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Pierre Manent

Moins connu que le précédent (Marcel Gauchet) , moins célébré en tous cas. J’ai lu son histoire intellectuelle du libéralisme pendant mes études de philo. Comme je regardais la chaîne de Natacha Polony, je suis tombé sur un entretien entre lui et Coralie Delaume. J’en retiens une réflexion : alors qu’il se trouvait aux États-Unis pour un débat avec un « neo conservateur », celui-ci lui disait que le problème de l’Europe est qu’elle n’avait plus de volonté, qu’elle avait renoncé à agir. Alors que les américains, croyaient toujours au pouvoir de la volonté et de l’action.

Remarque tout à fait juste, mais encore trop optimiste pour l’Europe. On voit ça avec l’affaire de la dénonciation du traité de contrôle des armements nucléaires iraniens. Trump déchire les engagements de son pays et enjoint aussitôt tous les autres d’en faire de même, de cesser tout commerce avec l’Iran sous peine de lourdes sanctions financières. Que fait l’Europe ? Car, en l’occurrence, il ne s’agit pas de volonté, du désir d’agir sur les événements, mais seulement de se défendre. Il n’est pas question d’offensive mais de préservation de ses intérêts dans un cas de figure où il est évident que les États-Unis outrepassent leur droit, et le droit tout court. Eh bien, même dans ce cas de figure, l’Europe et la France s’apprêtent à capituler. Ce n’est même pas une question de croire à la volonté, c’est l’abandon en rase campagne au moindre froncement de sourcil du protecteur américain. Nous sommes un protectorat, dans le sens colonial du terme, sans même être assuré de la protection américaine au sens militaire.

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