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28/03/2008

Max Weber à l'Elysée

Sur Internet, il faut nager à contre courant, c'est une question d'hygiène. Comme Nicolas Sarkozy va remonter la vague des sondages, grâce à - sublime, forcément sublime – Carla, il est urgent de rappeler ce qu'en disait Max Weber ( 1864-1920 ). Le célèbre sociologue allemand était aussi prophète à sa façon.

"En effet, bien que, ou plutôt parce que la puissance est le moyen inévitable de la politique, et qu'en conséquence le désir de pouvoir est une de ses forces motrices, il ne peut y avoir de caricature plus ruineuse de la politique que celle du matamore qui joue avec le pouvoir à la manière d'un parvenu, ou encore Narcisse vaniteux de son pouvoir, bref tout adorateur du pouvoir comme tel. Certes le simple politicien de la puissance, à qui l'on porte aussi chez nous un culte plein de ferveur, peut faire grand effet, mais tout cela se perd dans le vide et dans l'absurde. Ceux qui critiquent la « politique de puissance » ont entièrement raison sur ce point. Le soudain effondrement moral de certains représentants typiques de cette attitude nous a permis d'être les témoins de la faiblesse et de l'impuissance qui se dissimulent derrière certains gestes pleins d'arrogance, mais parfaitement vides. Une pareille politique n'est jamais que le produit d'un esprit blasé, souverainement superficiel et médiocre, fermé à toute signification de la vie humaine ; rien n'est d'ailleurs plus éloigné de la conscience du tragique qu'on trouve dans toute action et tout particulièrement dans l'action politique que cette mentalité" ( Politische Schriften )

C'est en prenant le sillage de DirtyDenys que je cite Max Weber pour faire le point sur notre Président. La très brillante note de Denys nous montre que la pensée de Max Weber irrigue au delà du domaine traditionnel de la sociologie, en nous peignant un Philippe Lucas (ex-entraîneur de Laure Manaudou), naguère seul maître à bord de son centre d'entraînement, mais n'ayant plus barre sur sa nageuse vedette, et devenuchef charismatique qui perd la tête.

Commentaires

Ton Président, enfin, le nôtre, me fait soudain penser à ton blogueur à facettes... ou un marin d'eau douce lâché sur l'océan déchaîné, navigant à vue après oublié tous ses instruments au moment des adieux sur la jetée.

La citation de Max Weber est intéressante et extrême comme tout moment de pensée écrite motivé par l'observation d'un individu honni. Je serais curieuse de savoir à qui ce bon Max songeait au moment de ces lignes...

Car en littérature et en philosophie, comme au théâtre, la différence entre un bon artisan et un grand artiste est la capacité à opérer un transfert...

(citation de moi, ayant tant brûlé les planches qu'elles m'ont avalée !!! :)

Écrit par : Cath | 02/04/2008

Mais, blague à part, l'analyse de Max Weber s'applique trait pour trait au comportement de Philippe Lucas. Et chez ce chef, qui n'est, disons, ni un grand politique, ni un grand intellectuel, les caractéristiques du leader charismatique s'expriment jusqu'à, et se limitent à, la caricature, et font donc le bonheur des esprits sarcastiques.
Quant à la sociologie, autant l'avouer : je suis en plein dedans : http://sociomotards.net

Écrit par : Denys | 02/04/2008

Je parierai, Catherine, que Max songeait à Guillaume II. Kaiser par le hasard de la naissance, il a toujours joué à être empereur sans jamais comprendre son rôle. Un mauvais acteur donc : moustache conquérante, menton impérieux, torse bombé, uniforme chamarré, empilement de médailles. L'opérette était sa vocation, il aurait triomphé en Grand Duc de Gerolstein.

Écrit par : René | 02/04/2008

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