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11/04/2008

La représentation démocratique peut-elle être fidèle ?

1 - Où l'on apprend chez DirtyDenys que les ennuis de Nathalie Kosciusko-Morizet dans l'affaire des OGM trouvent sans doute leurs racines dans un Grenelle de l'Environnement auquel les députés n'ont pas été conviés. Quand ces mêmes députés sont sommés de voter un texte à la préparation duquel ils n'ont pas participé, on ne s'étonnera pas qu'ils se révoltent. Surtout qu'ils estiment être tout aussi légitimes pour ce prononcer sur cette affaire, que n'importe quelle association issue de la "société civile".

Débat entre deux formes de représentation.

 

2 - Quand un bloggeur irresponsable (c'est moi) appelle au sabotage des Jeux Olympiques de Pékin, il illustre bien cette irresponsabilité dans le sens où le bloggeur en question sait très bien que son appel n'aura aucun effet. Il peut donc se réjouir innocemment du joyeux monôme qui a ridiculisé l'hypocrisie pompeuse de la cérémonie olympique. N'importe qui dans une situation de responsabilité serait bien obligé de se préoccuper des conséquences politiques d'un tel appel.

Il y a là une illustration classique des différents niveaux de compromis entre une éthique de conviction et une éthique de responsabilité. Ca devient moins banal si l'on observe que l'élection des représentants politiques se fait à partir de l'expression des opinions et des idées, quand la pratique quotidienne de ces représentants élus va se frotter aux faits et aux conséquences des décisions qu'ils vont prendre. L'élection est une coupure, que certains ont pu qualifier de trahison, entre un mode de fonctionnement et une expertise après l'élection qui reposent sur d'autres principes que ceux qui ont présidé au choix de l'élu en amont de cette élection.

 

3 - Enfin et pour rester sur le terrain de la manifestation, on a raison de souligner que l'élection ne fait pas tout. On ne délègue pas tous les pouvoirs à une majorité dictatoriale contre une minorité qui n'aurait le droit de s'exprimer que cinq ans plus tard. Toute décision du pouvoir politique peut être contestée directement par le peuple ou n'importe quelle association de citoyens qui s'estime en droit ou en situation de devoir s'y opposer. Il ne manque pas d'exemple de projets de réforme, ou même de textes de lois qui, contestés par l'expression citoyenne directe, se soient vus retirer par le même gouvernement qui venait de les promulguer. Mais ce droit à la protestation reste une tolérance qui se traduit par une épreuve de force entre le pouvoir élu et ceux qui contestent, sans aucune procédure d'arbitrage prévue pour trancher le conflit. Ce n'est pas un droit positif qui compléterait par une expression citoyenne directe la représentation démocratique élue.

 

Ces trois anecdotes peuvent servir d'apéritif à la lecture du texte de Bruno Bernardi paru sur la vie des idées et dont voici la présentation :

"L’opposition entre représentation et participation est commune dans la pensée politique. Mais est-elle bien formée ? Pour B. Bernardi, il y de fortes raisons d’en douter. L’histoire conceptuelle de la notion de représentation montre qu’on en a abusivement réduit la signification à la seule constitution de l’assemblée des représentants."

Bruno Bernardi y expose les différents aspects de l'opposition entre la représentation démocratique  et la participation réelle de chacun à la prise de décision. Un débat que la diffusion massive de l'Internet rend de plus en plus présent. 17 pages qui méritent l'effort de s'arrêter un peu plus longuement que le temps moyen de butinage.

Bon week-end.

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