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02/06/2017

Le bonheur selon Paul Veyne

Comme un imbécile, j’achète Le Point pour m’occuper pendant le déjeuner. Je passe vite sur FOG (je ne me donne même plus le plaisir de m’en énerver). Une interview de Gerald Darmanin, qui casse du Fillon (il a bien raison) et explique pourquoi il est rentré au gouvernement. Une autre interview, cette fois-ci d’Élisabeth Badinter à propos de la polémique sur les femmes empêchées de sortir dans le quartier de la porte de la chapelle. Je suis d’accord avec presque tout ce qu’elle dit. Malgré tout, je lis ces pages avec distraction, pour passer le temps, sans intérêt particulier.

Et puis, un vieillard de 86 ans, Paul Veyne. Il nous parle de l’antiquité, de l’Énéide - chaque vers est magnifique, mais l’ensemble est ennuyeux – de l’Odyssée et des grecs. Je me surprends à sourire, me sentir heureux dans cet autre monde que pourtant je connais si peu. Il veut finir sa vie en grec ancien. Alors il a cherché un texte pas encore traduit. Il y en a encore. Philostrate est celui qui a écrit la vie plus ou moins légendaire d’Apollonios de Tyane. On sait peu de choses sur Appolonios, mais sa réputation de sagesse, d’ascétisme, de thaumaturge en a fait un personnage mythique qui peuple certains ouvrages d’ésotérisme. Cette biographie est connue depuis longtemps, mais pas les lettres.

Paul Veyne a trouvé les lettres d’amour de Philostrate. Ce n’est pas un chef d’œuvre, mais ce sera inédit en français, c’est ça qui l’intéresse. Il y travaille plusieurs heures par jour. C’est inutile, ce sera lu par dix érudits, mais il y met toute sa science et tout son amour d’un autre monde. Il en est heureux. Moi aussi, quelques instants.

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