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24/10/2007

Même sans Twitter, j'arrive à perdre mon temps

    Publier un billet sur Twitter un 24 octobre 2007, c'est vraiment s'exposer aux ricanements de toute la planète geek 2.0. Je n'hésite donc pas, car que dire de plus sur un sujet archi rebattu depuis plus de 6 mois ? Rien, et c'est le sujet de ce billet. Tout ça est la faute de Xavier qui reste perplexe face à ce service de micro blogging. 

Je ne le suis pas et savais à l'avance que ça ne pouvait pas m'intéresser ; du coup j'ai passé plus de 2 heures à regarder un peu à quoi ça ressemble. Sur les milliards de billets qui en parlent, c'est ici, en anglais, que j'ai trouvé le meilleur descriptif.

Twitter répond donc à la question "What are you doing now ? " Une question que personne ne se pose mais à laquelle vous répondez quand-même. Vous perdez votre temps à dire ce que vous faites : "J'attends le RER de 18h55 sur le quai de la gare de Lyon" et vos lecteurs perdent le leur à lire votre message. Et moi j'arrive à perdre encore plus de temps, en n'utilisant même pas Twitter mais à chercher à comprendre pourquoi.

Il faut dire que j'ai mis des années à admettre que la conversation est rarement faite pour échanger des idées ou des sentiments, mais plutôt une présence. C'est cet aspect social que j'ai longtemps accusé de mondain - ce qu'il est aussi - qui fait que j'ai encore du mal à parler pour ne rien dire,  m'intéresser à moi-même, à l'autre et au lien qui nous unit en dehors de tout contenu dans le dialogue.

- Ca va ?
- Ca va
- Il fait plus ce froid ce matin

Certains arrivent à en faire des heures avec talent, moi il m'a fallu des années de travail pour tenir quelques minutes, arriver à être poli et m'intéresser à la météo. J'écris tout ça sans aucun mépris, mais plutôt avec une certaine envie envers ceux qui ne s'ennuient jamais avec eux-mêmes. Du coup ils n'ont pas besoin de fond pour communiquer leur forme. Ils sont tout prêts à en faire profiter la terre entière et donc à twitter.

Quant à moi, parler de choses et d'autre - de rien en fait - à quelqu'un, je peux. Parler de rien à personne, voilà un niveau de vide que je n'atteindrais jamais.

C'est en me promenant sur le Web à propos de Twitter, que j'ai trouvé le nom savant de ce phénomène. Twitter est donc une fonction phatique diffusée sur Internet.

Et voilà comment un billet qui voulait parler de rien sur rien, qui cherchait à être humoristique, en dit beaucoup sur moi-même et se transforme en cours de linguistique. Twitter n'est décidément pas pour moi.

17:20 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (7)

Commentaires

l'important ce n'est pas l'outil mais la communauté.
On en recause
Bon je reviens sur Twitter ;-)

Écrit par : OlivierSeres | 24/10/2007

Ouf, René tu me rassures, je commençais à douter ;-)

Olivier, la communauté pour la communauté n'es pas beaucoup d'intérêt. Ce qui est plus intéressant c'est une communauté pour une pratique, pêche à la ligne ou business peu importe.

Mais Twitter comme antianxiogène, comme paradis artificiel remède à la solitude, c'est un usage un peu faible.

Plus que la communauté, c'est l'usage l'important. Twitter pourquoi ?

Le seul usage intéressant que j'identifie c'est la promotion de son blog ;-)

A propos, mardi je n'ai pas piscine. Qui s'en soucie ?

Écrit par : Xavier | 25/10/2007

René, la conversation sur la météo n'est pas une conversation vide.

C'est plutôt un code social qui permet le démarrage d'une "vraie" conversation. Ou alors de couper court en restant poli.

Écrit par : Xavier | 25/10/2007

Bon, j'ai affaire à des ultra-antis.
>Xavier : tu vas à la piscine où le mardi d'habitude? On pourrait se voir pour boire une bière :
(exemple d'interpellation sur Twitter).
Mais tu as le droit de ne pas vouloir que je vienne te proposer
En bref, twitter montre les individu sous un angle + intime que sur le blog
autres exemples d'utilité :http://www.wikiservice.at/fractal/wikidev.cgi?FR/TwitterFanClub/EnQuoiTwitterEstVraimentUtile

Écrit par : OlivierSeres | 25/10/2007

Non, non, Olivier, je ne suis pas ultra-anti ;-) Je doute des bénéfices proclamés tant l'investissement en temps est important.

De la même manière que je doute de la productivité du Blackberry.

Écrit par : Xavier | 28/10/2007

En tous cas Twitter a le mérite de lancer des débats. En ce qui me concerne, je suis sceptique et ne comprends pas l'engouement que cela engendre.

Mais je me souviens aussi de mes premiers jours chez Sun en 1992. Je demande une explication technique à mon voisin de bureau qui me répond : " Je t'envoie un mail ". J'en suis resté totalement stupéfait, et à me demander si on ne pouvait pas prendre un quart d'heure A SE PARLER pour qu'il m'explique ce point précis, puisque qu'on était juste à côté l'un de l'autre.

Et maintenant j'envoie aussi des mails à mon voisin de bureau. Et comme tout le monde, je passe une bonne partie de mon temps à en rédiger, à en lire (peu) et à en détruire (beaucoup). On a trouvé des choses mieux pour partager l'information ( wiki ), mais on continue qund même à garder les anciennes habitudes. On accumule.

Ma première stupéfaction de 1992 n'était sans doute pas si naïve. J'ai un peu la même aujourd'hui avec Twitter même si je doute que ça prenne l'importance du mail.

Écrit par : René | 28/10/2007

René, quand on pense qu'on reproche au télétravail de tuer le lien social alors que la vie de bureau permettrait des échanges !

Olivier, ma piscine est loin depuis que j'ai quitté la région parisienne ;-) Mais on peut boire une bière lors d'un de mes passages.

Écrit par : Xavier | 29/10/2007

Les commentaires sont fermés.