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13/05/2007

Pourquoi je ne serai jamais Président de la République

En 1944, on demandait au Général De Gaulle ce qu'il pensait des résistants.  "Ils ont besoin de se reposer". A ses yeux leur héroïsme ne leur donnait aucun droit particulier à participer au nouveau pouvoir. Et surtout ils ne voulait rien leur devoir. Il était leur chef, ils lui devraient tout et lui ne leur devrait rien. Plus tard, il mettra Georges Pompidou en position de lui succéder, un Pompidou qui n'avait pourtant aucun état de service dans la Résistance.

De la même manière François Mitterrand ne récompensa jamais Claude Estier de sa longue fidélité. Il sut aussi surmonter son aversion personnelle pour nommer Michel Rocard à Matignon en 1988. C'est le signe d'un grand politique ou d'une grande indifférence aux sentiments - comme on voudra. On a vu aussi comment, au contraire, Jacques Chirac n'a jamais pu se résoudre à nommer Sarkozy Premier Ministre alors que toutes les circonstances politiques l'y incitaient.

C'est à lui maintenant d'être ingrat, et ce gouvernement resséré fera beaucoup de déçus. On dit même que Brice Hortefeux, un autre ami de 30 ans, pourrait ne pas en faire partie. Ils se sont dévoués pour leur candidat, depuis des mois et parfois des années. Ils pensent légitimement à un poste prestigieux qui leur permettra de faire, ou de paraître - comme vous voudrez. Ce peut être parfois de la cruauté, c'est aussi la nécessité politique, mais certains n'auront rien.

Par humanité ou par faiblesse - comme vous voudrez - je suis incapable de faire ces sacrifices. Je ne serai jamais Président de la République.

Commentaires

Ma toute petite expérience d'élu (conseiller municipal pendant 6 ans) m'a démontré qu'à la minute même où l'on est élu (voire à la seconde), les amis arrivent : "oh dis, tu ne peux pas me refiler le chantier du rond point de la sortie Chambéry !... (un copain d'école) Coucou, est-ce que tu peux me dispenser de payer la taxe professionnelle cette année ?... (Une société florissante !) Dis, je viens de faire des travaux dans mon entreprise, est-ce que la Mairie qui loue les locaux peut les prendre en charge ? (PS. Pour 300 000 euros)... Je fais un petit voyage en Pologne pour des affaires, est-ce que tu peux m'accompagner ? (il y avait un trafic de bagnoles cachés)... " etc. -Jean Pass & Desmeilleurs-
Ces exemples sont choisis, parce qu'ils ont été explicitement dit à la nouvelle madame le Maire, après le passage de notre liste... Et Madame le Maire est tombée dans tous ces pièges ?
J'ajoute que très vite les élus aiment mieux se retrouver entre eux et avec les autres élus (conseillers généraux, régionaux, députés, sénateurs etc.) qu'avec ceux qui les ont élus...
Bref, méfiez-vous de vos amis plus que de vos ennemis, disait le bon Machiavel, avec son solide sens politique...
c.q.f.d.
PS. Je ne me suis pas représenté aux élections suivantes...

Écrit par : Nicorazon | 15/05/2007

C'est vrai que les élus sont trop souvent considérés comme des dispensateurs de passe-droits. Un "bon" député est celui qui saura faire remonter le bon dossier au sommet de la pile. Et s'il veut être réélu, il a intérêt à s'en occuper. C'est beaucoup plus payant que de travailler dans les commissions de l'Assemblée. On a les élus qu'on mérite.
Ta commune te méritait plus longtemps, dommage que tu ne te sois pas représenté.

Écrit par : René | 16/05/2007

C'est ce qu'on m'a dit. Mais malheureusement, dans les conseils municipaux, il fallait parler de sujets que souvent je ne connaissais pas. Or il y a toujours des gens qui ont des avis (et une grande gueule) sur tous les sujets. Ce sont généralement eux qui ont le dernier mot.
Une autre catégorie a souvent le dernier mot : les anciens (souvent des autochtones). Tu as beau avoir étudié un dossier à fond, si par exemple le vieux conseiller général (qui ne connaît pas ce dossier) s'exprime, c'est lui qu'on écoutera et qui emportera l'opinion...
Effectivement René, les hommes politiques forment une catégorie à part. Nicolas Sarkozy est un orfèvre en la matière ! Il est vraiment capable de parler (et peut-être de s'occuper) de tout, même s'il ne maîtrise pas les dossiers... Il est capable de se faire élire en rameutant les anciens lepénistes, puis former un gouvernement en racolant des socialistes avec des états d'âme.
Cela dit, je pense que l'avenir de la politique est dans le dialogue permanent, car les sujets à traiter deviennent complexes (dans une vision écologique plus large) et demandent des avis très variés... C'était sans doute plus simple du temps de Machiavel.

Écrit par : Nicorazon | 17/05/2007

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