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06/02/2017

Pourquoi les arguments anti FN tombent à plat

J’écoutais vaguement une chaîne d’information continue. Arrive Michel Eltchaninoff, le rédacteur en chef de Philosophie Magazine, qui s’est mis dans la tête de Marine Le Pen pour écrire un livre du même nom. On discute du discours de Lyon dont on nous passe un extrait. Marine Le Pen explique qu’il y a deux niveaux de mondialisation. La mondialisation par le haut, des multinationales des élites financières qui se jouent des frontières et des règles nationales. Et puis la mondialisation par le bas, celle des immigrants qui viennent chercher une protection sociale dans les pays riches et celle qui, dans un mouvement opposé, fait partir le travail vers les pays à bas salaires.

Difficile de ne pas partager ce constat. C’est Marine Le Pen qui le pose et le décrit. Les autres feraient bien de ne pas le masquer, et c’est peut-être une des clés du succès du Front National. Mais quelle est l’analyse de notre philosophe qui s’est mis dans la tête de Marine Le Pen. Dans cette description de la mondialisation par le haut, il voit un relent d’antisémitisme. Non, il n’accuse pas Marine Le Pen d’antisémitisme, contrairement à son père qui en a donné de multiples preuves. Mais, néanmoins, par cette attaque contre la mondialisation, contre des élites apatrides et invisibles, elle reprend des thèmes familiers de l’antisémitisme. Ce serait donc un moyen détourné de flatter des instincts familiers de l’extrême droite.

Et voilà comment l’on disqualifie des arguments qui dénoncent la mondialisation. Car si vous êtes contre la mondialisation, si vous en dénoncez les ravages, vous reprenez des thèmes de l’extrême droite, et en fait vous flattez l’antisémitisme latent de vos auditeurs. Ce qui revient à interdire toute contestation de la mondialisation.

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