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Les jeunes filles en fleurs

Je relis la recherche. Après avoir redécouvert avec plaisir le côté de chez Swann, je me mets à l’ombre des jeunes filles. Pour l’instant, elles ne sont pas là, puisque je dîne avec le marquis de Norpois. Je note çà et là quelques remarques.

Celle-ci, par exemple, qui montre comment un homme comme ce Norpois compense son rang relativement modeste dans la hiérarchie nobiliaire par sa carrière dans la diplomatie. Alors qu’un duc de Guermantes n’a besoin que de naître pour se trouver dans le haut du panier, il faudra au Marquis de Norpois une fortune colossale ainsi qu’un certain talent dans sa fonction pour faire partie des gens qui comptent. On parle aussi du mariage de Swann avec Odette, qui lui a refermé bien des entrées dans les salons parisiens. Bizarrement, comme l’écrit Proust, c’est après sa mort qu’Odette et sa fille Gilberte pourront, elles, être reçues, alors même qu’elles n’ont plus le passeport Swann pour y être présentées.

Autre étrangeté, surtout aujourd’hui : le désir du narrateur d’aller voir la Berma dans Phèdre, le refus de son père, pour préserver sa santé fragile, pour finalement lui accorder ce plaisir. On imagine mal aujourd’hui un adolescent qui trépignerait d’impatience d’aller voir Phèdre à la comédie française. En tous cas, notre narrateur est déçu. Il y va, accompagné de sans grand-mère, cherchant désespérément dans l’interprétation de la Berma ce qui justifie sa renommée. Son père est surpris par sa réception alors que sa grand-mère rapportait comment il paraissait passionné, ouvrant béants ses yeux et ses oreilles pour ne rien rater de ce moment. Mais il était à la recherche de ce qu’il ne trouvait pas, de l’extraordinaire, non pas fasciné par l’émotion, encore moins transi de plaisir.

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