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16/06/2015

Dalil Boubakeur au déconomètre

Puisqu’il n’y a pas assez de mosquées et qu’il y aurait trop d’églises, il suffirait d’après Dalil Boubakeur de transformer les églises en mosquées. D’après cet éminent « représentant » des musulmans de France : « C’est le même Dieu, ce sont des rites qui sont voisins, qui sont fraternels et je pense que musulmans et chrétiens peuvent coexister ».

On constate, en effet, qu’il y a un sérieux problème de formation des Imams de France. Dalil Boubakeur a-t-il conscience de l’énormité de ses propos : un même Dieu et des rites voisins ! Pourquoi deux religions alors ? A-t-il déjà participé à une prière dans une Mosquée ? On suppose que oui. S’est-il renseigné sur la liturgie chrétienne ? Visiblement non. Il aurait constaté qu’il n’y a rien de voisin et qu’on n’y prie pas le même Dieu. La religion chrétienne tient en quelques mots : Jésus descendit du ciel pour sauver les hommes par son sacrifice sur la croix. Il ressuscita le troisième jour et monta au ciel. La religion musulmane ne connaît pas cette incarnation de Dieu sur terre, ni sa résurrection de la mort terrestre. Rien de commun. Cela n’empêche pas de coexister, mais cela interdit de les confondre et de croire qu’il serait indifférent de transformer une église en mosquée ou l’inverse.

Cela s’est fait, dans l’histoire : À Cordoue ou à Séville, où les mosquées ont été transformées en cathédrales ; à Istambul où Sainte Sophie est devenue une mosquée. Il n’aurait pas du échapper à Dalil Boubakeur qu’il ne s’agissait pas alors de coexistence, mais de « reconquista » en Espagne de la chute de Constantinople en Turquie. Les deux événements étant d’ailleurs presque contemporains. Autrement dit, ces reconversions témoignent  d’une prise de pouvoir de l’un sur l’autre sûrement pas d’un esprit de tolérance et de coexistence pacifique.  Le moins qu’on puisse dire est que ce brave Boubakeur manque un peu de finesse en espérant récupérer sans coup férir quelques siècles d’histoire chrétienne sur notre sol.

Après il y a des faits. Il n’y a pas assez de mosquées en France. D’après Le Monde :

"Si on estime qu'il y a en France 3 millions de pratiquants musulmans (soit une moyenne entre les divers chiffres cités), on parvient au ratio d'un lieu de culte pour 1 200 fidèles.

Si on compare avec le catholicisme, on recense environ 40 000 églises en France, pour 11 millions de catholiques, soit une église pour 275 fidèles. Mais en réalité, on compte plutôt autour de 4 millions de catholiques pratiquants (au moins une messe par mois), selon une étude CSA. Et toutes les églises ne sont pas fréquentées. On peut donc faire le ratio du nombre de catholiques pratiquants rapportés au nombre de diocèses (16 550 environ). Ce qui nous donne... 1 église pour 241 fidèles.

Les catholiques ont donc quatre fois plus d'endroits où se réunir pour prier."

Il  n’y a pas assez de mosquées et beaucoup d’églises inoccupées. En oubliant, provisoirement, les arguments religieux et historiques que l’on vient d’évoquer, un simple remplacement des unes par les autres a-t-il du sens ?

Là encore, non. C’est que la répartition des églises correspond à un ancien habitat rural aujourd'hui parti en ville. Il y a trop d’églises dans les campagnes que les communes n’ont plus les moyens d’entretenir. Il n’est pas certain qu’il y en ait trop en ville. On ne construit peu pour de simples raisons de ressource. De ce point de vue, l’Église a les mêmes problèmes de financement que l’islam.

S’il n’est pas interdit de se poser des questions sur la conservation de toutes les églises de campagne, de prêtres qui desservent plus de 20 voire 30 clochers, cela ne résoudra en rien la question des mosquées en ville.

Boubakeur ferait mieux de réfléchir un peu avant de s’exprimer.

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