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24/09/2015

Sommes-nous vraiment en guerre ?

Sur le blog de Hervé Resse , cet ami virtuel, chez lequel je laisse parfois quelque commentaire, on lit ceci : « Sans rire, je crois que la 3ème guerre mondiale a commencé il y a 14 ans et 11 jours, ce 11 septembre 2001, par ces actes parfaitement symboliques, annonciateurs jusque dans leur esthétique d'une guerre d'un genre inédit. »

On trouve le même genre de réflexion, en genre pompeux, chez René Girard à propos de sa lecture de Clausewitz : 

« Nous sommes passés des guerres nationales au terrorisme. C'est la fin de toute ritualisation de la guerre, c'est la violence généralisée ». Des guerres nationales au terrorisme : oui. Violence généralisée, certainement pas, en tous cas pas contre nous, mais bien dirigés par nous vers des ennemis désignés comme tels. Deux tours et 3000 morts à New York valent l’Afghanistan et l’Irak ravagés, des centaines de milliers de morts et le chaos dans tout le Moyen Orient. Nous, c'est à dire l'Occident en général, même si nous, Français, n'y participons pas toujours directement.

Montée aux extrêmes : « Aujourd'hui, on voit que c'est environnemental: l'augmentation de la population mondiale, le réchauffement planétaire... Tout ce qui menace l'humanité aujourd'hui peut être vu comme une conséquence de cette montée aux extrêmes. » Alors, les problèmes environnementaux, c’est la guerre ? René Girard essaie absolument de plaquer une théorie de la guerre avec une situation contemporaine  qui n’a rien à voir.

Mais, j’ai beau retourner le problème dans tous les sens, je ne vois pas de guerre, en tous cas pas ici. Je ne vois pas de milliers de morts, civils ou militaires. Je ne vois pas de gens qui fuient, parce qu’ils ont tout perdu. Je ne vois personne qui soit terrorisé. Je les vois au Moyen Orient, en Afrique, là où les peuples sont vraiment terrorisés, massacrés, violés, fuyant l’horreur. Une horreur islamiste, mais aussi l’horreur des bombardements qui tombent des hélicoptères d’Assad, des avions américains, français ou encore saoudiens au Yemen.

La guerre, nous la portons chez l’ennemi. Nous n’en subissons guère les conséquences. Y a-t-il montée aux extrêmes, y compris là bas, y compris contre l’état islamique ? Sûrement pas. On envoie quelques avions, qui bombardent, sans conviction, sans vraie volonté d’en finir. Et surtout pas de troupes au sol ! Attention à ne pas déplaire à la Turquie, au Qatar, à l’Arabie Saoudite !  C’est à dire ceux qui s’accommodent bien de ce pseudo état islamique, qui le manipulent, même si parfois la marionnette leur échappe. Tout ça est un jeu compliqué où certains savent à peu près ce qu’ils veulent et d’autres comme nous, qui en subissons parfois les répliques : quelques abrutis poseurs de bombes, qui mitraillent, des cibles précises, ou même n’importe qui a la malchance de se trouver là. Arrêtons de parler d’ultra violence comme veut nous le faire croire René Girard.

Nous vivons l’époque la moins violente depuis les temps bibliques. Regardez la conférence de Steven Pinker ou lisez  Robert Muchembled pour une analyse plus étayée.

 

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