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25/09/2007

Le POINT ( de vue et image des People )

Je lis le Point depuis sa naissance. J'observe avec tristesse sa dérive qui le classe désormais dans la catégorie de son illustre et presque homonyme chroniqueur princier. IL affirme qu'il gagne des lecteurs. Je n'en serai plus. Son numéro 1827 sera le dernier pour moi.

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Déjà, la couverture énerve. On veut nous accrocher avec "L'homme le plus puissant de France". Nicolas Sarkozy ne serait qu'une marionnette manipulée par son éminence grise et mystérieuse.

Rien de tout cela, évidemment, et ce n'est pas le cabinet noir, mais la vie en rose. Préparez vos mouchoirs, sortez les violons, jouez hautbois résonnez musettes, voici Claude Guéant.

Tout jeune déjà c'était le meilleur. Il est vite repéré comme un des meilleurs préfets de France "Je serais allé n'importe où pour travailler avec lui" raconte l'actuel chef de cabinet du Président. Et c'est la rencontre avec Sarkozy dans lequel il avait déjà décelé des qualités exceptionnelles. Entre gens exceptionnels, on se comprend bien, et aujourd'hui il est ce contrepoids précieux qui permet au tandem de l'Elysée d'avancer en une heureuse synthèse bénfique pour tous. N'en jetez plus, la cour est pleine. Non pas encore, car voici le clou de ce portrait de cour :

Des fleurs pour Cecilia

"Vous savez, pendant votre absence, les fleurs étaient changées chaque jour. Quand elle est revenue, c'est ce qu'il lui a dit, alors qu'il traversait ce bureau longtemps resté vide, place Beauvau. Et puis il s'est tu. Cécilia Sarkozy assure qu'à cet instant Claude Guéant avait les larmes aux yeux. Elle même fut touchée plein coeur. Saisie par ces mots délicatement hardis et ce silence troublé d'émotion, si inattendu de la part de cet homme eminemment pudique"

Si vous n'avez pas vous aussi les larmes aux yeux, c'est que vous n'avez vraiment pas de coeur. Madame Barbara Cartland Anna Bitton signe cet émouvant petit encart et c'est un chef d'oeuvre. A ce niveau de kitch, ça devient sublime. Oui, Claude gardait dans son coeur son doux secret. Le fidèle serviteur remplaçaient humblement les fleurs en  attendant  le retour de sa maîtresse. Chaque jour ce modeste bouquet lui rappelait les jours heureux. A chaque sonnerie de téléphone, son coeur tressaillait : et si c'était elle.

Submergé par ce Niagara de guimauve, le téléphoooooooneu pleure, ce n'est plus Claude Guéant, c'est Cloclo qu'on nous fait revivre. Mais il nous faut quitter les claudettes qui officient à la rédaction de Podium du Point. Voici le nouveau people qui monte : Raymond Soubie.

C'est l'homme des relations sociales. Evidemment c'est moins glamour que les fleurs pour Cecilia. Mais cet homme estimable se retrouve enterré lui aussi à l'encensoir de la Pravda du Point.  Les honneurs, il les a tous reçus et les fuit comme la peste. Tant pis pour lui, il n'en réchappera pas, et il aura droit lui aussi à son tombereau de fleurs. "Raymond Soubie sait tout de la nature humaine... Mais plutôt que d'utiliser son incroyable culture et son brio pour déstabiliser son interlocuteur, il le rassure, le met en confiance"

Angela Merkel, c'est la revanche de " la fille de l'Est", Kosciusko-Morizet fait la fête, Abitbol enfin chef, la grande bouffe de Rassam : c'est au sommaire de ce numéro . Mais y a-t-il quelques articles qui ne racontent pas la vie de nos vedettes préférées dans Gala le Point ?  Oui.

Sociologie : Au coeur des ghettos de riches.  On ne rit pas dans le fond de la classe !
Club privé : Nuit du 4 août au Tir aux pigeons . Silence ! où je vous fais expulser par Brice Hortefeux !
Economie : Mont Blanc - Le luxe au sommet. Je rappelle que le stylo Bic est interdit !
Politique intérieure : Neuilly sur Seine - Casse tête pour la mairie. Voilà qui passionne la France jusqu'à mon village de Valframbert ( 61 )

Seul le bloc-notes de Bernard Henri Lévy sauve l'honneur. Oublions le personnage BHL et lisons son texte : A propos des tests ADN : Quid de mon ami Innocent X, journaliste congolais que j'hésite désormais à nommer et qui a adopté deux orphelins rwandais ayant survécu au génocide... On ne touche jamais, quan on est démocrate, à ces histoires de sang, de preuve par le sang et, donc, par l'ADN.

Et le chiffre des expulsions : Tout dans cette affaire est intolérable. L'idée même de chiffre. Le nombre là où il n'y a que des cas.

Voilà qui est digne de ce qui fut un hebdomadaire d'information, puisque tel est encore le titre du Point. Il faut un chroniqueur extérieur à la rédaction pour oser penser et se souvenir à quoi peut ressembler un vrai journal. Ca n'est plus assez pour que j'achète encore cet hebdomadaire qui n'est plus qu'un roman photo.

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