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14/01/2008

Sarkozy et les oppositions : Action - Réaction

D'Alain Badiou à François Bayrou les opposants regardent le présent et l'avenir avec le rétroviseur des années 40. J'ai déjà écrit cela quelque part : Il faut regarder sans crainte les années 40. Je veux dire les années 2040.

Alain Badiou voit dans l'élection et l'action de Nicolas Sarkozy le signe d'un pétainisme toujours vivace :

 "la subjectivité de masse qui porte Sarkozy au pouvoir, et soutient son action, trouve ses racines inconscientes, historico-nationales, dans le pétainisme"

Pétainisme, dans ce sens, représente la soumission à des valeurs étrangères :

"les Français n’ont qu’à accepter les lois du monde, le modèle yankee, la servilité envers les puissants, la domination des riches, le dur travail des pauvres, la surveillance de tous, la suspicion envers les étrangers, l’homme français […] versus l’homme africain […]".

A lire sur nonfiction.fr, l'analyse de son dernier livre : " De quoi Sarkozy est-il le nom ? " ou encore l'entretien accordé au Nouvel Observateur.

 

Dans un genre évidemment différent, François Bayrou dans ses voeux, en appelle à la Résistance :

"Résister à une société des rapports de force. Résister à une société qui considère les femmes et les hommes non pas comme des citoyens, mais uniquement comme des cibles de communication, des éléments de production et de consommation. Résister en réclamant d’y voir clair, d’être informés en temps utile, quand les décisions se préparent, en exigeant la responsabilité du citoyen qui seule permet l’épanouissement. Résister par l’éducation, par la culture. Résister par la démarche de coopération, de mutualisme. Dans le monde comme il est, dans la mondialisation dominée par un modèle unique, résister au nom de ses valeurs, c’est un projet de société et c’est un projet de civilisation."

Voilà deux postures, finalement jumelles, qui ne se définissent que par réaction à une invasion qui nous submerge, à des forces qui nous dépassent. Collaboration ou Résistance, d'une manière honteuse ou héroïque n'existent que par réaction. Ce fut le mérite du Général De Gaulle de voir plus loin et de s'attacher dès le début à un programme dynamique qui ne se définissait pas par rapport aux circonstances, pour lui temporaires de l'occupation, mais bien par rapport à un futur à construire, une fois le désastre dépassé.

De de Gaulle à Sarkozy, il y a le gouffre de l'austérité morale et financière à l'impudence affichée des deux. La comparaison s'arrêtera là. Autant que d'autres, je suis exaspéré par le côté  "Je me la suis faite"  et "M'as-tu-vu" de Nicolas Sarkozy. Mais si l'on est bien obligé de voir, on n'est pas obligé de regarder, d'examiner, de disséquer, d'analyser, de radiographier, de commenter, et de gloser à l'infini. On l'a assez dit, il a toujours un coup d'avance. Je n'ai pas cité le Parti Socialiste qui réussit l'exploit d'être aussi brouillon dans le vide, que Nicolas Sarkozy dans le trop-plein de propositions. Les opposants comme les analystes, à se définir en fonction d'un agenda qui n'est pas le leur, seront toujours perdants.

Je regardais hier, Henri Guaino dans l'émission de Christine Ockrent. On lui posait une question sur l'impuissance du politique. Non, le politique n'est pas impuissant, répondait-il. Le politique peut, et d'ailleurs doit, agir sur la société. Quoi qu'on dise et qu'on pense de l'omnipotence revendiquée de Nicolas Sarkozy, elle est le signe d'une politique qui veut agir. A la limite, peu importe les directions de sa politique, mais en réhabilitant l'action et la prise de responsabilité, il impose un modèle que l'on avait oublié depuis bien trop longtemps. Bien des aspects de sa politique me déplaisent et même me révulsent, singulièrement en matière judiciaire et de politique de sécurité. Néanmoins il aura, de toutes façons, démontrer que l'action est encore possible.

Après le ni-ni mitterrandien et la cynisme désabusé chiraquien, cette secousse en elle-même est salutaire.

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