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18/05/2007

Les années 40

Il faut regarder sans crainte les années 40. Je veux dire les années 2040. C'est maintenant un devoir d'avenir qu'il faut remplir.

Le devoir de mémoire s'est accompli mercredi dernier pendant la cérémonie d'hommage aux 35 fusillés du Bois de Boulogne. Max Gallo a prononcé le discours qu'il fallait (je n'arrive malheureusement pas à le retrouver sur Internet). Parce que ces années 40 furent des années d'ombre et de lumière, la repentance comme la fausse gloriole sont deux faces d'un même refus d'assumer le passé.

Ces héros furent trahis par des Français. On ne fait pas de police sans indicateurs. Il faut lire les mémoires de Jacques Baumel pour le comprendre. C'est bien la Milice et les gestapistes français qui furent les plus dangereux. C'étaient parfois d'anciens policiers, ils connaissaient le pays. Cette collaboration policère fut sans doute plus meurtière encore  que  la Gestapo. A lire Jacques Baumel, on comprend que la Gestapo n'avait pas tant de moyens que cela. Les films donnent une image d'une organisation implacable, terriblement efficace, "à l'allemande" alors qu'elle était composée principalement de pauvres types. Leur bestialité n'aurait surement pas suffi à démanteler certains réseaux de Résistance sans la connaissance du terrain de leurs séides français.

Tout cela est bien connu, et depuis longtemps. Il n'y a pas de tabous à dévoiler, pas de vérités cachées. Assez de complaisance à se retourner sans arrêt vers ces années 40, il faut préparer maintenant les années 40 du XXIème siècle.

La cérémonie du Bois de Boulogne était belle et digne. Nicolas Sarkozy a pris ce jour-là une dimension de Président de la République qui assume le passé et tout le passé. Il fallait sans doute qu'une nouvelle génération accède aux affaires pour qu'on en finisse enfin avec cette période. En finir ne veut pas dire oublier, mais en retenir les leçons. Les leçons c'était de prendre Hitler pour un successeur un peu rustre de Guillaume II. C'était de le voir avec les lunettes du passé sans comprendre son caractère radicalement nouveau et terrifiant.

On a amplement rempli notre devoir de mémoire. Aujourd'hui, il faut regarder le monde tel qu'il est et remplir notre devoir d'avenir. Une génération nous sépare des nouvelles années 40, ce n'est pas trop pour les construire dès maintenant.

Commentaires

Dans le roman "Lune noire" de Steinbeck, écrit en 1942 (3 ans avant la fin de la guerre), l'auteur décrit les émois d'un groupe d'officiers allemands dans une petite ville occupée dans un pays du nord (non nommé). Or le personnage le plus méprisable de ce roman n'est pas le plus haut gradé des officiers allemands, mais le collaborateur qui connaît toute la petite ville et qui informe la troupe allemande locale des agissements de ses concitoyens.
L'enfer de Dante réserve le plus profond de sa spirale aux traîtres. Et Machiavel rappelle qu'il vaut mieux se méfier de ses amis que de ses ennemis.
Le pardon est plus dur à donner aux traîtres qu'aux ennemis. Peut-être cela explique-t-il l'immense difficulté qu'a la France à se débarraser de cette sombre époque.

Écrit par : Nicorazon | 20/05/2007

j'ai trouvé le discours :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/discours%2Bmax%2Bgallo/video/x213cs_max-gallo-la-france-ne-passera-pas

il est phénoménal, je le mets sur mon blog !!

Écrit par : Fanette | 21/05/2007

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