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17/04/2007

Ecologiquement incorrect

En Normandie, le vrai printemps n'existe pas. Cette fin d'hiver interminable, de bourrasques en averses, s'étire au mois de Mai jusqu'à la Saint Mamert, Saint Gervais et Saint Pancrace qui n'est là que pour faire la rime aux Saints de glace . Je ne crois pas avoir jamais connu cette Normandie telle qu'elle s'est offerte la semaine dernière. A l'occasion d'une visite familiale au Mont Saint-Michel, on traverse les paysages du bocage domfrontais. Vous voulez des images de cartes postales ? Et voici ce bocage de poiriers, cette poiraie, telle que j'ai pu l'admirer la semaine dernière.

medium_poiraie_moderne.JPG

 

Et la voilà en 1960, c'est une forêt.

medium_poiriers_anciens.JPG

 

C'était pareil en 1944. Chaque haie était un piège et un obstacle à franchir. On a oublié la dureté des combats de la bataille de Normandie dans ce milieu hostile. Le remembrement est passé par là. On n'y reviendra pas. Aucun engin mécanique n'est utilisable dans un environnement aussi touffu. Seule  une main d'oeuvre qui se compte en millions a pu en tirer partie.

La baie du Mont Saint-Michel est toujours ensablée, les travaux ne sont  pas commencés. Et si on laissait remonter le niveau de la mer ! 

medium_Mont_st_michel_aerial.jpg

Sacrilège de l'écologiquement correct ! Pourtant, je n'arrive pas à m'inquiéter. Ce doit être la faute de ce printemps de rêve. Quand on voit les scores de la pauvre Dominique Voynet, je ne dois pas être le seul à jouir en secret de ce réchauffement. Carpe diem ou plutôt carpe verem, avant ce cauchemar annoncé dont je ne peux pas  croire qu'il puisse naître des séductions d'avril.

Il paraît que les zones climatiques pourraient remonter de 500 km. De l'Anjou à l'Aquitaine je veux bien de ces climats en Normandie. Des précurseurs ont déjà anticipé notre nouvelle vocation viticole. Voici les Arpents du soleil , le premier vignoble du Calvados.

Au coeur de la Normandie, à proximité de St Pierre sur Dives, se situent les Arpents du Soleil. Un microclimat sec et chaud, un côteau orienté au Sud et un sol exceptionnel digne des plus grands crus expliquent leur succès. De l'époque médiévale à la fin du 18e siècle, déjà un vignoble y prospéra...Peu connues, ces cuvées ont cependant tapé dans l'oeil du Guide Hachette des Vins qui leur a accordé six sélections et dans l'oeil du jury du Challenge International du Vin de Bourg sur Gironde qui leur a décerné trois médailles de bronze."

Comme chacun le sait, ce n'est pas vraiment le premier vignoble, puisque la vigne était répandue dans toute la France avant que le phyloxéra l'eut anéanti. On ne replanta que dans les régions viticoles actuelles. A regarder les cadastres, on trouvera facilement des parcelles portant des noms de vigne. J'en connais une qui n'est pas orienté au Sud comme ces arpents du soleil, mais en plein Nord Ouest, sous les vents dominants. Il y a peu de chances que l'on puisse de nouveau en faire un vin digne des sélections du Guide Hachette.

Quoi qu'il arrive, la seule certitude est dans la bêtise éternelle de l'homme. Pour son Bouvard et Pécuchet, Flaubert un autre normand, aurait surement apprécié cette remarque entendue dans la bousculade des visiteurs montant vers l'abbaye.

" Y z'auraient pu faire des rues plus larges ". A quoi donc pensaient  ces moines bâtisseurs, je vous le demande ?

23:07 Publié dans Humeur, Société | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : Ecologie

Commentaires

C'est vrai quoi, quelle drôle d'idée de construire des rues si étroites sur le Mont !

Un bocage si touffu que tu le décris est probablement inadapté aujourd'hui. Mais de là à raser les haies comme cela se pratique...

Je préfère quand même les paysages normands à ceux de la Beauce.

Écrit par : Xavier | 18/04/2007

La pièce de culture idéale est un long rectangle. C'est dans cette disposition qu'il y a le moins de temps perdu dans les manoeuvres de bout de champ ou par l'exploitation des angles restants. Par ailleurs une haie, outre la surface occupée, a un impact négatif sur une largeur d'au moins 10 m par l'ombre portée et par la multiplication des adventices.
A cela il faudrait ajouter les coûts d'entretien de la haie (faucardage) ainqi que le morcellement et la dispersion des parcelles.
Ca fait vraiment beaucoup de raisons micro-économiques qui ont pu justifier ce remembrement à une époque où personne ne se souciait des paysages et encore moins d'écologie.
Et l'on n'avait pas apprécié les inconvénients climatiques, paysagers, et de maintien de la faune que ce remembrement a entraînés. Ces inconvénients ont aussi un coût; même s'il est plus difficile à calculer et à répartir.

La bonne nouvelle est qu'il n'y a rien d'irréversible dans ce domaine, et que l'on peut corriger facilement les excès du passé, à condition de proposer les bonnes incitations financières. Ce qui ne devrait pas être si difficile puisque la surface boisée continue d'augmenter, y compris dans l'Orne.

Mais tu as raison, nos paysages normands sont quand même plus séduisants.

Ouh la, la !! Mais c'est une réponse beaucoup trop sérieuse, pour une note dont j'espère qu'on aura remarqué l'ironie et même l'humour.

Amicalement,
René

Écrit par : René | 19/04/2007

A ce propos, tout aussi sérieusement, le conseil général de l'Orne aide les replantations de haies comme tu pourras le lire ici : http://www.zevillage.net/2006/03/comment_saccage_1.html

Amicalement

Écrit par : Xavier | 19/04/2007

Je vois que le sujet a bien été traité.
Du coup j'ai déposé également un commentaire sur zevillage.

Écrit par : René | 19/04/2007

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