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  • La comtesse de Tende (Madame de la Fayette)

    « Il crut voir la vérité, mais il lui restait néanmoins ce doute que l'amour−propre nous laisse toujours pour les choses qui coûtent trop cher à croire. »

  • L'affaire Benalla

    Comme disent les américains "it's not the crime, it's the cover up". Comme ces gens ne sont sans doute pas complètement idiots, j’imagine que sur une affaire qui sort, il y en a neuf autres que l’on réussit à étouffer. Il reste à savoir si celle qui sort ne fait pas encore plus de dégâts que les neuf autres si elles avaient été découvertes.

    En attendant, je lis les commentaires des lecteurs, autant que la relation des journalistes. La population commentante se partage entre ceux qui écrivent qu’on donne beaucoup trop de place à cette affaire : après tout, il n’a fait qu’aider la police alors que des casseurs les agressaient. Il y a ceux qui détestent Macron et en profitent pour déverser leur bile. Il y en a, comme moi, qui ne s’étonnent pas. Le système est tel que le Président de la 5ème République ne peut pas résister à l’ivresse d’un pouvoir presque sans limites. Un pouvoir presque sans limites sur l’accessoire : les nominations, la vie de cour, la tambouille politicienne, les lois qu’on fait voter, le pouvoir de commander. Un pouvoir presque sans aucune prise sur l’essentiel : l’économie, l’Europe, les États-Unis qui nous humilient, les Russes qui nous méprisent, les Chinois qui nous ignorent. J’ai déjà écrit que Macron allait forcément être emporté par cette ivresse. Élu à moins de quarante ans, laissant tous les autres sur place, créant un nouveau parti à sa botte en moins d’un an, loué par toute la presse française et internationale, il n’était pas possible qu’il résiste. Et forcément, il pense qu’il est le meilleur, qu’il va faire les réformes que tous les autres n’ont pas osé faire, qu’en cinq ans, il va transformer le pays. Il ne connait plus ses limites.

    Et puis il y a d’autres commentateurs, de moins en moins rares. Ils commencent à se pose la question du vrai rôle de ce Benalla. Et l’on va vite penser qu’il est étrange qu’un jeune homme de 26 ans, sans qualité particulière ait pu prendre une telle place dans la vie du Président de la République. Comme, on s’étonne in petto de ce couple étrange avec sa femme de vingt ans de plus que lui. Il n’y a plus qu’un petit pas à franchir pour spéculer sur une liaison homosexuelle.

  • Marc-Aurèle et les chrétiens

    Michel Onfray rappelle avec justesse que « les chrétiens qui sont alors une secte, vivent de façon incivique en refusant de se comporter en citoyen de la cité terrestre en se préférant citoyens de la cité céleste. L'objection de conscience, le refus de porter les armes, de sacrifier aux dieux civiques de la cité romaine, de saluer l'empereur lors des cérémonies publiques, tout cela met en péril l'être et la continuité de l'Empire. Voilà pourquoi Marc-Aurèle se montre sévère avec les chrétiens. »

    Où l’on constate une fois de plus que lorsque l’on prend sa religion au sérieux, on la place bien au-dessus des lois contingentes du temps et de l’endroit où l’on se retrouve par hasard et pour si peu de temps.

  • Champion du monde

    On gagne en étant dominé dans tous les compartiments du jeu. Les Croates ont joué à la française pour perdre à la fin. On touche à peine le ballon et on met quatre buts. Je préfère gagner comme ça que perdre à Séville ou à Azincourt. Crécy 1346, Poitiers 1356, Azincourt 1415. 70 ans après, on n’a toujours rien appris, et on se fait écraser à peu près dans les mêmes conditions alors qu’on est à chaque fois, deux fois, voire trois fois plus nombreux que les Angalis. À un moment, il faut arrêter de charger comme des imbéciles et réfléchir un petit peu. Si Didier Deschamps a un mérite, c’est bien d’ignorer les partisans du beau jeu qui perdent à la fin. De toute façon, on a fait aussi de très beaux matchs.

  • La bêtise de Clémentine Autain

    Mon Dieu, qu’elle est bête ! J’écoutais par hasard Gautier Bès sur France Culture. Il débattait avec Irène Théry et Clémentine Autain. Alors qu’il argumentait sur les nouvelles relations dans le couple, il a fallu que cette Clémentine lui lance « c’était mieux avant avec les femmes qui restaient à la maison à élever les enfants ». Juste parce que c’est l’image du réactionnaire catholique qu’elle ne parvient même pas à tempérer en écoutant ce qu’il a à dire. On a là une illustration parfaitement pure de l’échec de la gauche à comprendre que le monde a changé, que les vieilles revendications de hausse de salaire, d’évolution sociétale, sont devenues complètement obsolètes. Ils continuent à penser en termes de taux de croissance, de part de PIB à répartir. Ils ne comprennent rien aux années qui viennent. Tout comme la droite macronniste d’ailleurs.

    Il s’agit d’inventer complètement autre chose. C’est ce que tente de faire ces écologistes intégraux. Je crois bien que je vais finir par m’abonner à leur revue : http://revuelimite.fr/la-revue

  • les écrits pôlitiques de Roger Caillois

    Je ne savais même pas qu’ils existaient. Mais comme je suis sorti déjeuner à l’extérieur, il a bien fallu que j’achète un journal. Les couvertures du Point sont mieux faites que celles de ses concurrents. Comme d’habitude, je fulmine devant les éditoriaux. Mais je dois admettre que c’est la première fois que l’article de Pierre Antoine Delhommais n’est pas complètement stupide. Il nous rappelle – on le savait déjà, mais peut-être pas les ravis lecteurs du Point – que la mondialisation et le progrès ne sont pas un phénomène immatériel, dans les nuages, virtuels, écologiquement correct. Car si l’on peut commander à toute heure du jour et de la nuit, un repas chaud qui arrivera dans la demi-heure, c’est non seulement parce que l’on peut passer sa commande sur Internet, mais aussi, qu’il y a des cuisiniers pour réchauffer le plat préparé et des livreurs qui pédalent pour les livrer. Il rappelle aussi que les énergies dites propres ne le sont que chez nous. Car véhicule électrique, hybride, panneau solaire, sont consommateurs de métaux rares (indium, germanium, etc..) dont l’extraction déverse des tonnes d’acide dans les fleuves chinois ou péruviens. Mais, ce n’est pas grave, on ne voit pas cette pollution. On roule en Tesla ou en Smart en centre-ville, on laisse les éoliennes chez les ploucs et les mines de métaux rares dans les autres continents. Chez nous on interdit l’extraction du gaz de schiste, on préfère l’acheter chez les autres.

    Je n’ai toujours pas parlé de Roger Caillois. Tout ce que j’en sais est le souvenir d’un passage à Apostrophes. Il parlait de son livre sur les pierres qui s’appelle « Pierres ». Bof ! Qui a envie de lire des poèmes sur les pierres ?

    Mais, j’apprends qu’il a aussi écrit sur la politique. Voilà ce que je retiens de l’article de Mathieu Bock-Côté (mais comment fait-il, celui-là, pour produire autant ?). Nos sociétés aseptisées, en proie au principe de précaution, à la censure généralisée de tout écart verbal ou de conduite ne peut pas satisfaire les caractères forts. Même pour quelqu’un d’aussi passif, pacifique et résigné que moi, il y a des jours où on a des envies de meurtre. L’armée et la religion étaient là pour canaliser ces tempéraments passionnés, soit par la promesse de combats héroïques ou alors par le dépouillement des attaches terrestres et charnelles. Il y avait encore un peu de place pour ceux qui ne supportent pas le monde des affaires, des boulots inutiles et des remboursements de crédit.

    Il n’est pas sûr que l’on puisse encore rêver d’épopée au sein d’une armée technique, de drones et de caméras embarquées. Il reste la religion. Ce n’est plus la catholique ; elle ne supporte plus le fanatisme à la Saint Bernard. On ne s’étonne pas alors de l’attraction jihadiste.

    Toujours dans le Point, la chronique de BHL sur Claude Lanzmann. Mais pourquoi ce BHL s’obstine-t-il à se vouloir la référence en bien-pensance ? C’est un bon écrivain. Je me souviens de son livre avec l’histoire des faux jumeaux. C’était plutôt bien construit. Aurait-il volé l’idée ? Peut-être, on l’accuse de tellement de choses. En tous cas, son hommage à Claude Lanzmann me donne envie de lire le lièvre de Patagonie.

    Dans le même numéro, une interview de Virginie Calmels sur 4 pages. Virginie qui ?