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22/07/2009

Nous n'irons pas sur Mars

On a marché sur la lune, "là où la main de l'homme n'a jamais mis le pied" comme dirait les Dupondt. 40 ans déjà depuis cet exploit, et rien depuis. Mais pourquoi ?

Ce n'est pas une question d'argent ; si vraiment l'homme avait besoin et envie de poursuivre la conquête spatiale, on trouverait les ressources nécessaires. Mais on n'en a pas besoin. La conquête de la lune est avant tout un exploit technique et organisationnelle. D'un point de vue scientifique cela fait appel à des notions physiques et à des connaissances en astronomie que l'on avait depuis longtemps. L'exploit fut de construire cette série de fusées capables d'envoyer l'homme sur la lune et de le faire revenir. Il tient surtout dans la formidable organisation que fut la NASA de l'époque, capable de faire travailler quelques 500 000 personnes - sous-traitants compris - avec un même objectif.

On n'a alors rien découvert  que l'on ne savait déjà. De toutes façons, il n'y a pas besoin d'envoyer l'homme pour récupérer ou analyser les roches lunaires. Les russes l'on fait sans assistance humaine. On sait envoyer des sondes sur Mars et analyser à distance ce qu'elles y trouvent : roches inertes et éléments chimiques que l'on sait identifier de loin.

On compare souvent la conquête de la lune à la découverte de l'Amérique. La différence est dans les mots. La lune est une conquête, l'Amérique fut une découverte, suivie d'une conquête. Mais en 1492, on ne savait pas que ce continent existait. Certains doutaient encore que la terre fût ronde, on ignorait l'existence d'autres peuples. La découverte de l'Amérique change l'image que l'homme a de lui-même. A la même époque, la révolution galiléenne montre aussi que, non seulement l'Europe n'est pas le centre de la Terre, mais que cette même Terre n'est qu'une planète banale dans un système stellaire tout aussi banal, lui aussi dans une galaxie ordinaire, etc.. Bref, depuis cette époque nous avons définitivement perdu nos illusions par rapport à notre importance dans l'univers.

Aller sur la lune n'y a rien changé. Notre place dans l'univers et la perception que nous avons de nous-mêmes n'ont pas évolué depuis 1969. On n'y a rien trouvé et l'on ne sait quoi faire de cet exploit. Ce n'est pas pour rien que les vols se sont très vite arrêtés.

Alors maintenant, pour relancer le "rêve", les anciens d'Apollo XI lance un nouveau défi : Il faut aller sur Mars. D'après eux : «Apollo 11 était un symbole de ce qu'un grand pays et un grand peuple peuvent réaliser en travaillant dur et en travaillant ensemble». Nous y voilà : c'est juste un défi que l'on se lance pour prouver que l'on est capable de le relever.

Il y en a sûrement d'autres plus vitaux, et qui nous concernent au premier chef. Assurer une vie décente à nos enfants, par exemple, en pouvant se passer des énergies fossiles en voie d'épuisement, trouver un modèle économique moins prédateur et un peu plus juste, relancer la recherche fondamentale sur la structure de la matière et de l'univers. Tout ça se passe sur terre. Et puis quoi, à l'heure de la dématérialisation, a-t-on vraiment besoin de TOUCHER Mars pour en prendre connaissance. Toucher, c'est symboliquement en prendre possession, c'est justement cette vision de l'homme qui est en train de changer. Ce serait un contre-sens historique que d'engager cette aventure. Mais il y a peu de chances que quiconque s'y lance vraiment.

Nous ne marcherons pas sur Mars.