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29/05/2009

Le surréalisme

Le mouvement surréaliste naquit de la première guerre mondiale et connut son plein éclat jusqu'à la veille de la seconde. Même si André Breton a tenté de le faire revivre à son retour des Etats-Unis en 1946, le surréalisme ne retrouva plus l'écho et l'influence qu'il avait entre les deux guerres. Surtout, aucun artiste d'envergure de l'époque ne passa par ses rangs. En revanche, entre-deux-guerre, beaucoup de grands noms participèrent au mouvement, ou eurent des relations amicales avec lui. Citer quelques uns de ces artistes donne une idée de la fécondité du mouvement. En littérature, André Breton, Louis Aragon, Paul Eluard, Raymond Queneau, René Char et Julien Gracq firent partie du groupe. Du côté des arts graphiques, on citera Francis Picabia, Georgio de Chirico, Joan Miro, Salvador Dali, André Masson et Marcel Duchamp. Picasso était déjà maître de son propre style. Il était apprécié des surréalistes, mais ne faisait pas partie du groupe. Pour terminer cette liste, rappelons qu'un photographe comme Man Ray ou un cinéaste comme Bunuel (en association avec Dali) furent aussi, un moment, surréalistes. Citer tous ces noms, au delà de la célébrité acquise et du succès rencontré, illustre un des aspects majeurs du surréalisme. Fondé par des écrivains qui en élaborèrent la doctrine, le surréalisme n'est pas un mouvement purement littéraire. Dès le début, il s'élargit aux arts graphiques, fabrication d'objets divers, photographie et cinéma. Il fut l'un des premiers à parler d'art à propos d'objets en provenance de cultures non occidentales, d'Afrique ou d'Océanie. En revanche, il s'intéressa peu à la musique même si Georges Auric fit un bref passage dans ses rangs. Il rejetait le roman, et surtout le théâtre considéré comme une activité purement commerciale.

 

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Comment se définit le surréalisme ? Le mieux est sans doute de se reporter à la définition qu'en donne André Breton dans le « Premier manifeste du surréalisme » « Surréalisme : Automatisme psychique pur par lequel on se propose d'exprimer, soit oralement, soit par écrit, soit de toute autre manière, le fonctionnement réel de la pensée. Dictée de la pensée, en l'absence de toute préoccupation esthétique ou morale. Le surréalisme repose sur la croyance en la réalité supérieure de certaines formes d'association négligées jusqu'à lui, à la toute puissance du rêve, au jeu désintéressé de la pensée. Il tend à ruiner définitivement tous les autres mécanismes psychiques et à se substituer à eux dans la résolution des principaux problèmes de la vie ». C'est ainsi que naquit une des premières oeuvres du surréalisme : « Les champs magnétiques », exercice d'écriture automatique co-écrit par André Breton et Philippe Soupault. L'examen du manuscrit montre pourtant que, dès son origine, la théorie était contournée. Les pages de Philippe Soupault sont écrites d'un seul trait quand celles de Breton sont couvertes de ratures. La volonté d'ouvrir toutes les vannes de la pensée est bien réelle, mais celle-ci est néanmoins corrigée et contrôlée par des préoccupations esthétiques. Breton était bien conscient que l'automatisme pur pouvait laisser la place à du n'importe-quoi sans consistance ni valeur, ou encore à une bouillie de mots inaccessible.

 

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Mais plutôt que d'examiner les limites d'une telle démarche, intéressons-nous à sa fécondité. « Dictée de la pensée », le surréalisme est absolument antinomique à toute imitation ou représentation du monde extérieur. C'est un mouvement qui part de l'homme pour produire une autre réalité, qualifiée de supérieure, d'où son appellation de surréalisme. Ce n'est pas une tentative de capture ou de représentation du monde extérieur qui l'intéresse, ce sont les expressions, théoriquement pures de ce qui se passe dans notre cerveau. On trouvera là une relation très étroite avec la psychanalyse. Le surréalisme a toujours voulu rentrer en contact avec Freud. Et si celui-ci est resté méfiant à son égard, les surréalistes ont été fortement influencés par ses théories. La démarche surréaliste est extrêmement proche de la cure psychanalytique en ce qu'elle tend à laisser jaillir sans contrôle le « jeu désintéressé de la pensée ». Le surréalisme en attend une expression artistique, là où la psychanalyse en espère la libération de noeuds inconscients qui nous contraignent. Mais il n'y a pas de psychanalyste en surréalisme, pas de personne qui sache interpréter les paroles du patient. C'est au public que revient ce rôle, dont on espère qu'il saura, lui aussi, lire derrière des associations improbables, la vérité non fardée de son auteur. Pour autant, la définition du surréalisme donnée par Breton ne parle pas d'expression artistique. Elle se veut un moyen au service de « la résolution des principaux problèmes de la vie ». Le surréalisme se manifestera par des oeuvres ; sa définition est plus large et laisse la place à toute expression des différentes formes de la pensée, sans préjuger du résultat. C'est probablement en ce sens qu'il est le plus riche. Il fait confiance en chacun pour qu'une expression libérée de tout contrôle produise de l'inattendu, qui pourra peut-être être apprécié par d'autres en tant qu'oeuvre d'art. Là où il se sépare de la psychanalyse est dans la notion de collectif. La psychanalyse s'est clairement intéressée aux associations inopinées qui peuvent jaillir d'une parole sans contrainte, elle a vu dans les actes manqués la révélation d'un inconscient à la fois masqué comme agissant puissamment dans nos vies. Mais elle ne prend en compte que la parole d'un individu. Elle se limite à lui seul, uniquement par le biais de l'expression orale. Le surréalisme veut aller plus loin, et s'intéresse à toute forme d'expression «soit oralement, soit par écrit, soit de toute autre manière». Il prône la création collective et multi-disciplinaire. Nous avons déjà évoqué la création collective des « Champs magnétiques », à deux auteurs. On pourrait également cité « Nadja », illustré par des photos de Man Ray, « Clair de Terre », qui paraîtra avec une eau-forte de Picasso ou encore le « Second manifeste du surréalisme », orné d'un frontispice de Dali. Le surréalisme se fera connaître par de multiples expositions. Ces expositions sont considérées comme des oeuvres d'art, elles associent des poèmes, des peintures, des objets de toute sorte, elles sont annoncées par des affiches également créées et décorées par l'association des écrivains et des peintres. Il se diffuse également par l'intermédiaire de nombreuses revues qui proposent un mélange de textes et de représentations graphiques. Enfin le surréalisme se manifeste, souvent bruyamment, par des manifestations de tous ordres : réunion à l 'église de Saint Julien le Pauvre ("visite à travers Paris de lieux volontairement dérisoires"), procès intenté à Maurice Barrès. Toutes ces actions que l'on nommerait aujourd'hui « happening » faisaient pleinement partie de l'expression surréaliste.

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En tant que « moyen de résolution des principaux problème de la vie », le surréalisme ne pouvait manquer d'avoir affaire avec la politique. On a vu que le mouvement naquit à la fin de la première guerre mondiale. Il ne s'agit pas seulement d'une coïncidence de dates, puisque Breton, Aragon et les fondateurs du groupe avaient vingt ans pendant la guerre. Le surréalisme s'est fondé aussi contre cette guerre. Marqué par l'horreur du conflit auquel il participa, Breton réagit par un geste de révolte contre l'asservissement de toute une civilisation qui avait permis et même encouragé ce désastre. Il ne pardonnait pas, surtout, l'attitude de la plupart des intellectuels qui s'étaient ralliés à un discours de propagande patriotique qu'il jugeait indigne. Toute sa vie, il crachera sur le drapeau, l'uniforme, ira jusqu'à crier « Vive l'Allemagne, à bas la France ». De son côté, Aragon écrira, dans sont « Traité du style », qu'il « conchie l'armée française dans sa totalité ». La révolte politique est une des sources du surréalisme, elle sera la cause de sa dispersion. La liberté totale d'expression individuelle et collective qu'il prônait ne pouvait s'affranchir d'une réflexion politique. S'il a brièvement adhéré au parti communiste, Breton n'a jamais accepté de se soumettre aux contingences, voire aux compromissions du combat politique. Quand Pierre Naville, rallié au parti communiste, affirmait que le prolétariat n'attendait rien d'autres des poètes et des artistes qu'une « aide de techniciens et d'hommes habitués aux besognes de plume », Breton jugeait le programme communiste comme un programme minimum limité à la défense d'intérêts matériels, alors que le surréalisme est « une sommation totale ». D'autres membres du groupe prirent le chemin de l'engagement politique, avec Aragon d'abord, puis Eluard qui adhérèrent au parti communiste pour ne plus le quitter, et prirent part à la Résistance. René Char, sans adhérer au parti, était le chef d'un maquis du Lubéron. Il en tira un de ses plus beaux ouvrages « Les feuillets d'Hypnos », qui allie l'expression poétique au combat pour la libération des hommes. Il y a là, sans doute, un des sommets d'une poésie, non pas au service d'une cause, mais qui accompagne et magnifie l'action d'hommes de toutes provenances combattant pour leur libération : « Je veillerai à ce qu'ils soient chaussés comme des dieux », dit-il de ces êtres « sylvestres ». Pendant ce temps Breton, en exil à New-York, continuait à se livrer au jeu des « cadavres exquis ». Cette association de mots, dont on espère faire jaillir un pouvoir poétique nouveau, de l'association inopinée de mots jetés au hasard paraissait aux yeux de ses anciens compagnons comme un jeu inconséquent et irresponsable. En refusant de voir le tragique de la situation politique, Breton s'exposait à être taxé de dandysme. De leur côté, certains poèmes d'Aragon démontrent un servilité à l'égard des dirigeants communistes qui trahit toute ambition poétique.

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Qu'apporte donc le surréalisme en terme d'expression artistique ? On peut noter que le terme même d'art est absent de la définition du surréalisme. Il « cherche à résoudre les problèmes de la vie », par l'expression libre de la pensée. S'il se manifeste surtout par l'activité artistique, c'est grâce à une extension sans limites de la notion d'art. Marcel Duchamp exposait son urinoir en proclamant « c'est de l'art ». L'art est ainsi affirmé par son créateur en dehors de toute règle établie. C'est lui qui donne un statut artistique à sa production. Libre au spectateur d'accepter et de considérer l'oeuvre comme l'étant. Par cette revendication le surréalisme ouvre l'art à de multiples formes d'expression qui en étaient exclues. On a vu qu'il se manifestait par des moyens traditionnels (poésie, peinture, photographie, cinéma) mais aussi par la création d'objets de toutes sortes tels que collages, découpages, ou objets en sable. L'art, d'après le surréalisme, peut être partout tant qu'il est une expression authentique de son auteur. Si l'on s'en tient à la définition classique de Kant du « beau qui plait universellement sans concept », on comprend que le surréalisme ne cherche pas le beau dans ce sens. Kant voyait dans la beauté un moyen de communication direct entre les hommes sans passer par le détour d'un concept, d'une idée ou de l'objet. C'est pourquoi le jugement de goût a ce caractère universel qui fait que mon sentiment peut être partagé par d'autres. Quand il l'est, c'est bien que nous avons l'un et l'autre été émus par la beauté de l'objet artistique. Le surréalisme ne cherche pas à plaire, il cherche au contraire le scandale, et ne rechigne pas à repousser le spectateur. Il n'a aucune prétention à l'universel, mais au contraire, il magnifie le particulier jusqu'à l'incompréhensible. Il ne vise pas le beau, il n'a pas de préoccupation esthétique. Il cherche à révéler une réalité suprême supérieure à celle, banale à ses yeux, que nous donne à voir nos propres sens. Toujours à la recherche de l'inattendu, c'est sans doute dans la trecherche d'association que l'on peut mieux le définir. Association entre les différentes disciplines, on l'a vu, et association d'images. Mais celles-ci ne doivent pas être convenues, proches de la réalité visible. Elles doivent au contraire s'en écarter pour faire jaillir une nouvelle lumière. Toujours dans le « Manifeste du surréalisme », Breton déclarait : « La valeur de l’image dépend de la beauté de l’étincelle obtenue ; elle est, par conséquent, fonction de la différence de potentiel entre les deux conducteurs. Lorsque cette différence existe à peine comme dans la comparaison, l’étincelle ne se produit pas. Or il n’est pas, à mon sens, au breton-poupee-hopie.jpgpouvoir de l’homme de concerter le rapprochement de deux réalités si distantes. Le principe d’association des idées, tel qu’il nous apparaît, s’y oppose. Force est donc bien d’admettre que les deux termes de l’image ne sont pas déduits l’un de l’autre par l’esprit en vue de l’étincelle à produire, qu’ils sont les produits simultanés de l’activité que j’appelle surréaliste, la raison se bornant à constater, et à apprécier le phénomène lumineux. » La préoccupation esthétique est finalement reconnue dans ces lignes. Mais elle ne se manifeste qu'après l'acte créateur. Elle n'est pas visée d'abord, elle peut apparaître après. On voit facilement la richesse de la démarche, qui sans aucune contrainte, peut finalement créer la beauté là où on ne l'attendait pas. Ce n'est pas ici une beauté séduisante qui cherche à plaire mais plutôt une beauté qui provient de l'étonnement, de la joie de la surprise. Il faudrait donc laisser venir à l'esprit deux idées, deux images, deux phénomènes qui n'ont rien à voir. Et c'est justement ce « rien à voir » apparent qui pourra donner à voir et ressentir une réalité nouvelle et supérieure. Le surréalisme laisse la porte ouverte à n'importe qui revendiquant son art. Il casse tous les codes et donne à voir ce qui naguère n'avait pas sa chance, était sous-estimé voire méprisé. C'est ainsi qu'il fut un des premiers à reconnaître dans les arts premiers une force d'expression brute rendue possible par un acte créatif qui s'est plus attaché à créer cette émotion plutôt qu'à raffiner sans cesse une technique de représentation du monde vouée de toutes façons à l'imperfection de son résultat. Le surréalisme n'a pas d'a priori et ouvre l'espace de l'art à une infinité de possibilités et de créateurs là où certains voulaient le cantonner aux disciplines traditionnelles. C'est là sans doute son principal mérite, et l'on a déjà cité quelques grands noms parmi de nombreux autres qui passèrent par ses rangs.

 

Mais, plusieurs écueils guettent cette démarche. La surprise s'émousse vite, et l'émotion ressentie devant une « première fois », se transforme vite en lassitude blasée. Combien d'essais, de créations qui tournent à vide, avant que surgisse le miracle improbable d'une nouveau phénomène lumineux. Pour reprendre la comparaison de Breton de l'étincelle entre deux conducteurs, celle-ci pourra être brillante, soudaine, foudroyante dans le meilleur des cas. Mais si les conducteurs sont vraiment trop loin, le courant ne passe plus et l'on se retrouve en face du vide. A n'accepter aucun filtre à la création, le surréalisme s'expose au bavardage. Le bavard parle pour ne rien dire, en laissant s'exprimer librement « tout ce qui lui passe par la tête ». Liberté totale d'expression et donc possibilité de la nouveauté peuvent facilement se transformer en non-sens pour le lecteur ou le spectateur. « La parole, est faite pour ceux qui écoutent, et les bavards n'écoutent personne, comme ils sont toujours en train de parler » disait Plutarque dans son Traité sur le bavardage. Le surréalisme est fait pour ceux qui le créent, ils ne se préoccupent guère de ses interlocuteurs, auxquels il cherche plus à s'imposer plutôt qu'à les convaincre. Il est symptomatique que le surréalisme se soit aussi manifesté par des actions violentes contre qui ne partageaient pas ses choix. Les pseudo-procès, les injures, les expéditions punitives - contre un café qui avait eu l'audace de s'appeler Maldoror - montrent sans doute qu'ils se faisaient une haute idée de l'art, mais aussi sans égard pour qui déviaient de la ligne ou prenaient un autre chemin. A contrario, l'absence de règles peut conduire au silence et à l'impuissance. Devant l'infinité des possibles, le créateur peut être perdu puis paralysé. Non guidé par des contraintes de représentation, une technique imposée ou des règles esthétiques, il finit parfois par théoriser son impuissance. Monochromes, carré noir sur fond blanc, ou sur fond noir, témoignent d'une stérilité peut-être due à l'absence de contraintes.

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J'ai évoqué les nombreux artistes qui furent, un temps, surréalistes. Ils avaient besoin de créer leur oeuvre et leur style personnel après ce passage. C'est peut-être de cette éclosion de talents si divers que le surréalisme peut tirer le plus de gloire. Certains continuaient à s'inspirer de ses leçons tout en rejetant son côté tyrannique. D'autres partirent sur des voies radicalement opposées. L'exemple le plus frappant est sans doute celui de Raymond Queneau qui fonde l'OULIPO (Ouvroir de Littérature Potentielle) sur des principes radicalement opposés. A l'absence de règles il oppose la définition de contraintes formelles très précises dont on espère que la résolution sera l'occasion d'une création inattendue. Un de ses membres, Georges Perec disait «  Au fond, je me donne des règles pour être totalement libre ». « La vie mode d'emploi », qui est son oeuvre la plus réussie, est ainsi bâtie sur le modèle d'un immeuble dont Georges Perec va parcourir chaque appartement en suivant le parcours du cavalier du jeu d'échecs. Chaque étape sera l'occasion d'une histoire particulière mais qui rentre en résonance avec le projet du personnage principal. Celui-ci s'est fixé pour objectif d'apprendre l'aquarelle pendant dix ans, puis de peindre des bords de mer de tous les continents pendant vingt ans. Chaque aquarelle est envoyé à un artisan qui en découpe un puzzle, et notre héros passera les dernières années de sa vie à reconstituer les puzzles. De l'arbitraire de ces règles s'écrit un roman (DES romans, comme l'indique le sous-titre de « La vie mode d'emploi ») profondément original. Les contraintes posées par l'auteur ne sont évidemment pas vues en première lecture. Notre plaisir en est redoublé quand nous commençons à découvrir « comment c'est fait ». L'artiste qui se donne à lui-même ses propres règles (non celles d'une quelconque académie) y trouve à coup sûr plus de richesses que dans l'infini des possibles dont il ne sait que faire.

Commentaires

Quel travail ; bravo et merci !

Écrit par : Olivier SC | 01/06/2009

Merci pour ce bel article de référence.
Quel dommage que nous n'ayons plus aujourd'hui, ici en France, de mouvements aussi impertinents.
Et puis, c'est vrai, la musique n'y a pas participé... Mais elle est déjà en elle-même surréaliste.

Écrit par : Nicorazon | 02/06/2009

Enfin! J'ai trouvé un blog qui me seront utiles à l'apprentissage du français.

Écrit par : Shiva Internet telephony | 16/02/2010

Les commentaires sont fermés.