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10/02/2017

Les Thibault : Tome 2

Aussi épais que le premier, avec deux volumes : la mort du père et l’été 1914. Au fur et à mesure de la lecture, je me suis surpris à avoir envie de continuer. Je ne comprenais pas pourquoi Jacques avait disparu. C’est par lui que démarre le livre, sa fugue, son séjour dans la maison de correction, son retour, sa vie chez son frère et son succès à Normale Sup. Puis, plus rien, il disparaît sans laisser d’adresse, pour nous laisser avec son frère en un long interlude d’aventures sentimentales guère passionnantes.

Il disparaît sans laisser d’adresse. Mais c’est parce qu’il a vraiment disparu. Son père comme son frère ne savent pas où il est, s’il est encore vivant. Aucune nouvelle depuis trois ans. Il faudra une lettre qui arrive chez Antoine pour que celui-ci retrouve sa trace. La lettre fait allusion à un professeur de Normale auquel Jacques a envoyé une sorte de roman. Et c’est ainsi qu’Antoine va lire le roman qui, sous des personnages facilement reconnaissables, va lui permettre de reconstituer la vie de son frère pendant ces années.

Le « truc », si je puis dire est plutôt réussi. Faire disparaître un personnage dans le livre. Et le faire réellement disparaître. Aucun indice n’est donné. Pendant toute cette période, il n’y ait fait aucune allusion. On ne nous dit pas, Jacques avait disparu, mais il n’est plus là tout simplement. On le retrouve comme Antoine l’a retrouvé, et on apprend son histoire en même temps que son frère lisant le roman autobiographique. D’un point de vue technique du roman, j’ai admiré ce procédé.

Revenant au style, je ne peux toujours pas dire que Martin du Gard est un grand styliste. Il écrit. Bien. Il écrit bien, parce que ses phrases sont élégantes, le vocabulaire est varié, les descriptions sont justes. Rien à redire, mais rien à admirer non plus.

« C'est qu'en un sens, pour Martin du Gard, ni la technique ni le style n'ont d'importance. (« Je ne connais pas d'écriture plus neutre, et qui se laisse plus complètement oublier », disait Gide.) Procédés d'expression et de narration ne sont bons qu'à laisser passer ; ils doivent montrer, non se montrer » (Encyclopédie Universalis).

Et pourtant, le témoignage d’un visiteur chez Martin du Gard atteste que ses manuscrits sont couverts de rature avec de larges marges qui laissent la place aux corrections. Cette apparente platitude était obtenue par beaucoup de travail.

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