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25/01/2016

A propos des viols de Cologne

À entendre les réactions, tellement prévisibles, à cette affaire, voici ce qui me vient à l’esprit. Premièrement, les commentateurs commencent par interpréter les événements avant de savoir vraiment ce qu’il s’est passé. Ensuite, ils commentent en pilotage automatique sans jamais essayé de sortir de leurs schémas mentaux habituels. Enfin, ils commentent toujours en fonction de leur propre réputation ou intérêt. Les faits importent peu, il leur faut d’abord défendre leur point de vue.

Ce sont donc les antiracistes professionnels qui ont ainsi démontré leur priorité. Comme dit cette féministe canadienne : [Il faut] ne pas dénoncer une situation qui risque de renforcer un préjugé. Un préjugé des autres, naturellement. Car elle n’a pas l’air de se rendre compte qu’ainsi, elle renforce les siens propres et les affiche au grand jour.

C’est vrai qu’il y a aussi ceux qui n’attendent que ça, et qui même s’en réjouissent, pour dénoncer une immigration incontrôlée.

Le problème est que l’on est en face d’une conjonction de phénomènes dont chacun, suivant ses œillères, n’en voit que ce qui l’intéresse. Il y a le viol, qui n’est évidemment pas une exclusivité des musulmans. Il y a l’immigration qui s’accompagne systématiquement d’un afflux bien supérieur d’hommes que de familles entières. Celles-ci, pour la plupart arrivent ensuite, quand la situation de l’homme a été suffisamment stabilisée pour qu’il puisse faire venir sa famille. Pour autant, il restera longtemps des hommes seuls qui envoient une partie de leur revenu pour assurer la subsistance de la famille restée au pays. Il y a enfin, encore aujourd’hui, la réticence de la police à traiter sérieusement les affaires de viols ou d’agressions sexuelles.

Je suis bien incapable de dire - d’ailleurs qui le peut aujourd’hui - si cette agression collective a été préméditée. J’en doute fortement. Ce qui me paraît le plus vraisemblable est ceci.

À l’occasion du nouvel an, des immigrés de fraîche date entendent dire que l’on fait la fête en ville, qu’on s’amuse, qu’il y a des pétards. Comme ils ne connaissent pas bien le pays, ni la langue, ni les manières de faire, ils décident d’y aller en groupe, pour se donner de la contenance. Dans une colonie d’immigrés, regroupés ensemble, on suppose que ce genre d’idée se propage vite. Que cela est vu comme une occasion d’aller en centre-ville, où ils ne vont jamais. Ils arrivent sur place. C’est la fête, on s’embrasse, on boit, on rit, on chante. Les gens sont joyeux, les filles vous sourient. Dans cette Allemagne si fière d’elle-même, de son accueil, de sa largesse d’esprit, on en rajoute peut-être un peu. Nous sommes tous frères et sœurs, faisons la fête ensemble. Et le sourire de bienvenue est interprété en invitation. C’est sans doute là que les cultures se méprennent. Dans la même culture, il est déjà difficile de bien interpréter les messages ambigus de la séduction ; c’est ce qui en fait son charme et son attrait mystérieux. D’une autre culture, les gestes sont mal interprétés, les paroles incomprises. L’excitation, l’alcool peut-être, l’effet de groupe sûrement ont fait le reste.

Alors l’Islam dans tout ça. Parce que quand même ces agresseurs ne sont pas bouddhistes ! Les choses sont claires, parce qu’elles sont proclamées. En Islam, la femme n’est pas l’égale de l’homme. Dans notre civilisation, elle l’est. En tous cas, on le proclame et on essaie de s’y conformer, même si ce n’est pas bien respecté. Par ailleurs, dans la question de l’immigration, il y a deux identités qui se côtoient. Il y a ce qui doit être accepté comme faisant partie de l’identité de l’immigrant parce qu’on ne peut pas lui demander de se dépouiller de tout ce qui le constitue, et il y a ce qui n’est pas négociable comme faisant partie de l’identité de l’accueillant. Il y aura des frictions ou des incompatibilités entre les deux. Les frictions, il y en a mais ça peut être poli. Pour les incompatibilités, cela ne peut se régler qu’en termes de priorités affichées, avant que cela ne devienne une question de rapport de forces.

Je suis de ceux qui pensent que la priorité doit être accordée au premier occupant. D’une part parce qu’il est majoritaire et pour la raison toute simple que cette identité se fonde aussi sur une histoire, des lieux de mémoire, à un territoire tout simplement. En ce qui concerne la liberté de conscience et la place de la femme, qui résument presque entièrement le problème de l’Islam en Europe, liberté comme égalité ne sont pas négociables.

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