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Itinérance commémorative

On ne sait pas quel est le vrai rapport d’Emmanuel Macron avec la France, avec son histoire. Tantôt, il en rappelle les grandes heures et célèbre ses héros. De très beaux discours ont été tenus en l’honneur du Colonel Beltrame ou pour la panthéonisation de Simone Veil. Tantôt il affirme péremptoirement qu’il n’y a pas de culture française, se complait dans la repentance anticolonialiste et va jusqu’à dire que la vraie France était à Vichy en 1942. Il croit peut-être méritoire de traiter l’histoire de France comme l’histoire de n’importe quel pays, avec détachement, objectivité et sans émotion. Il croit opportun d’y porter le regard désincarné de « ceux qui refusent de vibrer au souvenir du sacre de Reims ; ceux qui lisent sans émotion le récit de la fête de la Fédération. »

Voici le centenaire de la victoire de 1918 qu’il refuse de nommer et de célébrer en tant que victoire du peuple en armes et de ses chefs. On demande à l’ex vaincu son accord et sa participation aux cérémonies. Il aurait été sans doute possible de célébrer la victoire d’un peuple rassemblé dans l’épreuve sans avoir peur d’humilier l’ennemi de l’époque. Mais non, on va dénoncer l’absurdité de la guerre, l’inutilité des massacres, le suicide collectif.

Il reste l’hommage au courage de nos grands-parents, de leur ténacité, à la fraternité des tranchées. On peut au moins s’accorder là-dessus et l’on n’imagine personne qui ne souhaite s’y associer. Une semaine d’hommage pour les 1568 jours de guerre, ce n’est pas trop !

Eh bien si ! De quoi est-il question lors de cette itinérance mémorielle ? Des taxes à la pompe ! Du diesel, de l’essence et de transition écologique. Non pas que cette question soit mineure, et que la folie taxatrice du gouvernement n’envie rien à celle de ses prédécesseurs. Mais, pour une petite semaine, serait-ce trop demander qu’on se montre à la hauteur du sacrifice des poilus. Ce devrait être la semaine d’hommage à un million et demi de morts, plus de quatre millions de blessés, rien que du côté français. Et c’est la semaine des dix centimes de plus sur le litre de diesel.

Je ne sais pas qui est responsable de cette profanation. Serait-ce le Président Macron qui aurait voulu profiter de cette semaine pour se refaire une popularité, remonter dans les sondages en profitant de l’émotion du centenaire ? Serait-ce les Français, oublieux du sacrifice de leurs ancêtres, incapables d’oublier quelques instants leur portefeuille ? En tous cas, ce qui aurait dû être l’occasion de réfléchir à ce que peut être le patriotisme en 2018 s’est transformé en concours de récrimination, de demande d’exemption, et donc de concours de déduction, de taux bonifié, de montage fiscal. On croyait rendre hommage aux morts, on a pinaillé sur le prix de l’essence.

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