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27/03/2017

L'argument de Bélise

Ils m'ont su révérer si fort jusqu'à ce jour,

Qu'ils ne m'ont jamais dit un mot de leur amour

 

C’est quand on ne le dit pas qu’on le pense très fort. On peut alors interpréter le non-dit à la mesure de ce qu’on souhaite, et faire dire à l’auteur ce qu’il n’a pas dit, mais qu’il aurait pu dire. C’est ainsi que Jean-François Revel décrit l’argument de Bélise. Pour s’en moquer évidemment, dans son étude sur Proust, où il  conteste qu’il soit fasciné par la mort. C’est amusant, parce qu’il utilise exactement le même argument dans un autre passage de cette étude : « Proust est aussi peu impressionné que possible par la richesse et l’aristocratie, aussi étranger qu’on peut l’être à la notion d’élite sociale. Partout il nous montre la sottise et la grossièreté, et si l’on ne prête pas une attention particulière à cette démonstration, c’est que pour lui elle va tellement de soi que, bien que constante, elle reste dans les marges du récit principal et n’emprunte jamais elle-même le cours du récit. »

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