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  • Facebook Cambridge Analytica

    Facebook est de nouveau sur la sellette à la suite de l’exploitation politique de quelques 50 millions de comptes au profit de l’équipe de campagne de Trump. Passons sur la nième tentative d’invalidation de l’élection de Trump. L’affaire paraît beaucoup plus sérieuse que l’affaire de l’influence russe. On sait que les milieux corrects américains n’ont toujours pas admis que Trump ait pu être élu par le peuple américain. Il leur faut absolument une cause extérieure, un complot, des influences, des « fake news ».

    Quel est, cette fois-ci, le véritable impact de cette analyse des comptes Facebook débouchant sur l’envoi de publicités ciblées ? Ce qui importe est que Facebook ne se contente pas de vendre ses données à des fins de publicité commerciale, mais n’a pas hésité à le faire dans le domaine politique. Si la définition de la démagogie est exacte, il s’agit de promettre aux gens ce qu’ils souhaitent. Avec Facebook, on le sait de mieux en mieux. Plutôt qu’un discours destiné à tous, où l’on espère convaincre la majorité, on livre à chacun ce qu’il a envie d’entendre même si c’est contraire au message envoyé à d’autres qui ont d’autres désirs.

    Ce qui est acceptable pour une publicité commerciale, c’est-à-dire essayer de coller au mieux aux désirs individuels et variés de chacun, dévoie gravement la démocratie censée proposer une direction commune et partagée.

    J’attends sans impatience la réaction de Mark Zuckerberg. Comme d’habitude, il va répondre qu’il prend très au sérieux la protection des données individuelles et qu’il est conscient du rôle important joué par sa plate-forme dans la vie des gens. « Ils travaillent jour et nuit pour obtenir tous les faits et prendre les mesures appropriées pour aller de l’avant, parce qu’ils comprennent la gravité de la question ». Ils vont essayer de faire porter le chapeau à Cambridge Analytica en expliquant qu’ils ont été trompés. Les conditions générales seront un peu amendées et ils espèrent que tout repartira comme avant, comme à chaque fois, comme d’habitude. C’était déjà le cas lorsque j’ai quitté l’application, il y a quelques années. J’en avais assez des fausses excuses et des vœux pieux.

    Compte tenu de l’appétence des divers services de surveillance pour les données personnelles, et de l’avantage stratégique que donnent aux États-Unis, le contrôle des divers réseaux sociaux, je doute que l’affaire aille beaucoup plus loin. Il faudra que le mouvement vienne des gens eux-mêmes. Seront-ils assez choqués pour fermer leur compte ? Plus probablement, il ne se passera rien. Chacun ayant pris conscience que le vote « démocratique » n’est plus qu’un simulacre, haussera les épaules, maugréera un peu et s’abstiendra encore plus. Après tout c’est ce que souhaitent les oligarchies.

  • Guy Dupré

    Un écrivain secret, mort dans la discrétion après une œuvre plus que mince. Un livre tous les 20 ans. Il a été salué comme il convient par quelques « happy few ». J’en avais entendu parler par Stalker. Du coup, je relis ses « Manœuvres d’automne ». Il m’était tombé des mains, la première fois. Cette fois-ci, je m’accroche. Il fait très « grand écrivain ». Pas une phrase qui paraisse naturelle. Ce sont des espèces de souvenirs, de rencontres. Il s’intéresse à des deuxièmes couteaux, des personnages connus mais qui n’ont jamais accédé au premier rang. Sunsiaré de Larcône, Maurice Rostand, le général Weygand, les Barrès fils et petit-fils. Des fils de, des comparses, des chefs d’état-major. Il y a de longues pages sur Weygand dont les origines mystérieuses paraissent le fasciner. Lui-même avait une grand-mère japonaise. Il déchiffre une même origine asiatique sur le visage de cire du vieux général déchu. «Je n'ai jamais aimé les hommes hommes. C'est pourquoi je recherchais une forme de fraternité élective auprès d'expatriés de leur propre sexe ou de leur propre naissance comme Maurice Rostand et Maxime Weygand; de parias ou bâtards du patriotisme comme le colonel Henry et le capitaine Dreyfus, le capitaine Claude Barrès et le colonel Jean Bastien-Thiry; d'immigrés de l'intérieur comme le cathare Abellio ou d'étranges «malappris» comme le Céphalonien Albert Cohen»

    Je survole ces pages sans réel intérêt. L’index des noms propres comporte au moins une centaine de noms. Une espèce de bottin demi-mondain.

    Une citation surnage : « Au seul Trio respectable selon Charles Baudelaire, le prêtre, le guerrier, le poète – «Savoir, tuer et créer» –, nous substituerions un composé résineux des trois. Comprendre; faire disparaître des écrans intérieurs le son des célébrités de la chanson du jour; attendre pour écrire de pouvoir écrire des ouvrages qui réjouissent le cœur des hommes et des femmes de la région des Égaux. Prêtre, soldat, poète, il ne suffisait plus d’avoir une cuillère dans chacun des trois pots, il faudrait savoir les remuer toutes en même temps. Dans le bleu des soirs d’Île-de-France pareil au bleu de Prusse des matins d’exécution, je chercherais longtemps encore le secret de conduite qui permet de lier la douceur sans quoi la vie est peu de chose au déchaînement intérieur sans quoi la vie n’est rien.»