Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Jacques Attali et 2030

Je regarde avec intérêt cette conférence de Jacques Attali à Polytechnique. C’était en 2015, et je tombe dessus par hasard en me baladant sur Youtube. Il parle sans notes, en expliquant que pour comprendre ce que l’on dit, il faut l’avoir en tête et non pas sur papier. Pourquoi pas ? Il essaie de dégager de grandes tendances dont il pense qu’elles se prolongeront jusqu’en 2030. Parmi celles-ci, il pense que l’aspiration à la liberté individuelle est une aspiration très ancienne qui perdurera, au moins en Occident. Il a sans doute raison, tout en soulignant que cette caractéristique est propre à l’Occident et qu’il n’est pas exact de l’attribuer au reste du monde. Associée à cette aspiration et censée y répondre, est le marché. Le marché tel qu’on l’entend en économie, le marché qui permet à chacun de répondre à ses besoins sans que rien d’autre que la limitation des moyens interférents. Ce marché est mondial, ses acteurs aussi, alors que la loi reste sous la dépendance des états, à l’intérieur des frontières. Il y a là une contradiction de fond qui n’est pas résolue.

Pour Attali, on le sait, cela ne pourrait être réglé que par un gouvernement, au moins des règles mondiales. Il y a bien des tentatives en ce sens, des réunions de chef d’État, des organisations internationales, mais à part des photos de groupe, peu de résultats concrets en sortent. D’après lui, l’histoire nous enseigne que ce type de contradiction se résout le plus souvent par un retour aux frontières plutôt qu’à une organisation transnationale.

Passant à la géopolitique, il affirme que les États-Unis resteront la première puissance mondiale, même si son pouvoir continuera à décliner. Il ne pense pas que la Chine deviendra la prochaine superpuissance. Selon lui, la Chine a trop de problèmes à résoudre en interne, comme son système de retraites, pour s’imposer au niveau international. Ce n’est d’ailleurs pas sa tradition. Elle devrait se contenter de défendre ses intérêts, son approvisionnement en matières premières, sans se mêler plus des affaires du monde. Il compare la situation actuelle à la fin de l’Empire romain, qui déclinait doucement, sans être remplacé par une autre puissance. L’empire déclinait alors que le monde se romanisait. Aujourd’hui, c’est pareil. Le monde s’occidentalise continuellement, s’américanise, pour être plus précis alors que les États-Unis déclinent doucement.

Il donne quelques chiffres, à propos de la population, une des seules prévisions dont on est à peu près sûr. Dommage que ses chiffres soient faux. Oui, la population de l’Inde dépassera celle de la Chine. Oui, la population de l’Afrique va encore augmenté, sans doute aux alentours de deux milliards en 2030. Mais non, il n’y aura pas plus de Turcs que de Russes, et sûrement pas plus de Nigérians que de Chinois.

Au total, et en fin de conférence, on n’en sait pas beaucoup plus sur le monde en 2030, même si l’ensemble du propos n’est pas inintéressant.

Les commentaires sont fermés.