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15/01/2009

Des natalités - En France et ailleurs

On n'a pas si souvent l'occasion de se réjouir pour ne pas saluer la bonne santé de la natalité française. Avec 834 000 naissances et 543 000 décès, la population continue d'augmenter pour atteindre 64,3 millions d'habitants (France métropolitaine et Outre-mer). Les projections de l'INSEE tablent sur une population qui se stabiliserait autour de 70 millions dans les années 2050.

Autant l'on peut s'inquiéter de l'accroissement de la population mondiale qui est en fait un accroissement de la population asiatique et africaine, autant il est permis de se réjouir que la France renouvelle ses générations tout en accroissant l'espérance de vie.

Un pays qui ne renouvelle pas ses générations est un pays qui se suicide lentement et va au devant de problèmes insurmontables. Le cas du Japon est spectaculaire : Les projections annoncent une population de 95 millions d'habitants en 2050, soit 32 millions de moins que les 128 millions de 2004. A plus long terme, la population baisserait jusqu'à descendre sous la barre des 50 millions en 2100.

Les études montrent que le désir d'enfant des pays développés se situe en moyenne aux alentours d'un peu plus de deux (2,1),  autrement dit au seuil correspondant au renouvellement des générations.

Le politique n'a pas à  se mêler d'un désir d'enfant qui doit rester une affaire individuelle. Il peut, et de mon point de vue, il doit, s'efforcer de permettre à ce désir d'enfant de s'exprimer au mieux. C'est ainsi que la France maintient au fil des ans et des divers gouvernements une politique familiale relativement efficace. La politique familiale se définit par diverses prestations en espèces (congés de maternité, allocations familiales) et en nature (crèches, aides à domicile, scolarisation précoce).

Les aides en nature sont largement aussi efficaces que les aides financières. Elles rendent possible aux mères de famille de cumuler un emploi et la garde des jeunes enfants. Il est frappant de faire une comparaison entre les politiques françaises et allemandes.

La politique familiale française vient de son histoire et la longue stagnation de sa population tout au long du XIXème siècle. Jusqu'en 1800, la France était le pays le plus peuplé d'Europe avec près de 30 millions d'habitants. En 1900 elle dépassait péniblement les 40 millions. Pendant ce temps, l'Allememagne passait de 21 millions à 56 millions. Pas besoin de chercher plus loin, une des clés des différentes guerres. Et il est vrai que la politique familiale française a été pensée comme un moyen de concurrencer le dynamisme allemand et d'arriver à aligner suffisamment de divisions. D'où la mauvaise réputation de ce type de politique, accusée de vouloir fournir suffisamment de chair à canons.

C'est maintenant en Allemagne que le problème se pose avec son taux de fertilité de 1,32 enfants par femme (2,1 en France). L'Italie ne fait guère mieux avec 1,31, sachant que c'est une moyenne qui cache une grande disparité entre la prospère Italie du Nord qui ne fait plus d'enfants et l'Italie du Sud. Ce n'est sûrement pas un hasard si tous ces pays (Japon, Italie, Allemagne) subissent toujours le contre coup des régimes fascistes qui encouragaient une natalité destinée ouvertement à fournir des soldats. Ils ont également laissé le souvenir de l'endoctrinement des enfants dans des structures collectives à la gloire du régime. Encore aujourd'hui, en Allemagne, il n'est pas bien vu de laisser son enfant dans une crèche. Les choses évoluent, l'Allemagne a enfin pris conscience du danger démographique. Mais il lui faudra du temps pour se redresser.

D'autre pays souffrent aussi d'une dépopulation préoccupante. En particulier les ex pays de l'Est. Une étude de l'INED s'attache à comparer la démographie  de la France et de l'Ukraine, de superficie et de population semblables à la veille de la seconde guerre mondiale. Aujourd'hui la population de la France dépasse de 30% celle de l'Ukraine qui souffre en plus d'une espérance de vie en décroissance. Là aussi le poids le l'histoire soviétique et de la guerre aura été considérable.

Commentaires

Autant l'on peut s'inquiéter de l'accroissement de la population mondiale qui est en fait un accroissement de la population asiatique et africaine, autant il est permis de se réjouir que la France renouvelle ses générations tout en accroissant l'espérance de vie.

>>> j'aimerais bien qu'un jour quelqu'un m'explique ce paradoxe ? car moi, l'accroissement de la population "en général", ça me stresse et je n'y trouve aucun sujet de réjouissance. Il faudra bien qu'on laisse de la place pour tout le monde chez nous avec les courants migratoires en plein boom ; et au rythme où nous allons, je ne vois plus trop comment....

Écrit par : Cath | 18/01/2009

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