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25.11.2007

23 and me, et moi, et moi, émoi

Nous allons pouvoir connaître notre avenir. Notre avenir médical en tous cas. C'était un rêve - ou un cauchemar -. C'est maintenant possible avec "23 and me", 23 étant notre nombre de chromosomes. Et moi, et vous, qui avons maintenant  la possibilité théorique de connaître nos prédispositions à telle ou telle maladie, le risque d'attraper un cancer ou au contraire une bonne résistance aux accidents cardio-vasculaires. Il suffira de fournir un échantillon de salive. Pour 1000 dollars, "23 and me" analyse vos gènes et vous dresse une cartographie de vos risques médicaux.

En fait, je connais très bien mon avenir. A 53 ans, il m'en reste 30. Je fais le bravache, comme ça, mais voilà une phrase qui n'est pas si facile à écrire froidement, et encore moins à regarder en face. En ce qui concerne ma santé et mon avenir, je suis très autruche. Mais c'est mon affaire après tout.

Sauf que beaucoup de gens s'intéressent à moi : une pensée qui devrait me consoler d'un avenir dont il faut bien admettre qu'il se rétrécit. On a tellement d'amis. Nos banquiers, assureurs, employeurs sont surement très intéressés par les risques qu'ils prennent en pariant sur notre longévité.

Ce que l'on peut savoir, aurons-nous le droit de l'ignorer ? Aurons-nous encore le droit de prendre des risques pour notre santé, pour les finances de la Sécu, alors que mon génotype me dit que j'ai intérêt à faire un footing tous les matins ? Un intérêt qui risque de se tranformer en devoir.

D'autres qui ont le courage de regarder leur avenir seront "contents" de savoir qu'ils ont un fort risque cancéreux et prendront des mesures d'hygiène pour retarder et peut-être déjouer le pronostic. Ils pourraient se sentir en droit de ne plus financer la santé de ceux qui ne prennent aucune précaution.

Nous n'en sommes qu'au début, et si nous savons que certaines maladies comme la chorée de Huntington ont une cause génétique clairement identifiée, on est loin de tout savoir sur le sujet, et la génétique ne contient pas tout notre destin. Tout ça demande des capacités de calcul gigantesque, l'alliance de l'industrie informatique et de la biologie génétique.

23 and me a été fondée par Anne Wojcicki, plus connue sous le nom de Madame Google, depuis son mariage avec Serguei Brin, l'un des 2 fondateurs. On ne sera donc pas étonné de l'intérêt de Google qui pourra faire profiter "23 and me" de ses capacités de calcul, et qui en saura encore plus sur nous, jusqu'au coeur de nos chromosomes.

Via Affordance, et le très long article de Wired qui dit tout sur la question.

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