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07/11/2007

La longue traîne de l'édition

Je suis bloggeur donc j'écris, et si j'écris j'aurais un jour ou l'autre, envie d'aller plus loin, jusqu'au livre. Ou peut-être, je ne suis pas bloggeur mais je rêve quand même d'écrire un chef d'oeuvre. Mais voilà, je n'ai peut-être pas ce talent et à coup sûr pas de piston. Pourquoi se lancer dans ce travail d'écriture alors que j'ai 0% de chances d'en voir une réalisation matérielle. C'est que la fabrication d'un livre est une industrie où il faut faire avec les coûts d'édition, de fabrication, de distribution, de publicité et même de destruction des invendus.

Alors les éditeurs trient, c'est bien normal, en prenant en compte des facteurs économiques. Ils ne trient pas beaucoup d'ailleurs : 727 romans pour la dernière rentrée littéraire : c'est beaucoup trop. Sait-on qu'un kioskier peut avoir jusqu'à 2000 titres de journaux en vente. Il ignore lui-même ce qu'il vend : c'est ridicule.

Des amis ont racheté une librairie-papeterie-point de presse à Cluny. La réception, déballage, étalage puis retour des invendus est une charge considérable.

Tout ça ne marche pas bien, est à bout de souffle.

Un éditeur est surtout un conseiller littéraire. C'est le coeur de son métier, mais qui doit composer avec les contraintes économiques. Sur Internet il n'y a plus de barrières économiques.  Vous avez écrit un livre, mais comme tout écrivain, vous avez besoin de conseils, d'encouragements, de corrections et de critiques : Il faudrait supprimer ce paragraphe - au contraire développer ce chapitre - ce personnage n'a pas de consistance - ..

Vous avez écrit un livre, et c'est vous, non plus l'éditeur, qui allez le publier. Sur Internet bien sûr. Vous avez écrit un livre, et peut-être êtes vous prêt à payer 1000 Euros pour une fiche de lecture comprenant quelques conseils écrits. Peut-être êtes vous prêt à payer plus pour une aide personnalisée. L'éditeur redevient un conseiller littéraire dégagé des questions de fabrication. Il peut alors vendre un service de quelques milliers d'Euros multipliés par le très grand nombre des auteurs amateurs. Elle est pas belle ma longue traîne ?

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Bloggeur ou pas bloggeur, j'ai toujours la volonté d'écrire mon livre. Je mets mon-chef-d'oeuvre.pdf sur mon site. Il sera chargé 80 fois et peut-être lu 3 fois. Peu importe, j'aurais été au bout de mon talent, aurais appris beaucoup lors de ce travail et laissé une oeuvre. Quand à mon éditeur, il a pu créer des emplois de conseiller littéraire et il est revenu à son métier d'origine. Au milieu de toutes ces oeuvres, comme avant, mais mieux qu'avant, quelques unes auront encore les honneurs de l'édition papier.

16:05 Publié dans Web | Lien permanent | Commentaires (2)

Commentaires

Moi j'ai publié un essai sur TheBookEdition.com, "les madeleines mélodiques" Augustin Lapointe.
Ils surfent sur la longue queue, mais ils ne font rien payer. J'ai pu commander juste un seul exemplaire de mon livre.
Et mes amis ont pu l'acheter également, sans que ça me coute des sous.

Écrit par : Augustin | 13/11/2007

Bravo Augustin, mias j'imagine que ce livre est intouvable aujourd'hui.
L'idée est de retrouver le coeur du métier d'éditeur qui est de conseiller, encourager, animer les auteurs, trouver des idées etc.. Si les coûts de fabrication tombent à 0 alors cette activité-là re-devient possible sans souci des contraintes économique liées à l'édition papier. Et la publication sur Web aurait pu me faire lire "les madeleines mélodiques".

Écrit par : René | 14/11/2007

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