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27/10/2008

La publicité posthume de Soeur Emmanuelle

Mais qui suis-je donc pour dire ma gêne à écouter ce message posthume de Soeur Emmanuelle ? Rien de ce que je peux faire ne peut se comparer.

Enregistré deux ans avant sa mort voici ce qu'elle nous dit :

"Lorsque vous entendrez ce message, je ne serai plus là. En racontant ma vie, toute ma vie, j'ai voulu témoigner que l'amour est plus fort que la mort. J'ai tout confessé - le bien et le moins bien - et je peux vous le dire. De là où je suis, la vie ne s'arrête jamais pour ceux qui savent aimer".

On ne pourra même pas accuser quelque requin qui voudrait faire du fric sur le dos de la sainte. C'est bien elle qui aura enregistré ce message au profit de son association d'aide aux défavorisés (Asmae-Association Soeur Emmanuelle).

En entendant cette pub, ce matin, j'ai tout simplement été épouvanté. Comment peut-on parler de la mort sur ce ton guilleret, sur un air d'opérette, comme s'il s'agissait d'une simple plaisanterie ? Ceux qui me lisent savent que je n'ai aucune hostilité à l'égard du message du Christ et que mes incertitudes aimeraient bien se tranformer en véritable Foi.

Mais à entendre cette voix, qui n'est pas d'outre tombe, j'ai eu le sentiment que tout était faux. Comme si, décidément, la mort n'était rien qu'un simple passage d'où l'on pourrait encore nous parler, comme si de rien n'était, et que rien ne changeait, fondamentalement. Comment pouviez-vous, sans rien en savoir, affirmer avec tant de certitude, ce que vous connaissez peut-être, mais que vous ne pouvez plus nous dire, malgré ce subterfuge ? La technique permet ce genre d'illusion ; croyez-vous que cet espèce "d'enregistrement-réalité" puisse nous tromper ? Il nous plonge, au contraire, dans l'épouvante de la mort, comme un spectacle de plus.

 

 

Commentaires

Que ça fasse faux, certainement. Que ça me mette en colère, absolument. Là où je vous suis moins, c'est sur "l'épouvante de la mort". On ne sait rien de certain sur ce qui se passe après la mort, en admettant qu'il se passe quelque chose. Du coup, je ne ressens pas vraiment d'épouvante à l'idée de ma fin, que je ne pourrai éviter de toute façon.

Écrit par : Anna | 28/10/2008

Anna,

C'est la mort comme spectacle que je trouve épouvantable.
Nous n'avons pus aucune certitude si ce n'est de mourir. Pourtant la mort est cachée et la vieillesse méprisée.
J'ai ressenti l'air d'opérette de Soeur Emmanuelle comme une autre manière de nous masquer cette réalité là.

Écrit par : René | 29/10/2008

Là, je vous rejoins totalement. :-)

Écrit par : Anna | 29/10/2008

Quand le sage montre le ciel le sot regarde le doigt (proverbe chinois)...

En lisant les commentaires ci-dessus commentaires je suis un peu déçu pour Soeur Emmanuelle car cela montre que malgré tous ces efforts certains n'ont toujours rien compris au sens de LA VIE, de SA VIE et à son message, et qu'à tout le moins ils n'ont pas le sens de l'humour. En montrant que l'amour est plus fort que la haine et les forces de la vie plus fortes que les celles de la mort elle ne nie pas la mort en tant que réalité physique parfois douloureuse si elle s'accompagne de souffrance (elle en parle longuement dans des interviews) mais en tant qu'anéantissement total. C'est un message d'espoir et de spiritualité, présenté d'une manière délicieusement facétieuse et impertinente par une personne pleine d'humour et qui ne s'encombrait pas de formalisme. Moi jai adoré car il n'y a que Soeur Emanuelle pour s'y être risquée. D'ailleurs, le risque faisait parti de sa vie: "en avant" disait elle toujours en souriant. Que cela face grincer des dents ou gronder des esprits chagrins elle s'en contrefiche...Là haut elle doit se marer...
Je peux cependant comprendre ces commentaires car l'homme moderne et tout particulierement celui du pays de Descarte, est intectuellement très mal outillé (il serait même plutôt pitoyablement desossé) pour aborder avec objectivité les questions spirituelles. A ce niveaiu làla reflexion collectiv est quasi innexistance, et on est coincé entre la croyance pure et simple avec ses lithanies religieuses ou le virtuel. Derrière: aucun questionnement, aucune analyse, aucune recherche (en france bien entendu), on est au niveau zero de la spiritualité.
Dans ces conditions, que le message posthume de Soeur Emmanuelle déplaise ou choque ne me surprend pas mais ce sont ces commentaires etriqués qui m'affligent. Et pourquoi ne pas être choqué par les évocations faites de son vivant de l'éternité ou de son espoir de rejoindre dieu "comme une fusée"?
Le spirituel fait parti du réel, mais l'approcher est autrement plus difficile que le virtuel car il implique des démarches de tout ordre que des personnes brillantes et d'exception consignent dans des travaux que très peu lisent.

Écrit par : claude | 29/10/2008

@René: cette "pub" de soeur Emmanuelle est bien homogène avec ce qu'elle a écrit et dit. Si elle avait peut-être peur du passage, elle était impatiente de rejoindre un au-delà auquel elle croyait.
Ce n'était pas de l'affectation mais... de la Foi qui sonnait juste malgré une certaine exaltation.

Mais j'ai été moi aussi dérangé par ce message. En y réfléchissant, c'est plutôt la récupération pour la promo post mortem que le propos lui-même que j'ai trouvé déplacé. Le propos rendrait plutôt envieux...

@Claude : bravo, quelle posture efficace ;-)

Écrit par : Xavier | 30/10/2008

Claude : franchement, je n'ai aucun problème avec la foi de Sœur Emmanuelle, j'espère bien qu'elle a rejoint Dieu. Ce qui m'a mise en colère, c'est le côté publicitaire de la chose. Comme si sa mort n'était pas autre chose qu'une "opportunité marketing", vous voyez ?

Écrit par : Anna | 01/11/2008

@ Claude,
Je ne parlerais pas aussi légèrement du niveau de la spiritualité, en France. Qu'en savez-vous, et d'ailleurs je ne vois pas comment aborder avec "objectivité" les questions spirituelles qui sont d'une autre nature.

Par ailleurs, je peux comprendre la Foi de Soeur Emmanuelle, et sa certitude d'un au delà dans la contemplation de Dieu. Mais quelle que soit cette certitude, elle ne peut pas être prouvée. Parler sur terre, et au présent : "De là où je suis, la vie ne s'arrête jamais" est une imposture. Personne ne peut parler ni ne parlera " de là où nous serons". A vouloir forcer la conviction par ce message, Soeur Emmanuelle nous en fait plus douter qu'elle ne nous convainc.

Écrit par : René | 01/11/2008

Cest un fait qu'elle avait vraiment tout prévu et tout organisé, "du marketing d'enfer" comme aurait dit J M Cavada, et si cette fois ci elle n'y est pas allé avec le dos de la cuillère et ne s'est pas embarassée de précautions pour les athés, c'était pour la bonne cause. Libre à chacun d'y adherer ou non.
En ce qui concerne le traitement objectif des questions spirituelles, je conçois que cela est contradictoire dans les termes. J'ai eu besoin de vérifier sur le Petit Robert le sens du mot spirituel : "qui est esprit, de l'ordre de l'esprit considéré comme un phénomène indépendant" (..) "qui est d'ordre moral, n'appartient pas au monde sensible ou physique" (...) "propre ou relatif à l'ame en tant qu'émanation, reflet d'un principe superieur ou divin".
Mouais... c'est apparemment juste mais trop réducteur à mon goût. En établissant une cloison aussi étanche entre le materiel et le spirituel on s'interdit beaucoup de choses, et peut être les plus interessantes. Sans faire de la sociologie, on pourrait déjà commencer à étudier avec un peu plus de sérieux (c'est même considéré comme une discipline universitaire en Russie et considéré avec serieux aux usa) tous les phénoménes paranormaux ou qui impliquent un lien entre la pensée et le monde matériel.
De l'infiniment petit vers l'infiniment grand, du materiel vers le spirituel le plus désincarné, du passé vers l'avenir, ici et ailleurs, tout n'est qu'une question extrèmement complexe de transmutation d'énergies dans un univers multidimensionnel, et l'énergie extraordinaire qu'à déployée Soeur Emanuelle au service des autres et à aimer Dieu (qu'elle définit comme l'Amour aveccomme corrolaire la Justice) n'est peut être pas seulement que le produit d'une croyance mais d'une extraordinaire intuition, celle que nos actes les plus innocents ont valeur au-delà de notre enveloppe charnelle. Je la crois beaucoup trop intelligente pour se laisser berner par des croyances. Elle cherchait d'ailleurs des certitudes et lisait (à juste titre) Pascal.

Écrit par : claude | 11/11/2008

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