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28/09/2007

L'enfant prodigue, de Benoit XVI à Sartre

On connait l'histoire :  Le jeune fils réclame sa part d'héritage à son Père. Il fait la fête et gaspille tout. Il se retrouve obligé de garder des porcs ( sans doute la tâche la plus basse dans l'esprit des juifs de l'époque du Christ ). Le voilà qui se décide à rentrer chez son Père en espérant y être mieux traité. Mais c'est un grand festin de joie qui accueille l'enfant prodigue, tant la joie du Père est grande de retrouver son fils.

La parabole illustre le pardon inépuisable du Père et donc de Dieu, y compris à l'égard de ceux qui ont cru pouvoir se séparer de lui. C'est Benoît XVI dans son livre très savant - Jésus de Nazareth - qui attire mon attention sur l'autre frère. Livre très savant mais aussi très étonnant, car il ne masque rien des difficultés et des ambiguïtés de certains textes.

12db492ccd0dde101b72c8d9506b57a9.jpgC'est le grand oublié de cette histoire : le frère aîné. Benoit XVI préfère d'ailleurs parler de la parabole des deux frères. Car le frère aîné en revenant de son travail aux champs, entendit la musique et les danses de la fête. La suite vaut d'être cité en entier :

"Il appela un des serviteurs, et lui demanda ce que c'était. Ce serviteur lui dit: Ton frère est de retour, et, parce qu'il l'a retrouvé en bonne santé, ton père a tué le veau gras. Il se mit en colère, et ne voulut pas entrer. Son père sortit, et le pria d'entrer. Mais il répondit à son père: Voici, il y a tant d'années que je te sers, sans avoir jamais transgressé tes ordres, et jamais tu ne m'as donné un chevreau pour que je festoie avec mes amis. Et quand ton fils est arrivé, celui qui a mangé ton bien avec des prostituées, c'est pour lui que tu as tué le veau gras! Mon enfant, lui dit le père, tu es toujours avec moi, et tout ce que j'ai est à toi; mais il fallait bien s'égayer et se réjouir, parce que ton frère que voici était mort et qu'il est revenu à la vie, parce qu'il était perdu et qu'il est retrouvé."

On fait la fête pour le retour de l'enfant prodigue pendant que l'autre n'a même pas fini sa journée à trimer dans les champs. Rien n'est perdu pour la "brebis égarée", c'est entendu, et la parabole enseigne le pardon infini du Père. Benoit XVI s'attarde sur le fils aîné, mal aimé des commentateurs et souvent condamné pour pharisaïsme. Il en fait même un personnage aussi important que le fils prodigue, non pas en le condamnant pour sa jalousie, mais plutôt en le plaignant de n'avoir pas  compris sa chance et son bonheur de vivre auprès du Père. Et d'ailleurs "tout ce qui est à moi est à toi" lui dit le Père.

bce76a08f8bf52f6092bbd6d860f6eec.jpgJe ne sais pas si Sartre, athée radical, aurait aimé être embarqué dans cette histoire, mais  "l'homme est condamné à être libre" nous dit-il. Tout comme Adam et Eve,  l'enfant prodigue a voulu goûter à l'arbre de la connaissance du bien et du mal, au monde extérieur. Il s'est condamné à être libre. Le voilà obligé de se débrouiller "avec les nombres que les dés lui ont consentis". Pas si mal son tirage d'ailleurs, mais il flambe, gaspille et perd tout, jusqu'à sa liberté nouvellement gagnée. Les chrétiens diront que c'est une fausse liberté et que c'est l'autre frère qui connaît la vraie liberté tout en ne reconnaissant  pas sa chance. 

On l'imagine bien, travaillant dans l'ombre, pendant que son frère plus brillant a goûté aux plaisirs du monde avec la sécurité du retour assuré au bercail. Lui aura toujours fait  "son devoir" en enrageant de ne pas avoir le courage de tenter l'aventure extérieure. Il ne comprend pas la joie d'être aimé par le Père et d'entrer dans son intimité, nous dit Benoit XVI.

Joie bien austère, on en conviendra, car on tue le veau gras pour le retour du fils prodigue alors que lui est toujours aux champs ; on n'a même pas pensé à le prévenir. Ca ne donne pas envie de connaître ce paradis-là.

Et moi, j'aime bien festoyer avec mes amis.

18:21 Publié dans Livre, Philo | Lien permanent | Commentaires (0)

25/09/2007

Le POINT ( de vue et image des People )

Je lis le Point depuis sa naissance. J'observe avec tristesse sa dérive qui le classe désormais dans la catégorie de son illustre et presque homonyme chroniqueur princier. IL affirme qu'il gagne des lecteurs. Je n'en serai plus. Son numéro 1827 sera le dernier pour moi.

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Déjà, la couverture énerve. On veut nous accrocher avec "L'homme le plus puissant de France". Nicolas Sarkozy ne serait qu'une marionnette manipulée par son éminence grise et mystérieuse.

Rien de tout cela, évidemment, et ce n'est pas le cabinet noir, mais la vie en rose. Préparez vos mouchoirs, sortez les violons, jouez hautbois résonnez musettes, voici Claude Guéant.

Tout jeune déjà c'était le meilleur. Il est vite repéré comme un des meilleurs préfets de France "Je serais allé n'importe où pour travailler avec lui" raconte l'actuel chef de cabinet du Président. Et c'est la rencontre avec Sarkozy dans lequel il avait déjà décelé des qualités exceptionnelles. Entre gens exceptionnels, on se comprend bien, et aujourd'hui il est ce contrepoids précieux qui permet au tandem de l'Elysée d'avancer en une heureuse synthèse bénfique pour tous. N'en jetez plus, la cour est pleine. Non pas encore, car voici le clou de ce portrait de cour :

Des fleurs pour Cecilia

"Vous savez, pendant votre absence, les fleurs étaient changées chaque jour. Quand elle est revenue, c'est ce qu'il lui a dit, alors qu'il traversait ce bureau longtemps resté vide, place Beauvau. Et puis il s'est tu. Cécilia Sarkozy assure qu'à cet instant Claude Guéant avait les larmes aux yeux. Elle même fut touchée plein coeur. Saisie par ces mots délicatement hardis et ce silence troublé d'émotion, si inattendu de la part de cet homme eminemment pudique"

Si vous n'avez pas vous aussi les larmes aux yeux, c'est que vous n'avez vraiment pas de coeur. Madame Barbara Cartland Anna Bitton signe cet émouvant petit encart et c'est un chef d'oeuvre. A ce niveau de kitch, ça devient sublime. Oui, Claude gardait dans son coeur son doux secret. Le fidèle serviteur remplaçaient humblement les fleurs en  attendant  le retour de sa maîtresse. Chaque jour ce modeste bouquet lui rappelait les jours heureux. A chaque sonnerie de téléphone, son coeur tressaillait : et si c'était elle.

Submergé par ce Niagara de guimauve, le téléphoooooooneu pleure, ce n'est plus Claude Guéant, c'est Cloclo qu'on nous fait revivre. Mais il nous faut quitter les claudettes qui officient à la rédaction de Podium du Point. Voici le nouveau people qui monte : Raymond Soubie.

C'est l'homme des relations sociales. Evidemment c'est moins glamour que les fleurs pour Cecilia. Mais cet homme estimable se retrouve enterré lui aussi à l'encensoir de la Pravda du Point.  Les honneurs, il les a tous reçus et les fuit comme la peste. Tant pis pour lui, il n'en réchappera pas, et il aura droit lui aussi à son tombereau de fleurs. "Raymond Soubie sait tout de la nature humaine... Mais plutôt que d'utiliser son incroyable culture et son brio pour déstabiliser son interlocuteur, il le rassure, le met en confiance"

Angela Merkel, c'est la revanche de " la fille de l'Est", Kosciusko-Morizet fait la fête, Abitbol enfin chef, la grande bouffe de Rassam : c'est au sommaire de ce numéro . Mais y a-t-il quelques articles qui ne racontent pas la vie de nos vedettes préférées dans Gala le Point ?  Oui.

Sociologie : Au coeur des ghettos de riches.  On ne rit pas dans le fond de la classe !
Club privé : Nuit du 4 août au Tir aux pigeons . Silence ! où je vous fais expulser par Brice Hortefeux !
Economie : Mont Blanc - Le luxe au sommet. Je rappelle que le stylo Bic est interdit !
Politique intérieure : Neuilly sur Seine - Casse tête pour la mairie. Voilà qui passionne la France jusqu'à mon village de Valframbert ( 61 )

Seul le bloc-notes de Bernard Henri Lévy sauve l'honneur. Oublions le personnage BHL et lisons son texte : A propos des tests ADN : Quid de mon ami Innocent X, journaliste congolais que j'hésite désormais à nommer et qui a adopté deux orphelins rwandais ayant survécu au génocide... On ne touche jamais, quan on est démocrate, à ces histoires de sang, de preuve par le sang et, donc, par l'ADN.

Et le chiffre des expulsions : Tout dans cette affaire est intolérable. L'idée même de chiffre. Le nombre là où il n'y a que des cas.

Voilà qui est digne de ce qui fut un hebdomadaire d'information, puisque tel est encore le titre du Point. Il faut un chroniqueur extérieur à la rédaction pour oser penser et se souvenir à quoi peut ressembler un vrai journal. Ca n'est plus assez pour que j'achète encore cet hebdomadaire qui n'est plus qu'un roman photo.

18/09/2007

Ne m'offrez pas un iPhone

A tous ceux qui se creusent déjà la tête pour la corvée les cadeaux de Noël, je préviens d'avance. Je ne veux pas de l'iPhone. Je ne l'ai pas vu, je ne l'ai pas touché, mais je ne peux déjà plus le sentir. Je m'attends au pire pour son arrivée en Europe dans les prochains jours.

Le BUZZ va être à son maximum, on ne pourra pas plus y échapper qu'à la vie de Philippe et Mathilde chez Leclerc ou à la pièce de deux Euros chez Carglass. A un certain de niveau de saturation, on obtient l'effet inverse. La saturation s'est transformée en indigestion puis en détestation. Ce truc est tellement mode, que ça en devient un MUST NOT HAVE à peu près aussi vulgaire qu'un... 4x4 BMW par exemple.

On va m'accuser d'avoir fait la queue 48 heures comme ce brave crétin.

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Et on ne me croira pas si je dis que c'est un cadeau : façon inélégante d'accuser ses amis d'un mauvais goût qu'ils vous obligent à exhiber.

Pour éviter l'iPhone, je suis prêt à accepter pleins d'autres "idées de cadeaux", par exemple :

  • Un week-end en tête à tête avec George W Bush dans son ranch de Crawford
  • Un week-end avec Sarkozy dans sa nouvelle résidence d'été de Wolfsboro
  • Un week-end avec les DEUX à Kennebunkport
  • Une photo ( retouchée ) de Sarkozy dédicacée par Cécilia
  • Un upgrade gratuit vers Windows Vista
  • Assister en direct à une émission autosatisfaction sur Canal+
  • Applaudir toutes les 15 secondes au signal du chef de claque dans cette même émission

Je suis même prêt à lancer une nouvelle chaîne de blogs : Trouver 5 idées de cadeaux PRESQUE aussi énervants qu'un iPhone.

Allez, faites chauffer le buzz.

16:21 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Ca m'énerve

13/09/2007

Petites questions philosophiques

 

Première question

Je ne connaissais pas Philosophie Magazine dont j'achète le dernier numéro à l'occasion d'un déplacement en clientèle. L'ayant malheureusement oublié dans le train, je cite de mémoire ce petit test philosophique.

Un dictateur a trouvé un nouveau moyen de faire mourir ses prisonniers. Il les enferme dans une ancienne mine désaffectée où les malheureux sont enchaînés sur les rails qui servaient au transport du charbon. Ils sont assassinés par des trains que l'on envoie pour les écraser.

Voici les questions:

Vous êtes dans la mine à côté d'une commande d'aiguillage. Personne ne vous voit et vous pourrez sortir de la mine sans encombre. Le train est devant un aiguillage qui est en position de guider le train vers la voie où sont enchaînées cinq condamnés. En actionnant la commande d'aiguillage, vous pouvez diriger le train vers l'autre voie sur laquelle il n'y en a qu'un seul.

  1. Actionnez-vous la commande pour diriger le train vers la victime unique en échange des cinq autres qui seront tuées si vous ne faites rien ?
  2. Dans la même configuration, vous êtes au-dessus de la voie où sont enchaînées les cinq victimes. Personne ne vous voit et vous pouvez pousser un autre prisonnier sur cette voie. Il sera tué, mais son corps arrêtera le train. Vous sauverez ainsi la vie des cinq prisonniers.

Dans les deux cas de figure, que faites-vous ?

La majorité des gens questionnés actionne l'aiguillage pour sauver les cinq prisonniers. Par contre, ils sont plus qu'une minorité à pousser le prisonnier de la deuxième question.

Voici ma réponse

Je ne sacrifierais pas une vie contre cinq. Tout simplement parce que je refuse de participer à un système qui me contraint à faire ce type de "Choix de Sophie". Faire un choix implique que j'accepte de penser que ce choix est possible voire valide. Mais il n'y a pas de choix possibles entre deux incarnations du mal, tout comme en mathématiques 1 fois l'infini n'est pas inférieur à 5 fois l'infini. En faisant ce choix, je participe et me rend complice de ce mal. On le voit bien avec la deuxième question qui pose le même dilemne, mais en soulignant la participation active au crime.

Mais si je suis un général et que je dois sacrifier 10 000 hommes pour en sauver 50 000, gagner la bataille et peut-être sauver mon pays, je le ferais. De même, j'enverrais le GIGN à l'assaut de cet avion détourné par des terroristes qui menacent d'exécuter tous les passagers. Je prends la responsabilité délibérée de les envoyer, au risque de leurs vies, peut-être de certains otages et certainement des terroristes, pour sauver le maximum de passagers.

La réponse n'est donc pas universelle et dépend de la situation. Dans le cas de la mine, je ne veux pas entrer dans un système absolument pervers et mauvais où l'illusion de pouvoir le corriger me rendra complice actif de ce système.  En tant que Général ou Ministre, j'ai un vrai pouvoir de décision par rapport à un système imparfait. Je dois me soucier de l'intérêt général qui dépasse les vies individuelles et qui ne sont pas considérés dans ce cas comme des fins.

Et vous quelle est votre réponse ?

 

Deuxième question

En nettement moins tragique, voici un autre test (via haha.nu ) qui, d'après Freud, illustre nos priorités 

5 événements se produisent simultanément chez vous :

  1. Le téléphone sonne
  2. Le bébé pleure
  3. Quelqu'un vous appelle et frappe à la porte
  4. Vos vêtements sèchent dehors et une grosse pluie d'orage est sur le point de les tremper de nouveau
  5. Vous avez oublié le robinet dans la cusine qui commence à être inondée

Dans quel ordre allez-vous régler ces différents problèmes ?

Indice : Chaque événement symbolise une part importante de votre vie. Qui ferme d'abord le robinet ?  

Réponse dans le commentaire qui suit

13:20 Publié dans Philo | Lien permanent | Commentaires (5)

11/09/2007

De Guy Moquet à Bernard Laporte, ou de la Résistance à la servilité

Comme tout amateur de rugby, je fus bien déçu de voir un mauvais match France-Angleterre vendredi dernier, pour l'ouverture de la coupe du monde. Heureusement l'intelligence du jeu français a triomphé de la force brute et du rentre-dedans sans imagination des Anglais.

Les Français ont joué à l'anglaise et les Argentins à la française. Déjouant avec élégance les assauts balourds des Français, ils prouvent qu'on peut encore JOUER au rugby en ne pas se contenter d'aligner les kilos de muscle. Bonne nouvelle pour un certain style que les Français peuvent retrouver lors des prochains matchs.

Il n'y aurait pas de quoi en faire un billet. Je ne suis pas un spécialiste et me contente en général de commentaires de café du commerce que je réserve à mes proches.

Mais le café du commerce est partout, "on refait le match" et la coupe du monde sur les radios et dans les journaux spécialisés. On commente la prestation des joueurs et l'on s'improvise expert en motivation. C'est là que j'apprends que Bernard Laporte a fait lire au sacrifié de la sélection (Clément Poitrenaud) la lettre d'adieu de Guy Môquet. Et l'on glose sur le fait de savoir si cette lettre n'aurait pas déstabilisé l'équipe de France. L'émotion les aurait terrassés, au lieu de leur donner la rage de vaincre espérée par nos psychologues de comptoir.

Motivation, préparation psychologique, conditionnement ! c'est donc ça que l'on retient du sacrifice de Guy Môquet.

Pas de pose, de comédie, ni d'emphase dans cette lettre :"Je vais mourir ! 17 ans et demi ! Ma vie a été courte ! Je n’ai aucun regret, si ce n’est de vous quitter tous." Laporte le fait mourir pour ça, pour cette récupération obscène, assortie de la flagornerie courtisane du futur ministre des sports. On sait bien que Nicolas Sarkozy veut faire lire cette lettre dans les écoles le 22 octobre, date anniversaire de l'exécution de Guy Moquet. Laporte a voulu plaire à son maître.

Je me fiche pas mal de savoir si l'on a gagné ou pas, et si l'on a motivé ou démoralisé les joueurs. Je n'imaginais même pas que l'on puisse avoir l'idée d'utiliser ce message d'adieu pour gagner un match de rugby. C'était un message de Résistance, de courage et de simplicité. Bêtise, usurpation de valeurs, grandiloquence et cirage de pompes, voilà la trahison et le crachat que l'on vient de jeter sur la tombe des otages de Châteaubriant. Quelle honte !

07/09/2007

Web serveurs : Microsoft IIS regagne du terrain sur Apache

C'est le genre de statisitiques que l'on a du mal à trouver, puis à croire ! Y a -t-il encore des serveurs Web qui n'utilisent pas Apache ? Oui, beaucoup et même de plus en plus sur IIS ( Microsoft Internet Information Server).

En terme de nombre de domaines, Apache est passé d'un chiffre de 71% en Novembre 2005 à 50,9 % aujourd'hui. Pendant ce temps, IIS grimpe de 22 à 34%. Voir les courbes des différents fournisseurs que l'on peut trouver sur Netcraft

Apache en bleu qui fléchit et IIS en rouge qui remonte 

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Unix Guardian commente et explique ce regain par l'intégration forte de IIS avec Windows. Voilà un discours complètement à rebours des meilleures pratiques d'architecture.

Mais les faits sont là, et Microsoft sait se battre sur ce terrain là aussi.

05/09/2007

Web 2.0 : L'important c'est de participer

     Andrew Keen l'auteur de  "The Cult of the Amateur" est un malin. Il attaque de front le Web 2.0 en vantant les mérites de la presse traditionnelle. Bien joué, la blogosphère se défend et les médias papiers lui tirent le tapis rouge.

    Francis Pisani comme Xavier de Mazenod lui répondent de manière un peu plus sérieuse et argumentée que les diatribes caricaturales que l'on peut lire dans cette interview à Libération (pointée par Xavier).

    Dans ce type de débat, je m'étonne toujours que l'on analyse le phénomène Web 2.0, Blogs et consorts, de la même manière que les médias traditionnels : c'est à dire du côté de l'aval, de qu'on peut y trouver en tant que lecteur, auditeur, spectateur. La nouveauté du Web 2.0 est évidemment du côté des créateurs et non des consommateurs. C'est même ce qui en fait sa caractéristique. Dans le read/write Web, c'est le write qui est intéressant et nouveau. Le read n'est  pas nouveau (depuis Gutemberg à peu près) et il peut être décevant. Quoi de neuf dans cette constatation ?

    L'écriture sur le Web, c'est de l'écrit traditionnel, du texte. C'est aussi de l'image, du son et tout ce que l'on pourra imaginer dans le futur en terme d'expression. Dans ce sens là, quand j'écris sur le Web, je passe forcément par une passe de lecture sur ce même Web et sur toute autre source de mon choix. Comme je lis dans le but de créer quelque chose, ma lecture n'est plus passive et inattentive, mais au contraire guidée par mon projet créatif. Quelle que soit la qualité finale de ce projet, quel que soit l'intérêt de mon billet sur mon blog, j'aurais de toutes façons, moi l'auteur, appris quelque chose au passage et souvent progressé dans mon moyen d'expression. Tout l'intérêt est donc dans cette phase de création et non dans le résultat final où il sera facile de trouver beaucoup de médiocrité, mais pas uniquement.

    En critiquant l'objet, Andrew Keen passe à côté du sujet. Car c'est ce processus de création, démultiplié par le nombre des acteurs, qui fait que chacun d'entre eux y a trouvé un moyen d'épanouissement et de progression. Dans ce cas, si la création est primordiale et le résultat secondaire, pourquoi le Web et pourquoi publier cette création, si l'objet en lui-même n'est pas le plus intéressant ?

    Quelques créateurs ont toujours eu suffisamment confiance dans leur talent, voire leur génie, pour se passer de public identifiable. De Saint-Simon à Lautréamont,  nombreux sont les écrivains qui, volontairement ou non, n'ont pas trouvé de public de leur vivant et qui bâtirent leur oeuvre sans en recevoir le moindre écho. Aucun obstacle ne peut arrêter de telles forces créatrices et aucune aide ne leur est nécessaire. On pourra trouver leurs contemporains sur le Web 2.0 ou ailleurs. Ce n'est pas leur problème et il n'est pas fait pour eux, même s'ils peuvent s'y trouver aussi.

    Comme le dit la phrase célèbre, "le blog engage des conversations". Si cette conversation n'a pas toujours lieu dans la pratique, elle est toujours présente dans l'intention. Nous, les amateurs, tels que les dénigrent Andrew Keen, avons besoin de cet aiguillon de la conversation et de la critique pour faire l'effort de construire un texte, ou toute autre forme d'expression. Je peux écrire un blog pour moi tout seul, en forme de journal, tel qu'il s'en est tenu depuis des siècles. Il se trouve que je ne le faisais pas, que ça ne m'intéresse pas et que ça risque de tourner vers une introspection stérile et "narcissique". Quelle que soit l'étendue de mon public, de quelques dizaines à plusieurs milliers pour certains, ce public me tire vers un haut que je ne ferais pas l'effort d'atteindre sans lui. On discute de la dimension du haut et de sa qualité statique, quand tout l'intérêt est dans le mouvement. Comme par ailleurs, il n'y a plus de barrières techniques, financières, éditoriales à l'expression de chacun sur ce read/write Web, n'importe qui peut désormais atteindre un public souvent minuscule mais potentiellement innombrable.

    Si l'on ne veut pas participer en tant qu'acteur au Web 2.0, je ne comprends toujours pas ce qu'on peut y perdre en tant que lecteur. 727 romans pour cette rentrée littéraire, 54 de plus que l'année dernière. Comme quoi, l'édition traditionnelle n'a pas l'air de souffrir de l'arrivée d'autres moyens d'expression. Toujours dans cette interview à Libération il paraît que " L’éthique de l’amateur est si dominante que l’expertise, le talent et le savoir perdent du terrain". Il n'y a pas d'éthique de l'amateur dans le sens où il serait incompétent. Le talent et l'expertise se détectent très vite comme toujours. Ce qui est nouveau est en effet une éthique du désintéressement et de la gratuité. Certains hébergent de la publicité. C'est leur affaire, en tous cas ce n'est pas une nécessité économique comme pour les médias traditionnels. 

    Tout ça se résume en une discussion entre les tenants d'un système clos où ce qui s'ajoute d'un côté ne peut que se payer d'un autre. Andrew Keen c'est le Lavoisier du Web "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme". En pire évidemment.

    J'ai du mal à voir les pertes, je vois beaucoup de gains et la transformation est continuelle. FInalement c'est  le Web 2.0 qui redonne une jeunesse à l'olympisme, "l'important c'est de participer"

11:45 Publié dans Blog, Web | Lien permanent | Commentaires (2)

03/09/2007

Xavier Darcos : Le ministre des enseignants

J'aimais bien le blog de Xavier Darcos, j'avais même souhaité qu'il continuât  à le tenir tout en restant ministre. Il a préféré retourner à la langue de plomb ministérielle. Ca donne cet interview honteuse dans Ouest-France.

« Je suis le ministre des enseignants » dites-vous. Ce qui signifie ?

Je connais cette maison depuis très longtemps. J'y ai enseigné, je m'intéresse à ce qui se passe dans cette multitude de petites cellules de production que l'on appelle des classes. Et je constate que la réussite de l'école repose sur le rapport très étrange, difficile à théoriser, entre un groupe d'enfants et la personne adulte qui leur transmet un savoir. Je suis donc le ministre des professeurs non par démagogie, mais parce que je crois que, lorsque les enseignants ne se sentent pas bien, l'école elle-même va mal.

Encore un qui s'est trompé de ministère. On le croyait à l'Education Nationale, il est aux enseignants. Tout comme cet ancien Ministre du Général De Gaulle à qui celui-ci  rappelait fortement  "N'oubliez pas que vous êtes Ministre de l'Agriculture, vous n'êtes pas le Ministre des agriculteurs".  L'Education Nationale est donc le ministère des enseignants. On a oublié de créer un secrétariat d'état aux enseignés. Mais on n'a bien sûr pas oublié de créer la commision de réflexion sur la condition enseignante. La réflexion dure depuis les années où François Bayrou était ministre et Xavier Darcos son directeur de cabinet. Le nouveau rapport est attendu pour Noël.

Et les élèves, ah les élèves ! "Le lycéen français est celui qui subit le plus d'heures de cours". Vous avez bien lu : SUBIT. Et c'est le ministre des enseignants qui emploie ce terme. L'accès à la connaissance, le goût et le bonheur d'apprendre, les clés de la liberté ne concernent pas ce ministre et ce ministère. L'élève est là pour subir le gavage et tâcher d'y survivre.

Cette rentrée le confirme et mes souvenirs ne me trompent pas. On ne changera rien à un système qui continue à casser des générations d'enfants.

 Où est le problème ? Les résultats au Bac sont encore en hausse cette année.