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29/05/2008

Orthographe du nénufar

Je lis dans l'Express de cette semaine que la communauté lusophone vient de se mettre d'accord pour une réforme du portugais. Humido devient umido, optimo devient otimo et auto-estrada autoestrada. Ce sont quelques réformes qui harmonisent les orthographes et consacrent l' usage. Elles consacrent surtout l'usage brésilien et ses  200 millions de locuteurs contre un peu plus de 10 millions au Portugal.

En lisant cela, je m'apprêtais à rédiger une diatribe bien sentie contre une académie française, gardienne sourcilleuse d'un Français congelé depuis des siècles. Je m'apprêtais aussi à comparer avec le Portugais, qui jouit d'une ancienne colonie dont la puissance lui permet d'imposer sa vitalité linguistique aux crispations de sa vieille terre natale.

Et je m'apprêtais donc à regretter que le français se fixe encore sur les quais de Seine au lieu de s'aérer au bord du Saint-Laurent. Mais il n'en est rien, et ce n'est pas cette vénérable institution que l'on pourra accuser de notre immobilisme.

Car l'attachement des français à  certaines bizarreries de leur orthographe a quelque chose de pathologique. Sous prétexte d'étymologie, ou de raisons historiques parfois obscures et souvent fantaisistes, beaucoup restent attachés aux nombreuses exceptions et absurdités que rien ne justifie ; source d'échec scolaire et barrière à l'apprentissage du français par les étrangers.

Doit-on tous les citer :

  • L'é sur sur la deuxième syllabe de événement du à un erreur de typographie
  • Le nénufar, mot d'origine arabe, doit s'écrire avec un f et non ph comme s'il était grec
  • Le chariot avec un r et la charrette avec deux
  • On n'oubliera pas les deux cuisseaux du veau qui se transforment en cuissots pour un chevreuil sans que ni l'un ni l'autre n'y soit pour rien ni cuisiné différemment

Il y en a beaucoup d'autres que l'on pourra consulter sur le site de l'académie (un seul c) française qui recense ces anomalies et propose la nouvelle orthographe. Car cette orthographe existe depuis que Michel Rocard en 1990 avait demandé  qu'on la révisât. Cette orthographe est proposée, nullement imposée, depuis 18 ans. Cette réforme ne propose que la suppression d'exceptions non justifiées, la rectification d’anomalies  qui ne doivent rien à l’étymologie (chariot-charriot,imbécillité- imbécilité, etc.). Elle ne change rien aux règles liées à la grammaire. Pourtant, elle ne s'est pas imposée par l'usage et surtout elle n'est pas enseignée. On continue en 2008 de forcer les enfants à apprendre des règles qui n'en sont plus depuis 18 ans. On leur fait perdre un temps précieux à retenir des listes d'exception qui polluent la langue, sans l'orner du charme d'une tradition qui n'intéresse plus que quelques érudits. L'effort est tel que les adultes qui y parviennent voient dans ces scories le signe de la réussite scolaire et donc sociale. La sélection par l'échec commence déjà là, par la maîtrise d'un code qui doit tout au maintien des castes savantes et rien à la volonté de faciliter l'accession à une langue purifiée.

Répétons le, cette orthographe est correcte d'un point de vue des autorités compétentes. Elle est surtout plus élégante, et elle facilite l'accès et la compréhension du Français. Il ne tient qu'à nous de l'utiliser pour qu'enfin les mentalités bougent, et l'on pourra vérifier dans ce mini-guide d'utilisation qu'il ne s'agit évidemment pas d'écriture phonétique ni d'un langage SMS qui est proposé. Que chacun s'en fasse une idée.

Il semble que les mentalités évoluent :

A partir de maintenant, j'écrirai donc avec cette orthographe rectifiée. Je parie que peu verront la différence, mais peut-être ferai-je moins de fautes.

27/05/2008

Reprendre le blog

Reprendre son blog, c'est presque comme reprendre son travail : une activité tellement futile et si vite oubliée.

Reprendre son blog, c'est comme ré-écouter, relire les informations de son pays. Bertrand Delanoé a fait des déclarations :  Ah bon, lesquelles ?  Une grève : de qui de quoi ?

Reprendre son blog, c'est rebrancher toutes ces prothèses électroniques : le portable, le PC sur Internet. On s'en passe si facilement, et je ne ressens aucun manque. Je suis d'une génération privilégiée, qui aura vécu dans un monde sans informatique, qui peut s'en passer et qui se souvient encore que ça peut exister. Une génération pas trop âgée non plus, à être effrayée par ces outils, et qui puisse même en goûter toute la puissance.

Reprendre son blog, c'est revenir au Monde tel qu'il est devenu pour moi. J'espère y être toujours bienvenu.

16:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1)

16/05/2008

En Mai, fais ce qu'il te plait

Chères lectrices et lecteurs,

Pause vacancière d'une semaine pour ce blog.

Soyez sage pendant ce temps. Les commentaires restent ouverts.

J'y répondrai à mon retour en vous souhaitant plein de jolies choses.

18:50 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0)

15/05/2008

Attali pète les plombs

    Depuis qu'il a fait sa grosse commission, Jacques Attali ne se retient plus. Son cervolcan crépite et bouillonne à plein gaz. Sa dernière émanation est un FART . Ce FART est un nouvel ensemble formé de la France, l'Allemagne, la Russie et la Turquie. Par rapport à l'Union Européenne, il n'est ni dedans, ni dehors. Peut-être derrière..

France, Allemagne, Russie, Turquie pour un nouveau bouquet. Tous les trois, nos anciens ennemis, nous affirme-t-il. Mais notre visionnaire connaît mieux l'avenir que son Histoire. Il a du oublié nos relations avec la Sublime Porte depuis François 1er au moins, et l'alliance russe toujours recherchée quand notre diplomatie est intelligente. O Delcassé !

Le FART est sensé équilibrer les puissances montantes comme la Chine, l'Inde et même l'Afrique. On ignorait jusqu'alors que l'Afrique était une puissance unifiée, ayant atteint le milliard d'habitants. 

Jacques Attali voit loin, mais ça fait beaucoup de pétards mouillés lancés aux peuples qui mettront mille ans, dit-il avant de digérer l'entrée de la Turquie.

Attali voit le FART en facteur de paix tôt manié par son cerveau fécond. Mais pourquoi le FART dans cet ordre Jacques ? Avec le FRAT, tu lancerais une ode heureusement mieux inspirée, pour nos amis anglo-saxons. L'excellent chroniqueur Arthur Goldhammer n'a pas manqué de renifler derrière ce FART certaines effluves nauséabondes que tout anglophone repère plus naturellement que nous.

Une usine à gaz à lui tout seul, commente Arthur.

Et quand en plus elle ne produit que du vent..

13/05/2008

Pauline au Buffalo Grill

"Bonjour, je m'appelle Pauline, pour votre service"

En déplacement client, les soirées sont souvent moroses. Je n'ai pas le goût de rechercher  le bon petit restaurant. D'ailleurs, dîner seul est une corvée, qu'il faut bien remplir dans une fonction purement métabolique. Pour ça, rien ne vaut les chaînes de restaurant. C'est toujours pareil, on a son nombre de calories, et surtout on n'attend pas. Rien de pire que ces restaurants à la française où, une fois installé, les serveurs passent et repassent devant vous en faisant mine de ne pas vous voir. Au Buffalo, à peine assis, on vous amène une carafe d'eau et un bol de salade.

Pauline a les jambes trop maigres pour la petite jupe du Buffalo Grill. Elle a un vrai sourire et rien de commercial ni d'automatique dans ses paroles. Comme je réponds "Bonjour Pauline, je suis content que ce soit vous", elle se crispe tout de suite.

Pauline est serveuse au Buffalo Grill. Elle est trop maigre et le sourire se fatigue quand on l'appelle ainsi par son prénom. Trop de compliments vulgaires ne laissent pas de place au simple plaisir du remerciement. De toutes façons, Pauline n'a pas le temps de s'attarder à une table. La tenancière surveille. On la reconnait à ce qu'elle n'a pas l'uniforme. Car toutes ont ce chemisier rouge et cette courte jupe. Et toutes ne sont pas jolies comme Pauline, et toutes n'ont pas que des compliments.

Quant à moi, je cherche à croiser son regard à nouveau, essayant d'y faire passer un sourire qui ne soit que cela. Un sourire sans objet, ni pitié, ni moquerie ni désir et qui soit purement gratuit. Ca me semble facile et je n'ai rien à déguiser ; c'est exactement ce que je ressens et ce que je veux dire à Pauline. Elle, méfiante, détourne les yeux pour ne pas croiser les miens qui la suivent trop pour qu'elle n'en sente pas l'appel.

Mais il n'y aura rien de gratuit ce soir au Buffalo Grill de Chenove, aux abords de Dijon, et Pauline s'arrangera même pour ne pas avoir à présenter la note. Je paie.

09/05/2008

Quand Bobo-Psy commente l'affaire Fritzl

 

C'est dans Le Point et chez Karim Sarroub que l'inénarrable Jacques-Alain Miller, héritier du non moins inénarrable de Jacques Lacan, livre son analyse sur l'abominable affaire Fritzl.

Extraits de la péroraison de Diafoirus Miller:

"Le Point : Qu’est-ce qui peut conduire un individu à un tel degré de perversion ?
Jacques-Alain Miller : Une bonne éducation, à l’ancienne, de hautes vertus morales... Je m’explique. Par quels traits Das Inzest-Monster, comme l’appellent les Autrichiens, restera- t-il dans les annales cliniques et policières ? Vous pensez bien qu’il ne le devra pas au seul fait de l’inceste, pratique fort répandue, ni non plus au nombre de ses victimes. S’il est exceptionnel, c’est par la ténacité, la constance, l’endurance. Ce qui sort de l’ordinaire, c’est la régularité invariable d’un acte immonde, la méthode, la minutie et l’esprit de sérieux investis dans l’accomplissement solitaire d’un forfait unique s’étendant sur un quart de siècle. Pas une erreur, pas un faux pas, pas un acte manqué. Total quality. Ce sont là autant de qualités éminentes traditionnellement attribuées au caractère germanique. Mises au service de la science et de l’industrie, elles ont fait la réputation des pays de langue allemande. D’ailleurs, c’était un ingénieur en électricité, et il disait à sa femme qu’il descendait dans sa cave pour dessiner des plans de machines.
Si Gilles de Rais en France, Erzsebeth Bathory en Hongrie, grands féodaux des XVe et XVIe siècles, restent dans les mémoires, c’est au contraire pour le désordre de leur conduite, leurs viols et assassinats innombrables. L’Autrichien, petit notable provincial, lui aussi est un tyran, mais purement domestique. Il mène une existence parfaitement « popote », mais dédoublée. Il est fidèle à sa fille Elizabeth, unique objet de sa jouissance, dont il fait en quelque sorte une seconde épouse. Il lui donne sept enfants, le même nombre qu’à son épouse légitime. Il semble que l’on ne puisse lui reprocher ni avortement ni contraception : c’est un bon catholique. Il opère dans la plus grande discrétion, sa conduite n’est l’occasion d’aucun scandale, d’autant que cette seconde famille, il la fait vivre sous terre, dans des cagibis aveugles où l’on ne peut se tenir debout, à la Louis XI."

Comme l'affaire de Bruay en Artois en son temps, comme Marguerite Duras en extase ( coupable , forcément coupable ) à l'époque de l'affaire Grégory, le bobolandais psy se doit de délivrer sa vision.

Vie bourgeoise, éducation catholique, rigueur allemande : Kinder, Küche, Kirche sont les trois mamelles de l'abomination pour ne pas dire du nazisme. "La maison natale de Hitler est à une heure et demie d’Amstetten par la route, Mauthausen plus proche encore"  remarque encore le pontife. On n'échappera pas non plus au fameux "père sévère" dans l'ignominie.

La psychanalalyse, qui garde son intérêt théorique, se meure des Trissotins qui l'incarnent. A force de haine d'une vie bourgeoise dont ils partagent en rougissant les avantages matériels, ils finissent par y voir la racine de pulsions qu'ils dominent par leur savoir quand d'autres y succomberaient de leur aliénation.

De Hitler lui-même, et Beria, en passant par Dutroux jusqu'à Fourniret, il ne manque pas d'exemples de vie de bohême associée à l'ignoble. On en trouvera autant derrière l'apparence d'une vie bien rangée, chez Goebbels jusquà ce Fritzl. Le Mal ne se laisse pas réduire à un mode de vie.

06/05/2008

Ecrire ou maniper, il faut choisir

Mes charmants collègues soldent leurs jours de congé. Eux.

Du coup me voilà le seul disponible pour faire des manipes techniques chez un client :

  • Recopier une instance SAP sur un nouveau serveur
  • A partir de cette copie, exécuter un "upgrade" Oracle9 vers Oracle10g
  • Enfin exécuter un autre upgrade de la version SAP d'origine (4.6C) vers ECC6

Tout ce jargon ne passionnera pas mes lecteurs habituels qui n'ont qu'un faible aperçu de mes activités professionnelles. Normalement, je ne fais plus ce type d'intervention exclusivement technique, ayant maintenant un rôle d'avant-vente et de direction de projet lors de la phase de "delivery". Mais voilà, il me reste encore quelques compétences qui m'ont fait accepter cette mission.

J'avais oublié à quel point ces procédures sont ardues et surtout extrêmement minutieuses. 

Difficile dans ces conditions de prendre un peu de temps pour suivre les blogs et alimenter le sien.

Je serais sans doute un peu moins actif dans les jours à venir.