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17/11/2015

Nous sommes en guerre ? Vraiment ?

La presse grand public, les partis politiques traditionnels n’arrêtent pas de le marteler. De Hollande à Sarkozy, en passant par Natacha Polony et Christophe Barbier, des gens que j’apprécie, que j’estime et d’autres pas, tous sont unanimes : nous sommes en guerre. On nous le répète tellement, comme pour en convaincre un peuple qui n’en croit rien. C’est une nouvelle « drôle de guerre » si l’on peut dire. Une guerre que l’on nous fait, que l’on ne peut pas perdre sur le plan militaire, qui ne menace en rien le territoire de la Patrie, ni même la République. On ne peut pas la perdre, mais on n’est pas sûr de la gagner car l’ennemi n’est pas celui que l’on croit. Ce ne sont pas ces terroristes qui plastronnent sur Youtube, ces assassins qui mitraillent au hasard. Tout montre que le peuple saura leur résister, et l’horreur de ces meurtres ne doit pas masquer le fait qu’ils ne disposent d’aucun soutien sérieux, à l’intérieur comme à l’extérieur de notre pays. Ce qui ne doit pas être un prétexte pour ne pas les anéantir. Non, le vrai ennemi, chacun le sent confusément ou le sait plus clairement, c’est notre complaisance avec nos vrais ennemis, ceux qui nous tiennent par leur finance et leur pétrole, et qui bouchent les trous d’un budget que nous n’arrivons pas à boucler. Ceux avec lesquels on se vante d’avoir conclu pour 10 milliards de contrat. De vrais-faux contrats, d’ailleurs, avec l’Arabie Séoudite, quelques vagues promesses d’achat de frégates qui pourriront dans quelque port de le Mer rouge.

Drôle de guerre entre une démocratie qui ne sait plus ce qu’elle veut, mécaniquement mue par un besoin de croissance et de consommation infinie dont elle sait qu’elle n’est plus possible et un islamo-fascisme qui ne connaît que la mort de ses ennemis pour alimenter sa dynamique. C’est comme si l’horreur de cette barbarie justifiait notre mode de vie que l’on sait condamné, mais qui y gagne par opposition un dernier mérite ; c’est comme si l’exécration de cette vie de fête et de distraction justifiait l’horreur de l’assassinat. Décidément, nous ne pouvons pas vivre sans ennemi.

Drôle de guerre que l’on ne veut pas faire ici, en France, mais que l’on porte ailleurs par décision du prince qui nous gouverne, avec un débat de pure forme à l’Assemblée qui vote mécaniquement ce qu’on lui soumet. Drôle de guerre en conséquence de l’action des USA au Moyen Orient. Eux, bien à l’abri derrière leur océan et pas mécontent de nous maintenir ainsi dans leur giron. Il paraît que nous sommes leur plus ancien allié. Eux, le sont-ils encore ?

À la guerre, et de manière paroxystique, il faut savoir ce que l’on veut. Selon la définition classique, c’est la poursuite de la politique par d’autres moyens. Or nous n’avons pas de politique. Notre seule ambition, si l’on peut dire, c’est qu’on nous foute la paix. Notre seule « stratégie », c’est ni Daech, ni Bachar, à la recherche d’une opposition modérée qui n’existe pas. On veut le pétrole et l’argent du Qatar et de l’Arabie Séoudite. On dénonce les crimes de Bachar, mais on ferme les yeux sur la répression au Bahrein hier, au Yemen aujourd’hui. Et en face, que veulent-ils ? Tuer le maximum de Français. Ça ne fait pas non plus une politique, ni une guerre, car ils n’en ont pas la capacité. De la guerre sans politique, il ne reste que les autres moyens, la violence, et la mort, sans raison, sans but, sans fin.

Peut-on entraîner un peuple dans ces conditions, avec cette ambigüité jamais éclaircie ? Alors que faire ? Que faire quand on est un simple citoyen ? Sans doute pas aux armes dans le sens littéral, mais à la vigilance, à l’acceptation tranquille du danger, au sang froid et au sens civique.

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