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04/02/2016

Grâce à la déchéance, revivons le régime d'assemblée

Il m’arrive souvent de déplorer que les textes de loi présentés par le gouvernement soient systématiquement votés après un passage de pure forme devant les assemblées. On parle de parlementaires croupions et on n’a pas tort tant ils sont prévisibles. De la majorité, on vote aux ordres du gouvernement. De l’opposition, on s’oppose quelles que soient les circonstances.

Et puis nous arrive cette pantalonnade de la déchéance de nationalité dont on nous rebat les oreilles depuis deux mois. C’est que cette fois-ci, Hollande aurait besoin des 3/5 des assemblées pour faire passer sa dernière lubie. Comme chacun a fini par le savoir, il n’y a nul besoin de s’attaquer à la constitution pour modifier ou « améliorer » les conditions de la déchéance. Mais le petit manœuvrier s’est cru trop malin et s’est pris dans son filet sans comprendre pourquoi. Il ne veut plus se déjuger, l’opposition ne veut pas lui faire de cadeaux tout en ne pouvant s’opposer frontalement à une mesure qu’elle réclamait. Et comme d’habitude, tout le monde ne s’intéresse plus qu’aux conséquences partisanes de l’affaire sans se soucier du fond de la mesure elle-même.

Et voilà ce petit monde embarqué dans des conciliabules, commissions, tractations de couloir, promesses de vote en échange de subvention, revirements de bord et déclarations solennelles. Plus personne n’y comprend rien, même pas les professionnels de la combinaison qui se rengorgent quand même du poids de leur vote, soudain multiplié, car, pour une fois, non prévisible.

Le pire est que l’on parle ici d’une mesure qui monopolise les esprits et les débats télévisés, mais qui ne sert à rien, dont tout le monde se fiche sauf les professionnels de la profession. Voilà deux mois que ça dure et que nos grands-parents se souviennent avec nostalgie de la 4ème République, de son régime d’assemblée et des gouvernements à durée de vie limitée à quelques mois. Là c’est un ministre de la justice qui profite de ce merdier pour démissionner bruyamment au nom de la résistance.

Résister : les Français ont encore la patience de résister à cette pantalonnade. Pour combien de temps encore ?

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