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  • Pourquoi sommes-nous carnivores ?

    Dans le compte-rendu d’un livre « l’homme boucher » de la philosophe Coline Salaris :

    « Pour l’auteure, l’homme a décidé de pérenniser sa consommation de viande, car il accepte et éprouve une forme de satisfaction à la mise à mort de l’animal, en ce qu’elle confirme la différence tant recherchée entre humanité et animalité. »

    Puis, plus loin :

    « Le silence qui entoure la mise à mort est, comme on dit, révélateur. L’alimentation carnée n’est en effet pas envisagée comme une activité meurtrière : la viande n’a jamais été que de la viande ; l’animal dont elle provient n’a jamais été un individu que l’on peut se représenter ; son existence est nulle et non avenue. (p. 358) »

    Il faudrait savoir. Soit on est satisfait de la mise à mort de l’animal et alors on ne la cache pas. Soit on la cache, et alors c’est qu’on en a un peu honte et que c’est bien de la viande que l’on pense manger, non l’animal. De toute façon le refus de penser et de voir la mise à mort de l’animal est très récent. Dans les fermes, j’ai encore connu l’abattage du cochon, l’égorgement des volailles ou le lapin assommé avant d’être dépouillé. Chacun voyait bien, savait bien, que la viande qu’il allait manger était d’un animal qu’il avait connu vivant quelques minutes plus tôt. Et le tueur était souvent celui ou celle qui soignait l’animal jusqu’à la veille de sa fin.

  • Ce n'est plus Carmen qu'on assassine, ou plutôt si

    L’homme surnuméraire de Patrice Jean me paraissait un peu trop facile dans la caricature. Clément, romancier sans œuvre employé par les éditions Gilbert Langlois, doit en quelque sorte positiver. La littérature ne devant attenter ni à la morale ni au moral des troupes, la collection « Littérature humaniste » publiera les classiques, expurgés de leurs « infectes idées ». C’est donc l’emploi que ce désœuvré finira par trouver. « Il suffit de couper, dans une œuvre, les morceaux qui heurtent trop la dignité de l’homme, le sens du progrès, la cause des femmes ». La collection aura beaucoup de succès. On s’attendrait à ce que les puristes de la littérature s’évanouissent qu’on ose toucher aux chefs d’œuvre. Mais non, l’adaptation à l’air du temps est approuvée, applaudie. Dans le roman. On se rassure en pensant que ça n’arrivera jamais. Et pourtant…

    C’est fait, non pas dans le livre mais dans l’opéra qui en est tiré : Carmen. Par décret directorial du théâtre de Florence, le metteur en scène Léo Muscato a décidé de modifier la fin tragique de la belle cigarettière gitane.

    En effet, selon le directeur directif et de progrès du Teatro del Maggio: «à notre époque, marquée par le fléau des violences faites aux femmes, il est inconcevable qu'on applaudisse le meurtre de l'une d'elles». Léo Moscato, a également transposé le récit dans un camp de Roms des années 80 occupé illégalement par des forces de l'ordre en tenues antiémeutes: «Carmen, qui travaille dans une manufacture de cigarettes voisine du camp, est soumise aux coups de matraque répétés de Don José, un policier irascible et violent».

    Suite du Carmen Gate

    Puisque c’est comme ça qu’on nomme les scandales, vrais ou faux. Visiblement l’opéra de Florence a fait un bon coup de publicité. Plusieurs articles relatent l’affaire et surtout il n’y a plus une place libre pour assister à cette nouvelle version.

    Mais le plus savoureux est dans le pétard mouillé ou plutôt enrayé de la première représentation : "Alors que Carmen brandissait le pistolet en direction de José, celui-ci s’est enrayé et n'a déclenché aucune détonation. Le public attendait certes un dénouement inédit, mais pas celui-là. L’hilarité est allée crescendo quand José a dû faire mine d’être blessé pour s'effondrer. Inutile de dire que la salle n'a pas été tendre avec l'équipe de production au rideau final."

     

  • Les pamphlets de Céline sont réédités

    Peut-on parler de pamphlet d’ailleurs ? Je ne les ai pas lus, et je n’ai aucune intention de les lire. Je lisais, à midi, un entretien avec Pierre-André Taguieff qui était partisan de leur publication chez Gallimard. Son argument : dans la mesure où ça circule déjà sur Internet, il vaut mieux les publier avec l’appareil critique adapté, les avertissements au lecteur, etc… Il a toutefois l’honnêteté de dire qu’il n’y a pas de bonne solution, et qu’il défend la moins mauvaise.

    Je ne suis pas convaincu. Comme si tout un appareil critique savant, rébarbatif par nature, empêcherait quiconque de nourrir sa haine. Quant aux savants, aux férus de littérature, ont-ils besoin d’être mis en garde ? Et surtout, ont-ils besoin de lire ces textes ? Comme s’ils ne savaient pas, à l’avance, ce qu’il y a dedans ? Comme si, moi, qui n’ai jamais lu Céline, qui n’a guère envie de faire un voyage au bout de la nuit ne devinait pas les immondices qu’il peut y avoir dans ces « pamphlets » que Gallimard a le culot de nommer « écrits polémiques ». On n’est sûrement pas dans la polémique mais l’antisémitisme le plus criminel. Et je ne vois toujours pas comment l’on pourra interdire de parole Dieudonné, qui a aussi un vrai talent dans son genre, et publier Céline.

  • Un sondage de "La Croix"

    J’ai été profondément ébranlé par ce sondage. Il montre qu’une majorité de Français se déclare désormais favorable tant à la PMA pour toutes (60%), qu’à la GPA (64%) ou à la légalisation de l’euthanasie (71%). Il n’est guère que le suicide assisté (42%) qui pour l’heure ne franchit pas la barre.

    Ébranlé, non pas dans mes convictions, mais dans la quasi-certitude, que ce sondage sera suivi par d’autres qui confirmeront la tendance et offriront un boulevard aux différentes instances, de réflexion ou de gouvernement qui n’auront plus qu’à entériner les choix qui se sont exprimés ainsi. Que vaudront les réflexions, les mises en garde, les éventuelles manifestations devant des majorités aussi larges ? Que vaudront-elles devant une évolution aussi franche, puisque d’après la Croix, toutes ces techniques recueillaient à peine 30% d’opinions favorables, il y a à peine 4 ou 5 ans.

    Apparemment, il y a une coupure entre un discours, peut-être même une tendance ou une volonté écologique pour la planète et l’acceptation désormais majoritaire de la technique dans le domaine de la biologie. Saluons ici, pour une fois, le discours de José Bové qui, lui, est cohérent dans son choix d’une écologie totale. Il est vrai que les opposants à ces biotechnologies sont le plus souvent moins convaincus par la nécessité d’un virage écologique dans le domaine de l’industrie. Double contradiction donc. Il est vrai que les ravages de l’industrie, du réchauffement climatique, de la baisse de la biodiversité deviennent si aveuglants qu’on a du mal à ne pas les craindre même si les comportements ne changent guère. Les menaces sur la filiation, la cellule familiale paraissent moins vitales, plus lointaines ou tout simplement ne sont pas considérées comme dangereuses dans la mesure où c’est devenu une situation courante. On ne veut plus revenir au modèle de la famille traditionnelle, au mariage pour la vie. On s’accommode fort bien de la famille recomposée, du mariage homosexuel, des enfants de l’un et de l’autre. L’amour prime tout quitte à le mettre à toutes les sauces. C’est par amour que l’on souhaite « abréger les souffrances du malade, du vieillard » par amour que l’on empêchera de naître le handicapé, que toutes les combinaisons possibles entre les sexes sont chantées.

  • Une définition claire de la laïcité, de Catherine Kintzler, forcément

    « Voici, de manière succincte, comment j’ai maintes fois caractérisé le fonctionnement du régime de laïcité, composé de deux volets. D’une part le principe de laïcité (principe d’abstention de la puissance publique en matière de cultes, de croyances et d’incroyances) est « radical » en un sens étymologique : il mène jusqu’à ses racines la disjonction entre foi et loi ; le moment politique ne recourt pas au modèle de la foi, il ne s’inspire d’aucun lien préexistant et ne suppose aucune forme de croyance ou d’appartenance préalable, il ne dit rien des croyances et des incroyances. D’autre part ce principe d’abstention, ne s’appliquant qu’au moment politique, au domaine de la puissance publique et à ce qui participe d’elle, a une portée limitée et n’a de sens qu’à libérer tout ce qu’il ne gouverne pas : l’infinité de la société civile jouit de la liberté d’expression dans le cadre du droit commun, y compris bien sûr en public. Autrement dit, le régime de laïcité n’est pas épuisé par le seul principe de laïcité, il articule deux éléments. »