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14/01/2016

Des morts à la pelle, et David Bowie

Ça commence à bien faire ! Michel Delpech, Lemmy Kilmister, Pierre Boulez, Michel Galabru et maintenant David Bowie.

Tous artistes dans des spécialités diverses, que j’aimais bien, un peu, ou qui m’étaient indifférents. Parmi eux, David Bowie. Il y a des artistes dont je n’ai jamais acheté un disque, que je n’apprécie pas particulièrement, mais dont la mort m’a touché ou me touchera, jusqu’aux larmes : Michel Delpech et Johnny si jamais je lui survis. Johnny, je suis sûr que j’en pleurerais, j’irai même sur les Champs Elysées si, comme on peut le prévoir, tout un peuple s’y rassemblera. Et pourtant, je suis très loin d’être un fan. Mais il fait partie de notre vie depuis si longtemps qu’on finit par s’y attacher même sans le goûter. Tout comme des athées peuvent être attachés aux cathédrales, un fils au père avec lequel il est brouillé, comme on peut regretter la mort du latin à l’école même si on a dormi pendant toutes ses heures de cours. On peut avoir de l’affection pour ce que l’on n’estime pas forcément.

Et l’inverse est vrai. On peut n’être pas touché par la mort d’un artiste, que l’on admire pourtant. J’aimais bien David Bowie, j’avais acheté l’album Alladin Sane en son temps. Il doit traîner quelque part, si je ne l’ai pas prêté ou qu’on me l’a rendu. Mais je ne l’ai pas écouté depuis 20 ans. Puis Rebel Rebel, un des meilleurs riff de guitares jamais créé, Heroes celle que je préfère, Let’s dance (Bof !) et puis plus rien. On dit qu’il se renouvelait sans arrêt. J’ai l’impression qu’il suivait les modes plus qu’il ne les inventait. Let’s dance, un disco de plus, aucune émotion, un produit de plus, parfait, bien formaté, numéro 1 partout. Est-ce lui ou ces musiques qui me laissent froid ? Techno, rock industriel ? Les deux, ou bien il n’a pas réussi à me les faire aimer. Et ces nouveaux styles qu’il essayait ont fini par gommer la première période que j’ai aimée, au point de me le rendre indifférent, en tous cas sans aucun rapport d’affection.

Existe-t-il encore, ce rapport intime avec un artiste, parfois plus intime qu’avec un frère ou une sœur, alors même qu’on ne l’a jamais rencontré. J’ai pleuré le jour de la mort de John Lennon, autant que pour celle de mon père. Est-ce que l’on a ce même rapport avec les artistes contemporains ? Est-ce que ses admirateurs pleureront David Guetta ? A-t-on pleuré Michael Jackson ? Je n’en suis pas sûr.

Question d’époque sans doute. Il faut se faire à l’idée que les 30 glorieuses, les années 60-70 furent des exceptions que l’on ne revivra pas, pas nous en tous cas. Et c’est ainsi que l’on est toujours déçu quand on compare nos hommes politiques au Général De Gaulle,  qui restera une exception. On le serait moins si on les mesurait à Doumergue, Daladier ou Queuille. En musique, c’est différent. Un phénomène comme l’explosion pop des années 60 en résonance avec les libérations des mœurs était complètement nouveau. On ne voit pas ce qui pourrait s’approcher d’un tel jaillissement. David Bowie apparaît à la fin de ces années-là, sur la queue de la comète. Par la suite, il fut sans doute un des moteurs des années suivantes, moins inventives, plus froides.

Quels que soient ses mérites, sa disparition et l’émotion qu’elle suscite en est le triste reflet.

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