Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23/01/2008

Rapport Attali : Commencer par la fin

Comme souvent, ce sont l' introduction et la conclusion qu' il faut lire en premier. Je ne me suis donc pas attardé sur l' ensemble des plus de 300 propositions pour la libération de la croissance française. De toutes façons je n' en ai pas vraiment le temps en ce moment. Le rapport entier est disponible ici (.pdf).

On a déjà commenté le fait que ce rapport constitue un véritable programme de gouvernement dont la légitimité démocratique est plus que discutable. Dans une démocratie normale, ce ne serait pas si grave, car le Parlement aurait une vraie pratique de contrôle sur les propositions du gouvernement. Mais nous sommes en France, où le Parlement ne fait qu' enregistrer.

Commençons donc par la fin :

"La conduite d’ensemble de ces réformes ne peut ni être déléguée
à tel ou tel ministre ni mise dans les mains de telle ou telle administration, même spécialement créée pour cela. Elle ne pourra être conduite que si, au plus haut niveau de l’État, une volonté politique forte (que seuls le président de la République et le Premier ministre portent) les conduit et convainc les Français de leur importance"

"Toutes les décisions devront être lancées entre avril 2008 et juin
2009."

Le rapport prévoit même le séquencement de l' ensemble des décisions allant jusqu' à planifier le vote des différentes lois :

b887c633022b800084bf09a602445434.jpg

 

Si l' on ajoute à cela, en revenant au tout début du rapport, que :

"Ceci n’est ni un rapport, ni une étude, mais un mode d’emploi
pour des réformes urgentes et fondatrices. Il n' est ni partisan,
ni bipartisan : il est non partisan.
Ceci n’est pas non plus un inventaire dans lequel un gouvernement
pourrait picorer à sa guise
, et moins encore un concours
d’idées originales condamnées à rester marginales. C’est un
ensemble cohérent, dont chaque pièce est articulée avec les
autres, dont chaque élément constitue la clé de la réussite du tout."

Autrement dit : Interdit de picorer, c' est tout ou rien et l' on vous fixe la marche à suivre. Dans ces conditions, que reste-t-il au politique ? Il n' acceptera pas de passer par ces conditions, et certaines propositions ne seront sûrement pas retenues. Il sera alors un peu trop facile à la commission de se défausser sur le non-respect intégral de son "programme" si les objectifs n' en sont pas atteints. Attitude un peu irresponsable, on en conviendra. Ce n' est d' ailleurs pas le rôle d' une commission d' être responsable dans le sens politique du terme. Mais dans ce cas, qu' elle s' abstienne d' injonctions aussi maximalistes.

Les commentaires sont fermés.