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30/08/2007

Les larmes de la rentrée

Tous les ans c'est la même chose. On rebat les cartes, on mélange le paquet, et l'on redistribue. Ce n'est pas plus important que ça, n'est-ce pas. Comme il y a plusieurs classes du même niveau, tous les ans, on affecte les enfants selon des critères mystérieux. C'est une prérogative de la direction de l'école, et il n'y aura jamais d'explications. Je soupçonne donc qu'il n'y a pas de règle, et que les enfants sont tirés au sort, parce que ça n'a aucune importance.

C'est ainsi qu'à chaque rentrée, l'enfant doit affronter l'arbitraire cruel d'adultes qui se fichent pas mal des chagrins inutiles qu'ils provoquent. Bienvenue dans le monde des adultes. Parce c'est comme ça -  c'est le règlement - j'veux pas le savoir -  attendez votre tour -  le guichet est fermé.

Les profs, eux, se retrouvent, se congratulent et se racontent leurs vacances. Tous les ans, les enfants perdent leurs meilleurs amis. Comme par hasard, pour sa rentrée de CE2, ma fille n'est plus avec ses amies de l'année dernière. Comme par hasard, elles sont réparties dans d'autres classes. Y a-t-il un prof qui regarde les enfants, les jeux dans les cours de récréation ? Est-ce indispensable d'imposer ces chagrins, ces larmes ? On nous répondra que ce n'est pas grave, et qu'au bout d'une semaine, tout est oublié. On nous dira sans doute que l'école est faite pour apprendre et pour créer de la mixité sociale.

Eh bien non, Mesdames et Messieurs les profs, on n'oublie rien, les meilleurs moments de l'école, ce sont les heures passées avec les copains et les copines. C'est la récréation. L'école est l'endroit où l'on passera la majorité de son temps et où l'on aura ses meilleurs amis. Mais quand on n'est plus dans la même classe, ce n'est plus pareil.  A voir votre obstination à casser des amitiés qui ne vous regardent pas, on dirait que vous ne le savez pas et que vous n'avez jamais été enfant.

Je n'ai de souvenirs d'école que d'un environnement hostile auquel il faut bien s'adapter. On apprend parce qu'il faut bien, sans que personne ne vous en donne le goût. Jamais je n'ai vu un prof comme quelqu'un d'autre qu'un adulte à craindre ; certainement pas comme un maître respecté que l'on aurait envie d'interroger après l'heure réglementaire. Voilà les souvenirs qui m'en restent avec cette rancune que je ne veux pas transmettre à mes enfants. Mais les larmes de ce matin, et celles de sa mère et donc les miennes ne seront pas oubliées. Tout le monde s'en remettra, bien sûr, sauf le sentiment amer et renouvelé que décidément l'école ne sera jamais qu'un lieu de contraintes, à quitter au plus vite.

13:09 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (1)

06/08/2007

Jouer avec le feu

Après 18 mois d'abstinence tabagique quasi parfaite, la tentation surgit, de se mesurer avec 25 ans d'intoxication. Il faut dire que l'on est bien encouragé par le sanitairement correct qui s'est de nouveau déversé. Le paquet augmente de 30 centimes d'euro. Une nouvelle occasion de s'arrêter. "Fumer tue" - "Pour votre santé attention à l'abus d'alcool" - "Ne grignotez pas entre les repas" - " 5 fruits et légumes par jour" - MERDE!!

Ce matin même, je rachetais mon premier paquet  depuis le 5 avril 2006. 3 clopes plus tard, on est partagé entre le désir et le dégoût. Le désir de reprendre une habitude pas si désagréable et le dégoût de perdre une bataille contre soi-même. Surtout ne pas penser aux messages du sanitairement correct. Il reste encore quelque instinct de révolte contre la férule sociale qui peu à peu vous étouffe. Alors, on s'observe à jouer avec le feu, à la fois acteur et spectateur d'un combat que l'on a déjà gagné. On veut remettre son titre en jeu, en quelque sorte. On a déjà vaincu. Jusqu'où peut-on donner un avantage à l'adversaire ? C'est même pas bon, mais d'où vient cette vulnérable envie de se mettre en danger ? Michel Leiris dans sa préface à "L'âge d'homme" a superbement joué avec  la corne du taureau, en défendant une littérature considérée comme une tauromachie.  Qui met en danger son auteur. Faute d'oeuvre littéraire, on se contente d'un paquet de Winston. Mais, seule, l'évocation du regard déçu de votre enfant vous évitera de livrer un combat inutile et dérisoire.

Les 17 cigarettes restantes sont parties à la poubelle.