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13/05/2008

Pauline au Buffalo Grill

"Bonjour, je m'appelle Pauline, pour votre service"

En déplacement client, les soirées sont souvent moroses. Je n'ai pas le goût de rechercher  le bon petit restaurant. D'ailleurs, dîner seul est une corvée, qu'il faut bien remplir dans une fonction purement métabolique. Pour ça, rien ne vaut les chaînes de restaurant. C'est toujours pareil, on a son nombre de calories, et surtout on n'attend pas. Rien de pire que ces restaurants à la française où, une fois installé, les serveurs passent et repassent devant vous en faisant mine de ne pas vous voir. Au Buffalo, à peine assis, on vous amène une carafe d'eau et un bol de salade.

Pauline a les jambes trop maigres pour la petite jupe du Buffalo Grill. Elle a un vrai sourire et rien de commercial ni d'automatique dans ses paroles. Comme je réponds "Bonjour Pauline, je suis content que ce soit vous", elle se crispe tout de suite.

Pauline est serveuse au Buffalo Grill. Elle est trop maigre et le sourire se fatigue quand on l'appelle ainsi par son prénom. Trop de compliments vulgaires ne laissent pas de place au simple plaisir du remerciement. De toutes façons, Pauline n'a pas le temps de s'attarder à une table. La tenancière surveille. On la reconnait à ce qu'elle n'a pas l'uniforme. Car toutes ont ce chemisier rouge et cette courte jupe. Et toutes ne sont pas jolies comme Pauline, et toutes n'ont pas que des compliments.

Quant à moi, je cherche à croiser son regard à nouveau, essayant d'y faire passer un sourire qui ne soit que cela. Un sourire sans objet, ni pitié, ni moquerie ni désir et qui soit purement gratuit. Ca me semble facile et je n'ai rien à déguiser ; c'est exactement ce que je ressens et ce que je veux dire à Pauline. Elle, méfiante, détourne les yeux pour ne pas croiser les miens qui la suivent trop pour qu'elle n'en sente pas l'appel.

Mais il n'y aura rien de gratuit ce soir au Buffalo Grill de Chenove, aux abords de Dijon, et Pauline s'arrangera même pour ne pas avoir à présenter la note. Je paie.

Commentaires

La réputation gastronomique de Dijon est très surfaite ;-) Je suis sûr qu'ils n'ont même pas d'oeufs en meurette ou de jambon persillé au Buffalo grill de Chenove (prononcer Chnôôôve) !

Quant à Pauline, elle manque de simplicité. Ou elle est lassée des clients graveleux et se méfie comme tu l'écris. Un drame de la vie quotidienne.

Écrit par : Xavier | 13/05/2008

C'est bien Chnôôôôve qu'il faut prononcer, une des habituelles "zones d'activité" aux abords des grandes villes. Toutes les même avec leur Castorama, l'hyper marché Auchan et donc ce Buffalo Grill.

Mais il suffit de s'éloigner un peu sur cette route de Beaune pour traverser des villages aux noms aussi connus mais cette fois-ci uniques : Gevrey-Chambertin, Vougeot, Vosne Romanée, Nuits Saint Georges. Ici on est plus modeste que dans le Bordelais où le moindre hectare de vigne se veut être un château. En bourgogne on se contente du Clos, mias la prospérité semble bien partagée entre ces deux régions.

Écrit par : René | 14/05/2008

Pour rester simple, juste après Chnôôôve tu trouves Marsannay où l'on produit un rosé plus abordable que ces voisins rouges et blancs. Et meilleur que beaucoup de rosés de Provence. Une sorte de mise en bouche avant d'attaquer les côtes.

Écrit par : Xavier | 14/05/2008

Merci Xavier pour la bonne adresse. J'essaierai d'y passer avant de partir.

Écrit par : René | 14/05/2008

En peu de mots tu dis les maux de ton coeur et les maux qui nous hantent...

Écrit par : Cath | 16/05/2008

Les commentaires sont fermés.