je ne suis pas sûr d'avoir les idées beaucoup plus claires sur le sujet.

Beaucoup de points de vue sont étudiés, et 68 recommandations sont formulées, dont certaines paraissent tout à fait pertinentes. En revanche, on est constamment gêné par une absence de définition claire de cette économie de l'immatériel. D'après le rapport, c'est « une économie qui n'a pas de fondement physique mais qui place les capacités intellectuelles au coeur de la création de valeur. Désormais, c'est notre capacité à créer, à innover, à inventer qui va devenir notre principal critère de compétitivité et notre première source de croissance ». Ce secteur représenterait « environ 20% de la valeur ajoutée et 15% de l'emploi ». Peut-être, mais on ne saura jamais comment sont calculés ces chiffres et à partir de quelle classification et de quelle méthode.

Par ailleurs, les exemples pris concernant la gestion du patrimoine immatériel paraissent tout à fait incohérents avec le sujet. J'ai du mal à comprendre en quoi la gestion des fréquences hertziennes, ainsi que les « droits à polluer » en millions de tonne de CO2 font partie de l' économie de l'immatériel. Que l'infrastructure en réseau hertzien fasse partie des conditions d'épanouissement de cette économie, tout le monde en conviendra, pour autant il s'agit bien de ressources physiques limitées, qu'il s'agit justement de réglementer pour en répartir la rareté.

Le rapport est donc consacré à un sujet mal défini et qui souffre d'une absence de méthode comptable reconnue par tous. La nature même de ces actifs les rend difficilement appréhensible, et les chapitres consacrés à la question des brevets montrent bien que ce système de protection et de valorisation des actifs immatériels est loin de couvrir tout le sujet.

Y a-il vraiment une innovation importante et brevetable qui expliquerait le succès de l'iPod ? A l'évidence, la valeur économique de toute la chaîne iPod est très largement due à un effet d'image et de marque, voire à la personnalité de Steve Jobs. Rien de tout cela n'est brevetable, et pourtant cela permet à Apple de tarifer ses produits nettement plus chers. Apple facture de l'immatériel.

La valeur de la marque est presque inestimable, dans tous les sens du terme. Une des pistes permettant de mesurer ce facteur immatériel serait de prendre en compte ce qu'en pense le marché. C'est ainsi que la capitalisation de Google est de 130 Milliards de dollars, alors que celle d'IBM est à peine supérieure avec 155 Milliards. Et cet exemple concerne deux sociétés particulièrement prospères puisque IBM affiche un bénéfice brut de 36 milliards, dix fois supérieur aux 3,5 milliards de Google. Malheureusement ces chiffres ne sont disponibles que pour les sociétés cotées en Bourse. On exclut donc tout le tissu des PME, qui sont souvent les plus innovantes par rapport à cette économie de l'immatériel. Il y a bien des critiques à faire en ce qui concerne la capitalisation boursière. En particulier, les effets de mode et de suivisme  paraissent fausser le jeu. Mais ne sont-ils pas aussi un reflet de cette valeur immatérielle et fluctuante que l'on recherche à estimer ? On aurait bien aimé, de toutes façons, que le rapport explore cette piste, pour illustrer et peut-être commencer à se donner des outils de mesure de l'immatériel. Le rapport est complètement muet sur ce sujet, tout comme sur l'ensemble des produits financiers dont l'impact est pourtant considérable et qui est une des clés du renouveau anglais.

Le problème de cette mesure n'est pas nouveau. En 2003 Michel Volle examinait la question. Dans cette page, il propose la définition suivante : « les produits immatériels, qu’ils soient incorporés à un bien ou à un service, sont ceux qui résultent d’un travail de conception ». Il est moins convaincant quand il affirme que la mesure de ce capital n'est pas plus difficile que la mesure du capital matériel.

Pour conclure provisoirement sur ce sujet, on pourra réfléchir au cas de Nike. Le rapport donne ces chiffres : « les coûts de production, au sens strict, des chaussures Nike ne représentent que 4 % du prix de vente total, le reste représentant la rémunération d’actifs immatériels tels que la marque, la recherche, les brevets et le savoir-faire de l’entreprise… » On est bien là au coeur du sujet. Cette chaussure n'est pas un objet ni un capital. C'est le processus dynamique qui va de la conception, à la distribution finale qui crée la valeur. Ce n'est pas le produit fini et inerte.

On ne sait pas, aujourd'hui, estimer a priori la valeur de ce processus, qui fait pourtant toute la différence entre une société ou un pays qui se développe et un autre qui stagne, ou qui décline. En ce sens, ce rapport manque son objectif. Il propose néanmoins quelques pistes d'amélioration qui, faute de relever d'une méthode, pointe les insuffisances de notre pays et devrait nous permettre de relever un peu la tête. Mais là, le diagnostic est connu depuis longtemps, la question est celle de l'action. Là aussi c'est le processus qui fait la différence.

Rendez-vous dans une prochaine note.

15/12/2006

Ordre juste et rupture tranquille : les robinets d'eau tiède

Ca y est, les deux "grands" candidats ont leur slogan, l'ordre juste ou la rupture tranquille. Pour ceux qui l'ignoreraient encore, cette association des contraires, est un oxymore. Jean Veronis nous instruit plaisamment, comme toujours, de la collocation , qui n'est pas une cohabitation entre ces deux candidats.

Oxymore ou collocation, chacun peut en juger. A vouloir ratisser large et concilier l'inconciliable, on fait couler l'eau tiède. Chacun des deux vaut mieux que ça. Et nous aussi.

medium_mitterand_force_tranquille.2.3.jpgDepuis "la force tranquille", Jacques Séguéla a réussi à faire croire à son génie avec une formule de ce genre. Michel Bongrand affirme que la force tranquille venait de ses équipes, mais que Giscard l'aurait refusée. Du coup, Séguéla qui avait ses informateurs, aurait récupéré le slogan et même l'affiche. Quand à Giscard, il proposait "Un président pour la France". Il avait du oublier que c'était lui le président, depuis 7 ans. On renvoya donc l'amnésique se soigner à la Bourboule.

Jacques Séguéla a donc bâti sa fortune et sa réputation de faiseur de président. On rêve de l'imiter. L'eau tiède coule à flot, les mauvais sujets de philo aussi : Changement et continuité, ordre et justice :

Sujet de Bacc:

Thèse : L'ordre est nécessaire pour éviter la violence (citer Goethe)
Antithèse : Mais l'injustice est aussi source de désordre (citer Camus)
Synthèse : Votez pour l'ordre juste de Ségolène Royal

A partir de cet exemple montrez comment on peut défendre la rupture tranquille de Nicolas Sarkozy.  Au secours !!

 

Bizarrement, c'est le centre, toujours accusé de vouloir ménager la chèvre et le chou, de concilier les contraires, qui a la meilleure formule :
"Nombreux sont ceux qui disent : nous aimons la France de toutes nos forces. Aujourd'hui elle a besoin de toutes nos forces"

La France de toutes nos forces : François Bayrou a déjà gagné la bataille des slogans.

24/11/2006

Vous m'en mettrez 400 pages!!

 

Nous venons de remettre notre réponse à un RFI (Request For Information). Le client a paru soulagé de la "relative" minceur de notre dossier qui ne fait que 130 pages. Un des soumissionnaires a fait une réponse de plus de 400 pages!!  Mauvais point dixit le client..., et ce n'est pas ça qui va l'aider.

Pourquoi s'obstine-t-on à croire que l'on va gagner un dossier au poids?

Vous m'en mettrez 400 pages!! Ca fait sérieux et montre qu'on a beaucoup travaillé. En fait, les décideurs ne lisent que le résumé, le fameux "exec summary". C'est ce résumé qui doit faire l'objet du plus de soin. Ce n'est pas toujours le cas car il doit être écrit à la fin, et tout le monde est fatigué.

Henri Kaufman me signale amicalement que mes billets sont un peu longs, sur ce blog. Il a sans doute raison. Du coup je m'arrête là pour celui-ci.

Bon week-end