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30/01/2008

Les produits dérivés, c'est comme ...

C'est comme Jérome Kerviel : il ne voulait même pas piquer dans la caisse, mais juste montrer qu'il pouvait le faire, gagner une réputation au sein de sa banque. Le voilà réputé, bien au delà de sa tour de la Défense. Le voilà superstar. Produit ou charge dérivée ?

C'est comme l'open source, on ne vend pas le code. On se rémunère sur le service et le support : des produits dérivés.

C'est comme la mondialisation. L'entreprise moderne est sans usine. On vend du savoir-faire, de la conception. La fabrication, c'est bon pour les Chinois : produit dérivé.

C'est comme Google, un moteur de recherche qui vend de la pub. C'est comme Google, une agence de pub qui offre des services de recherche. Lequel est le produit dérivé ?

C'est comme sur Facebook, on a des amis. Quelques uns le sont aussi dans la vie terrestre : produits dérivés de Facebook

C'est comme Second Life. On dit que des avatars auraient muté, se seraient matérialisés, dérivés sur la planète Terre.

C'est comme le nouvel amant de Carla Bruni, on dit "qu'en vrai", il est aussi Président de la République.

C'est comme ce blog : Du monde réel au monde virtuel...Et inversement. Pas si mal comme titre, finalement.

26/01/2008

Au coeur de l'informatique financière

 

5 milliards ou plus, partis en fumée

. Au delà de la folie du système financier, où tout le monde est dépassé, je vous propose un petit aperçu de l'informatique qui régit les transactions financières.

 

Lustre : un Cluster File System

Le coeur de ces systèmes est formé de grilles de calcul qui utilise la plupart du temps un FileSystem spécifique : Lustre  ( racheté récemment par SunMicroSystems : mon employeur )

Un File System est un dispositif logiciel qui permet à l'ordinateur de traiter les fichiers. Accéder, ouvrir, modifier, sauvegarder, déplacer les fichiers : toutes ces opérations finissent par se traduire par des lectures/écritures sur les moyens de stockage : un ou une série de disques durs dans la plupart des cas. Sachant que la très grande partie de l'activité informatique se réduit à des manipulations de fichiers, on voit l'importance du File System. Faisant l'interface entre le logiciel applicatif et le matériel, le File System est au coeur du système d'exploitation. Dans la vie courante, un File System n'est géré que par un seul ordinateur qui accède à ses propres fichiers.

La mise en réseau a fait naître des systèmes de fichiers partagés, dont le plus célèbre, et encore très largement utilisée est NFS ( Network File System ). NFS est bâti sur un serveur de fichiers qui s'occupent des accès physiques en lecture/écriture. Ce serveur répond aux requêtes de ses clients qui délègue les opérations physiques au seul et unique serveur NFS. Il ne peut y avoir qu'un seul serveur NFS par système de fichiers ( ou par répertoire ). NFS reste populaire, mais trouve vite sa limite au delà d'une centaine de clients où les performances s'écroulent.

Beaucoup d'autres File Systems existent, qu'ils soient de type réseau ( AFS, NFS, Parallel NFS ) ou mono serveurs ( VxFS, EXT4, NTFS ) ou partagés ( Shared QFS ) et Lustre qui nous intéresse ici.

Lustre a été conçu dès le départ pour gérer des très grands nombres :

  • Des milliers de clients
  • Des milliards de fichiers
  • Des tailles gigantesques ( au delà du Po = 1 million de GigaOctets )
  1. Au lieu d'un unique serveur, Lustre est architecturé autour d'un grand nombre de serveurs de données ( Object Storage Servers OSS ou Object Storage Targets OST ) qui gèrent l'accès aux données physiques répartis sur des systèmes de disques attachés à ces serveurs. Aujourd'hui, le seul FIle System supporté pour ces OST est EXT4, dans l'avenir, une migration est prévu sur ZFS ( encore un autre système de fichiers ). Attention à ne pas confondre ce système de fichiers "local" qui donne accès aux données pour les OST avec le système de fichiers global qui permet l'accès à ces données pour les milliers de clients. Les données des fichiers sont réparties sur l'ensemble de ces OST. L'information concernant la localisation des fichiers est contenu dans le Metadata Server.
  2. Lustre utilise un ou plusieurs serveurs de métadonnées : le Metadata Server ( MDS ). Qu'est ce qu'une métadonnée dans ce contexte ? Il s'agit de l'ensemble des informations qui caractérisent un fichier : Propriétaire, droits d'accès, localisation, access time, et diverses informations de gestion qui permettent au système d'accéder aux données.
  3. Sachant qu'il y a des milliers de noeuds qui peuvent travailler sur un même fichier, il faut utiliser un "distributed lock manager" efficace. Au lieu de verrouiller le fichier entier, Lustre ne pose de lock que sur la partie du fichier qui est manipulé par le client. Cela permet de poser des milliers de locks sur le même fichier sans avoir à gérer trop d'accès concurrentiels sur le même objet.
  4. Grâce à cette architecture, Lustre autorise des performances démesurées : Des tailles de File System supérieures au PetaByte, 5000 ou plus create/sec sur un seul File System, un débit global de plusieurs centaines de GigaBytes/seconde.

Ci-dessous un schéma de principe d'une architecture Lustre.

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Dans la mesure, où il permet à des milliers, voire à des dizaines de milliers de serveurs de se partager les mêmes ressources fichier, Lustre est très utilisé dans les applications de Grid Computing. Un seul serveur, si puissant soit-il, ne peut plus délivrer la puissance nécessaire pour des applications comme la prévision météo, la recherche sismique ou génomique et aussi les applications financières comme les simulations de type Monte Carlo. Ce sont des applications de type Redshift, dont j'ai déjà parlé ici. Très gourmandes en CPUs, en moyens de stockage et en réseau rapide comme le protocole Infiniband.

Les entreprises financières ouvrent largement leur budget pour ces applications sophistiquées s'exécutant sur des infrastructures gigantesques. C'est un représentant de la Deutsche Bank qui s'exclamait ainsi à propos d'Infiniband :

"For every ten milliseconds for latency we reduce in our automated trading infrastructure, we can bring in an additional $200 Million in revenue per annum."

Chaque milliseconde vaut 20 millions de dollars... Il manque peut-être un système de contrôle pour éviter une catastrophe à 5 milliards.

23/01/2008

Rapport Attali : Commencer par la fin

Comme souvent, ce sont l' introduction et la conclusion qu' il faut lire en premier. Je ne me suis donc pas attardé sur l' ensemble des plus de 300 propositions pour la libération de la croissance française. De toutes façons je n' en ai pas vraiment le temps en ce moment. Le rapport entier est disponible ici (.pdf).

On a déjà commenté le fait que ce rapport constitue un véritable programme de gouvernement dont la légitimité démocratique est plus que discutable. Dans une démocratie normale, ce ne serait pas si grave, car le Parlement aurait une vraie pratique de contrôle sur les propositions du gouvernement. Mais nous sommes en France, où le Parlement ne fait qu' enregistrer.

Commençons donc par la fin :

"La conduite d’ensemble de ces réformes ne peut ni être déléguée
à tel ou tel ministre ni mise dans les mains de telle ou telle administration, même spécialement créée pour cela. Elle ne pourra être conduite que si, au plus haut niveau de l’État, une volonté politique forte (que seuls le président de la République et le Premier ministre portent) les conduit et convainc les Français de leur importance"

"Toutes les décisions devront être lancées entre avril 2008 et juin
2009."

Le rapport prévoit même le séquencement de l' ensemble des décisions allant jusqu' à planifier le vote des différentes lois :

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Si l' on ajoute à cela, en revenant au tout début du rapport, que :

"Ceci n’est ni un rapport, ni une étude, mais un mode d’emploi
pour des réformes urgentes et fondatrices. Il n' est ni partisan,
ni bipartisan : il est non partisan.
Ceci n’est pas non plus un inventaire dans lequel un gouvernement
pourrait picorer à sa guise
, et moins encore un concours
d’idées originales condamnées à rester marginales. C’est un
ensemble cohérent, dont chaque pièce est articulée avec les
autres, dont chaque élément constitue la clé de la réussite du tout."

Autrement dit : Interdit de picorer, c' est tout ou rien et l' on vous fixe la marche à suivre. Dans ces conditions, que reste-t-il au politique ? Il n' acceptera pas de passer par ces conditions, et certaines propositions ne seront sûrement pas retenues. Il sera alors un peu trop facile à la commission de se défausser sur le non-respect intégral de son "programme" si les objectifs n' en sont pas atteints. Attitude un peu irresponsable, on en conviendra. Ce n' est d' ailleurs pas le rôle d' une commission d' être responsable dans le sens politique du terme. Mais dans ce cas, qu' elle s' abstienne d' injonctions aussi maximalistes.

16/01/2008

Sun rachète MySQL

Après StorageTek et Lustre ( Cluster File System utilisé dans le monde HPC ) Sun ( mon employeur ) rachète MySQL.

Tous les détails de cet investissement de 1 milliard de dollars, dans le blog de Jonathan Schwartz, le CEO de Sun.

14/01/2008

Sarkozy et les oppositions : Action - Réaction

D'Alain Badiou à François Bayrou les opposants regardent le présent et l'avenir avec le rétroviseur des années 40. J'ai déjà écrit cela quelque part : Il faut regarder sans crainte les années 40. Je veux dire les années 2040.

Alain Badiou voit dans l'élection et l'action de Nicolas Sarkozy le signe d'un pétainisme toujours vivace :

 "la subjectivité de masse qui porte Sarkozy au pouvoir, et soutient son action, trouve ses racines inconscientes, historico-nationales, dans le pétainisme"

Pétainisme, dans ce sens, représente la soumission à des valeurs étrangères :

"les Français n’ont qu’à accepter les lois du monde, le modèle yankee, la servilité envers les puissants, la domination des riches, le dur travail des pauvres, la surveillance de tous, la suspicion envers les étrangers, l’homme français […] versus l’homme africain […]".

A lire sur nonfiction.fr, l'analyse de son dernier livre : " De quoi Sarkozy est-il le nom ? " ou encore l'entretien accordé au Nouvel Observateur.

 

Dans un genre évidemment différent, François Bayrou dans ses voeux, en appelle à la Résistance :

"Résister à une société des rapports de force. Résister à une société qui considère les femmes et les hommes non pas comme des citoyens, mais uniquement comme des cibles de communication, des éléments de production et de consommation. Résister en réclamant d’y voir clair, d’être informés en temps utile, quand les décisions se préparent, en exigeant la responsabilité du citoyen qui seule permet l’épanouissement. Résister par l’éducation, par la culture. Résister par la démarche de coopération, de mutualisme. Dans le monde comme il est, dans la mondialisation dominée par un modèle unique, résister au nom de ses valeurs, c’est un projet de société et c’est un projet de civilisation."

Voilà deux postures, finalement jumelles, qui ne se définissent que par réaction à une invasion qui nous submerge, à des forces qui nous dépassent. Collaboration ou Résistance, d'une manière honteuse ou héroïque n'existent que par réaction. Ce fut le mérite du Général De Gaulle de voir plus loin et de s'attacher dès le début à un programme dynamique qui ne se définissait pas par rapport aux circonstances, pour lui temporaires de l'occupation, mais bien par rapport à un futur à construire, une fois le désastre dépassé.

De de Gaulle à Sarkozy, il y a le gouffre de l'austérité morale et financière à l'impudence affichée des deux. La comparaison s'arrêtera là. Autant que d'autres, je suis exaspéré par le côté  "Je me la suis faite"  et "M'as-tu-vu" de Nicolas Sarkozy. Mais si l'on est bien obligé de voir, on n'est pas obligé de regarder, d'examiner, de disséquer, d'analyser, de radiographier, de commenter, et de gloser à l'infini. On l'a assez dit, il a toujours un coup d'avance. Je n'ai pas cité le Parti Socialiste qui réussit l'exploit d'être aussi brouillon dans le vide, que Nicolas Sarkozy dans le trop-plein de propositions. Les opposants comme les analystes, à se définir en fonction d'un agenda qui n'est pas le leur, seront toujours perdants.

Je regardais hier, Henri Guaino dans l'émission de Christine Ockrent. On lui posait une question sur l'impuissance du politique. Non, le politique n'est pas impuissant, répondait-il. Le politique peut, et d'ailleurs doit, agir sur la société. Quoi qu'on dise et qu'on pense de l'omnipotence revendiquée de Nicolas Sarkozy, elle est le signe d'une politique qui veut agir. A la limite, peu importe les directions de sa politique, mais en réhabilitant l'action et la prise de responsabilité, il impose un modèle que l'on avait oublié depuis bien trop longtemps. Bien des aspects de sa politique me déplaisent et même me révulsent, singulièrement en matière judiciaire et de politique de sécurité. Néanmoins il aura, de toutes façons, démontrer que l'action est encore possible.

Après le ni-ni mitterrandien et la cynisme désabusé chiraquien, cette secousse en elle-même est salutaire.

09/01/2008

Julien Gracq : Un balcon en forêt

    La mort de Julien Gracq et les vacances de Noël m'ont donné l'envie de relire "Un balcon en forêt". Un récit de la drôle de guerre de l'Aspirant Grange, affecté à la garde d'une maison-forte dans les Ardennes. De septembre 39 jusqu' à l'offensive allemande de mai 40, huit mois d'attente pour une heure de guerre.

De Julien Gracq, on aura surtout commenté son refus du prix Goncourt pour un autre livre : " Le Rivage des Syrtes". Ce refus, c'est un événement, une histoire à raconter, du "story telling". Tout le contraire de son écriture, car il ne se passe presque rien dans "Un balcon en forêt". Juste un hiver sur les rives de la Meuse : une destination beaucoup plus improbable qu'une croisière sur le Nil pour passer les vacances de Noël. C'est pourtant là, au bord de la frontière belge, qu'en lecture j'ai passé mes vacances avec Julien Gracq, à l'écart du tourbillon médiatique et bloguesque.

Ils sont quatre dans cette maison-forte à attendre une guerre dont ils espérent qu'elle ne passera pas par là :

"Ils s'assirent sur les souches et allumèrent leurs cigarettes sans parler. Une barre lourde de nuages d'orage s'était formé vers l'ouest, où le soleil achevait de se coucher. De la cabane, on entendait seulement de temps en temps un froissement de feuilles fouettées par un merle qui rentrait vers sa couvée, et tout près, parfois, le déboulé d'un lapin dans le fourré. Vers la Belgique, les lointains bleuâtres tournaient déjà à la nuit. Un dôme de nuages pesant glissait peu à peu dans le ciel ; au bord de l'horizon de forêt commençait à crever dans l'obscurité montante une palpitation d'éclairs de chaleur. Le calme de la soirée n'était pas le sommeil : éventé par cette palpitation lointaine, on eût dit que la terre n'était plus attentive qu'au couvercle lourd qui de minute en minute coulissait plus haut vers le ciel. Quelques gouttes s'égrenèrent sur le toit de tôle, puis s'arrêtèrent ; une odeur poudreuse et torréfiée monta du sol qui portait jusqu'aux narines toute l'intensité de la chaleur.

- Drôle de printemps, fit Grange... "

Les hommes retrouvent leur cinq sens dans cette forêt. Il faut juste prendre le temps de s'arrêter sans parler. Très vite une autre vie surgit, que l'on n'entendait pas. Les lapins sont innombrables dans cette forêt. On les entend souvent, les lapins : "le déboulé d'un lapin dans le fourré - on entendait crouler à travers les feuilles la petite foudre lourde des lapins". Entendez-vous les p, ou, les on, les boul des roulés-boulés du lapin ?

Huit mois d'attente en forêt où jamais l'éventualité d'une victoire n'est évoquée. Il ne fut jamais question de prendre l'initiative. On prépare vaguement une défense à la frontière de la forêt des Ardennes belges que l'état-major a déclaré infranchissable. Ca tombe bien, c'est ce qu'on a envie de croire dans la maison-forte. La maison-forte c'est presque un blockhaus dont on a quand même affecté la défense à l'aspirant Grange et ses trois hommes. Derrière une mince couche de béton lézardée, ils disposent d'un canon antichar et d'une mitrailleuse, au cas où... Mais non, ils ne passeront pas par là, c'est impossible, et d'ailleurs il ne se passe rien durant ces mois. Alors une certaine vie s'organise, et l'on reprend femme dans les fermes avoisinantes d'où les hommes sont partis aussi, sur un autre front. Aucun libertinage ni d'histoire d'amour : "Le fortin remplissait une place vide ; il ramenait dans le hameau rendu à l'errance du doux bétail des femmes un ordre mâle, d'où une sévérité de tenue inhabituelle n'était pas absente, parce que s'il comportait le lit, il s'arrêtait avant le journal du soir et les pantoufles."

Nulle attente angoissée lors de ces vacances sylvestres. Ces paysans reprennent vite leurs habitudes de braconnage et de travaux dans les fermes d'où ils tirent de quoi améliorer l'ordinaire. La hiérarchie militaire n'est pas bien pesante : "La guerre avait peut-être ses îles désertes songeait Grange ...on se sentait dans ce désert d'arbres juché au dessus de la Meuse comme sur un toit dont on eût retiré l'échelle." Juste quelques nouvelles, de temps en temps, de la guerre qui charbonne au loin, en Finlande, en Norvège. La guerre comme la mort, qui viendra bien assez tôt : "Avec un peu d'ingéniosité, on pouvait encore se fabriquer du vague". Nous vivons tous comme ça, après tout...

A-t-on encore le temps, le goût, de lire une écriture aussi peu actuelle, aussi lente et travaillée, avec ses mots rares ( anuitée ), parfois ennuyeuse aussi ? Sujet - verbe - complément : pas plus, nous dit-on si l'on veut être lu aujourd'hui. Par une vie retirée et une écriture compliquée, Julien Gracq nous laisse autre chose, qui vaut peut-être la peine qu'on s'y arrête, de temps en temps. Pour ceux qui l'ont encore.

Comme on le sait, les blindés de Guderian passèrent là où c'était impossible. Nos quatre hommes restent dans leur abri, laissant passer d'abord les fuyards "comme un troupeau de buffles serré de trop près par l'incendie de la jungle". Aucun ordre, aucune consigne  lors de cette débandade, et puis ils n'avaient pas envie de s'en aller. Ils tireront un seul coup de canon pour détruire un véhicule de reconnaissance, vite puni par un obus qui pulvérise la maison-forte et laisse deux morts. L'aspirant Grange, blessé, tentera de fuir mais retournera vite dans la maison de Mona, son amante d'une saison, pour s'y endormir. On ne sait pas de quel sommeil.

Accoudé au balcon en écoutant les bruissements de la forêt mérovingienne ne peut durer plus d'une saison.

Noël au balcon, Pâques au canon.

23:14 Publié dans Livre | Lien permanent | Commentaires (0)

08/01/2008

Jean-François Kahn à l'antique

    Jean-François Kahn n'est certes pas une antiquité, il bouillonne encore. C'est  Olivier qui me met sur la piste de cet interview dans le Monde. J'aime Jean-François Kahn. Excessif en tout, il réussit à être notre plus grand polémiste...du centre !! Une position qui l'a protégé des dérives habituelles de ce type de journalisme qui finit souvent dans le caniveau de l'injure personnelle. Ce n'est pas son style, même s'il excelle dans l'injustice et la caricature.

Ca ne suffirait pas à nous le faire aimer. Mais il y a surtout son oeuvre de patron de presse : Vous avez dirigé trois journaux, dont deux que vous avez créés, commence Raphaëlle Bacqué du Monde, en l'interrogeant. Qui dit mieux ? Il fonde L'événement du Jeudi qui n'a pas survécu 2 ans à son départ. Il repart à zéro avec Marianne, il aurait quelque raison de s'y croire nécessaire. Et pourtant, il part à 70 ans pour se concentrer sur une écriture qu'il espère moins éphémère. Libération lui consacre aussi un beau portrait.

Toujours pas d'antiquité ? Si, grâce à Cicéron, comme exemple d'un style qui ne passe plus :

Faut-il aussi repenser la façon de faire du journalisme ?

Cela me fait mal de le dire, mais nous allons devoir changer notre mode d'écriture. Il y a un type de phrase qui est mort. Je le regrette, parce que je suis d'une génération qui aime ces phrases cicéroniennes, c'est-à-dire une phrase construite, longue, avec des incidentes. Il faut des phrases plus courtes.

Et c'est  Zone Franche, à la fin de l'année dernière, qui nous rappelait la comparaison entre le style de Démosthène et celui de Cicéron :

  • Démosthène : Celui à qui on ne peut rien retrancher n' a rien dit que de parfait.
  • Cicéron : Celui à qui on ne peut rien ajouter n' a rien omis de tout ce qui pouvoit embellir son ouvrage

Démosthénique, est le titre de la note de Gilles Martin sur Zone Franche. Ce n'est pas avec un titre pareil qu'il va faire exploser ses statistiques. Surtout que Jean-François Kahn nous le rappelle :

Il faudrait donc appauvrir son vocabulaire et ses références ?

Oui, car beaucoup de gens de moins de 40 ans n'ont plus les références d'avant. Je reçois des lettres de lecteurs qui me disent qu'ils ne comprennent pas tout ce que j'écris. J'avais parlé du boulangisme, en référence au général Boulanger, ils pensaient que j'évoquais un pâtissier. J'ai écrit : "C'est une division du monde à la Yalta." Mais qui sait encore ce qu'est Yalta ?

Et qui sait encore qui sont Cicéron et Démosthène ? Mais, nous les blogs, avons l'hypertexte et Wikipedia. Alors voilà pour Cicéron, et voilà pour Démosthène. Et voilà pour Fénelon qui imaginât leur dialogue.

Et VOILA PAS pour un certain GuiM. Je compte sur  le tag nofollow sur le lien précédent pour pouvoir le citer sans lui apporter une notoriété qu'il ne mérite pas (avec d'autres, innombrables). Sous couvert d'expérience statistique, GuiM accumule les mots clés que vous imaginez pour vérifier que :

"Il n'y a donc bien que le cul qui fait tourner le monde"  : Bravo !! quelle formidable découverte.

"PS : Ce billet sera supprimé dans la nuit, il n'a pour vocation qu'un but statistique " Son billet est toujours là, bien sûr. Faux comme le cul qu'il fait mine d'analyser

06/01/2008

Nos points de vue

"Point de vue" est une expression miraculeusement exacte. Pour de multiples raisons, j'ai écrit ce petit exposé pour mon fils. Peut-être pourra-t-il être profitable pour d'autres...

La tolérance

Ce verre est-il à moitié vide ou à moitié plein ?

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Peut importe la mesure exacte, ce que je veux te montrer ici, c'est que l'on peut considérer ce verre de deux points de vue différents. Un point de vue qui voit le verre à moitié rempli, et l'autre qui ne voit que la partie vide. Quelle est la vérité de ce verre ? On ne peut pas le dire, car les deux phrases sont exactes. Le verre est rempli à moitié de vin, c'est tout ce que l'on peut dire. Si l'on dit qu'il est à moitié plein, c'est qu'on pense qu'il est en train de se remplir. Inversement si on le voir à moitié vide, c'est qu'on pense qu'on est en train de le boire. On ne voit qu'une photo de ce verre, sans savoir ce qui s'est passé avant, et bien entendu, on ne peut pas savoir ce qui se passera après. Grâce à cet exemple, on se rend compte que l'on peut avoir deux points de vue différents sur un objet très simple. Ces deux points de vue sont également vrais, et l'on ne peut pas trancher, ni dire qui à raison et qui a tort.

Et maintenant, regardons ce dé. Nous voyons une face avec un 4, une autre avec un 5, et celle du dessus avec un 1. Que voit l'oeil de L.... ( à gauche ) ? Il voit sans doute le 4 et une face que nous ne pouvons voir à l'opposé du 5. René voit le 5 et peut-être le 4, on ne sait pas vraiment. Il s'agit d'un et un seul dé. Et pourtant, nous qui lisons ce texte en voyons une partie, et les personnages L.... et René en voient une autre. Il y a des faces du dé que chacun peut voir et d'autres faces vues par certaines personnes, mais pas par d'autres.

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Ce dé est un objet très simple, et il suffira de le retourner sur toutes ses faces pour que chacun se mette d'accord. On peut faire une expérience sur ce dé pour en vérifier les caractéristiques.

Est-on sur que ce dé soit si simple ? Pour nous Français, oui. C'est un dé avec 6 faces dont chacune porte un numéro. En disant cela, nous avons sous entendu beaucoup de choses :

  • Ce dé est un objet courant qui sert à jouer

  • Il sert le plus souvent à compter le nombre de cases duquel se déplacera le pion sur un jeu

  • Chaque nombre est représenté par la quantité de points correspondante

Imaginons maintenant un extra-terrestre qui voit ce dé et qui ne sait pas du tout à quoi ça peut servir. Que verra-t-il ?

  • Un petit cube dont chaque face comporte un nombre de points allant de 1 à 6

  • Ce cube est en plastique dont les arêtes sont arrondies

Comme il n'a aucune idée de l'utilité de ce cube, il pourrait penser qu'il nous sert à compter jusqu'à 6. Il pourra aussi penser que nous ne savons pas compter autrement qu'en figurant les nombres par un nombre de points correspondant. Il ne pourrait pas deviner que nous savons écrire 1,2,3,4,5,6 de manière beaucoup plus commode que . .. ... etc.. Sommes-nous sûrs qu'en voyant ce dé, notre extra-terrestre aura ces réflexions ? Nous n'en savons rien, car on peut dire beaucoup d'autres choses à propos de ce dé. On pourrait s'intéresser à la matière dont il est fait, à son poids, à ses dimensions, à sa couleur, à qui il appartient, qui l'a fabriqué, combien de temps restera-t-il bien lisse, etc..

Mais nous, quand nous voyons ce dé, nous ne nous intéressons qu'à le faire rouler pour savoir quel numéro va sortir. Un dé est un objet très simple. Même pour un objet très simple, nous ne nous intéressons et nous ne voyons que ce qui nous intéresse à ce moment-là. Nous ne nous intéressons pas aux autres caractéristiques ( poids, dimension, d'où il vient ). Ce qui revient à dire que c'est notre regard qui construit notre idée de ce dé. L'expression française "point de vue" est très exacte. Les personnages L.... et René ne voient le dé que sur une seule face, à partir de là où ils sont, à partir de leur point de vue, là où est leur oeil. Nous avons toujours une vue partielle des choses, jamais une vue complète : ce qui est impossible. Nous voyons toujours les choses avec un point de vue, qui est un filtre ne laissant voir et penser que ce qui nous intéresse. Nous ne voyons pas le reste ; ça ne nous intéresse pas. Mais il ne faut jamais oublier que nous voyons les objets, et le monde, et les autres personnes avec notre propre filtre. Et ce filtre n'est pas le même que celui des autres.

Comme tu l'as compris avec la comparaison entre ce que nous voyons et ce que verrait peut-être un extra-terrestre, nous voyons le dé comme un objet qui sert à jouer. L'extra-terrestre verra autre chose parce qu'il ne sait pas que ça peut servir à jouer. Comment se fait-il que nous voyons, nous, la même chose, en tous cas presque la même chose ? C'est parce que nous partageons le même genre de filtre. Nous avons appris tous les deux qu'un dé se lance pour faire sortir un nombre compris entre 1 et 6. Nous le savons tous les deux, et donc nous avons le même point de vue sur le dé. C'est pour ça que nous nous comprenons quand nous parlons de ce dé et quand nous jouons avec. Nous partageons la même culture, qui est l'ensemble des filtres qui nous fait voir et agir sur le monde de manière similaire. Similaire veut dire semblable, qui se ressemble. Ca ne veut pas dire identique, car nous sommes deux personnes différentes et donc nous ne pouvons pas avoir des points de vue identiques ( exactement pareils ) sur le monde. Mais nos points de vue sont similaires. Nous pouvons nous comprendre.

Tu comprends bien que pour un objet aussi simple qu'un dé, on arrivera de toutes façons à se comprendre, même avec l'extra-terrestre ( à condition que l'on puisse se comprendre au niveau du langage qui est un aussi un filtre entre nous et le monde ). Quand il s'agit d'objets plus compliqués, ou de personnes, ou d'idées, les choses deviennent plus difficiles. A partir de quel point de vue, l'autre personne se place-t-il ? Que voit-il et qu'est ce qui est important pour lui ? On ne le sait pas vraiment. Nous voyons les choses, le monde de notre point de vue, et nous sommes persuadés que ce que nous voyons est la réalité. Et l'autre, la personne avec laquelle nous parlons voit autre chose, un peu différent, avec des points communs, mais aussi avec des aspects que nous ne voyons pas ou que nous ne trouvons pas intéressant.

Trop souvent, nous oublions que l'autre a son point de vue et nous le nôtre. Les deux ne sont pas identiques. Trop souvent, nous oublions cela, nous sommes persuadés d'avoir raison, et nous avons raison de notre point de vue ; l'autre aussi peut-être, d'un point de vue qui est différent du nôtre.

Voilà pourquoi, il faut être TOLERANT avec les autres. La tolérance n'est pas qu'une vertu pour éviter les conflits, c'est simplement comprendre que le monde est trop complexe pour que nous en ayons chacun une vue complète. La tolérance, c'est comprendre, que mon filtre, ma vision sur le monde ne peut pas être la même que celle de mon voisin. La tolérance, c'est comme la sonnerie ultrason de certains téléphones portables. Les enfants l'entendent parce que leur oreille est jeune. Les adultes ne l'entendent pas, parce qu'ils ne peuvent plus percevoir les ultrasons. Ton oreille perçoit un son et je n'entends rien. Qui a raison ? C'est toi, car il y a vraiment un son. C'est moi aussi quand je te dis que je n'entends rien. Mon filtre m'empêche d'entendre. Il faut que je comprenne que tu entends vraiment quelque chose. Il faut que tu comprennes que je ne peux pas entendre. Il faut donc que chacun explique à l'autre quel est son filtre et ce qu'il lui permet d'entendre.

Dans la vie courante, on oublie très souvent cela. On pense presque toujours que l'autre a le même filtre que nous. Nous sommes tellement habitués au nôtre, que nous oublions que c'est un filtre, et que ce filtre nous masque une partie de la réalité. Nous avons souvent du mal à admettre que l'autre puisse avoir un autre filtre et donc un autre point de vue.

Peut-on dire alors que tous les points de vue se valent, et qu'il n'y a pas de vérité. Il n'y aurait que ma vérité, ta vérité, la vérité des autres. NON. A partir du moment où l'on a bien défini les filtres avec lesquels nous voyons, il y a bel et bien une réalité. Quand on fait un travail scientifique, que l'on a bien défini dans quel domaine on travaille, il y a des choses vraies et des choses fausses. Des choses et des événements que l'on peut vérifier et mesurer à l'aide d' outils communs. Ces outil s'appellent l'expérience scientifique et les mathématiques qui permettent de calculer. Dans la vie courante, cet outil s'appelle le langage qui nous permet de communiquer. Chez nous, c'est la langue française qui est l'outil commun. Mais une langue est moins stricte et beaucoup plus vague qu'une équation mathématique. C'est pourquoi il est difficile de parler de vérité exprimée dans une langue comme le français. Il y a pourtant des choses que l'on déclare vraies et d'autres fausses en l'exprimant en français. Il faut juste savoir que c'est plus difficile et moins rigoureux. On parlera plus justement d'opinions ou d'idées qui sont plus proches de la vérité que d'autres. On parlera de comportements ou d'actions qui sont plus proches du bien que du mal. Dans la vie courante, on n'exprime pas tant de nuances, c'est pourquoi l'on parle du vrai et du faux, j'ai raison ou tu as tort, c'est bien ou c'est mal. On ne devrait jamais oublié que ce ne sont pas des notions absolues comme dans les sciences ( et encore, les sciences sont elles aussi des approches de la réalité, mais pas toute la réalité ).

La politesse

Venons-en à des choses à la fois plus compliquées qu'un dé, mais aussi plus proche de notre vie quotidienne. Parlons un peu des personnes, de nous-mêmes et de la manière dont nous comprenons les autres, de la manière dont ils nous comprennent.

On ne peut pas se voir, ni s'écouter strictement tel que les autres nous perçoivent. Quand on se voit dans un miroir, ce n'est pas la même image que ce que voient les autres. Cette image est inversée dans le miroir, elle ne l'est pas pour les autres qui nous voient sans ce truchement. De même pour notre voix. Nous n'entendons pas le même son ni la même tonalité que l'autre. Le son sort de notre bouche, nos oreilles le perçoivent à la fois de l'intérieur et de l'extérieur. Pour les autres, il arrive directement dans leur oreille. Ce qui veut dire, que de toute manière nous présentons un aspect de nous-mêmes que nous ne pouvons pas connaître de la même manière que les autres. Nous avons donc un point de vue différent sur nous-mêmes que le point de vue des autres. Pour reprendre la comparaison avec le dé, nous voyons et nous ressentons ce dé de l'intérieur. Les autres le perçoivent de l'extérieur. Ils ne PEUVENT pas voir la même chose.

Il faut donc comprendre que l'autre a toujours un point de vue différent sur nous que celui que nous avons sur nous-mêmes. Les filtres sont différents. C'est pour ça que l'on a parfois du mal à se comprendre. Il y a des choses qui nous paraissent évidentes, mais qui ne le sont pas du tout pour les autres. Nous pouvons avoir des paroles, des comportements, des expressions qui nous semblent bonnes et qui seront interprétés différemment par l'autre. Dans ce cas il faut comprendre que ce qu'on peut nous reprocher correspond à ce que ressent la personne d'en face. Nous avons l'impression de nous exprimer normalement et l'autre nous reproche de ne pas lui parler correctement. Il faut essayer de comprendre pourquoi, et il y a beaucoup de chances qu'elle soit sincère, qu'elle se sente vraiment mal à l'aise avec notre comportement que nous considérons, nous, comme normal. Il faut donc que nous modifions notre comportement pour que l'autre nous comprenne mieux. Cette modification s'appelle la POLITESSE. La politesse est un ensemble de comportements et de règles qui font que que nous comprenons que l'autre a forcément un point de vue différent. La politesse dépend d'une culture commune. Elle n'est pas la même en France et en Chine. Cet ensemble de code communs à une culture cherche à poser un cadre commun, un filtre commun à tous et qui permet de mieux se comprendre.

Pour cela, la politesse nous enjoint de se mettre sur un point de vue qui puisse être commun ou facilement compris par tous les interlocuteurs. Dans ce dessin, on voit que L...., René et tous les autres sont rassemblés dans un espace commun d'où ils peuvent percevoir les mêmes choses. Ils partagent un même point de vue : ils peuvent se comprendre.

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Dans la mesure où ce point de vue est commun, chacun doit accepter de se déplacer et d'adopter ces règles de politesse. On salue les gens pour leur indiquer qu'on les a vus et que l'on a de l'amitié pour eux. Par celà, on montre que l'on va partager des choses et qu'on va se mettre sur un point de vue commun. On accepte le dialogue, c'est à dire que tout le monde s'exprime même si l'on n'est pas d'accord. Quand on est de mauvaise humeur, on ne le montre pas trop car c'est quelque chose qui n'est pas facilement compréhensible et partageable par les autres.

Les règles de politesse nous obligent donc à adapter un peu notre comportement. Toute la difficulté est de trouver un bon compromis entre nos vrais sentiments et les règles de politesse. Comme son nom l'indique, être poli veut dire que l'on présente un aspect plus lisse et plus agréable que ce que nous sommes réellement. On polit un pierre précieuse pour en gommer les aspérités, elle devient plus belle. En faisant cela on la modifie, elle n'est plus la même. C'est la même chose pour la politesse. En étant poli, on se modifie un peu. Trop de politesse peut devenir un mensonge, en ne disant plus rien de ce que nous sommes réellement. Comme d'habitude dans la vie, il faut trouver un bon compromis entre ce que nous sommes réellement, nos sentiments, nos opinions et une nécessaire politesse qui nous modifie un peu mais permet de trouver un langage et un point de vue commun.

Les autres

Pour conclure sur les différents point de vue que nous avons sur le monde et sur chacun d'entre nous, voici encore un autre aspect de cette question. Et pourquoi il est parfois si difficile de se comprendre. De comprendre l'autre et de comprendre que l'autre ne nous comprend pas de la même manière que nous-mêmes.

Nous ne comprenons pas toujours ce qui nous arrive. Pourquoi nous sommes gais, tristes, de bonne ou de mauvaise humeur. Comment l'autre pourrait-il le comprendre ? Il y a toujours une part de soi qui ne peut pas être communiquée. C'est une part que nous ne voulons pas communiquer, ou nous ne pouvons pas communiquer parce que nous savons pas l'exprimer. Même si nous essayons, l'autre ne peut pas se mettre totalement à notre place. Il y a donc des sentiments de joie ou de tristesse que nous ne pourrons jamais partager complètement avec les autres. Mais inversement, il arrive que l'autre comprend des choses que l'on ne voit pas soi même parce que l'on est perturbé par ses propres émotions. Encore une fois, il a un point de vue différent, qui peut lui faire voir des choses de l'extérieur que nous ne pouvons pas voir de l'intérieur. Il a aussi parfois une expérience que nous n'avons pas encore qui lui permet de comprendre quelque chose qui n'est plus neuf pour lui, mais qui est encore inconnu et incompréhensible pour nous-mêmes. C'est pour cela que nous aurons toujours besoin des autres pour nous aider à progresser, y compris pour des choses très personnelles.

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