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25/04/2007

Sarkozy : Surmonter sa victoire

Quelles que soient les péripéties de ces prochains jours, je ne vois pas comment Nicolas Sarkozy pourrait être battu. Avec plus de 11 millions de voix, il obtient le meilleur score jamais réalisé par un candidat au premier tour d'une élection présidentielle. Voir les premiers tours des élections présidentielles.

 

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Quand je vois la stagnation des suffrages exprimés de 1981 à 2002, je ne vais pas chercher plus loin une des facettes de la crise de confiance de notre pays. Les chiffres de 2007 montrent que les Français ont décidé de s'intéresser de nouveau à la politique.

Je vois ici ou là, quelques déçus du résultat, dénoncer un n-ième complot médiatique, au services des partis traditionnels et de leurs complices. Le complot médiatique a déjà servi lors du duel avorté Chirac-Jospin, puis pour le referendum européen. Cette fois encore, la collusion des médias et des grands partis est dénoncé pour avoir voulu étouffer les petits candidats. Panurgisme démocratique, dénonce Thierry Crouzet qui réclame un système à la proportionnelle. Il n'a pas du noté que le premier tour de l'élection présidentilelle est justement un scrutin à la proportionnelle intégrale !!

Et si l'on se contentait des faits et des chiffres, du fort taux de participation, et du succès des candidats qui prennent les Français au sérieux. Je me réjouis du résultat des 3 premiers et du recul de Le Pen. Je me réjouis de l'échec des amateurs. Quoi que l'on pense des uns et des autres, ce sont les candidats qui ont un peu travaillé et préparé leur candidature qui ont obtenu les meilleurs résultats. Eliminés, José Bové qui a cru que sa célébrité lui permettait de s'improviser candidat à 15 jours des échéances, ou un Fédéric Nihous qui confond la France avec une amicale de pêcheurs à la mouche.

Il manque au moins 2 millions d'emplois à ce pays, autant de richesses qui ne sont pas créées et autant de désespoir qui n'en finit pas. En mettant la question du travail au coeur de cette élection, Nicolas Sarkozy a posé le bon diagnostic. Avec un projet à rebours de la politique malthusienne de partage du travail, il me semble qu'il propose une bonne solution. Par ailleurs, il s'est donné les moyens politiques de réussir et a montré qu'il savait rassembler son camp. 

Il reste la question de sa personnalité et de l'inquiétude qu'il suscite chez beaucoup. Pourra-t-il résister à sa victoire ?

François Mitterrand comme Jacques Chirac avaient en commun ce cynisme cotonneux qui leur a fait maintenir la France sous anesthésie pendant 25 ans. Leurs nombreux échecs les avaient désabusés. Ils  ne prenaient plus rien au sérieux, jusqu'à leur rôle, dont ils n'ont jamais pris la mesure.

Pompidou comme Giscard ont été élus en héritiers naturels sans que la bataille ne soit bien difficile pour l'un comme pour l'autre.

Et de Gaulle n'est pas de la même catégorie.

Nicolas Sarkozy va être élu dès sa première candidature. Il fait le meilleur score de premier tour, avec une participation électorale record. Il le dit et le répète : je suis parti du dernier rang pour arriver là et je ne dois rien à personne. On doit toujours quelque chose à quelqu'un. Mais nous voilà  avec le premier Président persuadé qu'il ne doit sa conquête qu'à ses propres forces, en dépit et souvent aux dépens, de ceux qui l'ont accompagné. 

Ce qu'on peut deviner du personnage, ce qu'on en rapporte,  laissent penser que Nicolas Sarkozy n'a sans doute pas le meilleur profil pour accueillir avec détachement son futur triomphe. Il a décidé et appliqué sa stratégie sans tenir compte des avis de ses conseillers. Ceux-ci rapportent que "En ce qui concerne la capacité d'écoute, Nicolas a des marges de progression". Comme c'est diplomatiquement dit ! La marge a du s'agrandir. Qui tiendra le rôle de l'esclave rappelant la réalité au général romain , celui qui murmure "Souviens toi que la roche tarpéienne est près du Capitole". Qui sera le fou du Roi ?

 C'est aussi un adepte du complot médiatique, mais avec tous ses excès, j'aime l'enthousiasme et la liberté de Jean-François Kahn

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Ce numéro de Marianne ne m'empêchera pas de re-voter Nicolas Sarkozy. A celui-ci je souhaite, ausi et pour longtemps, des contradicteurs aussi insolents et talentueux.

Commentaires

Je comprends pas la.
Apres avoir lu le dossier marrianne tu n'est pas choqué ?
Je ne veut pas de ca pour mes enfants.
voici le lien pour info, c'est disponible en pdf gratuitement.
http://www.marianne2007.info/-Le-vrai-Sarkozy-en-acces-libre-!_a1180.html

Là il ne s'agit pas de voter à gauche ou à droite.

T'as le choix entre un mec qui applique une politique ultra-sécuritaire qui diminue les libertés individuelles et qui en plus ne fait pas baisser la délinquance alors que dans le même temps les bavures policières augmentent et que le délit de sale gueule est un critère encore plus présent dans les interpellations effectuées par la police. Et ça on le voit de plus en plus régulièrement. Lois de plus en plus dures et de moins en moins humaines sur l'immigration qui entraine la "traque" car c'est de ça qu'il est question, de sans papiers jusque dans les écoles et même sur certains stands des restos du coeur.

Opposition entre les bons français bien gentils, tous des anges, qui se lèvent tôt le matin, qui travaillent dur et qui ne font jamais grève (les braves gens) contre ces feignasses de chômeurs qui restent chez eux à encaisser les allocations et qui osent protester lorsqu'on leur supprimme les droits sociaux.

Il est toujours question de débusquer les "mauvais" : ces salauds de juges qui libèrent des délinquants, les voyous qui cassent tout en banlieue, les immigrés clandestins qui sont responsables de tous les maux, les droits de l'hommistes qui s'offusquent des lois de plus en plus liberticides. Qui a dit "si on est contre moi, on est contre l'opinion publique" à votre avis ? Qui a dit "ceux qui n'aiment pas la France, qu'ils ne se gênent pas pour la quitter" ?

Sans parler du Ministère de l'Immigration et de l'Identité Nationale pour bien stigmatiser les étrangers et nous réinculquer les bonnes valeurs de la France.

On pourrait également citer ses récentes déclarations sur le gène de la pédophilie ou du suicide et toutes les pressions qu'il exerce contre ceux qui sont "contre lui". Ou encore les menaces aux journalistes qui osent le critiquer.

Si avec tout ça vous n'êtes toujours pas convaincus que ce mec est dangereux et que vous ne comprenez pas qu'on l'assimile à l'extrême droite, tendance qu'il drague de façon honteuse depuis 5 ans, alors je ne peux plus rien pour vous.

Écrit par : Back | 26/04/2007

J'ajoute à ca que je suis actuellement en CAE dans un lycée en tant qu'admin réseaux (bac+2), je fait 40h par semaine, pour le super salaire de 984€ par mois
Avec 2 enfants, c'est pas possible.
Alors, oui, avec son disours populiste et démago, l'assechement des voix du fn, sarko me fait BONDIR.
A bon entendeur.

Écrit par : Back | 26/04/2007

J'aurais aimé réagir sur deux ou trois choses, à savoir :

- Le commentaire précédent;
- Les petits candidats;
- Les capacités de Nicolas Sarkozy en temps que Président.

Le commentaire de Back
C'est une réaction que l'on entend trop souvent : La France est un pays qui ne peut plus assumer les avantages sociaux qui ont été distribués depuis 25 ans : M. Sarkozy n'a rien contre les immigrés, mais ils ont droit à bonne partie de ces avantages, et ce n'est pas possible. Les chomeurs ne sont pas tous des "feignasses", mais il est vrai que certains sont des champions de l'assistanat. Seulement, pas moyen de différencier celui qui trime pour survivre, et celui qui vit aux frais de la princesse...
Travailler 40h pour 984 euros, que dire ? C'est lamantable, j'en suis convaincu, et on est tous dans un cas de sur-travail par rapport à nos paies. Seuelement, aujourd'hui, pour faire son trou, c'est la seule méthode. La faute à qui ? Aux 35 heures, à des charges sociales et patronales trop élevées, à un euro qui nous dévalorise complétement par rapport ay dollar, ...

Les petits candidats
Tous sont dévalorisés par les présidentielles. Ils passent tous pour des guignols... Pourtant, la plupart ont des messages (bons ou pas bons...), et c'est pour eux la seule manière de les dire à l'échelle d'un pays. Dommage, car on ne les verra jamais plus haut dans les fonctions du fait de leur discréditation aux élections. Nihous est le seul à parler d'écologie à mon sens : les verts ne sont que des extrêmistes avec une écologie punitive et non incitative.
Trouvons donc un moyen de les laisser passer leur message de manière plus facile et moins carnavalesque!

Les capacités de Nicolas Sarkozy en temps que Président
J'ai voté Bayrou au premier tour. Pour deux raisons : espérer qu'il passe, et faire barrage à Miss Royal... echec sur les deux plans. Je voterai donc Nicolas Sarkozy, et avec plaisir ! C'est un vote utile.
On a deux solutions: une candidate prête à tout passer au peuple, ruiner encore plus un pays (parce qu'un SMIC à 1 500 euros, ça n'enrichit pas, mais ça appauvrit, aussi bizarre que cela puisse paraître...); et de l'autre, nous avons M. Sarkozy, prêt à faire avancer les choses, à réformer un pays qui lui, veut que tout aille mieux sans faire de concessiosn et se priver de certains avantages.

Pour en revenir au ministère de l'imigration et de l'identité nationale, ce n'est pas parce que l'on empêche les sans papiers de venir chez nous que la France ne reste pas un pays "Melting Pot" ...

Merci René pour cet article passionnant :-)

Écrit par : Thibault | 26/04/2007

J'aurais aimé réagir sur deux ou trois choses, à savoir :

- Le commentaire précédent;
- Les petits candidats;
- Les capacités de Nicolas Sarkozy en temps que Président.

Le commentaire de Back
C'est une réaction que l'on entend trop souvent : La France est un pays qui ne peut plus assumer les avantages sociaux qui ont été distribués depuis 25 ans : M. Sarkozy n'a rien contre les immigrés, mais ils ont droit à bonne partie de ces avantages, et ce n'est pas possible. Les chomeurs ne sont pas tous des "feignasses", mais il est vrai que certains sont des champions de l'assistanat. Seulement, pas moyen de différencier celui qui trime pour survivre, et celui qui vit aux frais de la princesse...
Travailler 40h pour 984 euros, que dire ? C'est lamantable, j'en suis convaincu, et on est tous dans un cas de sur-travail par rapport à nos paies. Seuelement, aujourd'hui, pour faire son trou, c'est la seule méthode. La faute à qui ? Aux 35 heures, à des charges sociales et patronales trop élevées, à un euro qui nous dévalorise complétement par rapport ay dollar, ...

Les petits candidats
Tous sont dévalorisés par les présidentielles. Ils passent tous pour des guignols... Pourtant, la plupart ont des messages (bons ou pas bons...), et c'est pour eux la seule manière de les dire à l'échelle d'un pays. Dommage, car on ne les verra jamais plus haut dans les fonctions du fait de leur discréditation aux élections. Nihous est le seul à parler d'écologie à mon sens : les verts ne sont que des extrêmistes avec une écologie punitive et non incitative.
Trouvons donc un moyen de les laisser passer leur message de manière plus facile et moins carnavalesque!

Les capacités de Nicolas Sarkozy en temps que Président
J'ai voté Bayrou au premier tour. Pour deux raisons : espérer qu'il passe, et faire barrage à Miss Royal... echec sur les deux plans. Je voterai donc Nicolas Sarkozy, et avec plaisir ! C'est un vote utile.
On a deux solutions: une candidate prête à tout passer au peuple, ruiner encore plus un pays (parce qu'un SMIC à 1 500 euros, ça n'enrichit pas, mais ça appauvrit, aussi bizarre que cela puisse paraître...); et de l'autre, nous avons M. Sarkozy, prêt à faire avancer les choses, à réformer un pays qui lui, veut que tout aille mieux sans faire de concessiosn et se priver de certains avantages.

Pour en revenir au ministère de l'imigration et de l'identité nationale, ce n'est pas parce que l'on empêche les sans papiers de venir chez nous que la France ne reste pas un pays "Melting Pot" ...

Merci René pour cet article passionnant :-)

Écrit par : Thibault | 26/04/2007

Reconnaissons quand même qu'il y a de quoi faire du triomphalisme pour ce taux de participation aux urnes. Rappelons quand même que c'est le ministère de l'intérieur qui organise les élections et que c'est donc à Nicolas Sarkozy que l'on doit ce résultat avant tout.

Écrit par : laetitia | 26/04/2007

Par Philippe Aigrain

http://paigrain.debatpublic.net/

" On pourra se raconter tout ce qu'on veut, mais si jamais Nicolas Sarkozy est élu le 6 mai prochain, ce ne sera pas parce que Ségolène Royal a des défauts ou parce que François Bayrou a semé la confusion. Cela n'arrivera que si une majorité des électeurs qui expriment leur vote choisissent Nicolas Sarkozy.

C'est à ceux qui sont susceptibles de le faire que je m'adresse. Je vous lis souvent (dans les forums de discussion) et je vous écoute parfois. Peut-être ce texte circulera-t-il jusqu'à vous.

Parmi les électeurs potentiels de Nicolas Sarkozy, on compte bien sûr des privilégiés (au premier tour, il a fait 73% des voix à Neuilly sur Seine, 64% dans le 16ème arrondissement de Paris, 56% dans le 7ème). Je veux dire des vrais privilégiés. Comme j'en suis un moi-même, il m'arrive d'en rencontrer et j'ai une petite idée de la façon dont ils fonctionnent.

Le rêve de certains d'entre eux (mais pas tous), c'est une société où des domestiques discrets s'occupent de leurs besoins sans nuire à leur illusion d'autonomie ; où des policiers pas trop visibles tiennent à l'écart le reste des populations en laissant entrer juste ce qu'il faut de vie autour pour faire couleur locale. Ils rejettent toute contrainte qui leur serait imposée au nom du maintien du tissu social et qui freinerait leur sacro-sainte productivité. Ils vivent assistés en permanence, mais ils croient faire marcher la machine du monde. Et à eux tous, ils font quoi, 2-3% maximum des électeurs français.

L'impôt et les taxes, qu'ils dénoncent si volontiers, ce sont eux qui les prélèvent sans cesse sur la valeur créée par tous, notamment par leurs placements financiers et la spéculation immobilière.

Vous ne faites pas partie de cette caste, et certains diront que vous vous faites avoir par ces privilégiés qui sont les principaux bénéficiaires de la politique fiscale de Nicolas Sarkozy. Mais vous savez ce qu'il en est et c'est en connaissance de cause que que vous envisagez tout de même de voter pour lui.

Parce que vous avez le sentiment d'être capables de beaucoup de choses, de travailler, d'être utiles, de prendre des initiatives. Et que quelque chose vous empêche d'en tirer les bénéfices que vous êtes en droit d'en attendre. Ce quelque chose qui est si difficile à identifier, cela vous semble être "les autres" :
Ceux qui se remuent moins que vous pour y arriver, qui prennent moins de risques mais qui perçoivent quand même les bénéfices de la solidarité sociale.
Ceux qui ont des privilèges, pas les grands privilèges qui font rêver, mais les petits qu'on perçoit comme des injustices.
Ceux pour lesquels il faut payer des impôts ou des charges sociales alors que vous préféreriez économiser pour transmettre un patrimoine à vos enfants.
Ceux qui ont moins peur de se faire licencier.
Ceux qui ont des places d'élus ou de fonctionnaires.
Ceux qui rendent le monde plus compliqué en étant différents.
Ceux qui sont incivils et par là vous rendent le monde encore plus inconfortable.

A ceux qui voudraient voter Sarkozy pour ces raisons, je voudrais dire que non, ce ne sont pas "les autres", les obstacles. C'est nous tous qui avons laissé se construire un monde qui nous divise et nous dresse contre nos voisins.

Ce que Nicolas Sarkozy vous propose, est l'illusion d'un instant : imaginer qu'on va juste taper sur "les autres", ceux du quartier d'à côté ou les tout juste un peu moins bien lotis ou un peu plus privilégiés.

Vous avez l'impression d'avoir un boulet attaché par une chaîne à votre jambe, et lui vous dit : courez bien vite et les premiers arrivés au bout de la jetée, on leur enlèvera le boulet. Mais au fait qui a fabriqué les boulets ? Et si on prenait le temps de regarder comment ils sont faits ? Et de regarder aussi les voisins avant de les fuir.

Ségolène Royal ne sera pas une présidente parfaite. Elle n'est pas un tribun. C'est ce qui me rassure, c'est ce qui me donne confiance que le monde avec elle sera un peu plus ouvert à la recherche de vraies solutions, à la conscience des vrais problèmes. Que la solidarité pourra y être une source de fierté. Que l'on pourra chercher ensemble comment on construit un cadre de vie, une ville, les choses qu'on produit, celles qu'on donne, les exigences qu'on propose à nos enfants pour le monde de demain. Tentez cette chance, elle a besoin de vous."

Écrit par : Back | 26/04/2007

Par Philippe Aigrain

http://paigrain.debatpublic.net/

" On pourra se raconter tout ce qu'on veut, mais si jamais Nicolas Sarkozy est élu le 6 mai prochain, ce ne sera pas parce que Ségolène Royal a des défauts ou parce que François Bayrou a semé la confusion. Cela n'arrivera que si une majorité des électeurs qui expriment leur vote choisissent Nicolas Sarkozy.

C'est à ceux qui sont susceptibles de le faire que je m'adresse. Je vous lis souvent (dans les forums de discussion) et je vous écoute parfois. Peut-être ce texte circulera-t-il jusqu'à vous.

Parmi les électeurs potentiels de Nicolas Sarkozy, on compte bien sûr des privilégiés (au premier tour, il a fait 73% des voix à Neuilly sur Seine, 64% dans le 16ème arrondissement de Paris, 56% dans le 7ème). Je veux dire des vrais privilégiés. Comme j'en suis un moi-même, il m'arrive d'en rencontrer et j'ai une petite idée de la façon dont ils fonctionnent.

Le rêve de certains d'entre eux (mais pas tous), c'est une société où des domestiques discrets s'occupent de leurs besoins sans nuire à leur illusion d'autonomie ; où des policiers pas trop visibles tiennent à l'écart le reste des populations en laissant entrer juste ce qu'il faut de vie autour pour faire couleur locale. Ils rejettent toute contrainte qui leur serait imposée au nom du maintien du tissu social et qui freinerait leur sacro-sainte productivité. Ils vivent assistés en permanence, mais ils croient faire marcher la machine du monde. Et à eux tous, ils font quoi, 2-3% maximum des électeurs français.

L'impôt et les taxes, qu'ils dénoncent si volontiers, ce sont eux qui les prélèvent sans cesse sur la valeur créée par tous, notamment par leurs placements financiers et la spéculation immobilière.

Vous ne faites pas partie de cette caste, et certains diront que vous vous faites avoir par ces privilégiés qui sont les principaux bénéficiaires de la politique fiscale de Nicolas Sarkozy. Mais vous savez ce qu'il en est et c'est en connaissance de cause que que vous envisagez tout de même de voter pour lui.

Parce que vous avez le sentiment d'être capables de beaucoup de choses, de travailler, d'être utiles, de prendre des initiatives. Et que quelque chose vous empêche d'en tirer les bénéfices que vous êtes en droit d'en attendre. Ce quelque chose qui est si difficile à identifier, cela vous semble être "les autres" :
Ceux qui se remuent moins que vous pour y arriver, qui prennent moins de risques mais qui perçoivent quand même les bénéfices de la solidarité sociale.
Ceux qui ont des privilèges, pas les grands privilèges qui font rêver, mais les petits qu'on perçoit comme des injustices.
Ceux pour lesquels il faut payer des impôts ou des charges sociales alors que vous préféreriez économiser pour transmettre un patrimoine à vos enfants.
Ceux qui ont moins peur de se faire licencier.
Ceux qui ont des places d'élus ou de fonctionnaires.
Ceux qui rendent le monde plus compliqué en étant différents.
Ceux qui sont incivils et par là vous rendent le monde encore plus inconfortable.

A ceux qui voudraient voter Sarkozy pour ces raisons, je voudrais dire que non, ce ne sont pas "les autres", les obstacles. C'est nous tous qui avons laissé se construire un monde qui nous divise et nous dresse contre nos voisins.

Ce que Nicolas Sarkozy vous propose, est l'illusion d'un instant : imaginer qu'on va juste taper sur "les autres", ceux du quartier d'à côté ou les tout juste un peu moins bien lotis ou un peu plus privilégiés.

Vous avez l'impression d'avoir un boulet attaché par une chaîne à votre jambe, et lui vous dit : courez bien vite et les premiers arrivés au bout de la jetée, on leur enlèvera le boulet. Mais au fait qui a fabriqué les boulets ? Et si on prenait le temps de regarder comment ils sont faits ? Et de regarder aussi les voisins avant de les fuir.

Ségolène Royal ne sera pas une présidente parfaite. Elle n'est pas un tribun. C'est ce qui me rassure, c'est ce qui me donne confiance que le monde avec elle sera un peu plus ouvert à la recherche de vraies solutions, à la conscience des vrais problèmes. Que la solidarité pourra y être une source de fierté. Que l'on pourra chercher ensemble comment on construit un cadre de vie, une ville, les choses qu'on produit, celles qu'on donne, les exigences qu'on propose à nos enfants pour le monde de demain. Tentez cette chance, elle a besoin de vous."

Écrit par : Back | 26/04/2007

A tous : En tous cas, et à lire vos réactions, on ne peut contester que Nicolas Sarkozy déclenche les passions et que cette élection tourne autour de lui. C'est aussi pourquoi il la gagnera, car il impose ses thèmes et son rythme depuis le début.

L'article de Marianne est essentiellement une suite de témoignages de gens qui décrivent leur soumission, par avance, devant une puissance qu'ils accusent d'être écrasante. C'est plus leur problème que le nôtre. Par contraste, c'est aussi un moyen pour Marianne de mettre en valeur sa (réelle ) indépendance . Il paraît d'ailleurs qu'il en a fait une de ses meilleures ventes.

Il y a bien des choses que je n'apprécie pas chez Sarkozy :
- Son style inutilement agressif
- Des déclarations intempestives sur l'inné et l'acquis
- ....

Par ailleurs, et depuis 5 ans que Sarkozy est ministre, je n'ai pas eu l'impression de vivre dans un état policier. Je constate aussi qu'il a créé le Conseil du Culte Musulman, qu'il est en train d'étouffer le Front National, et qu'il est le seul à avoir la volonté et surtout les moyens de réformer la France.

Il n'y a pas de candidat idéal qui rassemblerait toutes les qualités, de la droite, de la gauche, + des qualités personnelles qui satisfont tout le monde.
Mon candidat non-idéal reste Sarkozy.

Écrit par : René | 26/04/2007

Salut René, j'ai fait une petite simulation de reports de voix ici : http://www.oseres.com/fr/2007/04/faites_vos_jeux.html
si les reports sont

Écrit par : OlivierSeres | 30/04/2007

Je me contenterais de faire suivre un appel désespéré d'Ariane Mouchkine, je ne comprends pas cette foi qui est la vôtre dans un représentant d'un système économique irresponsable pour l'avenir de notre planète et de nos enfants. Il est certain que monsieur Sarkozy a en main toutes les cartes que lui donne le système, l'argent les médias bientôt quoi?
A jouer les faux mages, on se retrouve dans le désert!




"Allez-vous vraiment faire ça ?



Alors, vous allez vraiment faire ça ?

Vous les plus purs que d’autres, les plus intelligents que d’autres, vous les plus subtils, vous les cohérents, vous les fins stratèges, vous allez faire ça ? Vous, les à qui on ne la fait plus, les durs du cuir, vous allez vraiment, en ne votant pas pour elle, voter pour lui ?

Vous allez vraiment faire ça ? Vous allez le faire ?

Vous, les vrais de vrais de la gauche vraie, vous allez faire ça ? Pour cinq ans ! Pour cinq ans, peut-être dix, vous allez faire ça ?

Vous, les toujours déçus de tout, vous les amers, les indécis décidés, les laves plus blancs que blanc vous allez faire ça ?



Mais pourquoi ? Parce que quoi ? Parce que jupe ? Parce que talons hauts? Parce que voix ? Parce que sourire, cheveux, boucles d’oreilles? Parce que vraie ?

Il n’y a rien qui vous aille dans son programme à elle, rien ? Pas cinquante propositions sur les cents ? Pas vingt ? Pas dix ? Pas une ? Vraiment, rien du tout ?

Trop de quoi ? Pas assez de quoi?

Pas assez à gauche ? On voudrait, quitte à tout perdre, une campagne à gauche toute ?

Mais même l’extrême gauche, cette fois-ci, au deuxième tour ne joue plus à ce jeu-là. Peu importe, vous, vous allez y jouer ?



Le résultat du 21 avril 2002 ne suffit pas ? Non. On le refait en 2007, mais en mieux. Pas au premier tour, non, carrément au deuxième. C’est plus chic.

Que ceux qui ressemblent à Nicolas Sarkozy, ou qui croient qu’il leur ressemble, que ceux-là votent pour lui, quoi de plus normal. Que ceux qui lui font sincèrement confiance pour améliorer leurs dures vies, que ceux-là l’acclament et votent pour lui, quoi de plus normal. C’est même estimable.

Que les grands patrons votent Nicolas Sarkozy, pas tous d’ailleurs, loin s’en faut, non, mais par exemple les grands patrons de presse, qu’on a vu si nombreux, si heureux, à Bercy avant hier, qu’ils votent pour leur copain, qui va vraiment améliorer leurs belles vies, c’est moins estimable, mais quoi de plus normal ?



Mais vous, une respiration possible, un air nouveau, un espace de travail politique, une chance espiègle, ça ne vous dit rien ? Vraiment rien ? Mais qu’est-ce qui vous fait si peur ?



Les Italiens ont enfin chassé Berlusconi, les Espagnols, après une grande douleur révélatrice, se sont débarrassés d’Aznar, et voilà que nous, à quelques milliers de voix près, nous allons repasser le plat de la droite dure ?

Il y a un pari à prendre contre une certitude sombre, et vous ne pariez pas ?

Quels désirs obscurs allez-vous satisfaire ? De qui donc, de quoi êtes-vous secrètement solidaires ? Ce ne peut-être du bien de ceux qui ont besoin, vitalement, de mieux être. Vitalement. Maintenant.



Supporterez-vous dimanche soir d’apprendre qu’il lui a manqué une voix ?

Une seule. La vôtre.



Je vous en supplie.



Ariane Mnouchkine"

Écrit par : Guirec Monier | 04/05/2007

Comment ça amusant à lire en 2009))

Écrit par : Mr. Classifieds | 29/06/2009

Les commentaires sont fermés.