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Marcel Gauchet

Décidément, je n’arrive pas à comprendre le prestige dont il jouit. Il est vrai que je n’ai jamais lu aucun de ses livres, juste quelques entretiens. À chaque fois, je suis frappé par son incohérence. Par exemple, ceci :

« Je ne suis pas d’accord cependant avec la manière extensive dont Régis Debray manie le concept de « sacré ». Elle me semble plus analogique que rigoureuse. Il y a « sacré », au sens strict, là où il y a matérialisation de l’au-delà dans l’ici-bas. Il y a en ce sens des lieux sacrés, des objets sacrés, des personnes sacrées. Ce qui les fait tels, c’est d’être habités par une présence tangible du surnaturel dépassant leur réalité naturelle. Mais toute réalité supérieure qui vient s’incarner dans un lieu, un objet ou une personne n’est pas forcément d’ordre religieux. »

Jusque-là, tout va bien, ou presque. Il n’est pas d’accord avec la définition de Régis Debray tout en la reprenant à son compte. Mais, peu importe ; sa définition du sacré est cohérente. Il poursuit :

« Après, la confusion vient du télescopage entre cette sacralité et la disposition humaine au sacrifice. Serait « sacré » tout ce pourquoi on est prêt à se sacrifier. De nouveau, c’est un abus de mots : il y a des sacrifices qui n’ont rien de sacré, qui se produisent en dehors de toute justification hétéronome – nous pouvons nous sacrifier pour notre pays, pour nos proches, tout en sachant que notre adhésion est purement rationnelle ou subjective. L’abnégation sacrificielle peut être religieuse comme elle peut être « laïque ». Au lieu d’user du concept de sacré de manière indiscriminée, parlons d’une disposition humaine générale à préférer autre chose à soi-même, dont le religieux a été un véhicule majeur, mais qui est indépendante de lui et qui est destinée à lui survivre. »

Il prétend qu’il y a des sacrifices qui n’ont rien de sacré, se font sans aucune justification hétéronome, tout en donnant pour exemple, le sacrifice pour la patrie ; ce qui est justement l’exemple typique d’une cause qui nous dépasse. Puis il conclut en reprenant une distinction – cette fois-ci pertinente – entre le sacré et le religieux, puisque le religieux est une expression du sacré, mais pas la seule.

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