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16/11/2007

Les labours de Novembre

20 ans déjà que ces matins brumeux de novembre ressemblent à tous les autres mois. 20 ans que je n'ai pas planté ma charrrue dans la terre fumante.

Il faut partir avant le lever du soleil pour commencer le labour à la nuit finissante. Si tout va bien la brouillard sera là aussi et quand il se lève et perce, ce soleil rasant est à peine voilé par le pare-brise sale, car c'est un tracteur. 

Maintenant que le jour se lève, il faut s'appliquer encore plus à tirer droit.

Une voiture pourrait ralentir..

Rentrer dans le sillon légèrement de l'extérieur pour compenser le mouvement inverse de la charrue quand tout l'attelage glissera dans le fond du sillon. Mordre un peu dans le labour lorsque l'on arrive sur la veine d'argile car la charrue tend à s'écarter dans l'effort de soulever une terre plus lourde. On ne s'ennuie jamais quand on laboure. Chaque coup est un défi où la perfection de la ligne droite et de la profondeur doit être maintenue d'un bout à l'autre. L'écart doit être rectifié, mais pas trop vite en coupant d'un seul coup le serpentement, car c'est la correction qui ne s'effacera plus. A peine a-t-on fini que d'autres erreurs apparaissent que l'on n'a pas vu naître en gommant doucement la précédente.

Il arrive que l'on réussisse une longue suite de coups bien droits. Je pense alors au Parthénon en incurvant les lignes pour parfaire l'illusion de la rectitude. Cet architecture à coups de charrue ne sera que pour moi. Inutile car il n'y a pas de gain de rendement que je puisse espérer de mon application. 

On doit croiser le sens des labours d'une année sur l'autre. Mais je laboure toujours en perpendiculaire de la route, que l'on puisse en jouir. Car une voiture pourrait ralentir, et même s'arrêter pour admirer la perfection du trait. Mais seules les mouettes suivent mon tracé, au festin des vers de terre que la charrue surprend.  

17:12 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0)

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