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26/06/2017

Macron ne résiste pas à l’hubris

C’était prévisible. Il a tout gagné en un an. Qui se souvient de Manuel Valls disant qu’il n’y a pas d’avenir pour une aventure solitaire ? Ce n’est plus un avenir, mais l’aventure a été solitaire. Quelques deuxièmes couteaux recrutés au PS (Richard Ferrand) que personne ne connaissait avant, le soutien du duo infernal Attali-Minc, qui jusque-là portait malheur, la méfiance de la presse qui n’y voyait qu’une bulle, les peaux de banane de Manuel Valls, la soi-disant vacuité du programme.

Et il gagne. La présidentielle, les législatives, son premier mois à l’Élysée. Tout lui réussit, même ce qu’il rate. Les expressions malheureuses qui auraient pu lui coûter chères : l’absence de culture française, la colonisation comme crime contre l’humanité. C’est le candidat des banquiers, de la France qui gagne, il va rançonner les petites retraites avec la CSG. Tout passe, rien ne lasse sous les applaudissements de la presse énamourée.

Comment résister ? On rappelle sans cesse, qu’il fut l’assistant de Paul Ricoeur, sans qu’on sache vraiment quel a été son travail. Ça lui donne un vernis philosophique, une sorte de passeport automatique pour la sagesse, l’alibi culturel qui plaît dans le 6ème arrondissement.

Alors, il insiste. Voilà une « task force » anti-terroriste directement dépendante de l’Élysée. Richard Ferrand est mis en cause. Peu importe, il le nomme président des marcheurs à l’assemblée. On n’imagine pas que ses députés votent pour un autre candidat. D’ailleurs, il n’y en a pas eu. Il a été élu à l’unanimité. Aujourd’hui, on annonce qu’il souhaiterait réunir le congrès pour y faire un discours ; la veille du discours de politique générale du premier ministre. Celui-ci trouve ça normal, paraît-il. J’ai bien du mal à croire qu’il puisse apprécier cette humiliation. On sait bien que ce genre de discours est révisé par le Président de la République. Mais, quand même, c’est bien le premier ministre qui engage sa responsabilité avec celle de « son » gouvernement. Il est vrai qu’Édouard Philippe est un illustre inconnu, qui ne pèse rien. À l’époque Sarkozy, le collaborateur Fillon avait quand même un passé politique un peu plus consistant. Quel qualificatif faut-il alors pour décrire l’actuel premier ministre ?

Tout ça ne présage rien de bon. La France l’a élu contre tous les autres. Un peu comme moi qui n’y croit pas, mais qui espère se tromper. Les réformes libérales, l’Europe, la modernité. Tout ce à quoi on a cru, qui nous a déçus. Ça n’a jamais été jusqu’au bout, et le peu qui a été fait ne marche pas. Parce qu’on n’a pas été assez loin, répondent les libéraux. Paradoxe de la demi-mesure qui ne marche pas, du saupoudrage inutile, de vouloir préparer l’avenir tout en préservant le passé.

On le dit presque à chaque fois. Cette fois-ci, c’est la dernière chance, il n’y aura pas d’excuses. Il a tous les pouvoirs. Comme les autres, et même un peu plus. Il a eu raison contre tout le monde. Pour se faire élire. Mais, en politique, on n’a pas raison tout seul, tout le temps.

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