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30/04/2008

Fabriqué en dollars, vendu en Euros

Quand le dollar perd 10 cents face à l'euro, Airbus perd un milliard estime Louis Gallois, président d'EADS.

Airbus fabrique en Euros et vend en dollars.

Il y en a d'autres qui font le contraire.

Des fabricants de matériel informatique, comme le mien par exemple. Chez Sun, on fabrique en dollars et on vend en Euros. Le taux de change est alors très favorable pour le vendeur, beaucoup moins pour le client. C'est aujourd'hui la zone Euro, y compris la France, qui tire les résultats, alors que la zone américaine se traîne.

Un de nos clients, qui a une filiale au Brésil, s'est fourni là bas à des prix beaucoup moins élevés que ce qu'il nous paie en France pour les mêmes équipements. A voir la différence, il n'est pas loin de penser qu'il s'est fait rouler. 

Du coup, il essaie de se fournir au Brésil plutôt qu'ici, pour ses nouveaux matériels à destination de la France. 

28/04/2008

Elkabbach devrait lire Bossuet

Il y a l'information financière et boursière. Quelques minutes ou même quelques secondes d'avance peuvent faire la différence. On peut comprendre l'importance d'être le premier et des investissements que cela nécessite. Des décisions sont prises à partir de ces informations, des décisions qui peuvent engager plusieurs milliards.

Il y a des informations stratégiques qui alimentent les gouvernements. Chaque pays entretient des services de renseignement pour ça. Avoir la bonne information au bon moment est évidemment un avantage qui peut être décisif.

Et puis il y a l'information qui nous arrive tous les jours, et maintenant de façon continue. Une information liquide pour sa capacité à prendre toutes les formes qui la portent et surtout pour parce qu'elle s'écoule comme un flot au passage duquel peu de sédiments survivent, déjà noyées par la vague suivante. C'est l'information ordinaire, que l'on trouve partout, sans valeur intrinsèque car disponible en mille endroits.

Il y avait naguère une culture du scoop que l'on peut sans doute comprendre. Si vous êtes un journal quotidien et que vous "sortez une info" que n'ont pas les autres, vous gardez un avantage pendant toute une journée. A l'heure des radios et des télévisions d'information continue, à l'heure d'Internet, cet avantage n'est plus que de quelques minutes. Autrement dit, il n'existe plus. Quand on cherche une information sur Internet, elle n'est pas classée par ordre d'apparition dans le temps, mais par ordre d'influence et de popularité de celui qui l'émet.

Le vrai scoop c'est d'avoir en direct telle personnalité qui s'exprimera sur votre média. Cette personnalité n'étant pas douée d'ubiquité ne pourra être que sur votre média à ce moment-là, et pas ailleurs. Vous avez une exclusivité qui ne peut pas être cassée.

Jean-Pierre Elkabbach croit encore qu'annoncer la mort de Pascal Sevran cinq minutes avant les autres lui donnera un avantage. Il aurait du penser que :

  • Si j'écoute Europe1 à ce moment-là, je n'écoute pas RTL et je ne sais donc pas qu'il est le premier à l'annoncer. Une primauté qui d'ailleurs m'indiffère.
  • Si l'information est vraie, j'aurais la même partout ailleurs dans les minutes qui suivent
  • Comme l'information est fausse, mon degré de confiance envers Europe1 va être sérieusement écorné

Tout à perdre et rien à gagner pour une radio généraliste comme Europe1 dans ce type de faux scoop :

  • Le principal atout des médias institutionnels réside dans le savoir-faire et l'expérience accumulée par leur rédaction face à l'amateurisme supposé, au manque de temps et de ressources matérielles des internautes et des bloggeurs
  • Ces médias auraient donc tout intérêt à jouer la carte de la qualité, de la réflexion et de l'analyse, portées par des signatures qui restent connues et souvent respectées
  • La course au people sera toujours perdu par plus trash que vous

Le summum est atteint quand le même Elkabbach donne une interview à La Croix le 11 avril, pour enjoindre 10 jours après ses journalistes d'Europe1 d'annoncer cette pseudo mort de Pascal Sevran.

Extrait de cette interview titrée : Face à la peopolisation de la presse, Jean-Pierre Elkabbach contre-attaque en créant un comité d'éthique à Europe1:

La Croix : Pourquoi voulez-vous créer un comité d’éthique au sein d’Europe 1 ?

Jean-Pierre Elkabbach : Il ne s’agit pas pour nous de donner des leçons, de nous opposer au progrès, mais de nous interroger : les nouvelles technologies posent des problèmes inédits à notre métier. Si elles permettent d’élargir l’offre à la planète et de favoriser comme jamais l’accès à l’information pour tous, elles s’accompagnent par ailleurs d’une suspicion : quelle est la part du vrai et du faux, de l’annonce et du ragot, du savoir et de l’opinion ?
Une information lancée sur le Net peut être reprise par tous les médias hexagonaux, voire internationaux. À l’ère de l’immédiateté, de l’apparence, de la dictature de l’émotion, la contagion est générale.

La Croix : Et qui, selon vous, empoisonne le système ?

Jean-Pierre Elkabbach : Des sites qui, pour exister, pour faire un coup, pour nuire à un adversaire, lancent des rumeurs, des fausses informations, des ragots, des nouvelles non vérifiées.

La revue Commentaire fête ses 30 ans. Elle se porte bien, merci pour elle, visant le haut de gamme et surtout la différence. Voici ce qu'en dit Jean-Claude Casanova dans une interview à Nonfiction.fr :

"Vous m’avez demandé au début : qu’est-ce qui distingue une revue ? La presse ne peut pas fournir ce que nous proposons. La page du Monde, c’est environ 10 000 signes, or nous proposons des articles plus longs, entre 25 000 et 50 000 signes. D’autre part, on ne trouve pas en France, de magazines à haut niveau intellectuel comme ceux qui existent depuis longtemps dans le monde anglo-américain"

Et plus loin, parlant de son goût des citations, celle-ci de Bossuet : "Dieu se moque de ceux qui se plaignent tous les jours des effets dont ils sont les causes"

Jean-Pierre Elkabbach devrait lire Commentaire, et Bossuet !

23/04/2008

Retour des 24 Heures du Mans

Ils reviennent de l'enfer nous dit Ouest-France :

"Des carcasses noircies de voitures découpées. Des moteurs posés sur des châssis qui crachent des flammes. Des centaines de personnes ivres et souvent couvertes de boue. Une ambiance "fin du monde" s'est emparée des campings des 24 Heures du Mans où un homme a été grièvement blessé d'un coup de couteau, samedi soir".

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Au Mans, on annonce au micro : "Nous vous rappelons qu'il est interdit d'introduire dans l'enceinte des tronçonneuses, des haches, des masses.." Un médecin témoigne : "Quelques personnes victimes de surdose d'exctasy. Mais moins de gens ivre mort. Il faut dire qu'il y avait moins d'Anglais"

C'est pourtant un spectacle bien paisible dimanche dernier à Alençon pour qui passait aux alentours de la route du Mans. C'est le retour des motards après les 24 Heures. On se presse sur les trottoirs pour les applaudir, les photographier et les saluer. Eux répondent aux applaudissements et ravissent les badauds par des démarrages vrombissants sur une roue au passage du feu vert. D'autres s'arrêtent au bord du trottoir fumer une cigarette ou manger un sandwich. Les badauds s'approchent alors pour admirer et toucher la moto. C'est tout juste s'ils ne demandent pas des autographes. Tout ça sous le regard débonnaire de quelques gendarmes qui se contentent de rester dans leur camionnette.

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Ce ne sont pourtant pas des vedettes de la course que l'on vient applaudir mais juste des spectateurs qui ont eu la chance d'aller au Mans. Il est vrai qu'on peut les confondre, et que pour un oeil non exercé il n'y a pas de différence visible entre les motos de compétition, leur pilote et ces motards qui rentrent tranquillement chez eux. Le spectacle n'est pas si différent entre la course et le grondement des moteurs dans les rues d'Alençon. Le motard partage le même prestige sur la route comme sur le circuit.

Je me prends au jeu de rester là quelques instants, moi aussi à regarder le défilé, et surtout ses spectateurs. Comme moi, comme ces motards peut-être, ils ont l'air d'ignorer tout des rites barbares qui se déroulent aux alentours du circuit du Mans.

18/04/2008

Histoires de pirates, et d'antennes

d74cd4673780f22b79e05cace315159a.jpgL'histoire du Ponant nous remémore que les pirates n'ont jamais vraiment disparu. L'enlèvement contre rançon a toujours fait partie de leur activité. Cette bande de minables prête à tout est sans doute plus proche de la réalité, que la légende romanesque qui nous fait tant rêver.

C'est L'île au trésor de Stevenson qui est en bonne part à la source de cet imaginaire, et c'est sur l'île des perroquets que nous allons débarquer aujourd'hui. Ce livre de Robert Margerit est jugé par Hubert Juin comme l'égal des plus grands romans de mer, ceux de Stevenson ou de Conrad.

Le jeune Antoine, paysan du Limousin, est très épris de la jeune Marion. Un soir enfin, au bord d'un étang, elle se donne à lui. C'est le lendemain qu'on la retrouvera noyée dans l'étang, la veste d'Antoine oubliée l'accuse de viol et de meurtre. L'innocent torturé avoue tout ce que l'on veut mais réussit à s'évader. Il traverse la France pour échouer sur une plage où une bande de pirates le recueille.

C'est le début de l'aventure et le meilleur du livre qui suit. A bord du Walrus, le vaisseau du capitaine Flint, Antoine apprend le métier. Le vocabulaire marin a ceci de magique qu'il forme en lui-même son propre monde et dépayse par l'initiation qu'il requiert. Robert Margerit y est à son meilleur lors de ces traversées.

Arrive alors que Flint rompt le pacte des pirates et se voit envoyée la fameuse Marque Noire qui signe la mutinerie de l'équipage assoifé quand lui-même s'était réservé quelques tonneaux pour son propre compte. Pourchassé par des frégates anglaises, le Walrus, désormais commandé en second par Antoine, échoue au bord de lîle des perroquets. Par une manoeuvre hardie, il réussit à tromper les deux frégates qui croyant canonner le Walrus, se coulent mutuellement dans le brouillard qui protège la fuite des pirates.

Mais Flint avait garder des fidèles qui le libèrent de ses fers. Le voilà de nouveau le maître. Les mutins subissent le pire des punitions de la loi pirate. Ils sont débarqués sans aucune ressource sur l'île des perroquets. Ils réussissent à survivre et commencent à fabriquer un navire avec les reste des épaves. Quand un soir, une centaine de "sauvages" débarquent sur l'île pour une cérémonie initiatique qui se termine par un festin des restes de ceux qui n'auront pas été jugés dignes de l'épreuve. Nos pirates se voient déjà finir dans une marmite, tant les traces d'une présence impie ne peut échapper aux sauvages. C'est alors que dans la panique, ils découvrent la grotte qui les cachera, fera leur fortune et leur malheur. Car le trésor est là, le mythique trésor de Morgan.cde0a7ff78e909b7e10d309e8e472ef4.jpg

Riches, ils se retrouvent aux Antilles espagnoles où ils ne savent que faire de leur richesse. Ils s'ennuient, et nous aussi. Le livre aurait pu se terminer là, mais il y aura un épilogue que je vous laisse découvrir par vous-mêmes.

Flint, la marque noire, une île au trésor, on est en plein mythe du pirate tel que l'a créé Stevenson. Je ne suis pas sûr que Margerit l'égale. Peut-être est-ce une question d'âge car on ne lit pas à 50 ans comme à 14. Mais je n'ai pas revécu la terreur de Jim Hawkins lorsque l'aveugle Pew lui tord le bras à l'auberge "L'amiral Benbow" au début du roman de Stevenson. Ni lorsque Long John Silver que l'on croyait abattu lance un couteau en pleine poitrine de son compagnon.

Les pirates de Margerit sont un peu trop gentils. Ils font grâce à Flint lorqu'ils lui envoient la marque noire. Et Flint lui-même ne les fait pas pendre lorsqu'il reprend le contrôle de son brick. Lorsqu'ils découvrent le trésor, ils ne s'entretuent pas, mais le partagent en parts égales sans qu'aucun d'entre eux ne cherchent à s'emparer de celle des autres. On aurait aimé que le souvenir de Marion, de sa mort idiote, de la condamnation injuste qui s'ensuivit mettent sous tension les aventures d'Antoine et nourissent sa vengeance. Mais non, et d'ailleurs Antoine finira sa vie grâce quelques restes du trésor investis bourgeoisement dans la ferme de ses vieux jours.

Robert Margerit est un écrivain, mort en 1988, déjà oublié sans avoir été connu. C'est pourtant de lui que Julien Gracq, qui s'y connaissait un peu, voyait dans son Mont-Dragon le roman le plus inspiré de l’époque. SOn île des perroquets est un exercice de style, presque un pastiche, un peu trop travaillé pour vraiment convaincre. On y trouve un plaisir délicat mais non l'âpre férocité des pirates de Stevenson.

C'est grâce à lui, en tous cas que j'ai décodé ce sonnet de José-Maria de Hérédia proposé par Albertine, il y a quelques semaines :

                    Les conquérants

Comme un vol de gerfauts hors du charnier natal,
Fatigués de porter leurs misères hautaines,
De Palos de Morguer, routiers et capitaines
Partaient, ivres d'un rêve héroïque et brutal.


Ils allaient conquérir le fabuleux métal
Que Cipango mûrit dans ses mines lointaines,
Et les vents alizés inclinaient leurs antennes
Aux bords mystérieux du monde Occidental.


Chaque mois, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;


Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'Océan des étoiles nouvelles.

Ce sont des conquérants, conquistadores, autre race avide enivrée par l'or du Pérou. Un or qui remplit les gallions pourchassés par d'autres pirates qui enterreront ce trésor dans lîle des perroquets. 

J'aime le premier quatrain par ce gerfaut, rapace inconnu par ailleurs. Au charnier natal répond le rêve brutal : ces aventuriers ne feront pas de quartier.

Les misères hautaines évoquent irrésistiblement "misaine" et le mât qui porte cet attribut ; nous voilà embarqués par ces rimes en 'taine" à la recherche de l'or des mines de Cipango. Cipango ou Cipangu, est le nom que donnait Marco Polo aux îles du Japon. Christophe Colomb croyait découvrir l'Inde, peut-être en dépassant Cipangu sur sa route : la géographie était bien vague à l'époque. Les conquistadores devaient mieux la connaître. Croyaient-ils débarquer encore à Cipangu ?

Mais ce sont ces antennes inclinées par le vent qui m'intriguaient. Que viennent faire des antennes dans ce voyage ? C'est à l'antenne radio-électrique que l'on pense aujourd'hui, ou l'antenne de certains insectes. Hérédia les auraient-ils placées là, faute de mieux, juste pour la rime en "taine" ? Ce serait d'un mauvais poète et me gachait un peu le sonnet.

 C'est en lisant lîle des perroquets que j'eus la solution. On y retrouve des antennes lors des manoeuvres du Walrus.

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N'étant pas marin, j'ignorais que l'antenne est une "vergue des voiles latines, très longue, mince aux deux extrémités, hissée obliquement au mât.
Sur les grands voiliers, ces vergues sont toujours longues, formées de plusieurs pièces d'assemblage, et assez minces aux deux extrémités ; l'une de ses extrémités s'apique tout bas, et l'autre est relevée à l'arrière du mât. C'est à peu près aux deux cinquièmes de l'antenne que la drisse est frappée ; à partir de ce point, la partie qui se relève est plus longue.
La partie basse s'appelle le quart, la partie haute la penne" :
Définition trouvée dans le lexique de marine ancienne sur mandragore.net

L'antenne a donc bien sa place dans le sonnet de Hérédia. Il se termine moins bien que les deux  quatrains. Les deux derniers tercets sont bien médiocres. C'est que l'aventure comme l'amour est excitante tant que l'on court après. La possession déçoit toujours comme un "mirage doré".

16/04/2008

Les années 2020 vues par Microsoft

Ca s'appelait IHM ou Interface Homme Machine, Microsoft Research préfère maintenant parler de HCI ou Human Computer Interaction. Le terme interaction est en effet bien meilleur pour décrire la relation Homme-Machine telle qu'elle commence à se dessiner pour les années 2020. C'est cette relation qui fait l'objet de cette étude disponible sur le site de Microsoft (.pdf).

Les chercheurs de Microsoft décrivent le basculement d'un modèle de type GUI ( Graphical User Interface ), basée sur les actions du clavier, de la souris et de la navigation dans des menus plus ou moins standardisés vers une interaction beaucoup plus variée entre LES hommes et DES ordinateurs. Ce qu'on appelle ici ordinateurs, faute de mieux, est la famille d'équipements de tous ordres qui constituent et constitueront notre environnement numérique :

  • L'ordinateur lui-même, le PC pour faire simple, qui ne devient qu'un outil parmi d'autres de notre environnement numérique
  • Le téléphone portable
  • Les équipements de localisation ( GPS, caméra de surveillance)
  • Numérique embarqué dans les vêtements
  • Numérique embarqué dans le corps humain
  • Consoles de jeux
  • Robots de tous ordres
  • ...

Ce ne sont que quelques exemples de ce qui est disponible aujourd'hui, sans préjuger des équipements à venir dans les dix prochaines années.

Mais c'est surtout le fait qu'il faut désormais se préoccuper de la relation entre DES hommes et DES machines. Le Personnal Computer, ordinateur personnel en relation avec un seul utilisateur est un modèle qui disparait. Il s'agit maintenant d'un environnement multiple : on vient de le voir. Il s'agit surtout de prendre en compte la dimension multiple et  sociale de cette relation.

Prenons l'exemple de la santé et de l'électronique qui sera de plus en plus finement intégré à notre corps pour s'assurer de son bon fonctionnement et pallier certaines de ses défaillances

  • La frontière devient floue entre l'homme biologique et les équipements électroniques de mesure, de surveillance, de traitement qui lui sont greffés.
  • Parmi toutes ces informations, lesquelles doit-on rendre disponible et pour qui : le corps médical, la famille, le "patient"
  • Ces équipements permettent de localiser et s'assurer du bien-être des enfants ou des personnes agées. Où est la frontière entre l'attention et la surveillance ?
  • Aurons-nous le droit, d'un point de vue de la norme sociale, de nous débrancher et de se retirer du circuit d'informations qui nous immerge ?

Toutes ces questions sont le signe d'un changement radical de la manière dont on aborde l'interaction homme-machine. Il ne s'agit plus du tout d'un problème technique d'ergonomie mais d'un ensemble de sujets qui débordent de beaucoup une discipline où l'aspect technique est devenu mineur face à l'ampleur des problèmes philosophiques et sociologiques qui sont en jeu.

Un autre changement radical est dans le style et le ton extrêmement méfiant de ce rapport. Il faut se souvenir des prestations pas si anciennes de Bill Gates, ou de n'importe quel dirigeant informatique d'ailleurs, pour mesurer l'écart. Ce n'étaient que prospectives enthousiastes décrivant l'explosion bienfaitrice des technologies informatiques, un PC par habitant de la planète, tout le monde connecté partageant des valeurs communes en abaissant les frontières entre les hommes.

Tout dans cette étude  est interrogation inquiète :

  • L'intégration à notre corps d'équipement de surveillance de notre santé est-elle acceptable seulement en cas de maladie ou sera-t-elle généralisée ? Qui aura accès et contrôlera cette information ?
  • Comment allons-nous prendre en compte la complexite de l'interaction homme-machine et se prémunir contre ses effets parasites ?
  • SI nous sommes constamment assistés par des calculateurs électroniques, que deviennent nos facultés natives de calcul, de mémoire ?
  • La mémoire quitte son support biologique individuel, fugace et imparfait. Elle migre sur un réseau collectif, persistant et sans erreurs.

Le passé ne s'efface plus. C'est la fin de l'éphémère.

On peut lire aussi les commentaires d'Hubert Guillaud sur Internetactu

11/04/2008

La représentation démocratique peut-elle être fidèle ?

1 - Où l'on apprend chez DirtyDenys que les ennuis de Nathalie Kosciusko-Morizet dans l'affaire des OGM trouvent sans doute leurs racines dans un Grenelle de l'Environnement auquel les députés n'ont pas été conviés. Quand ces mêmes députés sont sommés de voter un texte à la préparation duquel ils n'ont pas participé, on ne s'étonnera pas qu'ils se révoltent. Surtout qu'ils estiment être tout aussi légitimes pour ce prononcer sur cette affaire, que n'importe quelle association issue de la "société civile".

Débat entre deux formes de représentation.

 

2 - Quand un bloggeur irresponsable (c'est moi) appelle au sabotage des Jeux Olympiques de Pékin, il illustre bien cette irresponsabilité dans le sens où le bloggeur en question sait très bien que son appel n'aura aucun effet. Il peut donc se réjouir innocemment du joyeux monôme qui a ridiculisé l'hypocrisie pompeuse de la cérémonie olympique. N'importe qui dans une situation de responsabilité serait bien obligé de se préoccuper des conséquences politiques d'un tel appel.

Il y a là une illustration classique des différents niveaux de compromis entre une éthique de conviction et une éthique de responsabilité. Ca devient moins banal si l'on observe que l'élection des représentants politiques se fait à partir de l'expression des opinions et des idées, quand la pratique quotidienne de ces représentants élus va se frotter aux faits et aux conséquences des décisions qu'ils vont prendre. L'élection est une coupure, que certains ont pu qualifier de trahison, entre un mode de fonctionnement et une expertise après l'élection qui reposent sur d'autres principes que ceux qui ont présidé au choix de l'élu en amont de cette élection.

 

3 - Enfin et pour rester sur le terrain de la manifestation, on a raison de souligner que l'élection ne fait pas tout. On ne délègue pas tous les pouvoirs à une majorité dictatoriale contre une minorité qui n'aurait le droit de s'exprimer que cinq ans plus tard. Toute décision du pouvoir politique peut être contestée directement par le peuple ou n'importe quelle association de citoyens qui s'estime en droit ou en situation de devoir s'y opposer. Il ne manque pas d'exemple de projets de réforme, ou même de textes de lois qui, contestés par l'expression citoyenne directe, se soient vus retirer par le même gouvernement qui venait de les promulguer. Mais ce droit à la protestation reste une tolérance qui se traduit par une épreuve de force entre le pouvoir élu et ceux qui contestent, sans aucune procédure d'arbitrage prévue pour trancher le conflit. Ce n'est pas un droit positif qui compléterait par une expression citoyenne directe la représentation démocratique élue.

 

Ces trois anecdotes peuvent servir d'apéritif à la lecture du texte de Bruno Bernardi paru sur la vie des idées et dont voici la présentation :

"L’opposition entre représentation et participation est commune dans la pensée politique. Mais est-elle bien formée ? Pour B. Bernardi, il y de fortes raisons d’en douter. L’histoire conceptuelle de la notion de représentation montre qu’on en a abusivement réduit la signification à la seule constitution de l’assemblée des représentants."

Bruno Bernardi y expose les différents aspects de l'opposition entre la représentation démocratique  et la participation réelle de chacun à la prise de décision. Un débat que la diffusion massive de l'Internet rend de plus en plus présent. 17 pages qui méritent l'effort de s'arrêter un peu plus longuement que le temps moyen de butinage.

Bon week-end.

08/04/2008

Ah, quel beau bordel !

 

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Malgré ce dispositif abracadabrantesque ce fut un vrai bordel. La flamme qui s'éteint, les relais ne se font pas, panique chez les flics. On imagine les ordres et contre-ordres, les coups de téléphone paniqués, l'ambassadeur de Chine en apoplexie, Alliot-Marie qui se cache, Sarkozy qui se terre.

Le bide monumental, un gigantesque fiasco, un cauchemar de flic, j'en trépigne de joie en regardant les "Marx Brothers à Olympie", "Maciste perd la flamme", "Mr Bean est médaille d'or".

32 cars de CRS, 160 hommes, la flamme encadrée par des policiers en rollers ! des pompiers joggers ! Pompier, que dire de mieux ? Tout est en toc dans ce cérémonial grotesque qui commence à Olympie avec de fausses prêtresses sorties d'un film de Cecil B. DeMille. Car a qui doit-on cette course de la flamme qui symbolise la fraternité entre les peuples ? A ce bon Docteur Goebbels en personne pour les JO de Berlin en 1936.

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C'est dire que de voir tomber le décor dans un ridicule aussi complet a de de quoi réjouir. On ne pouvait mieux célébrer la mort de Charlton Heston, cet acteur de peplum qui finit en représentant de marchands d'armes. Du peplum il y en a, on ne lésine pas sur le carton pâte, les sonneries de trompette, les serments pompeux que l'on scande à grand coup sur une poitrine d'airain. L'homme important s'étend s'enfle et se travaille mais les enfants conspuent Matamore et sifflent l'imposteur en criant au Guignol. C'est donc hier où l'on a vu que l'olympisme est nu. Tué par la politique, le dopage, le chauvinisme, ce n'est plus qu'un gigantesque business. Pourquoi pas d'ailleurs, mais qu'on arrête de nous bassiner avec les grands sentiments et la fraternité entre les peuples.

 

 

Il paraît que le CIO vient de se réveiller. J'attends avec impatience le spectacle de leur solennité rubiconde et vexée que l'on dérange leurs petites affaires. Son Président se dit préoccupé ; on aura droit à un communiqué à l'eau de rose appelant à préserver un idéal qui a été trahi tant de fois.

Ce n'est plus de boycott qu'il faut parler c'est de sabotage. C'est facile, il suffit de ne pas regarder les retransmissions. En plus avec le décalage horaire on aura pas beaucoup d'efforts à faire.

07/04/2008

Du côté de chez Saint-Simon

Prenez la Nationale 12 qui vous emmène de Paris à Rennes et même au delà, jusqu'à Brest. Après une centaine de kilomètres, c'est là, un peu à l'écart de la Nationale, entre Verneuil Sur Avre et Mortagne au Perche que Saint-Simon écrivait ses Mémoires, à la Ferté-Vidame. Ca fait des années que je prends cette route, sans jamais avoir fait le détour, ayant toujours entendu parler de ruines sans intérêt.

81681a71134a31664b5833d82b613550.jpgLes voilà ces ruines. De loin en venant de la forêt, on aperçoit un énorme Colisée, mais ce n'est plus qu'une façade, et ce n'est pas le château de Saint-Simon.

Son château fut détruit pour être remplacé par un autre bâtiment dont il ne reste que ces ruines. Un nouveau château que l'on doit à Jean-Joseph de Laborde, bourgeois richissime qui aspirait à la noblesse. Mauvais choix puisqu'il finit guillotiné en 1794. Entre les deux, il avait du revendre La Ferté-Vidame au Duc de Penthièvre, petit fils de Louis XIV et de Madame de Montespan par son père le Comte de Toulouse 

Que d'humiliations posthumes pour Saint-Simon de voir sa demeure abattue pour être reprise par un financier. Et surtout la rage que ce Duc de Penthièvre, un descendant de la bâtardise tant abhorrée vienne occuper les lieux. C'est la passion de la pureté de son sang, de la défense des privilèges de son duché pairie qui est le carburant de ses Mémoires. S'il n'y avait que cela, on s'y ennuierait plutôt mais heureusement il y a aussi cette autre passion de l'observation des caractères, des manoeuvres, de la "carte" de la cour de Louis XIV. Et la haine de ses ennemis, les usurpateurs, les bâtards, qui prennent toutes les places jusqu'à s'approcher du pouvoir et même de la couronne.

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Tout cela est oublié, ruiné définitivement lorsque la Révolution arrive et que le château de la Ferté-Vidame est saccagé. Il ne reste plus rien alors de Saint-Simon : pas de descendant, son château reconstruit puis ruiné, sa tombe profanée. Personne n'a connaissance de ses Mémoires.

 

Il ne faudra pourtant plus très longtemps pour qu'on y reconnaisse celui qui sous l'apparat de Versailles a capturé pour toujours un fond du caractère français. La Cour ! Le Roi ! Monsieur le Président de la République ! son aristocratie toujours vivante ( ce n'est plus la même ), ses manoeuvres, ses intrigues, ses favoris, ses disgrâces, ses coteries. Rien de plus français, tout ça, et pas prêt de tomber en ruines.

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 Photos de l'auteur ( Nokia 6280 )

03/04/2008

D'une utopie 2.0

Quand chacun contribue suivant ses moyens et que tous en profitent suivant ses besoins, ça s'appelle la Sécurité Sociale, un modèle de communisme réussi dans le domaine de la santé. En plus ce n'est pas l'égalité d'un médiocre niveau de soin  qui est visé, mais bien le meilleur de la thérapeutique disponible pour chacun, quelle que soit sa situation.

Chacun selon ses capacités est ici calculé très simplement, à partir du revenu qui sert de base au calcul de la cotisation. Il reste à savoir si le revenu est bien mérité et quels sont les critères de distribution du revenu.

Le talent est inégalement réparti chez les hommes. Toute politique est à la recherche d'un compromis acceptable entre la nécessaire récompense des talents et la non moins nécessaire redistribution des revenus. Le système libéral pur laisse faire les forces du marché qui calcule la valeur de chacun, en regard de l'offre et de la demande de la personne, considérée ici comme une marchandise, à laquelle est attribuée un prix. Si l'on refuse ce système de marché, on nous dit que nous sommes condamnés à un système à la soviétique injuste lui aussi, sclérosant et inefficace par surcroît.

Il n'y aurait de choix qu'entre la brutalité du marché qui ne raisonne que par valeur argent, coûts et profits, et le jugement d'un ministère lointain qui finit toujours par fonctionner en cercle fermé, ayant perdu contact avec la réalité.  Dans ce dernier monde de type soviétique, les évaluations sont à la merci d'une administration qui aura souvent la tentation de favoriser une carrière suivant des critères qui n'ont rien à voir avec la compétence et le talent, mais plutôt avec le copinage ou la docilité du promu. 

En France on a la Sécurité Sociale et son communisme réussi. On se distingue aussi par le modèle d'administration le plus ingérable du monde, longtemps au deuxième rang mondial par le nombre de fonctionnaires, juste derrière l'Armée rouge : c'est l'Education Nationale.

Heureusement Web deux-points-Zorro est arrivé. Sur Ebay, sur Digg, sur Tripadvisor c'est le système de notation non biaisée qui crée la confiance que l'on n'a plus dans un marché incontrôlé,  une administration ou des intérêts qui ne le sont que trop.  La présentation de Digg et de Tripadvisor dans Wikipedia est caractéristique de cet état d'esprit.

"Digg est un site Internet communautaire, typique du phénomène « Web 2.0 », qui a pour but de faire voter les utilisateurs pour une page Internet intéressante et proposée par un utilisateur. Il dispose de plusieurs catégories, telles Politique, Divertissement, Vidéos, Technologie...Il combine « social bookmarking », blog et syndication.Les nouveaux articles et les sites Web soumis par les utilisateurs sont notés par d'autres utilisateurs et s'ils remportent le succès nécessaire, ils sont affichés en page d'accueil."

"TripAdvisor.com est un site Web de guide de voyages gratuit et de recherches sur les voyages qui offre des opinions non biaisées vous aidant à planifier des vacances."

Comme tout se note et tout s'évalue, on ne s'étonne pas de voir des sites de notations des profs, ( note2be ) ou des flics. C'est d'ailleurs chez Francis Pisani que j'ai trouvé cette information. Francis continue :

"Des sites de ce genre existent déjà pour noter, entre autres, les articles de la grande presse et donc les journalistes qui les ont écrits (Newstrust , une entreprise remarquable), les médecins (RateMDs ) ou les professeurs (RateMyProfessors ) qui d’ailleurs se sont maintenant dotés des moyens de répondre (ProfessorsStrikeBack )."

Et de poursuivre :

"au lieu qu’un seul gardien de prison puisse observer un grand nombre de détenus comme l’avait rappelé Michel Foucault, les gens peuvent observer en permanence ceux qui les surveillent et ceux qui les punissent"

Michel Foucault décrivait ainsi le panoptique : "Faire que la surveillance soit permanente dans ses effets, même si elle est discontinue dans son action ; que la perfection du pouvoir tende à rendre inutile l'actualité de son exercice".

De la notation qui aide au choix, à la surveillance qui contrôle l'individu, on sent bien que le pas est facile à franchir et d'ailleurs il l'est souvent. Sans parler des réputations mises au pilori comme Sylvie Noachovitch, Nicolas Princen ou Olivier Martinez.

Il est presque obligatoire qu'un système aussi transparent aboutisse au conformisme des apparences, et au lissage des différences. C'est Luc Fayard qui nous annonce avec de bons arguments que le maoïsme flotte sur le Web 2.0. C'est aussi l'étonnante analogie entre le panoptique et la cité d'Icarie, les deux utopies qui nous préoccupent aujourd'hui.

Wikipedia est toujours notre source pour ces définitions :

3fd0a78e4c4f29ff97b4a3eff1a42d83.jpg"Le panoptique est un type d'architecture carcérale imaginée par le philosophe Jeremy Bentham. L'objectif de la structure panoptique est de permettre à un individu d'observer tous les prisonniers sans que ceux-ci ne puissent savoir s'ils sont observés, créant ainsi un « sentiment d'omniscience invisible » chez les détenus." ( Illustration ci-jointe de Wikipedia )

 

"Icara, la capitale de la communauté d’Icarie comptant un million d’habitants, est une ville circulaire à l’architecture géométrique. La traverse un fleuve absolument rectiligne. Également tracées au cordeau, les rues sont bordées de 16 maisons de chaque côté avec un édicule public au milieu et à chacune des extrémités. Impeccablement propre, la cité ne comporte ni café ni hôtel particulier, mais seulement des bâtiments à usage collectif, dont une bibliothèque aux ouvrages soigneusement choisis."

 

Icarie est la cité imaginaire qui connut un début de réalisation dans les années 1850. Etienne Cabet  imagina cette utopie communiste d'un autre type, et qui finit mal. Cest à lui et non à Karl Marx que l'on doit ce slogan : "À chacun suivant ses besoins. De chacun suivant ses forces" .

Revenant à notre Sécurité Sociale, utopie communiste réussie, il était finalement très étonnant que ce système ait vécu plus de 50 ans sans aucun contrôle sérieux sur le comportement sanitaire des assurés sociaux. Qu'on se rassure, c'est en train de changer grâce aux campagnes anti-alcooliques et la restriction des lieux autorisés aux fumeurs. 

Supposons encore une utopie globalement réussie où chacun vit en communauté à la hauteur de ses besoins en occupant une place à la mesure de son mérite et de son talent. Qu'on suppose donc un système de répartition parfait, juste, reconnu et accepté par tout le monde. C'est la justice elle-même qui transforme ce paradis en enfer de la frustration. Car quiconque occupe une place médiocre ne peut sans prendre qu'à  lui-même. Ce n'est plus une société injuste contre laquelle il est légitime de se révolter qui explique ma mauvaise place, c'est bien l'inégalité des talents qui a rendu public la pauvreté du mien par une évaluation incontestable et publique.

Il y a peu d'hommes prêts à admettre que l'on affiche ainsi les différences. En admettant encore que l'on puisse le supporter, nous voici dans une société figée, faute de l'énergie vitale de ceux qui, à tort ou à raison, rêvent de la changer.

02/04/2008

Sonnet cafardeux

C'est par l'entremise de Scheiro qui commente mon exercice de metablogging que je me prête à à cette entreprise. Rien dans ce sonnet ne correspond à mon état d'esprit actuel qui n'a rien de cafardeux. Mais le premier alexandrin est imposé par Albertine ; il n'engage pas à l'optimisme : Hier dans ma baignoire un cafard s'est pendu.

Il s'agit de continuer en respectant les règles du sonnet ; c'est à dire deux quatrains en rime ABBA ABBA et deux tercets CCD EDE ou CCD EED.

Après les cadavres exquis de Cath l'argonaute, c'est la saison des jeux littéraires. Voici donc ma contribution :

 

Hier dans ma baignoire un cafard s'est pendu
J'aime le compagnon qui seul supporte encor'
Le vent de mes humeurs, le noir de mon décor.
Après ce visiteur personne n'est venu

Dans cette cage aux barreaux luisants, aux murs nus
La vue du nouvel ami n'est pas sans rapport
Avec l'absence de mes anciens. Ils ont tort !
Inconstance et fidélité, j'ai tout connu

Adieu projets, je n'ai plus que des souvenirs
Mais Cafard me déprit qu'il est temps d'en finir
De l'insecte au moins je repris quelque confiance

Le cerveau, la baignoire lavons jusqu'à l'émail
L'ivresse et le propre ont laissé ce détail
Le poil noir collé qui lui servit de potence