Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Les écrits politiques de Roger Caillois

Je ne savais même pas qu’ils existaient. Mais comme je suis sorti déjeuner à l’extérieur, il a bien fallu que j’achète un journal. Les couvertures du Point sont mieux faites que celles de ses concurrents. Comme d’habitude, je fulmine devant les éditoriaux. Mais je dois admettre que c’est la première fois que l’article de Pierre Antoine Delhommais n’est pas complètement stupide. Il nous rappelle – on le savait déjà, mais peut-être pas les ravis lecteurs du Point – que la mondialisation et le progrès ne sont pas un phénomène immatériel, dans les nuages, virtuels, écologiquement correct. Car si l’on peut commander à toute heure du jour et de la nuit, un repas chaud qui arrivera dans la demi-heure, c’est non seulement parce que l’on peut passer sa commande sur Internet, mais aussi, qu’il y a des cuisiniers pour réchauffer le plat préparé et des livreurs qui pédalent pour les livrer. Il rappelle aussi que les énergies dites propres ne le sont que chez nous. Car véhicule électrique, hybride, panneau solaire, sont consommateurs de métaux rares (indium, germanium, etc..) dont l’extraction déverse des tonnes d’acide dans les fleuves chinois ou péruviens. Mais, ce n’est pas grave, on ne voit pas cette pollution. On roule en Tesla ou en Smart en centre-ville, on laisse les éoliennes chez les ploucs et les mines de métaux rares dans les autres continents. Chez nous on interdit l’extraction du gaz de schiste, on préfère l’acheter chez les autres.

Je n’ai toujours pas parlé de Roger Caillois. Tout ce que j’en sais est le souvenir d’un passage à Apostrophes. Il parlait de son livre sur les pierres qui s’appelle « Pierres ». Bof ! Qui a envie de lire des poèmes sur les pierres ?

Mais, j’apprends qu’il a aussi écrit sur la politique. Voilà ce que je retiens de l’article de Mathieu Bock-Côté (mais comment fait-il, celui-là, pour produire autant ?). Nos sociétés aseptisées, en proie au principe de précaution, à la censure généralisée de tout écart verbal ou de conduite ne peut pas satisfaire les caractères forts. Même pour quelqu’un d’aussi passif, pacifique et résigné que moi, il y a des jours où on a des envies de meurtre. L’armée et la religion étaient là pour canaliser ces tempéraments passionnés, soit par la promesse de combats héroïques ou alors par le dépouillement des attaches terrestres et charnelles. Il y avait encore un peu de place pour ceux qui ne supportent pas le monde des affaires, des boulots inutiles et des remboursements de crédit.

Il n’est pas sûr que l’on puisse encore rêver d’épopée au sein d’une armée technique, de drones et de caméras embarquées. Il reste la religion. Ce n’est plus la catholique ; elle ne supporte plus le fanatisme à la Saint Bernard. On ne s’étonne pas alors de l’attraction jihadiste.

Toujours dans le Point, la chronique de BHL sur Claude Lanzmann. Mais pourquoi ce BHL s’obstine-t-il à se vouloir la référence en bien-pensance ? C’est un bon écrivain. Je me souviens de son livre avec l’histoire des faux jumeaux. C’était plutôt bien construit. Aurait-il volé l’idée ? Peut-être, on l’accuse de tellement de choses. En tous cas, son hommage à Claude Lanzmann me donne envie de lire le lièvre de Patagonie.

Dans le même numéro, une interview de Virginie Calmels sur 4 pages. Virginie qui ?

Les commentaires sont fermés.