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15/06/2015

Quand Challenges croit démentir Arnaud Montebourg

J'ai la fâcheuse habitude de commenter l'actualité avec retard. Ce n'est donc pas demain matin qu'on me verra sur Twitter pour "être le premier à réagir à l'actu". Après mon anniversaire à retardement du referendum européen, voici sur un sujet voisin, comme le journal Challenges a cru prendre Arnaud Montebourg en délit de légèreté avec les faits économiques.

Car à vouloir décrypter, démêler le vrai du faux, c’est le journal Challenges qui dévoile son idéologie. L’article est intitulé : « Quand Montebourg s’arrange avec les faits ». Pas de chance, tous les chiffres cités par Montebourg sont exacts, et non contestés par cet article. C’est dans l’interprétation qu’ils divergent, ce qui est légitime. Dans ce cas-là, on ne titre pas sur les faits, mais plutôt sur les causes et conséquences.

Exemples :

Montebourg-Pigasse : La politique d'austérité expliquerait « la montée exponentielle du chômage – plus de 600.000 chômeurs de plus en trois ans ! », sachant qu'une progression du PIB, de 1 % pour 2015, « ce n'est pas suffisant pour faire baisser le chômage ».

Commentaire Challenges : Selon Pôle Emploi, à fin avril, la France métropolitaine comptait bien 641.200 demandeurs d'emploi de plus qu'en avril 2012. Et selon Eurostat, le taux de chômage a atteint un record de 10 % à fin mars. Pour la plupart des économistes, il faudrait atteindre 1,3 % à 1,5 % de croissance pour inverser la courbe du chômage.

Belote : Donc les chiffres donnés par Montebourg sont exacts

Commentaire Challenges : Cependant, il faut noter que le chômage est moins lié aux politiques d'austérité qu'à la structure du marché du travail et à la dynamique démographique.

Belote : Ça, c’est ce que pense le journaliste, ce n’est pas un fait, c’est une opinion, voire une idéologie.

Montebourg-Pigasse : Montebourg affirme encore qu'« on comprend aussi pourquoi les faillites d'entreprises en France (plus de 60 000 par an) ne diminuent toujours pas. »

Commentaire Challenges : Le nombre de faillites, de 62.073 en 2014 selon la Coface, reste très élevé par rapport à son niveau d'avant crise (de 43.000 à 50.000) mais a bien entamé sa décrue, avec une baisse de 2,7 % entre avril 2014 et 2015.

Rebelote : Donc les chiffres donnés par Montebourg sont exacts

Commentaire Challenges : De toute façon, la hausse des faillites ne saurait être attribuée à la seule politique d'assainissement budgétaire mais plutôt à l'assèchement de leurs débouchés dû à plusieurs années de crise.

Rebelote : Ça, c’est ce que pense le journaliste, ce n’est pas un fait, c’est une opinion, voire une idéologie.

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